TRADUCTION
« Ceux qui parmi les Égyptiens (2) reçoivent de l’ins- » truction , apprennent d’abord ie » genre d’écriture égyptienne qu’on » appelle épistolo graphique : [ ils '> apprennent] en second lieu l’hié- 33 ratique , dont se servent les hié- >3 rogrammates ; et enfin Vhiérogly - 33 phique. 3>
33 L’hiéroglyphique [est de deux 33 genres], i’un exprimant au propre
{1) Stromat. V, 657, Potter.
(2) La version latine , jam ver'o qui docentur ab Ægyptiis est inexacte ; il faut apud A Egyptios : mais elle offre bien d’autres inexactitudes ; elle est en général un peu plus obscure que le texte.
« [Av itrn Sfej: rrcov riPHTON STOIXEinN KTPIOAOriKH 5 « A 2TMBOAIKH. TÎiç À 2TM- B0AIKH2 v [Àv KTPIOAOrEÏ- TAI KATÀ MIMH2IN , v\ cf’ M<T7nç TPOniKaS yçétÇ/n zu^ « A clvt ixqvç cOJw'ppéi 7zu KATA TINA2 A1NITMOY2. H Xiov yyov y&^cL] ^ovXopAvci xjjxXqv ttüiouoi , cnXnvnv mvoetAç , KATA TO KTPIOAOEOT MENON EIAOS • Tponimx A hxt’ oïiUlûTijTZt (À/Lrr*y>vn<; yj) fxmv^vTiç , ra, <f’ i^eû^irlovTlç , T et A ttoM ct,ycùç /Xiiu^^eiv^ovTèç %t&trlou0iv. TÙç y>vv twv (btLoiXiw t7ra,ivouç ÔéoAo-
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y&jpovm Sfg. TZdv ANArAYOjQN.
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KctV^zCpûV 1
Voici le commentaire sa traduction :
» les objets par LES LETTRES, l’autre » les représentant par des symboles.
3> L’hiéroglyphique SYMBOLI- 33 que [se subdivise en pluieurss 33 espèces] : l’une représente les ob- 33 jets au propre par imitation; l’autre » les exprime tropiquement ; la troi- 3>sième, au contraire, les rappelle 33 au moyen de certaines allégories 33 énigmatiques. Ainsi, d’après la » méthode de représenter les objets au » propre , les Egyptiens veulent-ils 33 écrire le soleil , ils font un cercle ; 33 la lune , ils tracent la figure d’un » croissant. Dans la méthode tro- » pique, ils représentent les objets »>au moyen d’analogies ( ou de » propriétés semblables) , qu’ils 33 transportent dans l’expression de 33 ces objets, tantôt par des mo- 33 difications [ de forme ] , tantôt 33 et plus souvent par des transfor- 33 mations totales. Ainsi, ils re- >3 présentent par des an a ^ly plies 33 [ bas-reliefs allégoriques ] , les 33 louanges de leurs rois, quand ils 33 veulent les faire connaître au 33 moyen de mythes religieux.
33 Voici un exemple de la troisième 33 espèce [ d’écriture hiéroglyphi- 33 que] qui emploie des allusions 33 énigmatiques : les Egyptiens figu- 33 rent les astres [planétaires] par 33 un serpent, à cause de l’obli— >3quité de leur course; mais le 33 soleil est figuré par un scarabée.
que M. Letronne a joint à
cc Les termes we/.o^opct , yvç/oXoyMç , KJj^oXoyéi^aj, , s’entendent 33 des expressions propres et caractéristiques pour désigner les 33 objets ; ces mots s’emploient par opposition aux termes figurés
>3 ou aux périphrases ; ainsi Longin ou Fauteur quelconque du 3> traité du Sublime : ov7ug i 7nei<p&ttnç mfàctxjç wpybiyynvj. 33 tî? yjueAohoylç. (Subi, xxvui, i.) On trouvera beaucoup 33 d’exemples dans Henri Etienne.
33 On voit donc que Clément d’Alexandrie, par les mots « 33 Sfè. iwv 7rpcd to)v çct%lwv kju ç/.o'hoyotn , désigne un genre d’écriture 33 qui exprimait au propre les objets <$]$ ™v nfyéùiwv ço%iœv. Il ne 33 s’agit plus que de savoir ce que signifient les mots t* ^^7 n 33 çdi%7* en cet endroit, et c’est ce que va nous apprendre Fana- 33 lyse plus détaillée de ce passage , que Fon ne paraît pas avoir » compris , parce qu’on a confondu les expressions génériques 33 avec les expressions spécifiques.
33 II est clair, en effet, que Clément admet trois genres d’écri- 33 ture égyptienne :
33 'E7nïD\oyçai(piKn ,
33 I ꣣77K tt ,
33 ïiçyyXvQnih.
33 Sur les deux premiers genres , il ne donne aucun détail ; il 33 ne s’occupe que du dernier, savoir, l hiéroglyphique.
33 L1 hiéroglyphique se subdivise en deux espèces : celle queFau- 33 teur désigne par les mots « Sfy. w ^u-pcùTzov v yjupioXcytxn , 33 et celle qu’il appelle wijlÇqXiw : il ne dit rien de la première; 33 mais il entre dans quelques détails sur la seconde , qu’il sub- 33 divise en trois espèces secondaires , qu’on pourrait appeler, 33 d après lui, yxi ygrni fzi^aiv , rpoTmcn , et ct}viy(JULrn»)J\iç 1 » de sorte qu’on a le tableau synoptique suivant , comprenant 33 tous les genres et espèces d’écriture :
Va " l é77JfZ>XoyPCt(p/Kli E/cfft 7 iüv \ t éq
h&tTJKH
yjjpioXoytKr) Sfy. rmv <nrpM7wv çoiyytoèv.
yjupioXo}oiii yùpwmv* OVfX^ûXlKi).. I 'TÇ07nKy\.
cth'tyfjUtiwJUç.
Alyurficôv yçypn dnw
npoyXutpntri,
« De cette classification, que je crois exacte , je conclus que 33 les mots h rriï>v <wpM7zov çci^&co v wpiohoyKti désignent une des »? deux especes de caractères hiéroglyphiques ; il faut donc que » cette espèce consiste, selon sa dénomination même, dans une » expression au propre (xjue/oXoyzii) des objets, au moyen d’une » combinaison quelconque de certains caractères sacrés ( hçy » : mais, quels caractères employait-elle î t*
» çoi%èîct, dit fauteur, mots qui désignent en grec les lettres de 33 V alphabet (prima elementa litterarum) ( i ) ; et il me semble que >3 ces mots , appliqués à l’écriture hiéroglyphique , ne peuvent >3 s’entendre que des hiéroglyphes employés comme lettres ; ce 53 qui caractérise clairement les hiéroglyphes phonétiques .
33 11 est remarquable qu’entendu de cette manière, le passage » de Clément d’Alexandrie rentre dans les faits actuellement 33 connus , puisqu’on admet maintenant deux modes d’écriture 33 hiéroglyphique, l’une phonétique , l’autre symbolique ; mais peu t- 33 être qu’avant la découverte de la première, il était impossible 33 d’entendre cette phrase du texte de Clément d’Alexandrie , 33 dont le sens me paraît maintenant assez clair (2).
« L’auteur caractérise ensuite les trois espèces d 'écriture sym- 23 bolique. La première (m xjupicXo^zy] y&ié* (dtwunv) est indiquée avec 33 précision, tant par ces mots eux-mêmes , que par les deux 33 exemples que donne fauteur i on voit qu’elle consiste à 33 représenter au propre ( xjuptcXoyei<&u ) un objet , en imitant 3J> ( y&iu LUfjAunv ) sa forme. Cette forme n’étant qu’un des attributs 33 de l’objet , en est une sorte de symbole : c’esc donc avec 33 raison que Clément d’Alexandrie range ce genre d’expression 33 dans la symbolique .
cc La seconde espèce est fort obscurément définie, et l’exemple 33 n’est peut-être pas beaucoup plus clair que la définition : je >3 crois cependant ma traduction exacte. Ce que ce passage pré-
(r) Quintilian. 1 , 1 , 2 y, — Horat. I , Sat. I, 35. (2) .Voyez une note à la fin de l’ouvrage.
sente de curieux, entre autres choses, c’est qu’il paraît que ïes » anaglyphes ou bas-reliefs allégoriques étaient , en certains cas,
considérés comme une sorte d’écriture symbolique, en ce sens, » qu’ils exprimaient des idées par des actions : ce qui m’explique » l’impression que j’avais retirée de l’examen des sculptures » égyptiennes , et que j’ai rendue en ces termes dans mes Con - » sidérations historiques sur l’état des arts , & c, , depuis Camhyse » jusqu’au siècle des Antonins :
» La sculpture et la peinture ne furent plus qu’un lan-
» gage dont la grammaire et le dictionnaire furent fixés sans » retour : de là vient que certains h as-reliefs paraissent n être que y> des hiéroglyphes en grand t et que certains hiéroglyphes semblent » être de la sculpture réduite à de petites dimensions. On dirait » souvent deux idiomes qui se confondent et se font des emprunts yy mutuels.
» Les mots nvvç p>vv t (bct<n Âetot' Z7ruivaç pLvQciçTrttçy-
Jîêhmç ne sont pas clairs : j’ai entendu les trois derniers , dans » le même sens que Tm^ySiSovaj , en latin , trader e litteris.
» Il n’y a nulle obscurité dans ce que l’auteur dit de la troi- » sième espèce. «
Ainsi donc Clément d'Alexandrie développe l'ensemble et les détails de tout le système graphique *
des Egyptiens, sous le même point de vue que les monumens, mes seuls guides, ont dû me l'offrir; et l'analyse qu'il présente , en particulier, des élémens de i’écriture hiéroglyphique , est entièrement conforme à celle qui est résultée de mes recherches. J’ai reconnu * comme ce savant père,
i.° Trois différentes espèces d'écritures chez les Égyptiens ( i ) , savoir :
( i } S vvrà } chapitre I, pag, iS.
A. L’écriture vulgaire, que j’ai appelée déaîotique d’après Hérodote, et que Clément a nommée épistolographique ;
B. L’ écriture sacerdotale, que je désigne également sous le nom d’écriture hiératique;
C. L’écriture hiéroglyphique , qui est l’écriture égyptienne monumentale.
2.0 Que l’écriture hiéroglyphique procédait de plusieurs manières différentes dans l’expression des idées.