II. DESCIUPTIOTI ET CLASSIFICATION DES ROCHES
% A l'aidjB de ces notions allégées sur le petit nombre de substances que Ton peut regarder connue les matériaux essentiels des grandes masses, nous sommes maintenant en état d'étudier les caractères des principales roches dont se composent les terrains. Rnppclons-uous
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4pie Ton dôme en général le nom de roche à la subsuuc« minérale ^ simple oa coni|K>sêe , qui so prcsonte en grande masse. Qaaiid elle résulte de rassociation de plusieurs minëiaox , ceux-ci forment un tout qui ciTie tonjours la même composition , et souvent la nicmc oontcxtnre de parties. Il arrive frcqui ir.nient que ces nanëiaiix «e distinguent à Foûl nu, ou avec lo secours d*Biie loupe, et aJM>rs la composition de la roche est ^iparcnte ^ roche phanénkgcne) ; lirais il peut arriver aussi qoe celte compoâlion soit cacliée pour Tccil , et que la roche paraisse simple et homogcne , quoique fornu'C oqsendant de plusieurs minéraux dliVerens ; on dit alors qn^elle est adclogène. Bans ce cas sa detcrunnation présente d'assez grandes difficultés.
Considérées indépendamment de la nature de leurs éiémenSyles roches peuvent ètie divisées en diflereus ordres , ^oit d'après leur composition liomogènc ou hétérogène, soit d'après le degré d'adhérence de leurs parties , soit enfin d'après l'origine de ces mêmes (Kirties oa leur mode de formation. Ainsi l'on distingue des roches simples ( formées d'une seule espèce minenie) et des roches composées (formées par ragrégation en une seule masse de plusieurs espèces difiéreutcs. Rdativement à l'adhérence des parties , on distingue des roches solides et des roches meubles. Enfin , quant à leur origine « on peut les diviser, en plusieurs classes : 1**. Les roches cristallines ou les agrégats cristallins ^ dont les-éléinens ont été préalablement^ dissous, soit par la chaleur, soit par un liquide quelconque , «t ont ensuite cristallisa' séparément , mais en même temps , en formant par leur agrégation une masse solide dont toutes les parties sont contemporaines ; (ex. : le gra^ nite). I^ plupart de ces roches sont d'origine ignce ou plulonique. — a* Les roches vitreuses , dont la contexturc est celTe des substances que le feu a vitrifiées. Elles sont d'origine ignée , et ne différent des ngrcgats qu'en ce que la cristallisation de leurs élémcns n'a pu s'opérer, le refroidissement de la masse a^ant clé trop rapide. — 3*. Les roches compactes sédimeniaircs . ou. formées de sédimens^ dont les psuties composantes j tenues en sus^ pcn^OB , et pour ainsi dire délayces dans un liquide ^
se sont déposées par l'effet de leur pesanteur et reunies en une masse solide ( ex. : la craie , le calcaire grossier des environs de Paris). — A®. Les. rocAiw clastiques ou les conglomérats , composées de débris de roches plus anciennes, ou de débris organiques , charriés et accumulés ar les eaux , et quelquefois de parties cristallines dont a formation est postérieure au dépôt de ces débris (ex. : les poudingues, lès grès). — 5*. Les roches argileuses, ayant l'aspect et la eontexture de matières terreuses, et provenant, dé la décomposition de roches plus anciennes , dont les parties sont restées en place , ou tien ont été enlevées et remaniées ensuite par les eaux (ex. : les argiles).
On peut encore disrtinguer , parmi les roches , celles qui sont visiblement stratifiées^ et celles qui ne portent aucun indicé certain de {stratification, et qu'on peut appeler massit^es. Une roche est stratifiée lorsqu'elle est divisée par des fissures parallèles et d'une grande étendue, en lits ou assises {strates) superposées les unes aux autres. Les strates de certaines rocheâ se subdivisent souvent dans le même sens en feuillets minces , dont la direction est parallèle à celle de la stratification. Ces différences dans la structure des grandes masses minérales paraissent être en rapport avec leurs modes de formation par l'eau ou par le feu.
Les caractères distinctifs des roches se tirent de la nature de leurs parties composantes , et de la structure de la masse formée par leur agrégation. Les principales sortes de structure des roches sont les suivantes : la structure granùoide , ou celle des roches composées de minéraux différens, agrégés les uns aux autres, et intimement soudés, non par le secours d'une pâte ou d'un ciment, mais par l'enlacement et la simple cohésion de leurs parties , qui semblent avoir cristallisdsimultanén^nt au moment de leur réunion. Le type de cette structure nous <^st donné par le granité, roche composée de feldspath, de quarz et de mica , réunis soua forme de grains entrelacés. — • La slrucfure schisteuse , ou celle des roches qui semblent être composées de feuillets minces et distincts (ex : le micaschiste, l'ardoise). — La structure porphyroldc^ 01 celle des roches qui présentent, au milieu d'une
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pite d'apparence homogène , des cristaux dissoïkûnot; , qui ont été formés en même temps qu'ollc. Le type de cette structare estfouiiii par les rodies nommées /torphr» res^ composées d'mie pâte de coulem* foncce , qui enveloppe des cristaux de feldspath ordinairement hlnncliâtrès, dont la teinte trandie nettement sur celle du fond.
— Yol structure globulaire ^ ou celle des roches, coin|K3«* sées d'une pâte enveloppant des globules formes en même temps qu'elle , et que Ton peut considérer comme des réunions de cristaux, ou des cristaux imparfaits (ex. : le diorite globulaire de Corse , vulgairement nommé granité oràiculaire. Cette structure est quelquefois si imparfaite, que les globules ne sont ])as nettement siffKirésdela masse, et ne paraissent que comme de simples taches sur un fond d'une autre couleur. On lui donne alors le nom particulier de structure variolitiquc , parce que le type en est fourni par la roche appelée varioUte.
— Jjkstructure celluUiire\ ou celle des roches (jui présentent dans leur masse des cavités nombreuses, sphériqucs, allongées ou sinueuses, ce qui semble iudiquer qu elles ont été originairement fondues , boursouflées , et travei^ sées par des gaz qui se dégageaient de leur intérieur (ex, : les laves modernes). — La structure amygdaUnde , ou celle des roches qui présentent au milieu d une pâtt à.e% noyaux ou amandes dont la matière semble être venue après coup se loger dans des cellules vides, et qui souvent est susceptible de sedétacher de ces cellules (ex.: les laves anciennes). Ce sont des roches qui étaient primitivement cellulaires , et dont les cavités ont été i*emplies par des infiltrations de matières de diverse nature. Ces noyaux diffèrent de ceux des roches variolitiqucs en ce que leur formation a été postérieure àcclle de la masse, tandis que les noyaux de celles*ci sont de formation con« temporaine â celle de la matière enveloppante > avec laquelle ils font corps. — La structure fragmentaire ^ qui est propre aux roches élastiques ou formées de débris de roches préexistantes ; ces roches sont par conséquent de formation postérieure à celle des grains ou fragmens (|ui les constituent.
Les roches simples et réellement homogènes comprennent qucld^esuns des agrégats cristallins , et presque
toutes les roches compactes sédimentaires. Etaot formées d'un seul niine'ral, elles ont pour, caractères distinclifs ceux de Tespèce à laquelle ce mine'ral se rapporte. Il est donc inutile de les considérer ici en particulier. Il nous suffira de dire que la presque- totalité des substances que nous avons décrites précédemment peuvent former i\ elles seule&des roches , soit à Tétat cristallin , soit à Tetat compacte. Le quarz et le calcaire, entre autres , se distinguent par le rôle qu'ils jouent sous ce rapport ; leurs roches sont répandues avec tant de profusion dans toutes les parties de l'écorce minérale du globe, qu'elles composent peut-être près de la moitié de la masse totaie de cette ccorce.
Les roches composées , en y coiilprenant celles -qui ont une apparence d'homogénéité , sont les seules que nous ayons besoin de connaître et d'étudier en particulier. Nous suivrons dans leur examen la division que nous avons indiquée plus haut , et qui est établie sur les différences que peuvent présenter les roches relativement A leur, origine. Ainsi nous parlerons successivement des roches cristallines , des roclies vitreuses, des roches élastiques et des roches argileuses.
I. Roches cristallines, ou agrégats cristallins. Les roches composées qui font partie de cet ordre sont toutes des roches siliceuses , c'est-à-dire qu'elles résultent de l'agrégation de silicates , soit entre eux , soit avec le quarz. Les silicates composans -sont ceux que nous avons précédemment décrits : les feldspaths , les micas , le talc , les amphiboles et pyroxènes , la diallage. On peut les diviser en plusieurs groupes, soit d'après leur structure (roches granitoides , porphyroïdes , schisteuses, etc.), soit d'après les clémens qui dominent dans leur composition ( roches feUlspalhiques, micacées , talqueuses , etc. ) C'est ce dernier mode de partage que nous adopterons ici.
i^. Les roches yeldspathigues. Les principiles roches de ceUc série sont : le granité, la sycnitc , le porphyre et le trachyie. — Le graniie est une roche grenue , composée de grains de feldspath , de quarz et de inica , inimédiatenient agrégés entre eux, et comnit; entrelacé*. Le quarz forme à lui seul plus du^iiers de \\
niasse ; il est en grains vitreux irréguliers , et a le plu.f ordinairement une teinte grise. J^e feldspatli est eii lames cdilongnes, à bords droits et parallèles : ses teintes sont très-Tariées. Le mica est en lanielles noires, ou d'an blanc argentin. Il y a entre les granités de pays différens nne grande diversiti* d*aspect , qui tient à ia Goulenr particalière de la substance dominante, et a la grossear des grains. On distingue des granités à gros grains et des granités à grains fins ; des granités rouges, roses, gris, etc. Le granité est une roche massive, ou qui se présente en masse con'.inuc , sans stratification visible. Comme il est d'une grande durelc, il prend bien le poli ; mais on l'exploite et on le travaille difficilement; on en fiadt des colonnes et des statues de grande dimension, des dalles, des bornes, des. bordures de trottoir ,.etc. Le granité renferme quelquefois des lamelles noires d'amphibole : tel est entre autres le granité rouge d'Egypte , dont le feldspath est d'un X(me(R fcMicé , ou cpnleur de rose. La fameuse colonne de Pompée , les obélisques d'Alexandrie , plusieurs tables que Ton voit au Musée royal en sont composés. A Pans, on fait usage de granités gris des environs de Gfaerboui^. Si Ton suppose que dans le granité le mica vienne à disparaître presque entièrement , on aura la roche nommée pegmatùe, et aussi granité gra^ phique, pacce que dans cette roche les cristaux de quarz s'alloncent ordinairement dans un sens, et s'alignent avec plus ou moins de régularité , de manière à dessiner sur la surface des morceaux polis , des espèces de caractères orientaux. Le feldspath des pcgmatites passe fré<juemment à l'état de kaolin. Si dans la pegmatite les grams de feldspath et de quarz s'atténuent au point que la roche ait une structure grenue très- fine , elle devient ce que les minéralogistes ont nommé le lept/nile; et si, l'atténuation du grain continuant, la roche passe à l'état compacte , on a alors l'eurile ou le pelrosilcx , sovte de feldspath compacte mélangé , qui est la base des porphyres. — La syénite est une roche granitoule , composée essentiellement de grains cristallins de feldspath et d'amphibole irrégulièrement mêlés entre eux. L'amphibole y est quelquefoi? si c\}}ODclaot, que la rochç pa-^
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rait tout-à-fait noire. On en distingue plusieurs varie'tés : la syénile commune, qui renferme souvent du quarz et du mica; la sye'nite porphyroïde ; larsyénite compacte , que Ton a appelée granité noir antique et basalte oriental ^ à cause de sa ressemblance avec le véritable basalte : les Egyptiens en ont fait des statues et de petits obélisques ; la sye'nite zirconieune , à feldspath ordiDairement opalin, renfermant des cristaux de zircon, et quelquefois des cristaux linéaires de feldspath vitreux semblables à ceux des roch4îs trachy tiques. — Le porphyre est une roche composée d'une pâte de petrosilex diversement coloré , et enveloppant des cristaux de feldspatii laminaire ordinairement blanchâtres. La pâte des porphyres est fusible au chalumeau en émail noir ou giis ; les porphyres sont ge'néralement durs et reçoivent un beau poli; leurs couleurs sont très-variées et tirent toujours sur des nuances foncées. On en distingue plusieurs espèces : i**. Le porphyre rouge quarzifere^ qui se lie dans la nature aux granités et S3'énites^ et qui est composé d'une pâte rougeâtre , brune ou rosâtre , enveloppant des grams de quarz et des cristaux de feldspath blanc. On y rapporte les porphyres granitoïde et sye'nitique; le porphyre antique, à fond rouge parsemé de petits cristaux blancs de feldspath et de points noirs qui sont de l'amphibole ; il a été souvent employé par les Egyptiens pour faire des cuv^.s sépulcrales , des statues et des obélisques. Deux grandes cuves antiques et plusieurs statues de ce beau porphyre se voient au Musée royal. On peut encore y rapporter les beaux porphyres bruns ou violets de Norwège , les ])orpliyres des environs de lloaime en France. 2°, Le porphyre vert (ou Vophile)^ dont la pâte est un petrosilex ainphiboleux oupyroxénique, enveloppant des cristanx de feldspath gras et verdâtre. On doit y rapporter le porphyre vert antique , dont la pâte est compacte et d'un vert foncé, et que Ton trouve employé dans les monumens'et meubles des anciens. 3°. Le porphyre noir ( ou mélaphyre) , appelé aussi porphyre pyroxénique , à pâte d'un noir loncé, ordinairement colorée par le pyroxène augite , et renfermant des cristaux de feldspath blanc (ex. : le porphyr€ noir antique). 4°. Le porphyre globuleux de
CoTf» ( on pyramériie) , composé d*une fiâte de petrosilex d*an jaune hnuiâtre , enveloppant des cristaux de fddflpath et des globiiles d'un à deux pouces de diamètre, lormés d'aiguilles de feldspath disposées autour d'Un nojan de quarz. Cette rocbe , lorsqu'elle est polie, produit un effet assez agréable.
Le trackjrte est une roche composée d'une pâle de Mdspath terreux , blancliatre ou gris*cendré , cellulaire et rude au toucher, enveloppant frequeuiment des cris* taux de feldspath vitreux f fendillés , linéaires, et passant quelquefois à la pierre poreuse nomiiiée ponce; il est fosible au chalumeau en émail blanc. Cette roche compose en France la masse du Pu^-de-Dôme et la plus erande partie de celles du Mont-d'Or et du Cantal. Ou donne le nom de phonoUlhe ( pierre sonore), à une roche composée d'une pâte feldspathique , verdâtre ou blanchâtre, ordinairement porphyroïde et schisteuse , divi* sible en plaques qui rendent un son quand on les frappe avec un corps dur ; cette roche renferme des cristaux de feldspath vitreux , comme le véritable trachy te , dont elle n'est vraisemblablement qu'une variété.
Le porphyre trachytique est une autre roche à pâte feldspathique, grisâtre et rude comme celle du trachyte , mais moins pure, et enveloppant des cristaux de feldspath, d'amphioole et de pyroxène; sa croûte superficielle est quelquefois d'une teinte rougeâlre. Ces porphyres sont souvent celluleux et en même temps très^urs , par suite d'un mélange de matière siliceuse : on les emploie en Hongrie pour faire des meules de moulin.
2®. Les roches micacées. Les principales roches de cette série sont le gneiss et le micaschiste. — Le gneiss est une roche composée de feldspath et de mica, à structure toujours schisteuse, par suite de la disposition eu couches planes des lamelles de celte dernière substance . Il peut aussi contenir du quarz , mais ce minéral ne s'y montre qu'accidentellement : on appelait anciennement cette roche un granité schisteux. Le feldspath y est sou** vent grenu; les feuillets du gneiss sont quelquefois courbes et ondulés ; c'est une des roches les mieux stratifiées. Si dans le grapitc on suppose que le feldspath
vienne à manqner , qh anra une rocbe granitdlde'i com-' posée seidemeiit èe mxr% et <lé mica; c'est le gnûsea (Mh^alamleieh que Fon a aussi nommé'gramie stmud' /ire j vstce qu il est le gîte oq^inaire de^ minerais d*étâin. Le mieasthiste est aussi une rocike composée e8sei> ti'eliement de mica etdèqoarz, conmiele fpreisen, mais é»ùi laquelle ces deux ëlemens ont nne disposition dif * férente. Les lamèjles de mica, plus nombreuses, forment des feuillets continus, qui sont séparés par des codches minces de quarz; c'est donc une roche schis* teuse.
S^. Les roches ûJaueuses,- Les principales roches de cette série sont la ^rdtogyne, le schiste talqueux, le sdiiste chloritenx , le schiste argileux et le phyllade. — > La protogyne est une roche granitoide , composée essentiellement^e feldspath lanunaire , de quarz et de talc ; ce dernier élément est souvent à L'état compacte ( stéatite) , ou à l'état de terre verte (chlorite). Le feldspath en forme ordinairement la partie dominante, mais le Ufoloi donne en général une teinte verdâtre; ce talc . au lied d'être disséminé sous ioruie de grains , s'étend fréquemment sous forme de veines ou de feuillets entre les autres substances. On a donné aussi à cette roche les noms de granité ou gneiss talqueux, de granité vemé , de granité vert, et celui de granité alpin , parce qu'il constitue la plupart des hautes cimes iles Alpes centrales, entre autres celle du Mont-Blanc. — Les f chutes lalquèux*ei chloriteux sont des roches schisteuses
ui ne diffèrent du micaschiste que par la substitution
u talc et de la chlorite aq niica.
Lorsque dans ces roches scbisteuses-le feldspath et le quai^ ne sont plus visibles , que les lamelles de mica et de taie sont tellement atténuées et confondues les unes avec les autres , qu'il en résulte une roche d'apparence homogène , à texture terreuse et feuilletée, on lui donne le nom de schiste argileux ; c'est une roche tendre, qui ressemble assez par son aspect aux matières argileuses , qui donne comme elles une certaine odeur terreuse, lorsqu'on y répand la vapeur de l'haleine, mais qui s'en distingue en ce qu'elle n'est pas susceptible de se délayer dans l'eau. Elle a la propriété de se
dâher dass un scds en feuillets minces, et lorsqu'on la ooDsidcre co g;riiid , on voit que sa niasse est en outre Uafoiec dans plusieurs ùirectious jiar des fissures, qui kdhisent en firagmens prismatiques. Elle présente asta fréquemment une grande quantité de taches ou de nœuds, qni sont dos à des substances minérales, immrfûtement cristallisées et empâtées dans la matière de la roche. Les schistes argileux varient infiniuient de couleiir : il en est de blanchâtres , de verdatres , de gns Menâtrcs , de rouges et de noirs ; ces derniers ont pour principe colorantune matière charbonneuse. Les schistes argileux <mt qaekruefois dans le sens de leurs i'ouillets on faisant parûculier ou éclat satiné (schistes luisaiis ). Ce qae noos venons de dire peut s'appliquer jusqu'à uu certain point aux phyllades^ qui ont la plus grande analogie d aspect et de propriétés avec les scliistes argileux ; on leur donne même souvent ce nom de schistes ergiûux, en y ajoutant Tépithète à^ intermédiaires , pour exprimer leur différence de position dans la série des couches du globe; mais ils diilercnt encore des schistes argileux proprement dits par leur véritable nature et leur origine. Les schistes argileux paraissent entièrement formés par voie de cristallisation : les phyllades, ail contraire , sont formés en partie par voie de cristaUisation , et en partie par voie de transport ou de sédiment. Lorsqu'ils sont mélangés d'un grand. nombre de parcelles détachées de mica et de grains roulés , ils passent à la roche que l'on a appelée grauwacke schisteuse , et qui offre une apparence de grès sur sa tranche ( voyez ci-dessous les conglomérats). Les phyllades diffèrent aussi des schistes argileux en ce qu'ils renferment souvent des débris ou plutôt des empreintes de corps organisés. Les schistes argileux et les phyllades sont employés dans les arts à aifférens usages ; les premiers , lorsqu'ils abondent en parties siliceuses , fournissent les pierres à aiguiser; les phyllades donnent aussi de bonnes pierres à aiguiser , et surtout h s pierres à rasoir. Cellesci sont formées de deux lits superposés, l'un jaune et l'autre noirâtre-: elles vicimenl des Ardennes; quelques phyllades quarzeux donnent encore des pierres de touc/ie. Mais le principal emploi des schistes et phyl-
kdes , surtout de ceux qui ont la propriété de se séparer en feuillets solides, 'iiiinces, droits et sonores, se rapporte à4'architecture; ce sont eux qui fournissent les meilleures ardoises, La couleur des ardoises varie beaucoup , mais la teinte la plus ordinaire est le çrisbleuâtre ; c'est celle des ardoises d'Angers et de Char- 4eviUe qui sont le plus communément employées en France , et surtout à Paris.
4**. Les roches diallagiques , Les principales rocbes de cette série sont l'euphotide et la serpentine. — Ueuphoiide{ le gabbro des Florentins) est une roche granitoïde composée de feldspath compacte ou imparfaitement cristallisée , et de lamelles de diallage tantôt verte et tantôt métalloïde. Cette roche est très-tenace et difficile À ti*availler; elle est abondante dans les Apennins et les environs de Turin ; elle forme en Corse des couches assez étendues , d'où l'on tire la matière connue sous le nom de n^ert de Corse , et qui est fort estimée pour ses beaux effets, hsivariolite est une sorte d'euphotide compacte , dans laquelle le feldspath forme des globules qui ne peuvent se détacher de la masse environnante. -— ha serpentine est une roche à texture compacte, formée probablement par uu mélange de talc et de diallage; elle est souvent porphyroïde, et renferme des lamelles de diallage chatoyante , qui semblent se-fondre insensiblement dans la pâte qui les entoure. Elle est tendre et douce au toucher , et sa cassure est terne et écailleusc comme celle de la cire; son éclat est faiblement gras ou résineux ; sa couleur est le vert foncé , passant par nuances au gris-jaunâtre. Ses degrés de transparence varient depuis la translucidité jusqu'à Topacité parfaite. Parmi les variétés de cette roche on distingue la serpentine noble , qui est translucide , d'un vert de poireau ou d'un vert de pistache , et généralement d'une couleur uniforme ; on la travaille pour en faire des tabatières, des plaques d'ornement., des vases de différentes formes. — La serpentine commune^ opaque et de couleurs mélangées ; sa surface est tachetée ou veinée de vert , de jaunâtre ou de rougeâtre ; on a comparé ces taches et ces veines ^a celles qu'offre ordinairement la peau des serpcns , d'où est venu à la roche elle-mcme le nom de
serpentine. Les serpentines communes s'emploient dans plosiears pays , oà elles se présentent pures et en asses grandes masses , à la fabrication de certaines poteries économiques y et snrtont de marmites propres à cuire les atimens. -C'est à cause de cet usage que ces variétea de serpentine sont d^gnées sous le nom de pierres ol-^ Udres ; elles possèdent naturellement toutes les qualités (;ae Ton Tecnerche dans les poteries , et sont assez tendres pour être travaillées au tour ; il suffit de les creuser et de leur donner la forme que l'on désire pour avoir des vases qui puissent servir immédiatement et soutenir l'action du feu. On trouve de bonnes pierres oUaires dans les environs du lac de Côme , en Italie ; elles sont d*un gris azuré et portent le nom de pierres de Corne,
5**. Les roches trap;^éennes. Ce sont des roches essentiellement composées de feldspath mélangé avec l'amphibole hornblende ou le pyroxène augite , ou avec tous les deux ; elles fondent en émail , ordinairement de couleur foncée. Quand l'amphibole prédomine, elles appartiennent à la section des roches ampli iboliques nommées diorites (ou grunsîeins) et trapps; quand c'est le pyroxène qui est le principe dominant, elles appartiennent à la section des roches pyroxéniques,- nommées dolériies et baseUies, La structure de ces roches varie de la granitoïde à la granulaire , et même à la compacte ; quand elles offrent l'aspect d'une pâte homogène , comme on n*a plus aucun moyen facile et sûr de distinguer l'amphîbolé du pyroxène , il y a alors de l'incertitude dans leur détermination. Le diorùe est une roche granitoîde.composéeTl'amphibole et de feldspath,
nnpacte et que les deux prmcipes posans sont plus confusément mélangés. On en distingue plusieurs variétés : le diorite commun , simplement granitoïde ; le diorite globulaire (dit granité oroiculairc de Corse) , qui offre un assemblage de globes, dans lesquels l'amphibole et le feldspath sont disposés par couchés concentriques ; le diorite porphyroïde, à grains Ans avec cristaux de feldspath et- d'amphibole dissémi-
uës. Le diorite passe souvent à l'état compacte, et prend alors les noms à'aphùnite pu de trapp. Il présente aloM dans ses escarpemens la division en marches d'escalier, llnq partie des roches que l'on a rapportées à Taphanite paraissent être composées principalement de pyroxj^ne. — La dolérite est une roche granitoïde de cotdeur griM ou noirâtre, essentiellement composée de pyroxène et de feldspath lamellaire, avec une certaine quantité de fer titane; cette roche' est souvent cellulaire ou amygdaloïde. Le basalte est une roche à structure granulaire et presque compacte , composée de pyroxène , de feldspath , de fer titane et parfois d'amphibole et d^un minéral verdâtre et grenu appelé olivine (var. du péridot). Sa surface est mate, et sa couleur d'un gris de fer tirant sur le noir ; c'est une roche dure et trèstenace : elle reçoit assez bien le poli , elle est cellulaire -et souvent amygdaloïde ; elle se présente en masses non stratifiées, mais divisées en prismes par des fissures planes. Le basalte, qui est une roche volcanique ancienne , abonde en France dans les départeraens du Cantal, du Puy-de-Dôme, de la fJaute-Loire , del'Ardèche, de l'Hérault, etc. On remploie souvent dans l'art de la bâtisse. La matière de la dolérite ou du basalte paraît former le fond de beaucoup de roches volcaniques , celluleuses ou scoriacées , appelées laç'es , et qui présentent une pâte pierreuse dure , de couleur grise , brune ou noire, enveloppant souvent des cristaux de pyroxène. II. Roches vitreuses. Une parlie des roches qui, selon toute probabilité, ont été primitivement , couime les laves des volcans modernes , dans un certain état de fusion par l'effet de la chalêlir souterraine , ont cristallisé pendant le refroidissement , et produit par la séparation de leurs élémens des roches pierreuses hétérogènes, telles que le porphyre, le trachy te , le basalte, etc. Mais une autre partie de ces matières fondues ne s'étant
f>as trouvées dans les circonstances favorables à la cristalisation, ont formé par le refroidissement des masses à texture vitreuse , dans lesquelles les élémens sont restés confondus. On observe souvent des passages insensibles de chacune de ces roches vitreuses aux roches lithoïdes, qu'elles accompagnent ordinairement, qui paraissent
oaiEesLlsinèiiie origiae ini Viles > et iloAt elles »e .<ioui QK Jes tiaïulamiatioQS. C\'$t ainsi que )et& (H>r|>liMy:» a&aacfaytes-ae oouv^ectisseat souveni eu itlutUe^, i>l)>sithfmip^ ec pcmces, les doleriles el Ijasalics ou ^«U'ui^m^^^ ecaïaseak Le» rtûnùes soat des sub^tuuces aki|Kirla&WuaicvittifièeSy tran^cides % ù éclat lésiueux > el ii stnk* iBKsnEviailiporpkjroïde; elles Si>ut tivs<iusihle» et U^ yiyntiLe UtfoiL Lorsqu'oa les cliaulVe. £Ues ont de Taïue laçie XTTc les obsidiennes > mais elles uVtlVeitt \\\>\\\X cooiine cUfssde passai à la pieri^ ponce. Les o^sulUt^- «er»ii£d£s substances vitreuses, souvent triuis|>aix'nt«s > ifieinlK ardiDaireuient noire ou fuligineuse , et ilout la ca»BK«s£caiiciK>lde abords tranchans. Elles se boni &ou* &3itsiaB-Iefen:da ckalameau^et fondent en émail blanv. EHcs tffli eut des passages à la ponce. Klles si>nt souvent poq^yroedes oa globolaires. Les peuples de rantit|uite ccks Bâtards da Pérou en ont lait des miroirs et dM iostrvBWfls trandians. Il y a des obsidiennes cbatovantet SmsL ton Terdâtre , qui sont fort estitnées. Les periikfs swt des (Akûdieones à l'état d*émail, ik atructui^ testacée , arant un éclat naci^ ou perlé , et une couleur d'un cris 'bleuâtre ou d'un blanc*grisiltrc. Les /M>#i(r.»' août lies substances poreuses , légèi\'s , à pores allonges qui donnent à la masse une structure fiuivuse avec un éclat nacré. Elles varient de couleur 2 celles que l'on tronre dans le commerce sont d'un gris de perle, et i^pret an toucher ; elles raient les corps durs , <|Uoinu'ellca soient assez faciles à briser ; aussi les emploie-t-on Iréqucnunent pour donner le poli à diflei^ns corps. On les tue des ilas Ponces et de Lipari , non loin de la Sicile. Les f^alli^ noces sont des substances vitreuses , analogues aux obsidiennes , mais à teintes foncées, i*ou jtcs , noires ou bleuâtres, et fusibles , non pas en verre blanc , mais en verre coloré. Elles sont ordinairement porphyro'ides. Les sco^ n'es sont ces mêmes substances très -boursouflée», lihcbées et défigurées par la multitude de cellules qu'elles présentent. Elles proviennent des écumes qui se sont figées à la surface des courans délaves; elles sont aussi rejetées par les volcans avec les matières incobérentes auxquelles on donne le nom de sables et de cendres i^ol'^
caniqués. Les scories passent souvent du noir au rouge par l'action de l'air.
On peut rapporter aux roches vitreuses les tripolis et les tliermantides, qui pix)vtennent de matières argileuses, chauffées et toiTéfiées naturellement par les feux des houillères embrase'es. Les tripolis ou argiles tripoléennes sont des matières composées presque entièrement de silice , sèches au toucher, ne faisant point pâte avec l'eau, et ayant une. structure irrégulièrement feuilletée. Elles sont légères, d'une teinte de rose pâle-ou de blanc-cendré. On les emploie comme matières à polir. Les thermantides (on jaspes porcelaines) sont des argiles cuites et changées en une espèce de matière jaspoide à surface luisante et à teintes grises, rougeâtres ou bleuâtres.
IH. Roches clastiques ou conglomérats. La plupart des roches , que nous venons de passer en revue , ayant été soumises à l'influencé de divers agens desti'ucteurs , ont donné naissance à de nouveaux dépôts composés de leurs débris, à des poudingues ou brèches ^ à des grès, sables ou graviers. Parmi tous ces conglomérats, on doit distinguer principalement les giès , et surtout les grès quarzeux , qui sont les plus abondans dans la nature. Un grès est en général une roche composée de grains de quarz , et de quelques autres substances pierreuses , réunis entre eux par agrégation, ou à l'aide d*un ciment terreux ou cristallin , de nature siliceuse , calcaire ou argileuse. Les grès quarzeux sont ceux dans lesquels l'élément dominant est le quarz : on les partage en grès quarzeux homogènes et grès quarzeux mélangés ; les grès qu'il importe le plus de connaître, à raison de leur importance et de leurs usages , sont les suivans :
i"i Le grès intermédiaire (ou la grauwacke) , composé de grains de quarz ou de phyllade , réunis mécaniquement par un ciment siliceux , et renfermant des parcelles isolées de mica. On dislingue la grauwacke grossière ou à gros grains , prenant quelquefois la forme de
* La brècbe diffère da poadingne en ce qne les fragnicns qui la composent ont une fonuc anguleuse, tandis que le poudingue est composé de fragmens arrondis ou cailloux roulés.
poodingôe, et la gnutwacke schisteuse , à grains fins et à texture schisteuse , se rapprochant du pliyllade. a^ Le grès qmmmmx fMspaihique (ou i'arkose) , compose de gnôns de (fuarz et de feldspatli. 3^ Le grès micacé ht^ gjfifere ( ou le psammiie , le grès houiller ) , compose de gnms dîe <iuarz, et quelquefois de fragniens de diverse nttnrey avec abondance de mica , le tout réuni par une petite cpiaatitë d'aigle. Ce grès est communément de oooleiir terne, gris on jaunâtre, quelquefois verdâtre,, oamême toat-à-fait noir par suite de son mélange avec des matières charbonneuses. 4^ Le grès ronge , autre grès oomposé d'une pâte argiloïde , ordinairement ix>u<eeâtre, enveloppant des grains de quarz et des fragmcns de granité, de schiste , etc. Sa couleur rouge domi<nante est celle de brique , et quelquefois de lie de vin. Ce grès est dur, serré, luisant , à grains plus ou moins grossiers ; il se lie fréquemment, dans la nature, au por- [diyre rouge quarzifère. 5^ Le grès bigarré , ou nouveau grès rouge , ainsi nommé parce que lorsqu'on le considère en grand, il est souvent bigarré de rouge, de brun, de jaune , etc. C'est encore un grès à ciment argileux ou marneux* , moins sen^é et moins dur que le grès précédent , et qui renferme souvent des lits de marne rouge. G^ Le grès ferrugineux : c'est un grès ou sable quarfeux , dont les grains sont agglutinés par un ciment de fer hjdroxidé ; sa couleur dominante est le brun ou le jaune de rouille. 7^. Le grès veriy srks analogue au précédent, et dans lequel le fer est à l'état de grains verts, par suite de sa combinaison avec la silice. 8^. Le grès marneux, tendre et yerdâtre ( la molasse ou le macigno)^ contenant toujours du mica et quelquefois des fragmens de calcaire. 9^. Le grès blanc , ou grès quarzeux homogène , presque sans aucun ciment (les grès communs à pierres de taille et à paves ). La plupart des grès que nous venons d'énumérer sont emplo^'és , dans les lieux où ils abondent , pour les constructions et le pavage des routes. Quelques-uns , et surtout les grès rouges et blancs, servent à faire des meules pour aiguiser lesoutils.
■< La inamt est un mélange d*arg3e et de calcftire , plot on mo!nfl fbfible et efieirescent.
Les grès erossiers passent à Tëtat de poudingue ou de iNrèche , lorsque leurs grains deviennent de yéritablés cailloux ou fragmens, arrondis ou anguleux, et qœ leur ciment est très-apparent. Les poudingues présentent en général une grande solidité et sont susceptibles de recevoir un beau poli : aussi il en est beaucoup qui sont emptovés comme matières d'ornement. Nous aterons parmi les plus remarquables : le poudingue anagénique (ou ranagémte)^ sorte de grauwacke à très-
Sroa grains , composée de galets de quarz , de granité , e siSiiste , de pëtrosilex , réunis par un ciment talqueuxoupétrosiliceut. On j rapporte le poudingue de Valorsine , en Savoie, et le poucungue d^gypte, improprement nommé brèche universâle , dont les frag^ memr de nature très-variée sont liés entre eux par une pâte de pétrosilex verdàtre. -^ Le poudingue caUmre ( ou le nagemue des Suisses ) , composé de fragmens de calcaire comjMicte 9 et de rodbes diverses réunis par un A" ment calcaire ou marneux. Ce poudingue ferme des montagnes d'une grande élévation, entre autres le Riei, aux environs de Lucerne. -^ Le poudingue siliceux ( dit caillou de Rennes), à très-petits cailloux de silex jaunâtre réunis par une pâte de jaspe rouge : on le trouve aux environs de Rennes , en cailloux roulés plus ou moins gros , et on en fait des boîtes , des socles , de petits vases. — Le poudingue anglcds ^ à noyau de silex réunis par un ciment de grès.
Les sables et graviers sont des roches meubles , composées des débris arénacés ou dès fragmens les plus menus de celles qui formaient anciennement ou qui for- «ment encore aujourd'hui les montagnes. Ces grains, chaiTiés au loin par les eaux , vont s'amonceler au fond des vallées , sur les rives et dans le lit des fleuves , sur la plage des mers. La plupart des sables et graviers ont pour base le quarz et le silex : ce sont en effet parmi les substances pierreuses les plus abondantes , celles qui sont eu même temps tes plus dures et les plus susceptibles de résister an frottement et aux chocs multipliés des transports. On distingue parmi les sables quarzeux ceux qui sont simples, et ceux qui sont mélangés ; aux premiers appartiennent les sables qui couvrent les dé-*
sertsde Sjrie et d*Arabio, les ste)>pes do la Pologne, les kodes el les dunes de la France. Les sables iMelangés s(Hit ceux qui contienDent des paillettes ou des grains deinica , de calcaire , d'argile , de fer hydroxidé , etc. , mêlés à la matièi'e quarzeuse. Les sables et graviera ne se troaveat f>as seulement dans le lit des fleuves et sur les bords de la mer : on en trouve aussi de vastes de'pôts dans rincérieur des terres, principalement sous la coudte qui s'est changée en terre ve'géiale. Toutes ces matières arënacées ont été mises à profit pour les arts : elles servent j suivant leur nature, à différens usages, â la confection des mortiers, à celle des moules dans les fonderies , à la Cabrication du verre , etc.
lY. RocBEs ARGILEUSES. Les argiles sont des mélanges variables de matières terreuses, qui proviennent pour la plupart de la décomposition des roches formées de silicates alumineux , dont les parties ont été charriées au loin, broyées et réduites en limon par les eaux. Elles contiennent en général une certaine quantité d'alumine et de silice , ordinairement à Vétat d'hydrate , mais il est di£Glcile de leur assigner pour base une espèce minérale distincte. A côté des argiles proprement dites, nous rangeons ' les produits terreux ou argiloldes de l'altération qu'éprouvent sur place certaines roches de cristallisation , et quelques-uns de leurs conglomérats. Ce sont toutes ces roches terreuses, ou du moins les principales d'entre elles , que nous allons décrire succinctement , sous le nom générique de roches argileuses.
I**. Les arglUndes ou les substances d'apparence aiv gileuse. — Le kaolin ( ou terre à porcelaine) , provenant de la décomposition du granité et de la pouce, — Le porphyre argileux^ provenant de l'altt^ration des porphyres et pétrosilex : il est souvent cellulaire et im* prégné de particules siliceuses. — La téphrine ( roche grise ou cendrée ) , composée d'une pâte arciloïde , dans laquelle on retrouve les élémens des roches irachytiques. — Le trtiss , sorte de tuf blanchâtre, composé de débris de ponce plus ou moins altérés , et réunies par un ciment d'apparence argileuse. On en* exploite à'Andemacfa , sur les bords du Rhin , d'où on le
* D^iprtt M. Gordier.
transporté en Hollande , pour en faire des cimens hydraoliqaes. ^^ La spiUie (on le trap altéré) , dont l'aspect est aride et terne, et la teinte brune ou verdâtre. — La wacke (l'ophite ou le basalte altéré^, dont la cassure est terreuse et la couleur noire ou d un gris rerdâtre. Ces deux roches sont fusibles en émail noir : elles ^renferment presque constamment des noyaux de diverses substances pierreuses, dont les molécules se sont introduites dans leurs cavités par voie d'infiltration : ce sont les roches amjgdaloldes par excellence» — > Le ttffa ( ou tuf volcanique ) , substance solide , tendre , à cassure terreuse, composée de fragmens de scories, de sables et de cendres volcaniques que le tassement et les infiltrations ont consolidés. Ses couleurs «ont le gris • le jaune ,^ le rouge e^ le noir. — Le pépérmoy brèche volcanique, composée comme la roche précédente, de grains de plusieurs sortes réunis par un ciment de tuf. Les tufs et pépërinos ont assez de solidité pour pouvoir être employés dans les constructions. Les Romains en ont tait un fréquent usage. -— Les rapUU, sorte de gravier composé de petits cailloux volcaniques ineohérens. ~ ha pouzzolane ^ sorte de sable .volcanique terreux , de couleur foncée , que Ton tirait autrefois de Pouzzole dans le royaume de Naples , et qui paraît formé de petits frâginens de scorie plus ou moins altérée. On l'emploie comme le trass , pour faire avec la chaux et le sable commun des mortiers hydrauliques. Elle est tantôt en poudre fine , âpre au toucher , et tantôt fonnée de petits fragmens que Ton est obligé de pulvériser avant aen faire usage.
2®. Les poches argileuses proprement dites. — \j argile àommune , composée d'alumine , de silice et d'eau; solide, tendre, douce au toucher^ faisant pâte avec l'eau et prenant du retrait et de la dureté par la cuisson. Elle ne fait point effervescence avec les acides* Elle est en général très-rofractaire, c'est-à-dire qu'<îlle résiste à la fusion par le feu; cependant elle cesse a être infusible quand elle se mélange de chaux et d'oxide de fer , et fond à des températures plus ou moins élevées , suivant qu'elle contient plus ou moins de ces principes. Parmi ses variétés on distingue i 'argile plastique (ou la terre glaise, la terre
à poteries) qadquefob blanche , le plus souvent coIoimh: de dîffinentes teintes de gris-bleuâlie , de vei t ^ de rouge, etc.; Tai^ile smectique (ou la terre t\ foulon) dont la pâte est fine> savonneuse et se délaie facilement dans Uean : on s*en sert pour enlever aux drap» lt\s huileuses qui sont mêlées à la laine \ 1 argile lease ( ocre jaune ou rouge ) , colorée par do l'oxide rouge de fer , on du fer liydit>xidt5 jaunir.
— L*ar^'le schisteuse ( ou le schiste proprement dit ), substance terreuse à structure feuilleti^e, terne , diversement colorée, contenant quelquefois des )>aillcttcs fines de mica, et préseniant souvent des empreintes de plantes. Elle est fusible au chalumeau ; elle se ptfuètre quelquefois de parties calcaires, qui la rendent eïïervc»* tente, et de parties charbonneuses et bitumineuses qui k colorent en noir , et lui donnent la propri(H<5 de bn\« 1er plus ou moins facilement. Elle est commune danà les terrains houillers. *- V argile calcarifire ( ou la marne ), mélange terreux d'argile , de calcaire y et quelquefois de sable , dans des proportions variables. Elle se distingue des argiles communes eu ce qu'elle fait effervescence avec les acides. On en connaît trois variétés : la marne calcaire blanchâtre ou jaunâtre , qui renferme plus de calcaire que d'argile , et a la propriiHé de se diviser et de s'éniietter à 1 air ; la marne argileuse , qui est presque toujours d'un gris verdâtre, qui renferme plus d'argile que de calcaire , et fait une pâte assez tenace avec Peau ; et la marne sablonneuse , qui n'est qu'une marne calcaire mélangée d'une forte dose de sable. Ces trois sortes de marnes sont employées par les agricultenra pour amender les terres ; ils ont soin de choisir celle qui convient à la nature du sol qu'ils veulent bonifier.
— U argile limoneuse ( ou le limon d 'atterri ssement , la terre franche, la terre à brique ) , terre grasse , qui étant simplement humectée ou ramollie dans l'eau , est susceptible de se mouler , et d'acquérir ensuite une grande solidité par la dessication à l'air ou par la cuisson. Ses teintes les plus communes sont le gris cendré, le gris bleuâtre et le jaune ocreux. Elles se changent au feu en un rouge plus ou moins vif, phénomène dû à la présence du ter dont ces argiles sont chargées.
DES ϣRRAINS.