CHAPITRE BX
Du jansénisme (1640).
%. ERREURS DE JANSÉNIUS. — Au milieu de l'élm religieux qui caractérise le xvure siècle, l'Eglise fut cependant soumise à de cruelles épreuves. Si le protestantisme, comme doctrine, déclina rapide ment, l’erreur,toujours ingénieuse à renaître deses propres cendres, se montra tout à coup sous une forme nouvelle. Jansénius, évêque d'Ypres, légua, en mourant, à ses amis, un livre auquel il avait consacré tous ses soins et toutes ses veilles, et qu'il avait intitulé Augustinus, parce que, disait-il, il renfermait la vraie doctrine de saint Augustin sur la grâce. Malheureusement ce volumineux tra:
vail ne contenait que les erreurs de Calvin adroi-
tement déguisées.
On y lisait entre autres choses « ces désespérantes propositions : Que l'homme ne peut résister à la grâce; que Jésus-Christ n'est pas mort pour tous les hommes ; qu'il y a des commandements de Dieu impossibles à suivre, non-seuiement aux pêcheurs, mais encore aux justes, et que la grâce méme leur marque pour pouvoir l'accomplir. C'était faire de Dieu un tyran qui ordonne l'impossible et de l’homme une machine qui se porte nécessairement au bien quand il a la grâce, et au mal quand il ne l’a pas.
#2. CONDAMNATION DE CES ERREURS. — Le pape Urbain VII condamna le livre de Jansénius, deux ans après qu'on l’eut publié. La censure de Rome,
DU JANSÉNISME. 235 D loin d'arrêter les progrès de l'erreur, irrita l’orgueil | de ses partisans et les rendit plus opiniâtres à la | défendre. La faculté de théologie de Paris en tira cinq propositions qu’elle déféra au jugement de ses docteurs. Ces cinq propositions furent condamnées, mais 70 docteurs s'élevèrent contre cette condamnation et refusèrent de s’y soumettre. L'affaire
u de l’éln l'Eglise fut
uves. Si k Æfut lors portée devant les évêques qui la renvoyè-. ina rapide D ;ent à la décision d'Innocent X. Le souverain ponaître deses M fe, après un examen de plus de deux ans, con- P SOUS UK D famna solennellement les cinq propositions. Pour
res, légua, quel il avait s veilles, et 1e, disait-il, it Augustin mineux tra- }vin adroi-
Léluder le coup qui les frappait, les sectaires, qui avaient protesté de leur soumission au souverain pontife, avouèrent que les propositions condamnées étaient en effet hérétiquesetimpies en elles-mêmes, Imais qu’elles n'étaient pas telles dans le sens de Jansénius.
3. SUBTILITÉS DES JANSÉNISTES. — Cette distinction, sielleeûtété admise, aurait en pour résultat de mettre l'Eglise dans l'impossibilité de condamner aucune hérésie ; car il eût été facile de soutenirtoutes les erreurs, sous prétexte que l’auteur à été mal
désespéranrésister à la jour tous les le Dieu inheurs, mas e Leur mare de Dieu le l’homme ent au bien
Pour ne laisser aucune ressource aux artifices dont Senveloppaient les sectaires, Alexandre VIT. par sa constitution de 1656, déclara que les cinq propobitions étaient tirées du livre de Jansénius, et qu’el- \es étaient condamnées dans le sens de cet auteur.
ne l'a pas. MLes sectaires prétendirent alors que la bulle nou-
Le pape Brelle ne renfermait qu'un règlement de discipline, énius, deux Mini n'exigeait qu’un silence respectueux et non e de Rom, D'assentiment intérieur. Clément XI les poursuivit
entendu et qu’on n’a pas saisi le sens de ses écrits.
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dans ce dernier retranchement par sa bulle de 4704 il déclara que le silence respectueux ne suffisait px pourrendre à l'Eglise l'obéissance qui lui étaitdw qu'il fallait encore condamner comme hérétiqu et rejeter de cœur le sens du livre de Janséniw condamné dans les cinq propositions.
Æ. PROGRÈS DE L'HÉRÉSIE. — Les ennemis di
l'Eglise affectaient la morale la plus austère e écrivaient de magnifiques traités sur l'unité et} perpétuité de la foi, pendant qu'ils cherchaient ; l'obscurcir. 1ls eurent pour chefs des hommes du grand génie, tels qu'Arnauld, Nicole et Pascal L'erreur, défendue par le savoir et l’éloquencett ces écrivains distingués, fit en quelque temps d4 progrès alarmants. Elle se glissa dans tous lesi vres de piété, sous prétexte de réformer le culte elle envahit la liturgie, et, en faisant du tribunald la pénitence un tribunal de terreur etde vengeance elle éloigna insensiblement les fidèles des sacre ments. Quesnei en répandit tout le venin danss traduction et ses commentaires sur le Nouveau Tes tament. Ce livre perfide fut condamné par la con titution Unigenitus. Tous les évêques du monil chrétien reçurent cette bulle avec autant de joieq! de respect, et cette condamnation porta le coupé mort à la doctrine de Jansénius (1713).
QUESTIONNAIRE
4. Quelle fut l'erreur quis'é- était la conséquence ? leva au cœur du xvue siècle ? 2. Par qui cette erreurl Dans quel livre cette erreur elle condamnée? Quel fut fut-elle d'abord expriméé? En jugement de la faculté def quoi consistait-elle ? Quelle en ris ? Quelle subtilité im
Irité
mé c'es