INUTILITÉ DES APPAREILS
Les fractures de clavicule peuvent, au point de vue du traitement, être divisées en celles qui sont tellement situées qu’elles n’ont aucun déplacement et celles qui ont un déplacement.
Pour les premières, celles de l’extrémité externe par exemple, l’appareil ne peut que faire du mal.
Mais pour les autres il ne peut faire aucun bien. En effet, le déplacement des fragments claviculaires est maintenu et exagéré par la contracture des muscles périphériques depuis le sous-clavier jusqu’aux muscles beaucoup plus éloignés du moignon de l’épaule. Tant que ces muscles sont contracturés, tout effort de réduction reste inutile. Aucun des appareils les plus compliqués ne peut lutter contre ces contractures.
Ce n’est donc que par hasard, et ces contractures cédant d’elles-mêmes, qu’un résultat appréciable pour la forme peut être obtenu. Cela explique bien pourquoi il y a eu tant de divergences d’appréciation sur l’action des appareils pour la fracture de clavicule, pourquoi aussi la fracture, rare chez la femme, lui donne moins de difformité que celle de l’homme.
Au contraire, si on admet que la contracture a été vaincue, le moindre effort maintiendra la clavicule en bonne direction pourvu que l’on donne une bonne situation au moignon de l’épaule.
FRACTURE DE CLAVICULE
C’est là que triomphe l’observation quotidienne des sujets massés. Sur un sujet atteint de fracture de clavicule, le massage commencé à distance sur le moignon de l’épaule, sur le bras même, est conduit doucement avec beaucoup d’insistance dans la région sous-claviculaire. Pour un bon nombre de sujets chez lesquels la fracture de clavicule était douloureuse, on voit disparaître bientôt les douleurs.
En même temps que chez ces sujets les douleurs disparaissent, on constate que l’épaule se laisse manier aisément et le chevauchement semble disparaître de lui-même. On entraîne aisément l’épaule en toute direction et on trouve la position dans laquelle la clavicule reprend à peu près la forme.
11 y a des cas plus difficiles à observer, cas dans lesquels il y a peu de douleur. Mais si on regarde attentivement, on constate la résistance de l’épaule à se laisser manier. Ce sont les cas où la contracture n’est pas douloureuse. Dans ceux-ci, après quelques jours, la résistance tombe aussi et ordinairement dans la huitaine on observe sur ces blessés ces phénomènes particuliers. On relève aisément l’épaule. On la place comme on veut et, en soutenant le coude, en portant l’épaule en haut et en dehors le plus souvent, on corrige de la façon la plus satisfaisante une déformation qui avait paru d’abord considérable-