MINÉRAL
Nous terminerons ce que nous avons à dire sur le règne minéral , en donnant quelques détails sur les espèces les plus remarquables par leurs usages. Nous partagerons celles-ci en trois groupes principaux , correspondant aux classes que nous avons établies prcccde^nimcnt.
lo. DES COMBUSTIBLES.
Bitumes. Substances analogues aux huiles et aux poix végétales, brûlant avec flamme et une odeur caracKfristique. On en dislingue deux espèces principales : Tune liquide ( le naphte ou le pétrole ) d'un blanc jaunâtre ou noirâtre , dont il existe des sources en dilïérens pays , et que l'on emploie comme huile de Inmpe; l'autre solide et noir (l'asphalte), qui surnage sur les cnux de certains lacs , entre autres le lac asphaltique, en Judée.
Diamant. Ce minéral , si remarquable par ses ]>ro-
priétés extérieures qui le rnpproclicnl dcf) substances
pierreuses j ajjpartient à la classe dc: combustibles , car
il n'est formé que de carbone. Il est le plus dur , le plus Ijrillant desmiae'raux, et Tun des plus liuipides ; et cependant , sous le i*ap|K)rt de sa coinposilion chiuiique , il s'identifie avec le charbon, qui est un corps friable, noir et opaque. Mais couime il ne brille qu'avec une extrême difficulté, et que dVilleurs il jouit au plus haut degré des qualités qui font rechercher certaines pierres comme objets de richesse et d'ornement, il est placé convenablement à la tête du groupe des pierres précieuses. Le diajnant estleplusdur des minéraux connus, c'est-à-dire qu'il les raie tous et n'est rayé par aucun; mais il est en même temps très-fragile; un léger choc sufïit souvent pour le briser. Il réfracte fortement la lumière, mais sans doubler les images des objets ; son éclat est des plus vifs , et sous certains aspects se rapproche de celui de Tacierpoli. Il est toujours cristallisé et divisible par un clivage facile en octaèdre régulier : on le trouve en cristaux isolés , sous la plupart des formes du système du cube (voyez pi. i ) , et plnsparliculièrenient sous celles de l'octaèdre et d'un solide à /\S faces ( fig. 6 et 7, pi. 3) ; mais presque toujours les faces de ses cristaux sont déformées par des a rrondissemens provenant d'une cristallisation imparfaite-. Les diamans à faces bombées sont connus sous le nom de dianmns sphéroïdaux. Les diainans sont le plus souvent sans couleur ; on en connaît cependant de jaunes, de verts, de roses, de bleus et même de noirâtres. Les roses sont les plus reclierchcs parmi les diamans colorés ; niais on leur préfère en général les diamans limpides , lorsqu'ils sont d'une belle eau , et qu'aucune gerçure ne les dépare. Tons les diamans répandus dans le commerce viennent de Tinde et du Brésil ; on les trouve toujours disséminés dans des terrains d'alluvion anciens , situés ri peu de profondeur au-dessous du sol , et formés d'un sable ou d'un poudingue quarzeux , à ciment ferrugineux. Depuis peu de temps, on a découvert des diamans dans un gisement tout semblable, en Sibérie , au milieu des alluvious au-rifères deTOural. Pour extraire les dian^ans delà roche arénacéequi les contient, on commence par briser celleci, puis on en lave' les fragmens au moyen d'un filet d'eau ^ pour les débarrasser des parties terreuses oui les
h u^lt:^e iitsuilc li-s caîlluux les pliw gnwi I OH fail à In inain le triage du gravier restant. ninsnC doit tous ses fciix et tout son cclat à l'ode la toille et du poli ; car les liiainans bruis JUI-S plus ou moins ternes. Pour le lailier, le lajrrofite de la propriété qu'a ce miaéi-al de^elais- "■ etcouimeflucuneautrc Bubslanccn'fstcapoble fai' le fioHemciit, il uc parvient à l'user et l'aille de sa propre poDSMère. Il y a deux icipales de tailler le dinniant à facettes : la M et la laiï/e en rose; le brillant ofl're en '- ' " face plane, entourée d'un double rang
tandis qae la partie inférieure est aeettcs inclinées , qui se réunissent ■I, tiiiiiui). La rose a sa partie supérieure
laiiie, el taillée en pjramide ; le dessous est plat: rj'nie , qui convient aux dianiaus minces , est loin l'éclat du brillant. Les diamans snnt en géni'rnl yiillt volume, leur valeur commerciale dépend à la Je leur degré de perfection ot de leur grosseur. On iiue le poids des diamana en tarais (le Karat valant qualie grains). Un di.iniant d'un seul tarai vaut 25ofr. ; un diamant de deux tarais , i ooo fr. ; de trois karats , 18(10 fr. ; de Six fcarats, 5ooo fr. On voit que le prix augmente dans une proporlion plus rapide que le ])Oids.
Parmi les diamans les plus célèbres sous le rapport du volume , on cite celui du Grand-Mogol , qui a été vu par le voyageur Tavernier : il était de la forme et de la grosseur d'un œuf coupé par le tnilten ; son poids était de 2<^9 karats. Le plus beau diamant de l'empereur de Itussie pèse 1 Cf5 karats [à peu près une once ti-ois gix)!!) ; il est de forme ovale et de la gro.sseur d'uu œuf de pigeon. Le r^g'iïn/j qui appartient ad roi de France, ne pèse que 1 36 tarais ; mais il est taillé en brillant , et n'a aucun défaut; aussi passe-t'il pour le plus beau diamant que l'on connaisse ; son diamètre est de plus d'un pouce ; il a iiÉ payé 2,25o,ooo fr. par le duc d'Orléans , alors récent, et on l'estime aujourd'hui plus de cinq millions, "l'out le monde sait l'usage que l on fait des pointes de dianiaat pour couper le verre ou pour graver sur les
corps durs. On se sert cussi de sa poudre |K>ur user, tailler et polir beaucoup de pierres précieuses.
Graphàe. Substance gris de plouib ou de fer, d'un éclat métalloïde, douce au toucher , tachant les doigts eu gris de plomb. G*est du carbone presque pur , mêlé d'une petite quantité de matière terreuse ou ferrugineuse. £lle se tix>uve en petits amas dans les schistes Cl istallins. Ou la nomme plombagine dans le comn;erce ; elle sert à fabriquer les crayons di(s de mine de plomb. La meilleure qualité vient du Cumbeiiand , en Angleterre.
AiUhracùe. Substance charbonneuse , opaque et d'un noir métalloïde , difficile à enflammer, brûlant avec une flamoie très-courte , sans fumée et sans otleur , s*étei<gnant à l'instant même où on la retire du fover , et se couvrant d'tm enduit de cendres blanches. £lle est composée presque entièrement de carbone, sans bitume. On la trouve en couches ou en amas dans les terrains de transition (les plus anciens terrains carbonifères. ). Elle donne une chaleur considérable en brûlant , et bntle d'autant plus aisément qu'elle est en plus grande masse ; comme il lui faut un fort courant d'air, elle e\if:;e des fourneaux construits d'une manière particidière. On en fait un grand usage aux Etats-Unis, où elle supplée à la rareté de la houille.
Houille (vulgairement charbon de terré). Substance charbonneuse, non cristalline^ opaque et d'un noir luisant ; brûlant aisément avec flamme , fumée et odeur bitumineuse ; donnant , lorsque la flamme s'éteint , un charbon léger à éclat métalloïde, nommé coke (conk) ^ et après la combustion un résidu de cendres scoriacées. La bouille est du carbone mêlé de bitume et de quelques parties terreuses; c'est le plus précieux des combustibles, parce qu'il est abondamment répandu dans le sein de la terre, qu'il donne plus de chaleur que le bois et le charbon oi^dinaire à volnme égal , et que ses variétés peuvent être assorties à diflcTens usogcsduns les arts. On en distingue deux principales : la houille grasse et collante, riche en bitume; elle se gonfle en brûlant, se fond et ses parties se collent entre ciles, propriété quilarend
: tiux travai^dela forge ; e le çaz de l'edairage (hydrogène ]>nui' résidu du coke. 3^ ].a houille sèclie ou inaigve; elle ne contient point ai^sez de hilumepour seboursoufflcr ni se coller ; elle est propre A la fonte , au service des verreriea, des foursà chaux, etc. La houille appartient à la partie supérieure des terrains carboaifcres, au dep6t arénacé nommé grès houilter. Elle y eijt en amas ou en lits plus ou moins elrndus et plus ou moins nomhreux, alternant avec des banc:; de grës et d'argile. I.a Fi*ance possède des dépôts de houille daus une grande partie de son territoire, mais il en est peu qui soient exploites : les principaux sout ceux d'Aniin, dans le dé- ITiirtement du Nord , du Creusot, départ, de Saàne-el- Luire, de Saint-Etienne, départ, de la Loire. I.a Belgique possède une grande zôue de lermin houlllier , de deux lieues de large sur cinquintc: de longueur. Maïs c'est en Angleterre ijne ce combustible estli; plus nhoitdant. Les pins célèbres exploitations sont celles de Newcastle, dans le Nortliumberlaud. Elles produisent annuellement trente-six millions de quuilaox métriques de houille, Pt l'on estime qu'elles peuvent continuer d'en fournir sur ce pied pendant près de mille ans.
Lignite. Substance charbonneuse, noire ou brune provenant de liges de végétaux ligneux et présentant fréquemment dans son tissn fibreux des traces de son orieine ; s'allutnant et brûlant avec facilité ^ donnant par Fa distîliatioD le même acide que le bois, et parla combustion un charbon semblable à la hi'aise , avec une cendre.terreuse analogue à celle de nos foyers. On dislingue plusieurs Tariélésaelienite:ley'a/c( ou jais, quiest d un noir brillant, susceptible de poli, et que l'on emploie pour faire des bijoux de deuil; le lignite fibreux, qui est ordinairement brun; lelignite friable ou terreux, d'un noirhrunàtre, et chargé de pyrites. Les lignites pyriteux,par l'exposition â l'air, s'effleu rissent, s'enflamment, donnent naissance k des sulfates de fer et d'alumine . que l'on obtient pardeslessive'f,et se réduisent en cendrct rouges qui servent dans l'agriculture comme engrais. Le lignite e.st aussi un combustible précieux que l'on peut cm—
ployer daus un grand nombre d'usines ; on le trouve en lits dans les terrains de sédinicut supérieurs ( vovez plus haut la description de ces terrains).
Tourbe, Matière brune ou noirâtre, à tissu spongieux, plus ou moins combustible, et formée par les débris de cerlaines plantes qui croissent en abondance dans les marais. Elle est employée dans Téconomie doniestique, comme matière propre au chauffage; et ses cendres sortent en agriculture pour amender les terres.
Succin (vulgairement ambre Jaune; Vciecfrum des an- ^itius). Substance solide, jaune, d'un aspect seniblabl«î à celui de certaines résines, éminemment électrique par ^Iroitement, et combustible avec flamme et fumée, en V^'paridant une odeur plus ou moins agréable. Le succin fonda une tempéra luro as ^ez élevée, en coulant couime ^fi j'huile; il est tendre, et cependant peut recevoir un poli assez brillant. Sa composition est assez analogue à celle des substances organiques; aussi le regard e-t-i'iu comme un produit du règne végétal à Tétai fossile. 11 reuferme souvent des insecles, ce qui prouve qu'il a été primitivement fluide à la manie e des i^onimes et dos ré- '•iiK's.Onle trouve en régnons épars au milieu des sables, "^'5 argiles etdesligniies qui sont situés imniédiatenicnt 'ïiNiessus de la ciaie.
"Soufre. Suîistance simple, non métallique, d'un jaune ^'ilrin, combustible et facile à reconnaître à la flamme ^làTod-'urqui lui sont particulières. On trouve du soufre natif dau; deux sortv^s de terrains, en nids ou en 3mas dans l'intérieur de quelques filous et surtout au niiliou des roches qui accompagnent le sulfate de chaux (Sicile, Italie, EspagneV^ ou bien en aiguilles cristallines , en parcelles diss^nninées dans le sol fumant des solfjtares ou volcans à demi éteints (Pouzzoles, près Naples). Le soufre natif cristalli.^o en octaèdres à base rhombe fig. D 4 j pi- 2.
a* »ES MCT\UX USUELS, ET DE LEURS PRTSCIPAUX MIHRnâU.
Lcf mctaîLt proprement dit?, c'est-à-dire les corps ^inq-les '.jui se présentent naturellement à l'état UK^al-
( 3sB )
et te niicascliîslc. Il donne des fei-s de U meil- : qualité (feis de SiTcile et <ie Norwège). a° Le fer le (vulgaii-enieiit fer de U!k d'Elbe, fer ixldé rouge, le fer au iiiax'imuind'oxidatioi)) , d'un gris d'anci' isse , d'un brun rouge en poussière , se n.sibleiut nt "■'étique, se présentant le plus ordinairement en s coinp-icLe.4 , dont les eavitca sont tapissées de ' de Forme rhoiuboïdale remarquables par leurs tuleni'i irisées. On l'exploite dans l'Ile u'£Ibe, et ni dans les Vosges. On rapporte à cette espt:ce lierai uoiniué vulgairement liémalite .- en iiia.sse """fois inéialliqne, à poussière rouge, le plus soueuae et i-oug«âtre. On en distingue deux varièipales : le fibreuï (sansuine ou pierre à brue compacte on teiTeux. 3" Leyir hrdrom'dé brun ndtre; distingua du précèdent par 1 eau qu'il conet par la coiileur jaune de sa poussière. C'est à .te espèce qu'apparliennent la plupart des minerais de . J- la France. On dislingue parmi ses variétés : le fihématite brane) h surface brune ou recouverte ;rais luisatil; le compacte d'un brun foncd, le geoiiique (^[iie ou ]>ieii-e d'aigle) ; le pisolilbiniie (ou minerai île fer en grains), en globules bruns , liLies ou l'éuuis par un ciment argileux ; le limoneux (fer d'alluvion ou des marais) , en ma-sses terreuses d'un jaune de rouille. 4° Ijc/er carbonate: d'un gris jaiihitre ; taniôt cristallin et semblable au calcaire par sa stiuclure (le fêr spatliique) ; tantât compacte et terreux (le fer des houillères). Ce dernier est précieux' en ce qu'il est toujours accompagné du combustible qui doit servir à sou traitement métallurgique. 11 txiste encorequelquesautres minerais de fer, mais ils ne sont point en masses assez considérables pour donner lîeuà des exploita tionj. Nous citerons seulement les sulfures de fer ou pyrites , que l'on trouve disséminés daus presque tous les terrains ^ on en conn»tt deux espèces principales : la pyrite jaune ou commune, qui cristallise en cubes , et qui est d'un jaune de laiton; elle renferme quelquefois de l'or, et daus ce cas on l'exploite pour en retirer ce métal ; et ta pyrite blanche , qui cristallise difléreuiment , quoiqu elle ait la même composition que la précédente L
elle se présente presque toujours en masses globuleuses rayonnées (pyrites de la craie et du lignite). Ces pyrites se décomposent par Texposilion à Tair, et se transforment en sulfate de ter^ sel employé dans la teinture et ta fabrication de Tencre.
Lr plomb. Métal d'un blanc bleuâtre, se ternissant à Tair et passant au gris livide ; mou, se laissant entamer par l'ongle, facile à réduire en lame, fusible à uuefaible chaleur, ayant une grande pesanteur spécifique. Il s'en faut de beaucoup cependant qu'il soit le plus lourd des métaux, comme on le croit assez généralement. Il est employé à de nombreux usages, soit à l'état de métal , soit à l'état d'oxidc (litliarge, céruse, minium). On ne connaît pas de plomb natif, mais il existe plnsieurs minerais de plomb. Le seul que l'on exploite est le sulfure àe plomb ou la galène : il ressemble par sa couleur et son éclat au plomb nouvellement coupé, mais il est fragile, et se divise facilement en cubes lorsqu'on frappe dessus. Chauffé au chalumeau, il dégage du soufre et se réduit en un globule de plomb. On en distingue deux variétés principales : la galène laminaire, en cristaux nets, cubiques, octaèdres, ou en masses composées de lamelles entrecroisées dans tous les sens; et la galène grenue, à grains fins comme celui de l'acier. La galène contient souvent de l'argent en quantité assez considérable pour qu'on l'exploite comme minerai de ce métal. Elle se trouve en amas ou en filons dans les terrains anciens , depuis le granité jusqu'aux argiles salifères. Les principales mines de plomb sont exploitées en Angleterre et en Allemagne. La France en possède aussi qui sont moins importantes : telles sont colles de Poullaouen en Bretagne, et de Villefort dans la Lozère.
Le cuwre. Métal rougeatre , très-ductile , sonore , attaquable par les acides les plus faibles , et même par rjnimidité de l'air , qui le couvre d'un oxide vert redoutable par ses effets, et connu sous le nom de i^ert de gris. Allié au zinc , il donne le cuwre jaune ou le laiton ; uni à l'étain , il forme Y airain ou le bronze , dont on fait des cloches , des canons , des statues. On trouve dans la nature du cuivre métallique , mais il est toujours en petites masses ou sous forme de ramifications ^ de lames , defl-
lamens , qui accompagnent les minerais de ce métal. Ceux-ci sont nombreux : mais il n'en est que deux qui soient assez importans pour nous occuper ici : ce sont le culture pyrùeux , et le cmure carbonate. Les minerais cuivreux ont un caractère commun qui consiste en ce que leur poussière 9 étant rougie sur une pelle à feu \ et projetée ensuite dans Teau forte (acide nitrique) , communique une teinte verte à cette liqueur. Le cuivre pjriteux composé de cuivre , de soufre et de fer , est d'un jaune de laiton tirant sur la couleur du cuivre doré ou d'un jaune verdâtre ; sa surface s'altère fréquemment et prend un aspect irisé. C'est le minerai de cuivre le plus commun : il se trouve comme la galène en amas ou en filons dans les terrains anciens. Le cuivre carbonate est composé d'oxide de cuivre, d'acide carbonique et d'eau; on eu connaît deux espèces : l'une d'im bleu d'azur , c'est Tazurite dont il existe une mine en France aux environs de Lyon, l'autre d'un vert foncé, c'est la malachite, substance qui se présente en masses mamelonnéesà sti^ucture fibreuse , et que l'on travaille en Sibérie où elle est abondante , pour en faire des meubles d'un grand prix. Les principales mines de cuivre sont celles d'Angleterre, de la Russie, de la Suède, de TAutriclie et du Japon. La France ne possède que celle de Clicssy , près de Lyon , où Ton exploite du cuivre pyriteux et du carbonate bleu,
L'élain. Métal d'un blanc d'argent , se ternissant à l'air et passant au gris bleuâtre , très-fusible, plus dur et plus ductile que le plomb, développant une certaine odeur par le frottement , et faisant entendre lorsqu'on le plie, un craquement qu'on nomme le cri de Cctain. C'est Icjplus léger des métaux usuels. Allié au plomb , il constitue la soudure des plombiers; réduit en lame mince, et amalgamé avec le mercure, il forme le tain dont on double les glaces pour en faire des miroirs. L'étainnge ordinaire consiste dans une couclie mince d'ctain fondu appliquée sur le cuivre, hi^fcr-hlancnesl que de la tôle (ou 1er laminé) recouverte de la même manière. C'est de Vétain oxidéc^xxQ Ton retire tout le métal répandu dans le comnierce. Ce minerai , qui est brun , souvent opaque et noir, avec un aspect gras ou un lui-
sant qui approche de l'éclat métallique, est très-pesant et infusible. Il est souvent cristallisé sous des formes qui rappellent les octaèdres et prismes à bases carrées (fig. C. pi. 2) > et se trouve alors disséminé dans certains granités et principalement dans la roche appelée greisen. Il se rencontre aussi en grains ou en morceaux roulés dans les anciens terrains d'ailuvion. Les principales mines d'étain sont situées dans Tlnde , en Amérique , en Angleterre et en Allemagne. On trouve aussi de l'élain en France dans les environs de Limoges et de Nantes , mais il n'y est point assez abondant pour être l'objet d'une exploitation.
Le zinc. Métal d'un blanc bleuâtre , plus dur que rétain; ductile, fusible, volatile et brûlant avec une flamuie éblouissante, ce qui fait qu'il est employé dans la composition des feux d'artifice. Il ne s'est point encore offert à l'état natif, mais il existe dans plusieurs minerais dont les principaux sont la blende et la calamine. La blende, ou le sulfure de zinc, est une substance de couleur jaune ou brune, très-éclatante, tendre et lamelleuse, remai'quable par son clivage sextuple , qui donne pour noyau un dodécaèdre rliomboïdal. Elle accompagne presque constamment la galène dans les mines de plonib. La calamine est une pierre opaque ou translucide , de couleur blanche ou jaunâtre, ayant un aspect terreux et une structure ordinairement cariée : elle se compose de carbonate de zinc, mêlé de silicate du même métal. On la trouveen dépôts assez considérables au milieu des calcaires de sédiment. La France possède des mines de zinc ; mais presque tout le métal employé dans les arts est fourni par la Prusse et l'Angletcrie.
Le mercure (vulgairement pif argent). Métal blanc et liquide à la température ordinaire, pesant quatorze fois autant que l'eau, susceptible de se volatiliser, quand on le chauffe fortement , et pouvant dissoudre l'or et l'argent. Aussi le fait-onservir à l'extraction de ces métaux ; mais on l'emploie encore à d'autres usages imporlans , tels que la préparation de certains médicamens, la construction des baromètres et thermomètres , etc. On trouve dans la nature du mercure métallique, mais en très-petite quantité , eu simples globules dans les fissures des
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qui accoiiipagneat le sulfure de mercure, le -lei'ui qui soit exploité. Le sulfure de mercure , n^bre aaturel,esl l'eniurquablc |)ar sa belle couidçe , et ta proprit'lé qu'il a de se volatiliser cojii- ■t au feu ; sa vaiidté leneuae est connue sous le ermillon . On le trouve partîcuUèreiueut dans '« manio-bituiiiiueux , situés au-dessous du ^eu. Les principales mines de mercure sont iJvou; d'Idi'ia en Carniole, d'Almaden eu et du Palatinat, sur la rive eauclie du Rhin. . Métal blanc, sonore, soluble daus l'eau e nitrique); susceptible d'être rddutt en Ëls nesse, nefoudsntqu'à une haute teiiipé- .ernissantpas dansl'air pur; pesantdix Tois qucl'cau.Onle trouve à l'état natif, sous di lens contournés, ou de réseaux pëné-
I siiuiuiuces pierreuses des Clons, et (juelquefL>is >es ou en bloes d'un volume assez considérable ; lavent recouvert d'un enduit sale ou noirâtre qui re. Mais l'argent natif n'est ptKDt le seul minerai i|u<.iuii exploite pouren retirer le ntétal: on l'extrait encore du suli'ure et du chloi-me d'argent, et de l'argent rouge(conibin3isond'argent, de soui're et d'antimoine). Le sulfure d argent ( ou l'argent vitreux ) est d'un gris d'acier, et se laisse couper lacilemeut; il cristallise en cubes, comme la galène, avec laquelle il est souvent intimement mêle; c'est le minerai le plus abondant, et celui qui fournit presque tout l'argent du coiiunerce. Le cklonire <f argent (ou l'argent corné) est une substani:e molle comme la cire, demi-ti'anspareQle et de cuulenijiiune ou verdfitre : elle fond à la flamme d'une bougie, t'ii dégageant une odeur de cbtore. L'argent rouge est (l'un rouge vif, ou d'un noir rougeâtre métallojde , dniinaul toujours une poussière d'un rouge cranioisi; il est fragile, facile à racler avec le couteau, et »c réduit à la flamme d'une bougie. — Les principales mines d'argent sont celles du Pérou et du Mexique ; les mines d'Europe sont incomparablement moins unportanles, et la plupart ne sont que des mines de plomb argentiiire : telles sontcelles de Hongrie, deSaxeetdelJohcme; la France Cil possédait quelijues-unes dans les Vosges , le Daw-
pliiné, elc, mais elles sont presque cutièrement abandonnées, àrexceplion des niiuei» de galène argentifère de la Bretagne.
Lor. Métal jaune, très-duclile et ircs-lenace, inattaquable par l'acide nitrique , soluble dans Teau régale (ou l'acide nitro-muriatique), pesant dix-neuf fois autant que Teau à volume égal. Il n'existe dans la nature qu'à 1 état natif, et on le trouve toujours disséminé en lamelles ou particules invisibles dans les liions pierreux ou métallifères des roches de cristallisation , ou l.i;'n répandu en petites paillettes dans les dépôts arénacés des anciennes alluvions, qui contiennent en outre le platine:, le diamant et la plupart des pierres fines. On le rencontre quelquefois en masses isolées et arrondies , que Ton nomuie pépites. Certaines rivières cliarient des paillettes d'or, provenant des terrains d'alluvions qui sont traversés et lavés par leurs eaux ( le Rhône , l'Arriège , le Boubs , etc. ). Ce n'est point dans les roches soliaes ou les filons que l'or est le plus abondant : la plus grande partie de celui que les travaux d'exploitations fournissent au commerce, s'obtient par le lavage des sables, ou alluvions aurifères des pays de plaines (au Brésil et au Chili, dans l'Amérique du nord, en Sibérie, en Hongrie, elc.) Les principales mines d'or exploitées de nos jours sont celles du Brésil et du Chili. Les mines de la Sibérie, découvertes depuis peu d'années, paraissent devoir être très-productives. L'or est aussi très-répandu en Europe, mais la plupart des mines que l'ony connaît, celles de Hongrie et cie Transylvanie exceptées , sont abandonnées aujourd'hui. Telle est entre autres la mine de la Garde tte , dans le département de l'Isère, en France. — L'or n'est jamais employé pur; on l'allie à une petite quantité de cuivre ou d'argent, pour accroître sa dureté. Comme l'acide nitrique dissout le ciùvre et l'argent, sans attaquer l'or, les orfèvres s'en servent pour s assurer du degré de pureté d'un objet enor^ après l'avoir frotté sur la pierre de touche (sorte de trapp à structure compacte.)
Le platine. Métal d'un gris d'acier, tirant sur le blanc d'argent, tendre et malléable ; peu dilatable et résistant à la u^us forte chaleur de nos fourneaux, inaltérable à
matières qui accompagnent le sulfure de mercure i le seul minerai qui soit exploité. Le sulfure de mercure , ou le cinabre naturel, est remarquable par sa belle couleur rouge, et la proprie'lé qu'il a de se volatiliser coinplètenient au feu; sa variété terreuse est connue sous le nom de vermillon . On le trouve particulièrement dans les schistes marno-bituniineux , situés au-dessous du calcaire pénéen. Les principales mines de mercure sont celles du Pérou; d'Idria en Carniole, d'Alniaden en Espagne, et du Palatinat, sur la rive gauche du Rhin. l! argent. Métal blanc, sonore, soluble dans l'eau forte (acide nitrique); susceptible d*étre réduit en fils d'une grande tinessc , ne fondant qu'à une haute température, et ne se ternissant pas dans l'air pur; pesant dix lois et demie autant que l'eau. On le trouve à Tétat natif, sous la forme de filamens contournés, ou de réseaux pénétrant les substances pierreuses des filons, et quelquefois en masses ou en blocs d'un volume assez considérable: il est souvent recouvert d'un enduit sale ou noirâtre qui le dépare. Mais l'argent natif n'est point le seul minerai que l'on exploite pour en retirer le métal: on l'extrait encore du sulfure et du chlorure d'argent, et do l'argent rouge! (combinaison d'argent, de soufre et d*antinioiue). Le sulfure d argent ( ou Tariifent vitreux ) est d*un gris d'acier, et se laisse couper facilement; il cristallise en cubes , comme la galène , avec laquelle il est souvent intimement mêlé; c'est le minerai le plus abondant, et celui qui fournit presque tout rargont du couuiierce. Le chlorure dH argent (ou l'argent corné) est une substance molle comme la cire , demi-lranspareute et de couleur jaune ou verdalre : elle fond à la flamme d'une bougie, v\\ dégageant une odeur de chlore. Uargeut rouge est d'un rouge vif, ou d'un noir rougeàtre métalloide , d(»nnant toujours une poussière d'un rouge cramoisi; il est fragile, facile à racler avec le couteau, et se réduit à la flannne d'une bougie. — Les princijiales mines d'argent sont celles du Pérou et du Mexique; les naines d'Europo sont inconq)arablement moins importantes, et la plu- ]>art ne sont que des mines de ]>loml) argcîiiufère : telles sont celles de Hongrie , de Saxe et de Bohème; la France eu posséà\xïi queUjues-imes dans les Vosges , le Dau»
pliiné, etc., mais elles sont presque entièrement abandonnées, à rexception des nuue^ de galène argentifère de la Bretagne.
Lor, Métal jaune, très-ductile et très-lenace, inattaquable par l'acide nitrique, soluble dans Teau re'gale (ou l'acide nitro-muriatique), pesant dix-neuf fois autant que Teau à volume égal. Il n'existe dans la nature qu*à 1 éiat natif, et on le trouve toujours disséminé en lamelles ou particules invisibles dans les filons pierreux ou métallifères des roches de cristallisation , ou Lii'n répandu en petites paillettes dans les dépôts arénacés des anciennes alluvions, qui contiennent en outre le platine:, le diamant et la plupart des pierres fines. On le rencontre quelquefois en masses isolées et arrondies , que l'on nomme pépites. Certaines rivières cliarient des paillettes d'or, provenant des terrains d'alluvions qui sont traversés et lavés par leurs eaux (le Rhône, l'Arriège, le Doubs , etc. ). Ce n'est point dans les roches solides ou les filons que l'or est le plus abondant : ia plus grande partie de celui que les travaux d'exploitations fournissent au commerce , s'obtient par le lavage des sables, ou alluvions aurifères des pays de plaines (au Brésil et au Chili , dans l'Amérique du nord, en Sibérie, en Hon- Çrie , etc.) Les principales mines d'or exploitées de nos jours sont celles du Brésil et du Chili. Les mines de la Sibérie, découvertes depuis peu d'années, paraissent devoi;' être très-productives. L'or est aussi très-répandu en Europe, mais la plupart des mines que l'ony connaît^ celles de Hongrie et cie Transylvanie exceptées , sont abandonnées aujourd'hui. Telle est entre autres la mine de la Gardette , dans le département de Tlsère, en France. — L'or n'est jamais employé pur; on l'allie à une petite quantité de cuivre ou d'argent, pour accroître sa dureté. Comme l'acide nitrique dissout le cuivre et Targent, sans attaquer l'or, les orfèvres s'en servent pour s assurer du degré de pureté d'un objet en or , après l'avoir frotté sur la pierre de touche (sorte de trapp à structure compacte.)
Le platine. Métal d'un cris d'acier, tirant sur le blanc d'argent, tendre et malléable ; peu dilatable et résistant à la p^us forte chaleur de nos fourneaux, inaltérable à
matières qui accompagnent ie sulfure de mercure ^ le seul minerai qui soit exploite'. Le sulfure de mercure , ou le cinabre naturel, est remarquable par sa belle couleur rouge , et la proprie'té qu'il a de se volatiliser complètement au feu; sa variété terreuse est connue sous le nom de vermillon . On ie trouve particulièrement dans les schistes marno-bi lumineux , situés au-dessous du calcaire pénéen. Les principales mines de mercure sont celles du Pérou; d'Idria en Carniole, d'Âlmaden en Espagne y et du Palatinat, sur la rive gauche du Rhin. L'argent, Métal blanc , sonore, soluble dans l'eau forte (acide nitrique); susceptible d'être réduit en fils d'une grande finesse , ne fondant qu'à une haute température, et uese teruissantpas dansl'air pur; pesantdix fois et demie autant que l'eau. On le trouve à l'état uatif. sous la forme de filamens contournés, ou de réseaux pénétrant les substances pierreuses des filons, et quelquefois en masses ou en blocs d'un volume assez considérables il est soavent recouvert d'un enduit sale ou noirâtre qui le dépare. Mais l'argent natif n'est point le seul minerai quel on exploite pouren retirerle métal: on l'extrait encore du sulfure et du chlorure d'argent, et de l'argent rouge (combinaison d'argent, de soufre et d'antimoine). Le sulfure d argent ( ou l'argent vitreux ) est d'un gris d'acier, et se laisse couper facilement; il cristallise en cubes , comme la galène , avec laquelle il est souvent intimement mêlé; c'est le minerai le plus abondant, et celui qui fournit presque tout l'argent du commerce. Le chlorure d argent (ou l'argent corné) est une substance molle comme la cire , demi-transparente et de couleur jaune ou verdâtre : elle fond à la flamme d'une bougie, ('a dégageant une odeur de chlore. L'argent rouge est d'un rouge vif, ou d'un noii* rougeâtre métalloïde , donnant toujours une poussière d'un rouge cramoisi; il est fragile, facile ii racler avec le couteau, et se réduit à la flamme d'une bougie. — Les principales mines d'argent sont celles du Pérou et du Mexique; les mines d'Europe sont incomparablement moins importantes, et la plu- ]jart ne sont que des mines de plomb argentifère : telles sont celles de Hongrie , de Saxe et de Bohême; la France ûjj possédait quelques-imcs dans les Vosges , le Dau*
pliiné, etc., mais elles sont presque entièrement abandonnées, à l'exception des iniue^ de galène argenlifère de la Bretagne.
Lor. Métal jaune, très-ductile et très-lenace, inattaquable par l'acide nitrique, soluble dans l'eau régale (ou l'acide nitro-muriatique), pesant dix-neuf fois autant que l'eau à volume égal. Il n'existe dans la nature qu'à 1 éiat natif, et on le trouve toujours disséminé en lamelles ou psiHicules invisibles dans les filons pierreux ou métallifères des roches de cristallisation , ou Lien répandu en petites paillettes dans les dépôts arénacés des anciennes alluvions, qui contiennent en outre le platine:, le diamant et la plupart des pierres fines. On le rencontre quelquefois en masses isolées et arrondies , que l'on nomme pépites. Certaines rivières cliarient des paillettes d'or, provenant des terrains d'alluvions qui sont traversés et lavés par leurs eaux (le Rhône, l'Arriègc, le Doubs , etc. ). Ce n'est point dans les roches solides ou les filons que l'or est le plus abondant : ia plus grande partie de celui que les travaux d'exploitations fournissent au commerce , s'obtient par le lavage des sables, ou alluvions aurifères des pays de plaines (au Brésil et au Chili y dans l'Amérique du nord, en Sibérie, en Hongrie, etc.) Les principales mines d'or exploitées de nos jours sont celles du Brésil et du Chili. Les mines de la Sibérie, découvertes depuis peu d'années, paraissent devoijr être très-productives. L'or est aussi très-répandu en Europe, mais la plupart des mines que l'on y connaît, celles de Hongrie et cie Transylvanie exceptées , sont abandonnées aujourd'hui. Telle est entre autres la mine de la Gardette , dans le département de 1* Isère, en France. — L'or n'est jamais employé pur; on l'allie à une petite quantité de cuivre ou d'argent, pour accroître sa dureté. Comme l'acide nitrique dissout le cuivre et l'argent , sans attaquer l'or, les orfèvres s'en servent pour s assurer du degré de pureté d'un objet en or , après l'avoir frotté sur la pierre de touche (sorte de trapp à structure compacte.)
Le platine. Métal d'un gris d'acier, tirant sur le blanc d'argent, tendre et malléable ; peu dilatable et résistant à b p^us forte chaleur de nos fourneaux, inaltérable à
inatièrcs qui accompagnent le sulfure de mercure, le seul mineiai qui soit exploilë. Le sulfure de mercure , ou le cinalne naturel, est lemarquable par sa belle couleur rouge , et la proprielé qu'il a de se volatiliser coinplétemeiit au feu; aa variété teiTeuse est connue sous le nom de vermillon . On le troUTC parti culiëremcul dans les sdiistes maino-bituiuiueux , situés au-dessous du calcaire pénéen. Les principales mines de mercure sont celles du Pérou; d'Idria en Carniole, d'Aluiaden en Espagne, etdu Palatinat, sur la rive gauche du Rhin. V argent. Métal bbac, sonore, aoluble daus l'eau forte (acide nitriqui:); susceptible d'être réduit eu &U d'une grande finesse , nefondantqu'à une haute teuip érature, et uesc ternissant pas dansl'alr pur; pesanldixTuts et demie aulant que l'eau. On le trouveàTetat natif, sous la lorme de filaniens conlournéa, ou de réseaux pénétrant les substances pierreuses des filons, et quel<iuefoiî eo masses ou en blocs d'un volume assex considérable : il est souvent recouvertd'uneuduitsale ou noirâtre qui le dépare. Maîst'argentBatif n'est point leseul iiitoerai (|uel on exploite pour en retirerle métal: on l'estrail encore du suliUrc et du cldorure d'argent, et de l'argent rouge (combinaison d'argent, de soufre et d'antiinoiue). Le sulfure d argent ( ou l'argent vitreux ) est d'un gris d'acier, et se laisse couper fkàleinent) il cristallise en cubes, comme la galène, avec laquelle il est souvent intimement mêlé; c'est U minerai le plus abondant, et celui qui fournît presque tout l'argent du commerce. Le ckloriire ttargent {oii l'argent corné) est une substance molle comme la cire , demi-transpaienle et de couleur j;mne ou verdSlre : elle fond à la flamme d'une bougie, cil dégageant une odeur de chlore. L'argent rouge est d'un rouge vif, ou d'un noir rougeàtre métalloïde , donnant toujours une poussière d'un rouge cramoisi; il est fragile, facile à racler avec le couteau, et ne réduit à la flamme d'une bougie. — Les princi]iales mines d'argent sont celles du Pérou et du Mexique; les mines d'Europe sont incomparablement inoins importantes, et la plupart ne sont que des mines de ploinb argenlilîre ; telles sont celles de Hongrie , de Saxe cl de BoTième; la France ea j^osmlail <fael(]ues-imes dans tes Vosges , le Dau-
pliiné, etc., mais elles sont presque cntièrcinent abantlonnces, à l'exception des iniuei» de galène argentifère de la Bretagne.
Lor. Métal jaune, très-ductile et très-lenace, inattaquable par l'acide nitrique, soluble dans l'eau régale (ou l'acide nitro-muriatique), pesant dix-neuf fois autant que Teau à volume égal. Il n'existe dans la nature qu*à l'éiat natif, et on le trouve toujours disséminé en lamelles ou particules invisibles dans les filous pierreux ou métallifères des roches de cristallisation , ou Lien répandu en petites paillettes dans les dépôts arénacés des anciennes alluvions, qui contiennent en outre le platine:, le diamant et la plupart des pierres fines. On le rencontre quelquefois eu masses isolées et arrondies , que l'on nomme pépites. Certaines rivières cliarient des paillettes d'or, provenant des terrains d'alluvions qui sont traversés et lavés par leurs eaux ( le Rhône , l'Arriège , le Doubs , etc. ). Ce n'est point dans les roches solides ou les filons que l'or est le plus abondant : ia plus grande partie de celui que les travaux d'exploitations fournissent au commerce, s'obtient par le lavage des sables, ou alluvions aurifères des pays de plaines (au Brésil et au Chili, dans l'Amérique du nord, en Sibérie, en Hongrie , etc.) Les principales mines d'or exploitées de nos jours sont celles du Brésil et du Chili. Les mines de la Sibérie, découvertes depuis peu d'années, paraissent devoi;' être très-productives. L'or est aussi très-répandu en Europe, mais la plupart des mines que l'onyconnaîty celles de Hongrie et cie Transylvanie exceptées , sont abandonnées aujourd'hui. Telle est entre autres la mine de la Gardette , dans le département de Tlsère, en France. — L'or n'est jamais employé pur; on l'allie à une petite quantité de cuivre ou d'argent, pour accroître sa dureté. Comme l'acide nitrique dissout le cuivre et l'argent, sans attaquer l'or, les orfèvres s'en servent pour s assurer du degré de pureté d'un objet en or , après l'avoir frotté sur la pierre de touche (sorte de trapp à structure compacte.)
Le plaline. Métal d'un ^ris d'acier, tirant sur le blanc d'argent, tendre et malléable ; peu dilatable et résistant à la p^us forte chaleur de nos fourneaux, inaltérable à
^HUBCS pour^u'éiaiiL siii=(;s en slaques depeaiTépaiii^ '^tur tlli^s puissent être emplojoes à fillrer les eaux,
Le cfuarZ'liyalin ne fouiie pas seulunieut des l'oiliËS 'âistinttes à hn seul, il entre aussi comiiie base ou comme ^rlie l'ODSiituante daus un gcaml nomlji'e de roches composées, où il eut presque Luujnurs dissëmiaé sous la forme de grains (exemple : le graniie).
2. Vagalc. On i-éunit sous ce nom toutes les vanété» ^equarzqui sont deini-transpai'entes , compactes, et qui n'ont pas la cassure vitreuse, mais une cassure terne, ecailleuse ou i-oucboïdalc. Ces pierres sont un peu moins dures que le ciislaldc rodie, mais elles font encore fen .avecle briquet; elles ne se présentent jamais sous des formes régulières, mais presque toujours sous des fomiea poduluirci, en rognons isolés, en stalactites , en masses irrégulitres et mamelonnées, I,a série de leurs varîe'té.'i ^utse partager eu deus sections : )°. Les agale.t fints 'ou les calccdoines, qui ont une cassure semblable à celle d« la cire, une transparence nébuleuse, et des couleurs TÎves et yarîées : telfes sont la calcédoine bleuâtre ou CaVrfdoine proprement dite des lapidaires; la calcédoine rouge [ou la cornaline); Incaliédo'ria jaunc-oranice (oula sardoine); la calcédoine vert-pomine [ou la irj-soprase); la calcédoine vert-obscur, pouctaée de l'ouge (ou riiéliotrope); la calcédoine blanche et opaque (ou le cacliolong). Les agates fines sont susceptibles de recevoir un poli assez vil; on les emploie dans la bijouterie et dans l'art de la gravure sur pierre. Ces agates .fiontsouvent composées dcroucbesde difTéreutes couleursi lorsqu'elles sont taillées de manière à offrir lue série de bandes droites, à bord nettement trancbés, on leur donne le nom A'agates ruèannéesj quand )cg bandes sont curvilignes et concentriques, ce sont des agaUs onyx (fig. ^, pL. 4)' Quelques-unes montrent dans leur intérieur des dessins noirs ou rouges, qui présentent de petiUi arbrisseaux dépourvus de feuilles : ce sont les agaiei arhorisées ou dendriliquea (fig. 6, pi. 4 }■ 2"- Les agate) grossièrei ou les silex, qui sont moins transluçidesque les calcédoines, et dont la cassure est terne, ordinairement concholdale ou plate. Leurs couleurs ssnt ^noins TJves/ et le poli qu'elles reçoivent n'a jam«s l'ç-
chi
clat de celui des calcédoines. Les principales varielcs de silex sont :1e siUx pyromaque (ou la pierre à fusil), à cassure concbdidale et légèrement luisante , divisible en fragmens à bords tranchans, qui, frappés par l'acier, eu font jaillir de vives étincelles. 11 est communément noirgrisâtre ou de couleur blonde. On le trouve en rognons de diverses grosseurs, placés les uns à côté des autres , et formant des espèces de cordons ou de lits interrompus au milieu de la craie. — Le silex corné (ou la pierre de corne infusible), opacpie, à cassure presque plate, ayant an éclat semblable à celui de la corne. On le trouve pareillement en rognons dans des calcaires compactes de différens âges. — Le silex molaire (ou la pierre meulière), à cassure plate, à texture cellulaire , criblée de cavités irrëgulières que remplit en partie une argilj roogeâtre. IL appailient aux couches des dernières formatioDs et les plus superficielles. On Tobserve principalement aux environs de Paris, en bancs non continus, ou en blocs de dimensions variées, au milieu d'un dépôt argileux qui couronne presque tous les plateaux élevés. On l'emploie, lorsqu on peut le débiter en gros blocs cylindriques, pour faire des meules de moulins, et lorsqu'on ne l'obtient que sous forme de fragmens irréguliers , il sert pour la maçonnerie en moellons.
3. \je jaspe. Ce sont toutes les variétés de silex et de calcédoine qui, par suite d'un mélange mécanique, mais intime^ avec diverses matières terreuses colorantes, sont tout-à-fait opaques , ont une pâte fine avec une cassure terne ; et des couleurs plus ou moins vives, souvent variées dans le même échantillon , comme elles le sont dans les agates. Elles sont susceptibles de poli , et ou en fait dinerens objets d'ornement On trouve du jaspe en amas ou couches de peu d'épaisseur, principalement dans les terrains d'ancienne formation.
4. li'opale. Cette sous-espèce comprend toutes les variétés de silex qui renferment une certaine quantité d'eau, dont l'éclat est résineux , et qui sont fragiles au point de ue pouvoir faire feu sous le briquet , connue les autres quarz. On les appelle aussi quarz ou silex réâinites, à cause de leur éclat. Sa manière d'être ordinaire
&** PABTiK* l5
est de se présenter en stalactites ou en rognons , an milieu de roches argileuses, surtout celles qui proviennent des débris du terrain trach vtique remaniés par les eaux. Parnâ 1rs variétés d'opale on distingue Vopaie irisée^ à laquelle se rapporte spécialement le nom d'opale dans le langage des lapidaires. Elle se distingue par de beaux reflets d'iris, qui présentent les teintes les plus vives et les plus variées. — Vopaie miellée, ou opale de feu, qui offre un fond d'un rouge orangé, avec des reflets d'un rouge de feu. — Vopaie fydropkaney qui est blanche, poreuse, légèrement translucide, et qui acquiert un certain degré de transparence lorsqu on la plonge dans l'eau, et que ses vacuoles serenoplissent de ce liquide. — Vopaie commune, qui ne se fiit remarquer par aucuns reflets particuliers, et dont les couleurs varient à l'infini. C'est à l'opale commune que se rapporte la mérdlUe, que l'on trouve en plaaue ou en masses tuberculeuses aplaties, dans l'argile scJiisteuse de Ménilmontant, près de Paris.
Le corindon. Cette substance est de l'alumine pure et cristallisée : elle est infusible ; c'est le minéral le plus dur après le diamant. Les formes de ses cristaux se raj)porteut presque toutes au prisme hexaèdre ( fig. 2 , pi. 2 ) et à la double pyramide hexaèdre ( fiff . 5 , pi. 3 ). Le clivaf^e n'est facile que dans une partie des cristaux, et il a lieu parallèlement aux faces d'un rhomboïde ; dans les autres , il est à peine sensible.
On distingue quatre variétés principales de corindon ,
dont trois sont relatives à la structure, et la quatrième est
une variété de mélange : 1^ le corindon hyalin, qui est
transparent et à cassure vitreuse, incolore ou diversement
colore; 2° le corindon lamellcux (ou spath adamantin),
translucide ou opaque, à cassure îamelleuse, et divisible
en fragmens rhouiboïdaux ; 3° le corindon compacte , à
cassure terne ; 4° lecorindon grenu fer rifère, vulgairement
nommé cmcriL Le corindon hyalin comprend tous les
cristaux transparens , auxquels on donne le nom de
pierres orientales; ses couleurs sont vives et variées , et
vu sa grande dureté et l'intensité de son éclat , il fournit
au comms:rce de la joaillerie un grand nombre de pierres
fines, dont quelaaes - unes sont presque estimées à l'égal du diamant, lorsqu'elles jouissent de toute leur per-* lection. Les plus remarquables sont le corindon hyalin d'un rouge cramoisi (ou rubis oriental) ; le jaune pur (ou tùpaze orientale f qu'ù ne faut point confondre avec la topaze ordinaire) ; le bleu d'azur (ou saphir oriental) ; le violet pur (ou améthyste orientale) \ V astérie y ou corindon d'un bleu clair à reflets blauchâtres qui forment une espèce d'e'toile lorsque la pierre est taillée en cabochon. Le corindon hyalin n'a été trouve' jusqu'ici qu'en cristaux roulés dans les sables des anciennes aliuvions , principalement dans l'Inde ; on en a découvert en France, dans le ruisseau d'Expailly , près la ville du Puy en Velay, mais ils sont très-rares. Les corindons adamantins sont disséminés au milieu des granités et des micaschistes dans diverses parties de l'Inde, et aussi , mais plus rarement > en Europe , dans les Alpes du Saint-Gothard. Le corindon mêlé de fer. ouFémeril qui est de couleur rougeâtre ou gris bleuâtre , opaque et à cassure grenue , se trouve dans le micaschiste, en Saxe et dans l'île de JîBxos, en Grèce. On sait que sa poudre est d'un grand isage dans les arts , pour polir les métaux , les glaces et les pierres fines.
Lespinelle. Minéral d une dureté très-grande, presque j'gale à celle du corindon, et d'un éclat vitreux très-vif; iufusible, composé d'alumine et de magnésie. Une s'est offert qu'à l'état cristallin , et sous des formes dérivées de l'octaèdre rc'gulier ; on le trouve en cristaux ordinairement fort petits , dissémines soit dans les roches massives, soit dans les terrains meubles, comme la plupart des autres gemmes. Il fournit à la joaillerie deux variétés de pierre rouge ou de rubis , qu'on nomme rubis spinelle et rubis balais , et qui ne diffèrent entre elles que par le ton de leur couleur. Le rubis spinelle ( coloré par facide chrômique) est d'un rouge ponceau ; le rubis tal.iis est d'un rouge de rose intense ou d'un rouge violâtre faible, avec une teinte laiteuse. Le spinelle occupe im des premiers rangs parmi les pierres précieuses , à cause de sa grande dureté et de son vif éclat. Quand il ))èse au-delà de quatre karats (ou seize grains) ,. il vaut, dlt-ou j la moitié d'un diamant de même poids.
La topaze. Substance vitreuse , assez dure pour rayer le quarz, infusible, douée de la double réfractioii ; toujours cristallisée , et se clivant avec une netteté remar* ciuable dans une seule direction perpendiculaire à l'axe fies cristaux. L'éclat du plan de clivage est si vif , qu'il suffit pour faire reconnaître une topaze ; ses formes cristallines se rapportent aux prismes droits à base rhombe ou rectangle (fig. D, pi. 2). Elle est composée de silioe, d'acide fluorïque et d alumine. Les cristaux de topaze se présentent de deux manières dans la nature : ou implaivtés dans les cavités des roches massives granitoïdes , ou en morceaux roulés dans les alluvions anciennes , avec les substances précédentes. Ces cristaux sont ordinairement des prismes surchargés de stries longitudinales , et termÎBiés tantât par des sonmiets en coin ou en biseau ( topazes du Brésil et de Sibérie ), ou par des feures hori» zontales, entourées d'un anneau de facettes oblifjues (topazes de Saxe ). La topaze est quelquefois incolore et limpide, telle est cellç que les Portugais nomment ^tt/« eTeau , et que l'on trouve en morceaux roulés au Eb^il; elle a un éclat assez vif, quand elle est parfaite et taillée convenablement ; et Ton a même essayé plusieurs fois de la faire passer pour un diamant de qualité inférieure. Il y a des topazes d'un bleu céleste, qui ressemblent beaucoup aux aigues-marines ( voyez ci-après ) ; mais la couleur par excellence de la topaze est le jaune , qui varie depuis le jaune de paille (topaze de Saxe) jusqu'au jaune foncé ou jaune roussâtre (topaze du Brésil). On parvient à changer cette teinte roussâtre en un rose as6ez vif, en faisant chauffer les topazes dans un bain de sable ; on obtient ainsi ce que les lapidaires nomment des topazes brûlées Les topazes dont nous venons de parler ( qu'il ne faut pas confondre avec les corindons jaunes dits topazes orientales) , sont beaucoup trop communes pour avoir une grande valeur dans le commerce.
Vémeraude, Substance vitreuse, cristalline, plus dm-e que le quarz ^ et fusible en verre blanc au chalumeau; elle est composée essentiellement de silicû^ d'alumine et de glacyne. Elle cristallise en prismes hexaèdres réguiiers, et gît en cristaux implantés ou disséminés dans le»
rodiesdu terrain de micaschiste. £lle est tantôt d'un v^tI par, couleur due à Toxide de ciirônie (émcraude proprement dite, du Péi-ou et de l'Egypte ) ; tantôt d'un bleu verdâtre, ressemblant à la teinte de Teau de mer {aiguë-marine de Sibérie); tantôt jaune ou incolore (^<»- «/). Les émeraudes d'un vert pur sont très-estimées , et recherchées dans les arts d'ornement, pour le charme de leur couleur. Une des plus célèbres est celle qui orne le sommet de la tiare du souverain pontife : elle a 2 pouces de longueur sur i5 lignes de diamètre. On trouve en France , près de Limoges, des émerauilcs opaques (bérils) d'un volume considérable, mais elles n ont aucun prix aux veux des amateurs.
he ziroon. Ce minéral, composé de zirconc et de silice, est encore une substance dure, à cassure vitreuse, infusible, et qui s'offre toujours cristallisée ; ses cristaux, qui sont ei^ général d'un petit volume , se rapportent aux prismes et aux octaèdres à base caiTée (fig. G, pi. 2 ) Il a un éclat ordinairement gras , ou tirant sur celui du diamant; il possède la double réfraction à un très-haut degré; c'est de toutes les pierres précieuses celle qui a ki
Elus grande pesanteur spécifique. On le trouve , comme t plupart des gemmes, en cristaux disséminés dans les roches massives (les syénites, les basaltes ) ou dans les terrains meubles(sables de Ceylan ,d'Expailly enFrance) . Oh en distingue deux variétés principales : i** le zircou orangé-brunâtre (ou Y hyacinthe)^ dont la couleur se perd par 1 action du feu; 2° le zircon incolore, ou jaune-verdâtre(leyar^o/i). Les cristaux de zircon sont trop petits, pour qu'on en fasse un grand usage. Presque toutes les pierres qui cii culent dans le commerce sous le nom d^hracifukesj appartiennent à une espèce de grenat.
Le grêticu. Les pien*es qui portent ce nom sont composées de silice , d'alumine et d'une troisième base oui varie dans les grenats de couleur différente. Considérées sous le rapport de la composition chimique , elles forment donc plusieurs espèces , qui peuvent se mélanfifer dans la même masse ^ mais à la couleur près , tons les grenats ont la plus grande ressemblance extérieure 2 ils ont un aspect vitreux , et sont toujours cristallisés en dodécaèdres rhomboïdaux (fig. 6, pi. 1} ou en solides
grenat n
».natdc Bi ■ «rangé i )iont (lU:
fCristallis grenals
trap^zoïdatu à 24 faces ( Kg. 10. ) Ib ont la rerraction simple , sont tous fusibles en email , et assez durs pour rayer le quarz. Il y a des gi-enats vevl&{grosiulairesj, des grenatsbruns et opaques, des grenats noirs {mélamies); mais les grenats les plus communs sont rouges , et plus ou moins transparens. On distingue parmi ceux-ci : le grenat rouge de feu ou de coquelicot (le pyrope ou grenatdc Bohême) ; le grenat d'un rouge-violet ou pourpré f<*Val7^Sndin , le grenat noble ou syrien ) ; le grenat rouge- " «rangé (la vermeille ou grenat hyacinthe). Les grenats iont disséminés en abondance dans plusieurs rodies de 'fCristallisalion , et surtout dans les gneiss et les uiica- ^:hisie3: onea trouve aussi dans des tufs volcaniques. Les grenats syriens et vermeils sont assez eslimi^s dans le }mmei-i:e,mais tous lesautres grenats ont en général peu e valeur : ces grenats communs se taillent en perles , en cabochons , en grains à facettes, que l'on perce pour en faire des colliers et des bracelets.
La tourmaline. Substance à cassure vitreuse , fusible avecplusou moins de difficulté, d'une duretéà peine supérieure à celle du quarz, très électriquepar la chaleur; se présentant toujours cristaliisce, et le plus souvent disséminée en cristaux prïsmatiques ou cvlindroïdes ivès-MIonges , dans les roches de la période primitive (cranite, gneiss et {micaschiste ). Ces cristaux dérivent d un rltamboïde, iu n'offrent aucun clivage bien apparent ; ce qui les rend remarquables , c'est la propriété qu'ils ont de s'électriser fortement par l'action de la rha- Lëur , et d'acquérir des pôles de vertu contraire ( voyez pa^e 1 66 ) . Ce sont des sdicales doubles, qui renferment une petite quantité d'acide borique , et qui sont colorés diversement par les oxides de fer et de manganèse. On distingue des tourmalines brunes ou noirAtres (schorls)) des tourmalines transparentes , d'un vert sombre {émeraudes du Brésil) , des tourmalines d'un bleu-indigo ( indicolithes ) , de tounoaliiws d'un rouge violet ( rabellites). Cette dernière exceptée, les tourmalines ontpeu de valeur, k cause de leur peu de dureté et de leur faible éclat.
La turquoise. C'est une pierre opaque et compacte, d'un bleu céleste ou d'un vert céladon , colorée par
Toxlde de cuivre ; elle est moÎL^î dure que le quaiz. On doit distinguer deux sortes de turquoise : la turquoise dite de vieille roche ou orientale , qui est une véritable pierre, c'est la plus recherchée dans le commerce; et la turquoise de la noui^elle roche ou occidentale : cette dernière n*est autre chose qu'un os fossile, péuétre' de phosphate de fer. Les turquoises ont une teinte assez agréai)le : on les taille en cabochon, et on les monte avec un entourage de diamans ou de rubis.
Le lapis {lazuli ou lazulile). C'est une pierre d'un bleu d'azur, opaque, à cassure mate et à grain fin, fusible et soluble en gelce dans les acides , on en retire , par l'analyse, de la silice, de l'alumine et de la soude. Elle est souvent enlremélëe de veines blanches de quarz, de feldspath ou de calcaire, et de veines jaunes de pyrite (fer sulfuré). Cette substance est rare : on la trouve en veines dans le granité et autres roches du sol primordial. Le lapis d un bleu vif et exempt de taches est recherché par les artistes , qui le travaillent en forme de plaques ; mais le principal usage de cette pierre est de lournir à la peinture cette belle couleur bleue , connue sous le nom d* outremer , qui produit de si grands effets sur la toile, et qui est presque inaltérable.
Feldspath. Nous avons déjà donné les caractères de cette espèce (voyez pag. 217). On dislingue parmi ses vaiîétés: \q feldspath aaulaire, qui est transparent et incolore; \e feldspath nacré (ou la pierre de lune), offrant des reflets d'un blanc nacré, qui flottent dans l'intérieur de la pierre lorsqu'on la fait mouvoir ; \e feldspath pétunzé^^ qui est blanc et opaque, \e feldspath vitreux ^ en cristaux minces et fendillés, dans les roches volcaniques ; le feldspath t^ert (ou la pierre des Amazones); le feldspath opalin (ou la pierre de Labrador), d'un gris sombre, avec des reflets presque aussi brillans que ceux de l'opale, ordinairement de deux couleurs , Lieue et verte, et quelquefois d'un jaune d'or. — Parmi les variétés compactes ou terreuses, on distingue le yi'/^j/^a/A décomposé (ouïe kaolin), terreux, blanc, friable et doux
* Cest le nom qne lui donnent les Chinois , qui Teraplcuent dan» la Êibrication de la porcelaine.
au toucher, faisant difficilement pâte avec l'eau. U pro* Tient de la décomposition d'une roche formée de feldspath laminaire et ae grains de quarz. Par suite de cette altération, le feldspaiLi, qui est naturellement fusible, est devenu réfractaire, c'est-à-dire qu'il a la propriété' de résister ^ un feu très-violent. En mêlant au kaolin infusible une certaine auaiitité de pétunzé, qui est un feldspath fusible, on obtient un mélange qui n'éprouve un commencement de fusion qu'à une très-haute température, et qui donne, après le refroidissement ,^ une masse douée tout à la fois d'une grande consistance et d*un certain degré de translucidité : c*est la porcelaine. Le kaolin fait, comme l'on voit, le fond de la pâte de porcelaine, avec le pétun^, qui lui sert de fondant. Les vases travaillés avec cette pâte sont en outre recouverts d'un vernis, qui est une sorte d'émail blanc produit par le pétunzé seul ; ainsi , c'est uniquement le feldspath, mais dans deux états di£Férens, oui constitue la porcelaine. — Le/eldspaih tenace (ou le jade de Saussure), compacte et très-îdifficile à briser. — Le feldspcuh com^ pacle mélangé (oulepétrosilex), à cassure écailleuseou cireuse, ayant tout-à-fait Taspect de certains silex, dont il se distingue par sa fiTsiblité. Cette variélé forme, ainsi que le feldspath laminaire, la base d'un très-grand nombre de roches.
Micas, (Voyez leurs caractèrespag.219) — Parmi leurs variétés , on distingue le mica foliacé en grandes feuilles transparentes , dont on s'est servi en Russie pour remplacer le verre à vitre , ce qui l'a fait nommer ^erre de Moscoi^ie, Le mica lamelliforme on pulç^érulent , en petites paillettes brillantes , disséminées dans les roches solides ou dans les sables ; ces paillettes ont fréquemment un éclat métalloïde , jointe à la couleur blanche de l'argent ou jaune d'or, ce qui les fait prendre pour des parcelles de ces métaux par les personnes qui ne jugent que sur l'apparence. Lti poudre ^or^ ou poudre pour l'ëcriture, n'est antre chose que du mica que l'on a extrait des sables micacés par le lavage , et dont on se sert pour empêcher l'écriture de s'effacer. Le mica est très-répandu dans la nature : on le rencontre depuis les terrains les plus profonds ou les plus inférieurs ( ceux de granité) ,
jusque dans les couches sableuses des déftôts les plus superficiels. Il fait partie essentielle de beaucoup de roches; et c'est à son abondance dans quelques-unes , et à sa disposition par feuillets ou par couches planes , qu'elles doivent leur structure schisteuse.
Talc. (Voyez pag. 219) Les variétés principales de cette espèce sont : le talc laminaire , blanc ou verdâtre , divisible en lames minces ; le talc écailleux ( ou la craie de Briançon), légèrement nacre', et divisible par écailles ; les tailleurs s en servent pour tracer leur coupe sur le drap; et il est la base de certains crayons dits de pastel. Réduit en poudre impalpable, on l'emploie pour préparer le fard cjui sert à la toilette des dames , pour diminuer le frottement des machines , faciliter l'entrée des pieds dans les bottes neuves, et pour donner un brillant nacré aux papiers de tenture. Le talc stéatite (ou la pierre de lard) , compacte , à cassure écailleuse, tendre , et se laissant couper à la manière du savon ; S4 couleur varie du blanc au vert et au rouge. On peut fffpporter à cette variété la matière de la plupart de ces figures grotesques qui nous viennent de la Chine sous le nom de magots.
Amphiboles. (Voyez pag. 220.) On rapporte à l'espèce trémolite une partie de ces substances filamenteuses , connues vulgairement sous Xenomà^ amianteovL àHasbeste ; elles ont de tous temps attiré l'attention par leur grand<^ flexibilité > qui est souvent telle que la masse est aussi souple que de l'étoupe de lin ou de soie , et par leur incombustibilité qui les distingue éminemment de ces matières organiques avec lesquelles elle a de la ressemblance. Ces substances filamenteuses n'appartiennent pas à une espèce unique , comme on le pensait autrefois. Les mots à^ amiante ou à*asbeste ne servent donc plus aujourd'hui qu'à désigner une manière d'être , une certaine forme, qui peut convenir à différens minéraux, et oui se rencontre en effet dans la diallage , le talc stéatite, 1 amphibole^ lepyroxène,etc. L*amianteleplus recherché est une substance blanche ou grise, en filamens soyeux , longs et flexibles , susceptibles de se filer à la manière du chanvre et du coton , sinon seuls , au moins brsqu'on les mêle à une petite quantité de ces matières
T^étales^ que Van fait dUparailre ensaitâ en les brûlant. L'amiante résiste à la flumme de nos loyers ; niais il fond, quand ou l'expose à l'action d'un feu iilus intense , celui du chalumeau, par exemple. Ainsi, les tissus que l'on pourrait travailler avec cette sub^ance ne seraient pas aussi indestructibles qu'on l'avait cru jadis. Les anciens ont connu l'amiante qu'ils prenaient pour une sorte de lin incombastible : ils connaissaient l'art de filer et tisser cette pierre, ils en faisaient des draps et des linceuls, dans lesquels on enveloppait les coi-ps des . personnages dont on voulait ifecueillir les cendres , sans . qu'elles se mêlassent à celles du bûcher. Le mot asbcste , qui signifie c)teir/i/i^ii&^, rappelle un autre usage auquel les anciens l'employaient : ils avaient des lampes dites perpétuelles , qui étaient alimentées par une source de Litume, et qui brûlaient à l'aide d'une mèche d'amiante. On a tenté de nos jours de &ire avec les filamens d'asbeste mk papier qui fût à l'abri des atteintes du feu ; mais tous les tissus de cette sorte, quoique bien réellement incombustibles, n'en sont pas moins attaquables Ear un feu violent , qui peut les fondre , et les vitvifîer. l'amiante tapisse de ses filamens les fissures de certaines roches magnésiennes : le plus beau que Ton connaisse est celui di'S montagnes de la Taren taise en Savoie, et de l'île de Corse.
Calcaire. (Voy. pag. 224 les caractères de cette espèce). Elle estsi féconde en variétés, qu'elle pourrait nous otFrir des exemples de toutes celles que nous avons distinguées dans l'étude générale que nous avons faite des caractères extérieurs des minéraux. Nous nous boruerons à mentionner ici celles qui nous paraissent avoir le plus d'importance, en les rangeant sous deux divisions , les variétés de forme et les variétés de structure.
i®. f^ariétés de firmes. Le calcaire en stalactites, Voy, pag. 145, lamanièredont se forment ces dépôts de couches successives. On y rapporte les stalagmites , qui sont des masses aplaties,mamelonnées, composées de couches qui s*étendent par ondulations , etdontla couleur varie entre le blanc jaunâtre , le jaune de miel et le brun rougeâtre C'est cette variétéqui fournit l'albâtre calcaire ou albâtre
oriental, qu'il ne faut point confondre avec celui que Ton prend si souvent pour terme de comparaison , lorsqu'on Teut désigner la blancheur. Ce dernier est un albâtre gypseux. L'albâtre calcaire a une cassure striée , et il est assez dur pour myer le niarbi;/e blanc. Le bel aU)âtre oriental , si recherche des anciens , est un albâtre uni y d'un blanc légèrement laiteux , et d'une belle demitransparence. Tel est celui dont est faite la statue égyptienne que possède le Musée royal. Il existe à Montmartre , près de Paris , un albâtre veiné , qui offre des couches d'une couleur brune entremêlée de veines d'un blanc sale. ^ Le calcaire coralloïde {i^ojrez pag. i^S). Le calcaire mcrz^^/on/, recouvrant différens coips organiques , tel que des branches ou des feuilles d'arbres. 11 existe beaucoup de sources dont les eaux sont douées de la vertu d'incruster tous les corps qu'elles rencontrent au moment où elles sortent de terre. On en a un exemple auprès de Paris ^ dans les eaux de l'aqueduc d'Arcueil , dont les tuyaux s'engorgent en très-peu de temps. Les eaux des bains de Tivoli , près de Rome , et de Saint- Philippe , en Toscane > jouissent de la même propriété. On a cnerché à en tirer parti dans l'intérêt des arts , en forçant ces eaux à déposer leur sédiment dans des moules creux , dont il prend et garde l'empreinte. On peut obtenir ainsi de petits bas-reliefs aussi nets que si on les avait sculptés sur le marbre. Ces mêmes eaux recouvrent le sol sur lequel elles se répandent d'im sédiment poreux , plus ou moins grossier , auquel on donne le nom de tuf calcaire. On connaît de ces tufs en masses considérables , dont la matière est compacte et homogène : tel est le trat^ertîn des carrières de Tivoli , qui a servi à la construction des monumens de Rome. Mais la plupart des tufs ont le grain grossier , et leur substance est souvent mélangée de parties étrangères, telles que des débris de coquilles et de végétaux .r— Le calcaire pseudomorphique , dont les formes sont originaires de corps organiques, principalement de coquilles.
2® Variélés de structure ou en masses : le calcaire fi-hreux à fibres droites et soyeuses. Cette variété assez rare est travaillée en Angleterre pour en faire des bijoux, auxquels on donne une forme arrondie ^ c(ui faLclUte W
développement des reflets satinés de la pierre. —Le calcaire lamellaire oii sacchcurolde , à cassare briUanie. C'est à cette variété que se rapportent le marbre ^ statuaire des anciens, dit de Paras , et le marbre statuaire des modernes , dit de Carrare. Ce dernier a le grain semblable i celui du sucre ; il se tire des carrières de Carrare » sur la côte de Gènes. Il en existe aussi en France , dana les Pyrénées . On n'emploie dans la sculpture que des marhhes blancs et unis ; mais il est des calcaires saccbaroïdes qui sont veinés de talc verdâtre (le marbre cipolin) , ou qui sont entièrement colorés, comme le bleu lurquin^
Îni est d'un bleu grisâtre. On emploie celui-ci pour faire es dessus de tables et des revêtemens de consoles , le premier sert principalement à faire des colonnes. — Le calcaire compacte^ a grain fin et à cassure terne , colore diversement par des mélanges mécaniques. C'est celui dont ont fait l'emploi le plus habituel sous le nom de marbre. H en est un grand nombre de variétés dont nous rappellerons ici les plus connues. Parmi les marbres unis, ou d'une seule couleur, le jaune antique elle Jaune de Sienne, d'une teinte foncée > sans veines ni taches (les colonnes intérieures du Panthéon de Rome appartiennent à ces variétés); le rouge antique , d'un rouge de sang : tel est celui des deux sièges antiques que l'on volt au Musée royal ; les marbres noirs de JDinant et de Namur , que Ton emploie au carrelage des églises. Parmi les marbres veinés et tachetés : le portor, dont les veines sont jaunes sur un fond noir; le marbre de Languedec, rouge et blanc , des carrières de Cannes , prèsNarbonne (les colonnes qui décorent l'arc du Carrousel , à Paris, sont de ce marbre); la griotte , d'un brun foncé , avec des taches d'un rouge rembruni , semblable à celui de la cerise griotte ; venant également des carrières de Cannes (la plate-bande deVarcdu Carrousel eu est formée) ; le ceri^elas , d'un rouge foncé , veiné de gris et tadié de blanc ; le marbre Campan , que l'on exploite dans la vallée de ce nom, près de Bagnèrcs , etcpii offre
' Le mot marbre désigne en général toutes les pierres calcaires à grains fins, qni sont poUssables , et qae Ton peut employer dans la décoration et Taifienblement des édifices.
un fond rouge veiné de vert ; le marbre Sainie^Anne , dont le fond noirâtre est veioë de gris et de blanc ; c'est un des plus communs et des moins chers ; il vient des frontières de la Belgique. Parmi lesmaibreslumacheUes
• ou coquillers , c'est-à-dire ceux qui sont compose's en tout ou en partie de débris de coquilles ou de madrépores : les lumacLeUes grise et noirâtre, de Narbonne et de la Bourgogne; la lumachelle jaune , dite à'Astrchcm, et qui vient des bords du Gange; le petit granité^ (lent le fond noir est semé de petites taches grises , rondes ouétoilées , et qui sont des fragmens d'encrines; c'est un des marbres que Ton emploie le plus fréquemment à Paris; il s'exploite dans les environs de Mons. On appelle marbres brèches ceux qui sont composés de fraigmeus anguleux de diverses couleurs , réunis par une pâte calcaire d'une teinte différente. Quand les fragmens sont tiès-petits , ces marbres prennent le nom de brocalelles. Les fausses brèches sont des marbres veinés , qui ont l'apparence de brèches , ou qui semblent être composés de fragmens , par suite de la manière dont les veines s'entrelacent. — Le calcaire compacte jaunâtre (ou la pierre lithographique) , à cassure lisse , et à ffrain très-serré; susceptible de poli : on l'emploie dans la lithographie , nouvel art qui consiste à remplacer les planches de cuivre dont se servent les graveurs, par des pierres polies sur lesquelles on trace, avec un crayon gras, les dessins que Ton veut multiplier. Les meilleures
.pierres lithographiques viennent de Bavière ; mais on en trouve d'assez bonnes en France , à Ghâteauroux. — Le calcaire oolithigue, en grandes masses, composées de globules, assez gros communément, et quelquefois très-fins. — Le calcaire crayeux ou la craie, quelquefois sablonneuse et grisâtre, souvent blanche et trèsfiiable, laissant des traces de son passage sur les corps durs. Triturée et délayée avec de l'eau, elle fournit une pâte dont on fait le blanc (T Espagne, — Le calcaire marneux , ou mélangé d'argile : c'est à cette variété quel'on rapporte la pierre de Florence (le marbre ruiniforme),à fond gris jaunâtre , marqué de lignes brunes. Ces lignes, dues à des infiltrations qui ont rempli des fissures planes ist croisées dans tous les sens -, forment des dessins an-
guleux , qui, vus à une certaine distance 9 ressemblent à des ruines d'édiBces. — Le calcaire grossier, "plu ou moins mélaugé de sable (la pierre à chaux commune et la pierre à bâtir des Parisiens) , d'un jaune ou d^un blanc sale ,à grain grossier, et-non susceptible de poli. Elle est très-commune aux environs de Paris , où elle se fait rt^marqner par la grande quantité de coquilles du genre cériihe qu'elle renferme, un l'emploie principalement comme pierre de taille ; mais elle sei*t aussi à l'extraction de ta chaux , avec la craie , le marbre et les autres variétés de calcaire.
Pour convertir ces pierres en chaux vive, il n'est besoin que de les cuire ouïes chauffer fortement dans des fours, ce que l'on appelle calciner la pierre. Par là on les dépouille de leur acide carbonique, et on les change en une substance pâteuse qui est la base de tous les mortiers ou bétons t dont on se sert pour unir et solidifier les matériaux des édifices. Les pierres calcaires donnent, selon leur degré de pure té, des chaux de qualités diverses, parmi lesquelles on dislingue hi chaux grasse, qui est très-blanche, absorbe beaucoup d'eau lorsqu'on 1 éteint, et demande beaucoup de sable pour la coiifcction du mortier, la chaux maigre, qui demande peu d'eau et porte peu de sable ; la chaux hydraulique , qui a la propriété de durcir sous l'eau , sans mélange de ciment. C'est celle-ci que l'on emploie pour les fondations humides et tous les ouvrages de maçonnerie qui doivent être submergés.
On trouve aux environs de Paris, dans la foret tle Fontainebleau , des cristaux calcaires qui se sont formés au milieu du sable, en entrahiant dans leur masse des particules siliceuses: Ces particules sont quelquefois si abondantes , qu'elles donnent à ces cristaux l'apparence du grès commun : aussi sont-ils connus sous le nom fort impropre de grès cristallisés de Fontainebleau,
Fluor {spat/ijluor, hydrojluate de chaux) . C'est une pierre à cassure vitreuse, plus tendre que le quarz et plus dure que le calcaire, cristallisant ordiiiairement en cube , et remarquable pir la diversité des teintes dont ses cristaux sont ornés. Elle se clive avec la plus grande netteté dans quatre sens dilTévcns ; parallèles aux faces
d^on octaèdre rtfgulier; elle est attacfuee par Tacido salfurîqae, qui en dégage une vapeur / acide fluorique ) capable de corroder le verre. Cette substance fait partie <ies matières pierreuses qui accompagneot dans les filons les minerais métaUiques ; elle se rencontre frequeiniuent dans les mines de plomb. Une des variétés les plus recbercliées est celle que l'on trouve en AngleteiTe , et qui est composée , comme les albâtres , de couches buccessives, alternativement blanches et violettes : on en fait des vases et des plaques de différentes formes.
Gj-pse (ou pierre à plâtre) . (V. p. 226) Parmi ses variétés, ondistingue : le gypse soyeux , dont le tissu imite celui «leîa plus belle soie. Cette variété ressemble beaucoup au calcaire fibreux que Ton travaille en Angleterre ; mais tlleest moins dure. — Le gypse leniiculaire ^ en cristaux altérés par des arrondisseniens et présentant la forme de Wtilles. Souvent deux lentilles sont accolées Tune à l'autre , de manière qu elles semblent se pénétrer en partie. Les fragmens que l'on détache de ces doubles kntilles par le clivage ou parle choc , ressemblent à un ♦^oin échancré à sa base ; on leur donne le nom de ^rpse en fer de lance. Ces lentilles sont communes ^ Montmartre — Le gypse compacte (ou Talbàtre fî.vpseux) ; qu'il ne faut point confondre avec le vérit 'ble albâtre , qui est une variété de calcaire. C'est au gypse compacte que se rapporte l'expression proverbiale , blanc comme Valbâlrei Celui que l'on trouve *^n Toscane est translucide et d'un blanc de lait : tout le inonde a vu les vases, les pendules, les statues dont il fournit la matière. Il existe à Logny , auprès de Paris , im albâtre veiné, d'un blanc jaimâtre, que Ton exploite avec avantage. On en fait aussi des pendules, des socles , tles revêtemens de cheminée. — Le gypse grossier (ou la pierre à plâtre), compose de grains lamelleux, jaunâtre <jU d'un blanc sale : tel est celui dont se compose eu grande paitie la colline de Montmartre , auprès de Palis. Ce gypse est mêlé d'une certaine proportion de calcaire, qui donne plus de solidité au plâtre que l'on en retire par la cuisson. Le plâtre n'est autre chose que (iu gypse cuiiet réduit en poudre. Ce gypse ayant perdu
toute Teau qu'il contenait, absorbe rhumidité avec une grande avidité ; et lorsau'on le gâche avec de l'eau», il se
{irend en une niasse solide. Tout le monde connaît 'usage que l'on fait du plâtre pour sceller les ferrures dans la pierre , pour enduire l'extérieur des maisons , pour faire les plafonds et les corniches 9 pour mouler les statues , etc. On s'en sert aussi pour amender les terres. En le mêlant avec de l'eau et de la colle-forte , on en forme une pâte qui prend une grande consistance« et que l'on nomme du stuc. Ce stuc pouvant se colorer à volonté , et recevoir un beau poli, s'emploie avec succès dans toutes les -constructions ou il s'agit d'imiter le marbre.
Sel gemme , sel marin : substance soluble dans l'eau , d'une saveur salée connue de tout le monde,ordinairenieDt blanclie , Umpide ou translucide , avaAt une structurelaminaire qui donne des fragmens cubiques,, et
Suekiuefpis une texture grenue ou fibreuse Qn la trouve ans la nature sous deux états différens ; dans les eaux de la mer et des sources salées , dont on la retire par l'évaporation naturelle ou artificielle ; et en l>ancs ou amas plus ou moins considérables au milieu des argiles salifères. La plus grande partie du sel que Ion consomme en France vient de la mer et des sources salées; mais on a découvert il y a quelques années à Vie , département de la Meurthe, une mine de sel gemme qui paraît devoir être très-productive. Les salines les plus remarquables que l'on connaisse sont celles de Wieliczka, en Pologne, si célèbres par les relations qu'en ont données les voyageurs. Elles forment un ensemble de près de 2,5oo mètres de long, sur 1000 de large, et plus de 200 de profondeur.
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