CHAPITRE HIT
Des causes et des progrès de l’incrédulité,
#. DES PREMIÈRES CAUSES DE L’INCRÉDULITÉ. — Luther et les autres réformateurs, en secovant le joug de l’antorité de l'Eglise, avaient proclamé que la raison est le juge unique de la foi. Ce principe donna naissance à de nombreuses sectes. Une foule Hd'esprits orgueilleux refusèrent de croire ce «u'ils ne comprenaient pas et rejetèrent tons les mystères; c'est ce que firent les sociniens. Le premier pas une fois fait, on attaqua la révélation ellemème et toutes les vérités de l’ordre surnaturel; cest ce que firent les déistes. Enfin on nia les vérités les plus claires ct les plus simples, telles que à spiritualité et l'immortalité de l'âme, la distinction du bien et du mal, la liberté de l’homme et existence de Dieu ; c’est ce que firent les incrédu- Mes etles impies. Ils parurent d'abord en Hollande ten Angleterre, dans les pays où le protestantisme avait obtenu les plus grands succès. De l’Anglelerre, leurs principes passèrent en France, après la mort de Louis XIV, où ils furent autorisés par la
uence ?
cette erreur ée? Quel fut la faculté de PA subtilité im
licence et les désordres qui régnaient à la cow sous la régence du duc d'Orléans.
®. INFLUENCE DU JANSÉNISME. — Le jansénisme contribua beaucoup au triomphe de l’incréduliték par la manière dont il défendit ses erreurs, le faux miracles, que ses partisans avaient inventé pour séduire les gens simples et faciles à tromper servirent de prétexte à l'incrédulité naissante, pour décrier les vrais miracles sur lesquels est fondée religion. Les déclamations de ces seclaires con les souverains pontifes et les évêques, avilirentl'ar torité ecclésiastique, aux yeux des peuples toujour prêts à juger sans examen. Condamnés par les pre miers pasteurs, les jansénistes invoquèrent contr eux l'autorité séculière ; et dès lors les parlement s’arrogèrent le droit de poursuivre Ics évêques qui se distinguaient par leur zèle contre l'erreur; ils al vinrent jusqu à faire brûler leurs instructions pas torales par la main du bourreau.
De tous les évêques persécutés alors, aucun ne montra plus de fermeté que lillustre Christophe dé Beaumont, archevêque de Paris. Sans cesse atlaqué par le parlement, souvent menacé, dépouillé exilé, il ne cessa d'élever la voix contre les entre prises de l'hérésie et de l’impiété, et mérita d'être surnommé l’Athanase de la France (1).
. DES CHEFS DE L’INCRÉDULITÉ, — Jean-Jacques Rousseau et Voltaire furent les chefs du parti pli losophique. Rousseau était éloquent et avait 8
(1) Ces lignes sont extraites de l'Jisfoire ecclésiastique par demande et par réponses. Ce petit ouvrage, extrait lui-même de Lhomond,4 tort d’être beaucoup trop court et par conséquent insuffisant,
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