AFRICANUS
D’après la gravure de Kircher, l’obélisque Albani /présente, avant ces noms propres , les traces d’un cartouche qui renfermait certainement le nom de l’empereur en l’honneur duquel cet obélisque a pu être érigé. Un dessin correct de ce monolithe nous eût permis de
(1) Lettre à M. Dacïer, if c. pag. 17, 20 ; et pl. I.rc, n.os 25 , 26, 40 et 41.
(2) Voyez le nom hiéroglyphique d e Philippe , Tabl, gén, n.° 126.
lire ce nom , et il aurait suffi peut-être pour nous fournir quelques notions sur le personnage qui porta, soit ie prénom Sextus , soit le surnom A fricanus , en fixant l'époque précise de son existence (i).
Mais ce qui importe bien plus au but général de cet ouvrage, c’est de déduire les conséquences naturelles de la lecture des noms propres, prénoms ou surnoms Antinous, Lucilius-Rufus , et Sextus- Africanus , que nous venons de reconnaître dans des textes hiéroglyphiques, et ces conséquences se réduisent à deux seulement :
i ,° Les Égyptiens , du temps des Romains , en transcrivant les noms propres étrangers en hiéroglyphes phonétiques, ne plaçaient auprès de ces caractères aucun signe qui put avertir de leur nature phonétique ;
2..0 Les caractères phonétiques étaient groupés toujours, sans aucune distinction particulière , avec des signes proprement idéographiques , tels que les caractères précités dieu , déesse , homme , femme , taureau, vache , &c.
Ainsi donc , à l’égard du système général de l’écriture hiéroglyphique, nous reconnaissons déjà avec certitude qu’il employa deux ordres de signes très-différens : les uns exprimaient des sons 9 et les autres des idées. Poursuivons cette analvse.
( i) Lucilius-Rufus et Sextus Africanus ne peuvent être que les deux préfets d’Egypte, Rufus et Africanus, cités dans les auteurs ou les inscriptions grecques d’Egypte ( voyeç les Recherches dfc. de M. Letronne), et qui auront fait exécuter les deux obélisques, pour en faire hommage à l’empereur régnant.