‹ Précis élémentaire d'économie politique [microform]Chapitre 34 sur 71 · XI · texte numérisé non relu

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profits de toutes les industries influait sur le principe de la population.

Au premier abord, on pourrait croire que des considéra^ tions sur la population sont plutôt du domaine de Tbistoire naturelle que de l’économie politique ; cependant elles ont bien plus de rapport avec cette dernière science qu’avec l’autre. Un économiste fort distingué, M. Malthus, leur a consacré un ouvrage en trois volumes, qui a eu plus de quinze éditions en Angleterre, et qui a fondé sa réputation.

Pauvres mortels que nous sommes ! il ne s’agit pas seulement de naître, mais de vivre et de gagner notre subsistance. Quoique la terre soit vaste et bien déserte encore dans plus d’une contrée, nous accourons trop nombreux au banquet de la vie; la plupart d’entre nous ont à peine approché sa coupe de leurs lèvres, qu’il faut déjà partir sans les avoir humectées. Et pourtant, dans leur aveugle philanthropie, une foule de gouvernements ont encouragé le mariage et flétri le célibat; une foule ont cru qu’il suffisait de naître pour être sur de vivre, et de paraître aux rayons du soleil pour en être échauffé. Ainsi leur erreur, d’accord avec une erreur plus douce et toujours pleine d’espérance, n’a fait que multiplier le nombre des victimes en croyant multiplier le nombre des heureux.

Cherchons les causes essentielles de cette anomalie. Les nations, comme les individus, ne vivent que du produit de leur travail. Plus un peuple, une famille, un homme produisent, plus ils peuvent satisfaire de besoins, dont le premier est celui de soutenir leur existence. Or, ces produits étant limités, quelquefois d’une manière très-étroite, il en résulte que le nombre des êtres qu’ils peuvent faire subsister est nécessairement circonscrit dans les mêmes limites. Cela n’empêche pas les hommes de naître, mais ne les défend pas non plus de mourir. Les sauvages ne se détruisent entre eux que pour se manger, faute de produits suffisants pour leur nourriture. Des milliers d’individus ne font que paraître et

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