SEPTIÈME CROISADE (1248). — Après avoir
confié la régence à sa mère, saint Louis s'embar-
qua à Aigues-Mortes, le 27 août 1248, et fit voile pour l'Egypte, afin d'attaquer au centre de son empire le suiian du Caire, qui était alors maître de Jérusalem. Les croisés s'emparèrent de Daimiette et marchèrent ensuite sur le Caire. Mais surpris par les marais formés par l’inondation du Nil, ils furent taillés en pièce à Mansourah, et le roi lui-même tomba entre les mains des infidèles. Les vainqueurs admnirèrent la grandeur d'âme de Jeur prisonnier, et conçurent une haut* dée d'une religion qui inspirait de pareils sentiments. Quand il s'agit de traiter de sa rançon et de celle de ses sujets, le monarque prononça ces belles paroles :
ŒUn roi de France ne se rachète point à prix d'argent; je donnerai un million de besants d'or (1)
L (1) Monnaie de l’empire de Constantinople dont l'usage se répandif Jen France dans le X11° et le XILI* siéele ; on croit qu’elle valait envirog 0 fr, de notre monnaie.
pour mes sujets et Damiette pour ma personne ac Saint Louis se 1 ndit ensuite en Palestine, où j pos resta trois ans, s occupant à fortifier les villes, et an surtout à rétablir la concorde entre les princes san chrétiens. Enfin la nouvelle de la mort de sa mx per l'obligea de retourner dans ses États (1254). hor
Æ, RETOUR DE SAINT LOUIS EN FRANCE. SA GLOMRE, ploi — Saint Louis, revenu de la terre sainte, se mon ouv tra admirable dans toutes ses actions. Ennemi del fort toutes les divisions, il interposa sa conciliante mé des diation partout où des querelles éclataient. C'etrve ainsi qu'on le vit successivement remplir ce rükcon pacificateur dans les démélés qui s’élevèrent entr pro: le duc de Bretagne et le roi de Navarre, entre ler por: de Navarre et le roi d'Angleterre, entre Henri Iietle et ses barons, même entre Grégoire IX et Frédé plus ric IT. Dans sa politique extérieure, il fixa les son mites de la France en cédant au roi d'Aragon ssenfir droits sur Barcelone et la marche d'Espagne, il 5 condition que celui-ci renoncerait à sa suzeraineté (127 sur le midi de la France. Plein de loyauté, alcroi lieu de profiter des embarras de Henri II pour Boon! chasser de France, il lui donna le Limousin, Elarr: Périgord, le Quercy et la Saintonge, ne se réser oh vant des conquêtes de Philippe Auguste, que Mbar Normandie, J’Anjou, le Maine, la Touraine et KI se Poitou. Sans ambition, il avait déjà refusé poujuré Robert de France la couronne impériale, quanlfpro il refusa encore pour son frère, Charles d'Anjouirèn ja couronne des Deux-Siciles. Il ne versa pas unse goutte de sang pour agrandir les domaines défcei a couronne, et cependant aucun roi ne fit lead:
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SAINT LOUIS. 173 acquisitions aussi considérables. Outre les vastes possessions du comte de Toulouse, il ajouta encore
D au royaume les comtés de Chartres, de Blois et de
Sancerre avec leurs fiefs, ceux de Màcon, du Perche, d'Arles, de Forcalquicr, de Foix et de Cahors, avec plusieurs grandes villes. Légistateur plein de sagesse, il favorisa la liberté du peuple,
ouvrit à la bourgeoisie les assemblées publiques,
fortifia la royauté en attaquant ce que le pouvoir des seigueurs avait d'abusif, et régla Ja justice en fveur des faibles et des opprimés. Il facilita le
commerce par ses règlements sur les monnaies, fit
prospérer l'industrie au moyen de lois sur les corporations des arts et métiers, favorisa les sciences
letleslettres en établissant plusieurs colléges dont le
plus remarquable est celuide Sorbonne, fondé par
son Chapelain Robert, né à Sorbon en Champagne;
enfin il multiplia les hôpitaux et les monastères. D. HUITIÈME CROISADE... MORT DE SAINT Louis
(1270). — Cependant il n'avait point déposé la
croix, parce qu'il méditait une nouvelle expédition contre les intidèles. Les tristes nouvelles qui lui arrivèrent de Palestine le confirmèrent dans sa résolution, Il prit de nouveau les armes, et s'em-
Darqua comme la première fois à Aigues-Mortés. Il se dirigea vers Tunis, dont le souverain, quiavait
juré d'embrasser la foi chrétienne, avait oublié ses promesses. Mais tandis que Louis attendait son frère Charles d'Anjou, roi de Sicile, la contagion seit dans son armée. Le pieux roi déploya dans tette circonstance critique un zèle et une charitÿ admirables ; jusqu à ce qu'enfin, atteint lui-même
par la maladie, il expira en héros et en sant, Charles d'Anjou conclut une paix honorable avec M Lou le roi de Tunis, et l’armée repartit pour la France, Brénet
après avoir salué roi le fils de saint Louis, Philippe Fe le Hapdi, qui faisait partie de l'expédition. royau G. RÉSULTATS DES CROISADES.— Dès lors la terre EE ?:.
; À ; : la € sainte tomba au pouvoir des infidèles. On vitencor vE
l'Europe s'émouvoir, par 'ntervalles, à la voix des BB üins pontifes, qui ne cessaient de mettre tout en œuvre Lu pour exciter à de nouvelles croisades, mais il n'y 1 avait plus assez de vie religieuse pour enfanter des Æ— armées capables de disputer aux musulmans ces possessions usurpées. Malgré le peu de durée des Etats auxquels les croisades avaient donné nais-
Donil
sance, on peut dire cependant que ces expéditions ë. produisirent de grands résultats. Elles préservèrent We m l'Europe de l'invasion des Turcs, quiinfailliblement gl
auraient renversé Constantinople, et se seraient précipités de là sur l'Occident; elles améiiorèrentle sort du peuple, qui s’affranchit en marchant contre les infidèles ; elles donnèrent naissance à la chevalerie, qui mit le courage et la force au service d: pauvre, du faible, et de l’orphelin ; elles donnèrent ro de l’extension au commerce, développèrent l'indus un d trie, firent faire d'immenses progrès à la géographie, Bfxa à l’histoireainsiqu'aux différentes branches des con- ils naissances humaines. Il faut donc reconnaître que ra si dans les croisades il y eut, comme dans tout ke q guerre, bien des misères à déplorer et parfois quel Ever ques excès à condamner, on ne trouve pas Cepel- ; dant dans toutel’histoire de l'humanité, d'entreprit ru qui ait plus contribué aux progrès de la civilisalion.
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