ILLUSIONS DE RÉDUCTION
plutôt favorables au fonctionnement ultérieur du membre et que l’on accoutume le médecin à combattre.
Il nous faut citer quelques exemples pour bien démontrer la réalité de ces diverses observations.
Il est très rare qu’une fracture d’un os long permette la juxtaposition des fragments tout à fait exacte. Voyez une fracture de jambe. Vous l’avez réduite. L’axe est bon. L’appui du pied est excellent. Lorsque le sujet marche, la pointe du pied a bien sa situation et vous dites « la réduction a été parfaite ».
Cependant, si le membre est bien mesuré, vous trouvez un raccourcissement de 2 cenlim. Il est impossible que la juxtaposition ait existé.
Même, en dehors de tout raccourcissement, étudiez la radiographie des fractures qui paraissent le mieux réduites, et vous trouverez toujours quelque défectuosité dans la juxtaposition, quoique les fonctions soient parfaites. La radiographie est donc venue donner une preuve rigoureuse de la réalité de cette proposition que j’ai défendue bien avant que la radiographie fût connue. La conclusion pratique de cette observation est que le chirurgien a pour devoir en pratiquant la réduction d’une fracture de bien établir les conditions d’axe, de direction et de forme du membre compatibles avec un bon fonctionnement et