‹ Précis du traitement des fractures par le massage et la mobilisationChapitre 148 sur 194 · PRONOSTIC GRAVE · texte numérisé non relu

PRONOSTIC GRAVE

nœuvre, il arrive qu’étant incapable d’associer les mouvements de ses deux membres pour manœuvres de force, il soit un presqu’infirme.

Si on a apporté quelque atténuation au traitement classique, c’est-à-dire si, après une quinzaine, le sujet a été libéré de tout appareil puis mobilisé méthodiquement, les conditions sont meilleures. Mais il a encore chance de ne jamais retrouver l’intégrité de ses mouvements.

C'est dans le cas rare où il aura trouvé un médecin assez hardi pour le traiter sans appareil, le mobiliser et le masser rapidement qu’il pourra retrouver l’intégrité de ses mouvements.

Encore faudra-t-il, pour qu’il les retrouve complètement, que, de bonne heure, il complète la mobilisation de son épaule par son retour à ses fonctions naturelles. S’il ne reprend pas son travail ou s’il ne fait avec suite des exercices méthodiques, il est certain qu’il a chance de ne pas retrouver toute sa souplesse.

On conçoit donc qu’en expertise, ni pour l’avenir, ni pour le passé, on ne puisse baser l’expression de son opinion sur le fait même de la fracture. C’est pourtant ce que l’on fait continuellement avec ou sans radiographie permettant d’apprécier l’étendue de la difformité.

EXTRÉMITÉ SUPÉRIEURE DE L’HUMÉRUS

Un fait pratique, capital, se dégage donc des observations de fractures de l'extrémité supérieure de l’humérus : la rapidité des phénomènes de réparation avec sa double conséquence :

1° L’inutilité des immobilisations prolongées ;

2° La nécessité des interventions immédiates si on veut modifier les rapports des fragments osseux.

Si on intervient rapidement après le traumatisme, la réduction vraie d’une fracture à grand déplacement peut être aisément obtenue. Si vous avez tardé au quatrième jour, cette réduction est très difficile. Elle ne saurait être obtenue sans un traumatisme énorme, souvent plus préjudiciable au sujet que la déformation que l’on cherche à conjurer.

C’est un fait qui m’a toujours encouragé à traiter les sujets comme s’ils étaient atteints de luxation de l’épaule, c’est-à-dire, pour les cas très difficiles, à donner immédiatement du chloroforme, à réduire la fracture, s’il est utile, et à masser immédiatement.

La coexistence d’une luxation de l'épaule et d’une fracture de l’extrémité supérieure de l’humérus constitue une des grandes difficultés que l’on puisse rencontrer. Bien que le mécanisme en vertu duquel la lésion se produit soit difficile à préciser, cette lésion n’est pas très rare. Ce qui peut sembler plus extraordinaire encore, c’est que la réduction de cette luxation

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