‹ Précis élémentaire d'économie politique [microform]Chapitre 10 sur 71 · FORMATION DES CAPITAUX · texte numérisé non relu

FORMATION DES CAPITAUX

réellement productif qu’autant qu’il a procuré à l’industrie les services dont elle avait besoin. Un sac de cent mille francs ne fait pas aller un moulin ; mais on trouve, au moyen des valeurs qu’il représente, le moteur nécessaire à cette usine ; et celui qui posséderait le moteur, serait aussi riche que le maître des cent mille francs.

Le capital d’un pays ne se compose donc point seulement de ses valeurs en numéraire, mais de toutes les autres. Les navires qui servent à son commerce ou à sa défense, les terres qu’il exploite pour sa subsistance, les fabriques qu’il entretient pour suffire à ses besoins ou à ses plaisirs, constituent la richesse nationale, la chose du monde la plus variable, et par conséquent la plus difficile à évaluer exactement, en dépit des essais qu’on a tentés sur ce sujet. Examinons de quelle manière les capitaux se forment, se multiplient ou se gaspillent : ce sera l’objet des deux sous-divisions suivantes, et le développement des définitions présentées au commencement de ce chapitre.

SECTION PREMIERE

Comment se forment et se multiplient les capitaux.

Les capitaux ne se forment qu’avec d’autres capitaux ; et cette assertion, étrange au premier abord, est pourtant d’une grande exactitude. Le laboureur qui se fait un capital du produit de sa terre améliorée a dû la posséder avant de songer à l’améliorer, et il n’a pu l’acquérir qu’avec des capitaux précédemment accumulés. Que s’il Ta reçue en héritage, cette terre a été acquise avec des valeurs préparées par le possesseur précédent : or, ces valeurs réunies étaient aussi un capital. Un homme de lettres compose une tragédie qui réussit et lui rapporte une somme de cinquante mille francs, avec laquelle il achète soixante arpents de bois : qu’est-ce autre chose que ce capital , sinon le résultat des capitaux

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