‹ Précis du traitement des fractures par le massage et la mobilisationChapitre 155 sur 194 · SUITES DE MASSAGE · texte numérisé non relu

SUITES DE MASSAGE

Inutile de placer des appareils compliqués, inutile de soumettre le sujet à des positions insupportables à garder. Le sujet se promène à son gré avec un membre soutenu dans une écharpe et, en même temps que le membre a bien repris sa place, la consolidation marche avec une grande rapidité.

J’ai pu citer un des plus célèbres champions de bicyclette qui se fit une fracture de la clavicule droite à l’entraînement. Il n’entra pas à l’hôpital, vint se faire masser chaque jour en faisant à bicyclette le trajet de Neuilly à l’hôpital Beaujon.

Au bout de 21 jours, il put reprendre son entraînement et deux mois après il gagnait le grand prix de Paris. Il avait un cal à peine appréciable, alors que ce sujet, très remarquablement musclé, s’était présenté le premier jour avec une déformation considérable, résultat d’une contracture intense.

Pendant tout son traitement, l’appareil avait consisté en une écharpe simple, l’épaule étant écartée du tronc avec un coussin axillaire. Dès le quatrième jour, la douleur, assez vive au début, était tombée.

Chez ces sujets, le massage est le mode le meilleur de mobilisation, les mouvements proprement dits sont peu utiles, car très rapidement le sujet a tendance à en faire plus qu’il n’est nécessaire.

On mobilisera surtout après la première quinzaine

FRACTURE DE CLAVICULE

par des mouvements de circumduction et, lorsque la solidité sera bien acquise, par des mouvements d'élévation de l’épaule, qui reviennent quelquefois un peu plus lentement que les mouvements coutumiers plus employés par le sujet.

Une chose frappera les chirurgiens comme elle m’a frappé. J’ai vu deux fois de suite des cas dans lesquels il y avait une grande difformité et des douleurs irradiées telles que je ne faisais pas de doute qu’il y eut quelque compression nerveuse et j’escomptais déjà une opération sanglante. Je ne fis d'abord le massage que pour essayer de calmer la douleur et pratiquer un meilleur examen. Or, dans ces deux cas, dès le lendemain, le massage avait si bien atténué la douleur que je n’hésitai pas à faire renouveler le massage ; et, dans ces deux cas, la guérison se fit avec peu de difformité et sans aucun accident douloureux persistant.

Je suis convaincu que dans ces cas il y avait exagération de la difformité par la contracture amenant une compression nerveuse plus ou moins complète. Puis, sous l’influence de la disparition de la contracture, on avait pu obtenir assez de réduction pour que la compression disparut et la guérison s’était faite sans intervention sanglante et aussi rapide qu’on pouvait la souhaiter.

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