‹ Précis du traitement des fractures par le massage et la mobilisationChapitre 5 sur 194 · MASSAGE · texte numérisé non relu

MASSAGE

massage sur la formation du cal qu’il disait, à propos de l’entorse tibio-tarsienne, qu’il fallait toujours la traiter par le massage, sauf dans les cas compliqués de fracture du péroné dans lesquels il faut éviter de masser.

Je suis resté si loin des théories et des pratiques de Metzger que, précisément, la fracture de rotule est une de celles pour lesquelles je ne pratique le massage que par exception, la traitant systématiquement par la suture immédiate.

La citation la plus intéressante que nous ayons à faire, est certes celle d’un livre de Norstrom publié en 1884. A propos d’une entorse compliquée de fracture du péroné, il dit avoir massé et il note que le massage n’avait pas entravé la guérison de la fracture.

C’est à coup sûr la remarque la plus importante qui ait été ainsi faite.

Bien que ce fait n’ait pas été suivi, bien qu’il soit déjà très postérieur aux publications que j’avais consacrées à l’influence des mouvements sur la formation du cal, il y a là un fait intéressant à signaler.

Il faut rappeler dans cette étude historique un auteur qui demande une place à part, M. Berne, non seulement parce qu’il a publié une réclamation de priorité pour le massage des fractures, mais

MOUVEMENT DANS LA THÉRAPEUTIQUE

parce qu’un certain nombre d’auteurs lui en ont attribué une sans jamais avoir vu, je pense, sur quels fondements était établie cette réclamation de priorité. J’ai recherché avec soin la publication qu’il avait faite à une époque à laquelle, du reste, le massage des fractures était une opération courante dans mon service (en 1885). Or, cette publication consiste en tout et pour tout en la phrase suivante : « Je propose d’exercer des manipulations des muscles et des téguments des membres aussi précocement que possible lorsque les conditions présentées par les fractures ne sauraient s’y opposer. » Ce passage sans aucune observation , sans aucune autre considération à l’appui, est celui sur lequel M. Berne se fonde pour faire admettre qu’il a inventé tout d’un coup et sur une soudaine inspiration, jamais précédée d’une étude quelconque, une méthode que j’ai mis bien des années à inventer et à expérimenter avant d’oser en affirmer nettement la paradoxale importance.

N’est-ce pas là escompter singulièrement la naïveté des contemporains que d’admettre qu’il suffira de cette assertion qui n’a jamais été précédée d’une étude quelconque du sujet ?

Il ne faut pas oublier, en effet, que lorsque j’apportai à la Société de chirurgie en 1886 non

Page 1