‹ Précis élémentaire d'histoire ecclésiastique [microforme]Chapitre 12 sur 180 · RUINE DE JÉRUSALEM · texte numérisé non relu

RUINE DE JÉRUSALEM

et encore cette triste pâture était-elle l'objet de disputes violentes ; bien plus, on enlevait aux enfants le pain qu'ils tenaient, et on les écrasait eux mêmes contre terre pour le leur arracher. Les séditieux,

loin d'être touchés de ces maux, n'en étaient que plus animés, et plus obstinés à continuer la guerre.

Cependant Titus ayant pris la forteresse qu'on nommait Antonia, avança les travaux du Siége, vint jusqu'au temple et se rendit maître des deux galeries

extérieures. Ce fut alors que la famine devint horri-

ble : on fouilla jusque dans les égouts, et l’on mangeait les ordures les plus infectes.

Uné femme, poussée par la faim et réduite.au désespoir, prit son enfant encore à la mamelle, et le regardant avec des yeux égarés : « Malheureux, lui dit-elle, à quoi te réserverais-je ? à mourir de faim, ou à devenir esclave des Romains. » Elle l’égorge à l'instant, le fait rôtir, en dévore une partie et dérobe le reste aux regards. Les factieux, attirés par l'odeur de cet horrible festin, entrèrent sans la maison et menacèrent de mort cette mère c pable, si elle ne leur livrait pas les mets qu'elle te-

ait cachés. La malheureuse femme leur présente aussitôt ce qui restait de son enfant; et voyant leur pouvante : « Vous pouvez bien en manger après moi, leur dit-elle, c'est mon enfant, c'est moi qui l'ai tué : vous n'êtes pas plus délicats qu'une femme i plus tendres qu'une mère. » Saisis d'horreur à la vue de cet affreux spectacle, ils abandonnèrént la maison.

Cependant Titus fit attaquer la seconde enceinte du temple et mettre le feu aux portes, en ordon-

nant néanmoins de conserÿer le corps de l'édifice mais un soldat romain, poussé, dit l'historien Jos phe, par une inspiration divine, et se faisant sou lever par ses compagnons, jeta un tison enflamm dans un des appartements qui tenaient au temple: le feu prit aussitôt, pénétra à l'intérieur de l'édificé et le consuma entièrement, quelques efforts que fi Titus pour arrêter l'embrasement. Les Romain massacrèrent ceux qui se trouvaient dans la vill et mirent tout à feu et à sang. Ainsi fut accompli la prophétie de Jésus-Christ. Titus déclara lui-mèm que ce succès n'était point son ouvrage, et qui n'avait été que l'instrument de la vengeance divine Sept cent mille habitants périrent dans ce siége, € les restes de cette malheureuse nation furent dis persés dans l'étendue de l'empire.

Qui ne voit dans cet affreux désastre la juste pu nition de la fureur impie que les Juifs avaien exe:cée contre le Messie ? D'autres villes ont eu! endurer les rigueurs d'un siége ou de la famine mais on n'a jamais vu les citoyens d'une ville as

siégée se faire la guerre avec tant d'acharnement nl

exercer les uns £ontre les autres une cruauté aus atroce. Cet exemple unique était nécessaire pou accomplir la prédiction de Jésus-Christ et pou rendre la punition de Jérusalem proportionné aù crime qu'elle avait commis en crucifiant sol Dieu ; crime pareillement unique, qui ne peu avoir d'exemple ni dans le passé ni dans l'avenir, mg

QUESTIONNAIRE. ,

difé- les -Juifs. furent-ils les pré d'ennemis ? miérs punis ?

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4. L'Eglise eut-elle rentes sortes Quels furent-ils ? Pourquoi 2. Quels présages sinistré

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