INDUSTRIE COMMERCIALE
merce en gros et le commerce en détail sont également à la portée de tous les esprits : la science ne leur donne pas / d’autre définition que le vulgaire. Il y a un troisième commerce, d’origine plus moderne, et d'une importance non moins considérable, celui qu'exercent les banquiers. Un banquier reçoit ou paye pour le compte d'autrui, ou bien four- , nit des lettres de change payables en d’autres lieux que ceux
’ où l’on est : il fait le commerce de l'or et de l’argent L Nous
examinerons à part cette branche de l’industrie commerciale, qui est devenue si active chez les nations civilisées , et qui distingue d’une manière caractéristique notre commerce • de celui des anciens.
L'industrie commerciale est susceptible, comme toutes les autres, de perfectionnements et d’améliorations. L'application des machines à vapeur à la navigation , la création des routes en fer, l’établissement des canaux, en facilitant le transport des marchandises, économisent les frais de production commerciale, et procurent au consommateur un gain qui ne coûte rien au producteur. De même, en trafiquant j avec l’étranger on peut faire avec lui des bénéfices dont il
f retire sa part, et s’enrichir mutuellement. Je suppose qu'un
négociant français porte à New-York du vin acheté à Bordeaux à raison de mille francs la pipe, et qu'il le vende douze cents francs : la France aura gagné deux cents francs par " son intermédiaire. Que si le même négoçiant rapporte de ^ New-York au Havre une balle de coton payée six cents francs en Amérique, et qu’il la vende en France huit cents francs, I il y aura une valeur de deux cents francs produite par les dif-
I férents agents qui ont concouru à cette transaction, et dans
5 laquelle les Français et les Américains auront fait leur profit,
fl sans se nuire réciproquement. Ainsi les nations ont intérêt à
I s'encourager et à se soutenir dans la voie de la production :
4 nulle d'entre elles ne peut succomber , c'est-à-dire devenir
* Montesquieu dit que les lettres de cluinge furent inventées par les Juifs chassés de France, sous Philippe Auguste et Philippe le Long, [Esjmt des chap, XX.)
improductive, sans que les autres s'en ressentent. L’Espagne,
, a tari la source d'un débouché prépeuples laborieux de - ou entravé le multipliant outre mesure les droits
-J provinciales, et en se résercertaines denrées et même de certaines
en cessant de produire
deux pour beaucoup de produits des [
son voisinage. Son gouvernement a détruit commerce intérieur, en i '
de péage , d octroi , de douanes vant le monopole de manufactures.
Les villes Ansëaliques ont fait pendant long grand succès, un genre de commerce qu’on ap fort, et qui consiste à acheter des man handis pays pour les revendre ailleurs. Elles allaient le Nord les métaus nécessaires à la consomm et elles portaient au fameux entrepôt de Bru" le goudron et les harengs de la .Nornége et de la Suède. En U ange, elles rapportaient à ces peuples les productions de a h rance et de l'Italie, formant, d'une extrémité à l’autre de Europe, une alliance commerciale dont elles s’étaient oc roy la médiation. L’expérience a prouvé que ioTLl. a ait gagné a ce système, dans lequel les Hollandais jouèrent plus tard le rôle des villes Anséatiques, et que les fCncaTs
Le commerce de spéculation, moins avantageux, et plus
lominaHoTd’'*’ **' ««fi de la dé-
tommUond accaparement, parce que ses bénélices résul-
! niarchandise retirée de