DE LA POPULATION
tions commerciales certains prêts à neuf ou dix pour cent d’intérêt, tandis que l’intérêt dit légal n’est que de cinq pour cent. C’est ce qu’on appelle vulgairement prêter dans le commerce.
Puisqu’on prête à un taux si élevé dans le commerce, c’està-dire pour toutes les entreprises industrielles, il faut bien que les emprunteurs retirent de ces capitaux exploités par leur industrie un bénéfice suffisant pour payer l’intérêt des capitaux et pour récompenser l’industrie qui les a mis en œuvre. Dès lors on aperçoit deux profits bien distincts, celui du capitaliste et celui de l’entrepreneur. Le dernier varie selon le plus ou le moins de talent qui a présidé à l’entreprise. Quoi qu’il en soit, tous deux sont inséparables, et il est extrêmement difficile d’établir leur point de contact autrement que par approximation. C’est ce qui prouve, pour le dire en passant, l’erreur des économistes qui pensent résoudre toutes les questions de* la science, comme on ferait une règle de trois. Nous avons déjà vu, en parlant du fermage, toutes les difficultés que présentent ces intéressantes propositions. L’essentiel en tout est d’étudier les faits sans en outrer les conséquences, comme font plusieurs métaphysiciens, et à réunir, à défaut de preuves, le plus grand nombre de probabilités.