DIX-NEUVIÈME SIÈCLE
inconnus. Cependant aucun d'eux n’a eu l'audace d’aller contre les idées reçues. Tous sont revenus bientôt à l’immobilisation la plus complète possible, après la réduction la plus violente.
Nous trouvons de la part des plus grands chirurgiens des inventions extravagantes, comme cette attelle de Dupuytren pour la fracture du radius, dont l’action est fatalement vaine puisqu’il lui faut lutter, d’un point d’appui détestable, contre la contracture invincible des muscles et contre la rétraction cicatricielle d’un foyer de fracture, ou cet appareil de Desault pour la fracture de la clavicule, qui rappelle les corsets de supplice du moyen-âge et sous lequel la contracture des muscles assure pour l’avenir le maximum possible de difformité par chevauchement des fragments de clavicule.
Quels que soient les auteurs, même ceux qui ont hésité, tous reviennent à la formule que Malgaigne a nettement inscrite en tête de son grand Traité des fractures :
« Le traitement des fractures peut se réduire à deux grandes indications : réduire la fracture et la maintenir réduite jusqu’à la consolidation complète ».
Le xixe siècle a vu naître un nombre considérable de travaux sur les fractures. Tous apportent surtout des théories physiques et géométriques sur le méca-