‹ Précis élémentaire d'économie politique [microform]Chapitre 9 sur 71 · CHAPITRE lil · texte numérisé non relu

CHAPITRE lil

Des capitaux.

Un entrepreneur d'industrie ne saurait arriver à des résu tats productifs avec les seules ressources de son travail : lui faut une usine , des outils, des instruments, des matièrt brutes à fabriquer, et du numéraire pour payer ses collab( rateurs; en d autres termes, il lui faut des capitaux. Ces c< pitaux, quels qu ils soient, représentent toujours une somm de valeurs acquises d’avance , et ces valeurs ne sont elle! mêmes que le résultat de l'économie, c'est-à-dire d’une mass de produits soustraits à la consommation improductive.

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La consommation improductive est celle qui détruit une valeur sans la remplacer, ou la faire reparaître sous une autre forme également utile; la consommation reproductive est celle au moyen de laquelle une valeur détruile est remplacée par une valeur nouvelle. Quand Louis XIV faisait bâtir le château de Versailles , il détruisait des capitaux pour le vain plaisir de se donner une habitation, dont la magnificence est stérile ; lorsqu’au contraire il décidait la construction du canal des deux mers , on consommait des valeurs

amplement reproduites par Lutilité de ce monument immortel.

Pendant longtemps on s’est fait de fausses idées de la nature des capitaux. Il est inutile de réfuter Terreur de ceux qui n accordaient ce nom qu’aux amas de numéraire ; car personne n’ignore aujourd’hui que la terre, la possession d une chute d’eaq, celle d’une machine à vapeur, d’un vaisseau, d’une collection d’ustensiles aratoires ou d’animaux domestiques, sont des capitaux comme l’argent. On les appelle productifs lorsqu’ils sont exploités par l’industrie d’une manière utile, d’une manière qui crée des valeurs ; improductifs, lorsqu’ils ne rapportent rien. Telle est, par exemple, une maison abandonnée, ou assez mal entretenue pour qu’on n’en retire aucun loyer ; un champ non cultivé, une somme retirée de la circulation , ou enfouie par la terreur, par l’avarice.

J’ai dit plus haut que les matières brutes étaient, entre les mains de l’industriel fabricant, un véritable capital; je m’explique, et cette explication me dispensera de beaucoup d’autres. Cent balles de coton en magasin sont pour le filateur un capital, tout aussi bien que les matières qui garnissent ses ateliers; un quintal de garance ou de bois de Campêche fait partie du capital d’un teinturier, autant que ses chaudières et le combustible destiné à les échauffer. Si l’argent a paru l’emporter sur la plupart des capitaux, au point d’usurper ce titre pour lui seul, c’est qu’il facilite infiniment les échanges, sans lesquels la production ne saurait avoir lieu; car il n’est

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