‹ Précis élémentaire d'histoire ecclésiastique [microforme]Chapitre 114 sur 180 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Pontificat d’Innocent III. Cinquième croisade. Empire français de Constantinople (1198-1216).

#. CARACTÈRE DU PONTIFICAT D'INNOCENT JL. — Innocent, de l’iliustre famille des Conti, avait étudié le droit et la théologie dans les universités les plus

célèbres, à Paris, à Rome et à Bologne. Elevé

malgré lui au trône pontifical, il songea aussitA! } délivre: Rome et l'Italie de la domination étrangère et à faire partout respecter et chérir sa puissance, en établissant dans tous les pays qui li étaient soumis le règne de la douceur et de la jus. tice. À son avénement, l'Allemagne était désolé par la guerre civile, et tous les royaumes chrétiens étaient en proie à de graves désordres que l'inter. vention seule du souverain pontife pouvait faire cesser. Innocent, guidé par son génie, comprit l'étendue de sa mission, et, pour la remplir, il ne manqua ni de prudence ni de courage.

2. AFFAIRES D'ALLEMAGNE. — Innocent garda d’abord la plus sévère neutralité entre Philippe de Sourbe et Othon de Brunswick qui se disputaient le trône d'Allemagne. Cependant les droits d'Othon lui ayant paru mieux fondés, il se déclara pour ce prince et participa même à son élection lorsqu'’après dix ans de rivalité, Philippe, son compétiteur, eut été assassiné au moment où sa cause triomphait (1208). Chacun espérait que le nouvel empereur, enchaîné par la reconnaissance envers le pape, ne désolerait pas la chrétienté en renouvelant la lutte de l'empire contre le saint-siége, au moins tant que durerait le règne de son bienfaiteur; mais il n’en fut point ainsi. A peine Othon fut-il couronné, qu’il s’efforça de faire revivre les prétentions de ses prédécesseurs sur la liberté de Rome et de l'Italie. Après avoir employé Ja persuäsion et la douceur pour le ramener à de meilleurs.sentiments, Innocent finit par l’excommunier et le déposer, Othon n'eut pas honte de se liguer

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PONTIFICAT D'INNOCENT Ii. 163

avec ses vassaux, avec le roi d'Angleterre et avec quelques autres princes contre le roi de France Phi-

lippe Auguste, qui avait pris parti pour le pape. Il futvaincu à Bouvines,et mourut quelquetempsaprès dans l'obscurité. Sur la proposition d'Innocent HE,

J'Allemagne reconnut pour empereur le jeune Fré-

déric Il et la paix fut pour le moment rétablie. 8. INFLUENCE D'INNOCENT IIT SUR LE RESTE DE À CHRÉTIENTÉ. — Presque tous les Etats de l’Eu-

rope étaient alors soumis au ’saint-siége, et il n’en

est aucun qui n'ait eu à se louer de son influence. L'Angleterre dût à sa protection sa force et ‘sa jiberté. C'en était fait du clergé dans ce pays, si

le zèle d'Innocent n'’eût résisté an roi Jean sans.

erre, qui S’arrograit une puissance absolue dans l'ordre spirituel corime dans l'ordre temporel, et qui pensait avoir le droit de disposer des dignités cclésiastiques comme des emplois civils. En Espagne et en Portugal, Innocent IIT fit respecter la sainteté du mariage, en obligeant les rois euxmêmes à rompre les alliances coupables qu'ils avaient contractéès, et il sauva ces deux nations le la barbarie, en prêchant une croisade contreles Maures. Le saint-père étendait aussi sa vigilante jollicitude sur la Scandinavie etsurles Etats slaves; nfin, partout où il existait des désordres à réprimer et des plaies à guérir, il s'empressait d'y remédier. 11 écrivit même aux Russes pourles retirer du schisme et les faire rentrer dans l'unité de l'Elise. Maïs une penséc généreuse dominait en lui utes les autres ; c'était la délivrance du royaume: Jérusalem etlaruine de la puissanccmusulmane

Æ. CINQUIÈME CROISADE. — Son prédécesseur, kiondé pape Célestin IIT, avait prèché la quatrième crofiain ( sade qui n'avait eu presque aucun succès. Innoiale à cent IL invita Foulques, curé de Neuilly, à faireiit ex ses efforts pour ranimer dans l'Occident cette ares en deur qui avait autrefois soulevé l'Europe contreMhidèl l'Asie. L'éloquence du nouveau prédicateur fit uneMibles impression profonde qui pourrait être comparée 1RSEglis celle que produisit naguère la voix de Pierre l'Erlir de mite. De tous côtés on s’arma pour la délivrance delnces lieux saints. Les plus illustres croisés furent Thi:baut de Champagne, Simon de Montfort, Louis de

. , : . ; | 1. Que Blois, Bonifac:, marquis de Montferrat, et Bar, je doin IX, comte de Flandre et de Hainaut. Les croi Bunoc sés allèrent d’abord à Venise demander des vais ? © seaux pour se rendre en Syrie; mais n’ayantpl à, payer le prix convenu, ils consentirent, comme Bmagne compensation, à aller assiéger la ville maritime de[E Zara, en Dalmatie, pour le compte des Vénitiens. Le | ta jeune Alexis, fils d'Isaac l’Ange, empereur de Cons: BBnocen tantinople, vir t implorer le secours des croisés e18 faveur de son père qu’un usurpateur avait détrôné à il leur fit de si belles promesses, que les généreu guerriers n'hésitèrent point à s’écarter de leur route, et après six jours de combat ils replacèrent sur le trône Isaac qui associa son fils à l'empireWMais ces deux princes excitèrent bientôt de grands mécontentements par les impôts qu'ils furent obligés de prélever pour payer les sommes promises aux croi: otée sés. Une sédition les renversa du trône, et ils péri@ 10: rent l’un et l’autre. Alors.les croisés firent pour luth su: compte la conquêle de Constantinople, et 2yanife d

e dex oct

INNOCENT IV ET FRÉDÉRIC 11, 165 pndé un nouvel empire qui prit le nom d'empire ain d'Orient, ils décernèrent la couronne impéjale à Baudoin de Flandre (1204). InnocentIll vou-

cesseur, l "ième croi.

2Cès. Inno.

1ly, à faihitexcommunicr les croisés qui avaient dépossédé nt cette ares empereurs chrétiens, au lieu de combattre des ope contMidèles, et qui, par là, s'étaient montrés plus sen-

leur fit une 0m paréc } Pierre l'Er

jbles à leurs intérêts personnels qu'à la cause de Eglise. Mais il reconnut qu'il était préférable d’ugr de modération etd'indulgence dansles circons-

ivrance delnces critiques où se trouvait la papauté. Rs QUESTIONNAIRE.

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