CHAPITRE V
Des ordres religieux. Fondation de l’ordre des minimes.
4. ÉTAT DES ORDRES RELIGIEUX. — Pendant | schisme d'Occident, les papes ayant accordé à religieux les plus grands priviléges pour les at cher à leur obédience, il en résulta de graves abus Les ordres sur lesquels l'Église avait fondé k plus grandes espérances, tombèrent tout à cn dans un relâchement déplorable. Les franciscai se divisèrent, et quelques-uns s'écartèrent mêr du droit chemin pour se jeter dans le schisme, d rant le séjour des papes à Avignon. Ils ne craigil rent pas de mettre leurs talents au service de Lou de Bavière contre Jean XXII, et de pousser ain l'Allemagne à se constituer en Église nationale Les dominicains, les bénédictins, les cisterciense les prémontrés furent loin de maintenir la rigiié sévérité de leur règle. Mais l'Église, toujours adnil rable dans sa fécondité, produisit, au sein mênik de ses plus grandes détresses, des hommes d'u vertu héroïque, qui fondèrent de nouveaux ordi remarquables par leur dévouement et leur purek Saint Laurent Justinien en Italie, saint Jean deŸi cence en Espagne, le pieux Gérard Groot en All magne, enfantèrent ces merveilles, au milieu dé troubles causés par le grand schisme. Li
®. RÉFORMATION DES ORDRES RELIGIEUX. — peine l'orage fut-il calmé, que du milieu des ordt tombés en décadence s’élevèrent des réformateuf
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zélés qui, insensiblement, rappelèrent tous les monastères à leur sainteté primitive. Cet élan de réformation est manifeste dans tous les ordres religieux au xv° siècle, et partout on sent que l'Église, par ses soins et ses travaux Çontinuels, serait parvenue à triompher de tous les vices qui l'opprimaient, si la main imprudente des novateurs n’eût troublé la régularité de ce mouvement régénérateur. Il semble même que Dieu ait voulu la venger à l'avance des calomnies que Luther et les autres sectaires devaient inventer contre elle, en suscitant, avant l'apparition de ces hérésiarques, saint François de Paule pour former un nouvel ordre religieux, spécialement consacré à la pénitence et à l'humilité. | S. VERTUS DE SAINT FRANÇOIS DE PAULE. — Cet illustre fondateur tira le surnom de Paule de la
petite ville où il naquit en Italie. Les bons exem-
ples de ses parents et le goût qu'il ressentait pour la piété lui inspirèrent, dès l'enfance, le désir de s'exercer à la vie austère et mortifiée vers laquelle il se sentait porté. Il ne mangeait ni viande, ni poisson, ni œufs, ni lait, et se fit de cette manière de vivre une règle qu'il observa religieusement pendant toute sa vie. Enfin, pressé par un ardent amour pour la solitude, il se retira dans une grotte près de la mer, où il ne s’occupa que des choses de Dieu. Il n’eut d’autre lit que la pierre, d'autre nourriture que les herbes qui croissaient
‘autour de sa grotte, et sous ses vêtements gros-
siers il revêtit un rude cilice. Bientôt la foule, atti-
rée par l'éclat de vertus si rares dans un jeune
905 SIXIÈME ÉPOOUE.
homme, vint le visiter au milieu de sa retraite et plusieurs personnes avant sollicité Ia faveur de se fixer auprès de lui, afin d'apprendre à servir Dieu, François de Paule ne put résister à leurs instances.
Æ&. FONDATION DE L'ORDRE DES MINIMES. — Le saint ermite bâtit alors autour de sa grotte quelques cel: lules et un oratoire; ce fut à le berceau de l’ordre qu'il fonda peu de temps après. Le nombre de ses disciples augmentant de jour en jour, François de Paule résolut de construire au même lieu un monastère et une église. Il établit comme règle, dans À le nouvel ordre, l'observation perpétuelle du c1- rême, et pour apprendre à ses religieux que sans l'humilité la pénitence est inutile, il voulut qu'ils fissent une professiun particuliére de cette vertu, ct qu'on les appelât minimes, c’est-à-dire les moindres de tous les religieux. Son ordre fut approuvé par Sixte IV, en 1474. Louis XI, connaïssant la sainteté de François de Paule, le fit venir d'Italie dans l'espoir qu'il retarderait sa dernière heure. Mais le serviteur de Dieu lui apprit qu'il importait moins de vivre qué de bien mourir. Le fondateur des minimes édifia toute la cour par son parfait détachement des choses de ce monde et par la sagesse de ses discours. Les successeurs de Louis XI le comblèrent de bienfaits, et il vit son ordre s'étendre non-seulement en Italie ei en France, mais en Espagne et en Allemagne. 11 mourut en 1507 au couvent de Plessis-les-Tours, après avoir exhorté ses religieux à observer fidèlement leur règle elà s'aimer les uns les autres.
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4, Qu'est-ce qui causa le relächement des ordres religieux ? Quels sont ceux qui s'écartèrent ge la rigidité de kur règle? Quels sont les saints qui honorèrent l'Église ?