MASSAGE ET MOUVEMENTS
dans lesquels la possibilité de négliger les immobilisations fondamentales était soupçonnée. Tout ce que j’ai trouvé se réduit aux courtes indications suivantes et je doute que personne réussisse, mieux puisque, depuis moi, d’autres, guidés par mes recherches, se sont évertués à trouver des faits nouveaux et n’ont rien pu ajouter à ce que j’avais publié.
Dans le Recueil de médecine et de chirurgie militaires, on trouve, en 1866, sous la signature de M. Rizet, médecin major de deuxième classe, un travail intitulé : « Emploi du massage pour le diagnostic de certaines fractures. »
« Le diagnostic des fractures est, dit-il, rendu difficile par les complications d’entorse ou de contusion. On se débarrasse de cet élément de confusion par le massage. »
« Grâce au massage, il peut constater des fractures que l’on aurait méconnu et qu’on aurait hésité à immobiliser assez longtemps. » 11 n’utilise le massage que pour diagnostiquer et immobiliser .
Dans un travail très court publié en 1873 par Bourguet, d’Aix, sur la fracture du radius, l’auteur estime avec juste raison que les enraidissements tiennent à l’absence de mouvement. Son traitement consiste à placer un appareil inamovible qui lui permet de faire faire des mouvements aux doigts, et
MOUVEMENT DANS LA THÉRAPEUTIQUE
il prononce le mot de massage en disant qu’on pourrait masser par dessus l'appareil.
Sauf le mouvement des doigts, il ne paraît avoir eu aucune pratique nouvelle même pour cette fracture.
Du reste, à cette époque, et sans le connaître, j’avais déjà traité la fracture du radius sans appareil comme je l’ai signalé bien des fois à la Société de chirurgie.
On sait que Metzger a traité la fracture de rotule par le massage. La pratique de Metzger fut connue en France seulement après une communication de Tilanus au premier Congrès français de chirurgie de Paris, en 1885, à une époque à laquelle j’avais, depuis longtemps, appliqué publiquement le mouvement et le massage aux fractures.
Pourtant, l'appellation est exacte, mais ce genre de thérapeutique n’a rien à voir avec celle que j’ai conseillée pour les autres fractures.
Tilanus a fait remarquer que ce qui permettait cette application du massage à la fracture de rotule, c’était que la reconstitution osseuse était inutile, que le massage favorisait la guérison de l’arthrite, empêchait les atrophies musculaires et mettait la rotule réunie par un cal fibreux en état de fonctionner utilement.
Metzger croyait si peu à l’heureuse influence du