‹ Précis élémentaire d'histoire ecclésiastique [microforme]Chapitre 123 sur 180 · PROGRÉS DES SCIENCES ET DES LETTRES · texte numérisé non relu

PROGRÉS DES SCIENCES ET DES LETTRES

Cette époque loin d'être une époque d'ignorancs de ténèbres brilla d'un vif éclat, Les sciences, 4 lettres et les arts furent cultivés avec ardeur, ! chacune de ces branches compta des homme d’un grand génie. Lanfranc et saint Anselme, lu et l’autre archevèques de Cantorbéry, firent la gloin du xi° siècle. Dans le siècle suivant on vit paraît saint Bernard dont nous avons admiré l’éloquenc Yves de Chartres, Pierre de Blois qui exerctreié après lui la plus profonde influence sur la société Saint Thomas d'Aquin et saint Bonaventure éclai rèrent le siècle de saint Louis et devinrent les or cles du monde entier. L'université de Paris éti alors à l'apogée de sa gloire, et on venait de toutes les parties de la chrétienté recevoirles leçonsde se célèbres docteurs. La foi faisait produire à l'ai chrétien les plus étonnantes merveilles. C'est à cell époque qu’on éleva ces cathédrales admirables don les richesses et les ornemenis témoignent encor aujourd’hui du dévouement et du zèle religieux de nos ancêtres. + 2. DES HÉRÉSIES. — Au milieu de lard" * intellectuelle qui signale le moyen âge, que ques savants se laissèrent entraîner à des théorie contraires à la foi. Abeilard, qui passait pour ui [d des prodiges de son temps, avança dus erreurs qui PO

LES ALBIGEO!S. 485

furent vivement relevées par Saint Bernard. Gilbert de la Porée, qui s'était fait aussi une réputation bien méritée de savant et de philosophe, s’éçarta également de la vérité. Mais la foi était alors si vive dans toutes les âmes, qu'aucun de ces novaieurs ne resta obstinément attaché à ses idées

, Des hirésie,

SE particulières. Abeilard se retira pour faire pénisciences, [tence dans un monastère ; et Gilbert, après avoir ec ardeur, ( souscrit à sa propre condamnation dans un concile, des homnMP?552 SCS dernières années à faire le bien dans le Anselmé, l'i diocèse de Poitiers dont il était évèque, firent la gloin 8. DES ALBIGEOIS. — La seule erreur vraiment n vit parattt afligeante pour l'Eglise fut l'hérésie des albigeots. 6 l'éloquenct On désignait sous ce nom différents sectaires qui

occupaient tout le midi de la France et qui avaient fit de la ville d’Alby le centre de leur puissance. lserait difficile de bien préciser ici leur doctrine, inais il suffit de dire qu'ils étaient unanimes pour mépriser l'autorité de l'Eglise, rejeter l'usage des sacrements, en un mot pour renverser toute l’ancienne discipline. Ces fanatiques tenaient des assemblées nocturnes où ils se livraient aux excès les plus monstrueux, iis se réunissatent quelquefois au nombre de huit mille, pillaient les villes et les villages,massacraientles prêtres, profanaient les églises et brisaient les vases sacrés.

| Les souverains pontifes, inquiétés par ces secaires, essayèrent d’abord de les ramener à la vérité au moyen de la persuasion. Des moines de Citeaux furent employés à cette mission. Leurs prédications n'ayant produit ancun résultat, on déposa les évèques indignes qui occupaient les prin-

ui exercèren ur la société enture éclai rent les or le Paris étai ait de toutes leçonsde se duire à l'ai . C'est à cell irables don!

xnent encoré religieux dé

de l’ardeu âge, quef des théories ait pour ul erreurs qui

cipaux siéges de cette contrée, et on leur donn des successeurs zêlés. Saint Dominique ayant en trepris la conversion de ces peuples abusés, eut d'immenses succès, et parvint à en ramenerun bo: nombre dans le sein de l’Église. Mais il ne put rie sur les grands, et les masses restèrent attachées l'hérésie. Innocent III, dans l’ardeur de son zèle, envoy , en qualité de légat à-Raymond, comte ds Toulouse, un moine de Cîteaux, nommé Pierre de Castelnau. Selon la mission qu'il avait reçue, æl honme courageux, voyant que les paroles de do. ceur laissaient insensible le cœur de Raymoni, eut recours à la menace. Alors le chef des héréti ques fit arrêter et mettre à mort le représentant dt souverain pontife (1208).

Æ. CROISADE CONTRE LES ALBIGEOIS. — Après cé acte odieux, un cri d'indignation s’éleva de toutes les parties de la chrétienté. On entreprit une croi sade contre les albigeois, moins parce qu'ils erraient dans la foi, que parce qu'ils renversaienthe.. les lois de la société, et troublaient sa tranqui-i:. € lité. Simon, comte de Montfort, eut le commande ment de l’armée qu'on avait levée contre les se taires. Ce seigneur les poursuivit vivement, et sl, dans le cours de ses exploits, il se trouve quelques traits d’une sévérité excessive, il faut considérer qu’il avait affaire à des hommes cruels dont il cri ne pouvoir autrement purger les provinces qu'il désolaient. Toutefois le glaive ne suffit pas pouf détruire l’hérésie. Elle reparu! en France, en ltali et en Allemagne avec des caractères non moil odieux sous les noms bizarres de patarins, de cr

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leur domn le ayant en abusés, eu enervun bo ne put rie , attachées de son zèle, d, comte (8 né Pierre de it reçue, cé oles de do e Raymond, f des héréti résentant di

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LES ALRIGENIS.

hares de poplicains, etc. La soriété civile, alarmée ar ces fausses doctrines, pria le souverain pondie d'établir dans les provinces des tribunaux, pour écouvrir l'erreur et la dévoiler partout où elle iercherait à se glisser. Ces tribunaux, établis sur demande des souverains, furent appelés les triunaux de l'inquisition. 11s devaient uniquement rononcer sur l'orthodoxie des doctrines, et quand n accusé était convaincu d'hérésie, la phissance jvile Je jugeait et le condamnait.

QUESTIONNAIRE

1. Quels furent les prorès des sciences et des lets à cette époque? Quels nt les

hommes célèbres i parurent aux xi°, xie et

ie siècles ? Quels monuments rtchrétien a-t-il alors éle-

9, Quels sont les savants ni ont erré à cette époque ?

sont-ils obstinés dans leurs

eurs ?

3, Qu'est-ce que la secte des

bigeois? Quels désordres

HF, EGELÉGIASTIQUE.

commettalent ces sectaires ?

Queis moyens les suuverains pontifes employèrent-ils pour les convertir? Quel attentes

‘commirent-ils sur le légat de

saint-siége ?

&. Pourquoi précha- t= 0n contre eux une croisade Ÿ Quels en. furent les effets?

Sous quelle forme l'hérésie reparut -elle? Par qui fes établie l'inquisition? Quelles étaient les attributions de ses tribunaux ?

Qu 2 80 2000 D 2 SD 2 nn 4 VIe ÉPOQUE.

Sa Depuis Boniface VIII jusqu'à Luther (1302-1517) (1), D

(Elle renferme 213 ans.)

Cette époque est un temps de décadence. Le *T moyen âge est arrivé à son déclin. A la mort de ER Boniface VIII, la puissance pontificale se trouve 4: très-affaiblie. Les papes, en se fixant à Avignon, n'ayant plus la même indépendance n'ont plus la M même autorité. Leur retour à Rome devint l'occa sion d’un schisme déplorable, qui donna aux peu: ples d’effrayants scandales. Eu vain l'Eglise grecque essaya-t-elle de se réunir à l'Eglise latine, Constantinople fut prise par les Turcs, et nous voyons à}. les disciples de Wiclef et de Jean Huss se mn-,, trerenAllemagnecommeles précurseurs de Luther,

Si CHAPITRE 17. b ns E Grand schisme d'Occident (1378-1417), (

#. CAUSES DU SCHISME D'OCCIDENT. — Les papes M: résidèrent environ soixante-dix ans à Avignon. By Pendant tout ce temps Rome et l'Italie ne cessaient de désirer leur retour, et, en diverses circonstances 1 de magnifiques ambassades leur furent envoyées er pour les exhorter à consoler de son veuvage ja ville

(1) Voyez dans notre Atlas la carte de l'Eswope pendant ba dernime période du moyen dge, |

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GRAND SCHISME D'OCCIDENT. 189 éternelle. Les vcrsque prononça Pétrarque dansune de ces occasions solennelles sont restés immortels comme son génie. Tout Français qu'ils étaient, les papes d'Avignon ne furent point insensibles à ces

Lsupplications touchantes, ils comprenaient d'ail-

leurs qu'ils ne pouvaient recouvrer leur pleine indépendance qu'en replaçant le saint-siége à Rome.

Ils essayèrent donc, à plusieurs reprises, de briser

leurs chaînes ; maisles factions qui désolaient l'Italie furent toujours un obstacle à l’accomplissement de leurs desseins. Cependant, malgré ces difficultés eten dépit des représentations du roi de France, Charles V, Grégoire XI eut la gloire de transporter le siége pontifical d'Avignon à Rome (1377). À sa mort, les Romains ayant exigé des cardinaux qu'ils choisissent un papeitalien, leurs suffrages’'se réuni-

rent sur l’archevèque de Bari, qui prit le nom d’Ur-

bain VI. Mais les caprices bizarres et l'inégalité de œractèré du nouveau pontife donnèrent presque aussitôt des regrets aux cardinaux. Seize d'entre eux, sous prétexte que l'élection n'avait pasété libre, se séparèrent de lui et élurent, à Agnani, Robert, évèqne de Cambrai, qui prit le nom de Clément VII (1378). Dans le doutesur la validité de ces deux élections, la chrétienté se partagea en deux obédiences. La France et ses alliés, c'est-à-dire la Castille, l’Aragon, le Portugal, la Savoie, l'Ecosse, la Lorraine et le royaume de Naples, se déclarèrent pour Clément. VIT, qui se fixa à Avignon, tandis que les autres nations catholiques se prononcèrent pour Urbain VI.

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