‹ Précis élémentaire d'histoire naturelleChapitre 38 sur 89 · DE LA CLASSIFICATION DES VÉGÉTAUX · texte numérisé non relu

DE LA CLASSIFICATION DES VÉGÉTAUX

Nous avons fait remarquer ailleurs ' l'utihté des méthodes de classification dans toutes les parties de l'his-

toire natarelle. C'est surtout en botanioue , où le nombre des espèces connues s'élève à plus de do,ooo, que Ton a senti là nécessité de mettre de La précision dans les noms de cette multitude d'objets difiérens ; de rapprocher les uns des antres ceux qui avaient le plus de ressonblance , et d'en former des groupes , afin de i-endre leur comparaison plus facile ; d'assigner à cbacun de ces groupes des caractères qui aidassent à le reconnaître , et de les disposer dans un ordre tel , qu'on put aisément les retroaver au besoin. Telle est l'origine des classifications , qui réunissent ordinairement un double avantage : celui ae tracer à notre esprit une méthode ou une route pour le conduire à la connaissance du nom et des propriétés d'oa T^étal quelconque , et celui d'o£frir un système ou un ordre de distribution pour tous les végétaux , qui fasse connaître plus ou moins complètement leurs rapports naturels , c'est-à-dire leurs analogies et leurs différences.

n j a dans toute classification botanique trois choses à distinguer : i° la formation des groupes fondamentaux , appelei espèces^ genres^ variétés^ d'après des principes qui sont assez fixes et assez généralement admis par les naturalistes , en sorte que toutes les classifications sont à peu près d'accord en ce point ; 2® l'emploi de certains caractères , pour former des associations d'un degré plus élevé , comme celles que l'on nomme ordres ^familles et classes : c'est en cela surtout que diffèrent les classifications proposées dont le mode varie selon le choix et la combinaison des caractères qui leur servent de base; 3® la nomenclature , ou Tensemble des dénominations adoptées pour désigner les plantes , et établies d'après certaines règles de convention.

En comparant les végétaux les uns avec les autres , on s'est aperçu qu'un certain nombre offraient des caractères presque entièrement semblables , et jouissaient de la propriété de se reproduire avec ces mêmes caractères. Chacun de ces végétaux a fonné ce que l'on appelle un individu , et la réunion de tous les individus semblables a été considérée comme un être collectif qu'on a nommé espèce. IJ espèce est donc la collection de tous les individus qui se ressemblent plus entre eux qu'ils ne ressemblent à tous les autres , et qui peuvent par une féconda-

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tt<rt lÀ^iroqne reprodaîre de nouveaux individus fertiles et semblables à uu\, de telle sorte qu'on peut par an^ k>gie les supposer tous sortis originairement d'ut seul individu. Les individus composant une espèce peuvent offrir quelques dîlTifrencei de grandeur, de coloration, d'odeur, etc.; et tous ceux qui présentent la même modification peuvent êti'e compris sous le nom de variété. Ces luodi fi calions de l'espèce sont dues à l'influence des circonstances exléiieures, telles que le cliangement de soi et climat, et à Vhyirùlité, c'est-à-dire au croisement des races. Elles diffèrent des espèces proprement dites t en ce que, clans IVtat de nature , elles ne ee reproduisent

Etat de graines avec tous leurs caractères. En comparant i espèces entre elles , on a vu que certaines se ressemblaient beaucoup par tout l'ensemble de leur structure , sans jamais cependant ponvoir se changer l'une dans l'autre. On a fait de la réunion de ces espèces semblables une nouvelle association qui a e'té désignée par le non! m ie genre; le genre est donc la collection des espèces qui nmt entre elles une ressemblance frappante dans l'ensem- ~Wede leui's organes. C'est surtout dans les organes delà fru et ill cation que se trouve marquce au plus haut point la ressemblance des espèces d'un même genre : les caractères qui servent à les distinguer entre elles sont en Îénéral tirés des oi'ganes de la végétation « c'est-àr-dire es feuilles , de la tige et des racines. Les principes de nomenclature universellement admis en botanique sont ceux que le célèbre Linnée a établis le premier) et qui consistent à composer le nom d'une plante de deux mots, l'un substantif et l'autre adjectif. S'il avait fallu avoir un nom distinct pour chaque végétal, le nombi-e en eût été prodigieux. Linnée eut l'heureuse idée de ne désigner par des noms substantifs que les genres , beaucoup moins nombreux que les espèces i ces noms substantifs ,' communs à toutes les espèces d'un genre, et analogues en quelque sorte à nos noms de famille, furent appelés noms génériques; tel est celui de renoncnh , que Ton applique à un grand nombre d'espèces différentes. £t pour avoir une dcnominatioî) qui fût propre à chacune des espèces du genre , Linnée n'eut besoin (;tie d 'ajouter au nom générique une ëpilliète qui

indiquât quelque particularité de Fespèce. Cest aitisi qu'il eut dans le genre renoncule les espèces renoncule bulbeuse^ renoncule acre y renoncule aquatique y etc. Ces adjèctifb qui variaient d'une espèce à l'autre dans le même

genre, et qui étaient analogues à nos noms de baptême , L les appela noms spécifiques. Par cette ingénieuse combinaison, le nombre immense des noms de plantes se trouva réduit à un terme peu considérable , eu égard au nombre des espèces. Aujourd'hui deux mille noms de genre, et une quantité de noms spécifiques beaucoup moindre, suffisent pour désigner les cinquante ou soixante mille végétaux connus. Il faut remarquer que les noms d'espèces , oui sont toujours des adjectifs , peuvent être employés plusieurs fois, non dans un même genre, mais oans des genres différens , puisqu'ils sont joints à des substantifs dont ils ne font qu'indiquer une qualification.

De même qu'en gioupant ensemble les espèces qui ont entre elles une analogie marquée on en a fait deis genres , de même , en réunissant ensemble les genres qui se ressemblent beaucoup , et qui sont liés par des caractères communs , on en compose des tribus nouvelles appelées ordres ou familles , et qui ne sont autre chose que de grands genres. Les ordres, groupés ensuite d'après un caractère plus général , forment les classes ^ qui sont les divisions tes plus élevées du règne végétal. Ainsi , dans toute classification botanique on distingue de grandes divisions appelées classes , dont chacune est subdivisée en groupes plus petits appelés ordres ovl familles; chaque ordre est composé d'un certain nombre de groupes encore plus petits , que l'on appelle genres ^ chaque genre se partage à son tour en espèces; et ces • deiiiières ne contiennent plus que des individus ou des variétés. Mais quoique soumises à cette marche commune , et s'accordant même en général dans l'établissement des genres et des espèces , les classifications en botanique peuvent différer beaucoup , selon les principes suivis dans la formation des divisions supérieures. On peut en effet établir ces divisions d'après aes caractères tirés d'un seul organe ou d'un petit nombre d'organes , en négligeant tous les autres ; ou bien on peut les établir d'après les caractères

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fottrnts par l'i'nsemblc de L'organisation éludiéc dans tous ses déutils. Aussi, l'on connaît auiourd'liui en bo- Unique nu asser.bon nombre de inétlioacs, que l'on peut rapporter aux U-ois sortes suivantes t

1°. Les méthodes analj-Ci/jaes ou dic/ioiomirjues , qui ne remplissent que l'un des dcus buis de toute classificalioDjceliiidefairearriveraisémentaunoind'uneplante; telle est la méthnrk de Lamarck.

2". Les méthodes artificieUes , qui participent «également dugystëmeet delà mctliode, mais auxquels on s'accorde assez généralement ik donner le nom spécial de systèmf!. Us ont pour principal but de faire trouver avec plus ou moins de facilite le nom des êtres qu'ils comprennent; en même temps ils nous font connaître quelques-ans de leurs rapports, mais seulement lorsqu'on envisage cts êtres sous un point de vue particulier. Ce qui caractérise un pareil système , c'est que les caractères des classes sont tirés tous des modifications d'un seul organe ; \.A est le système connu sous le nom de méthode de Tournefart, qui est basé principalement sur la considération des différentes formes de la corolle ', et tel est encore le JjiiC'inc de Linnéc ^ dont les classes sont établies sur des caractères empruntés uniquement des etamines.

3°. Les méthodes naturelles, qui ont pour principal but de faire connaître les vrais rapports des végétaux , et auxquelles on donne communément le nom spécial de méthodes^. Leurs divisions ne sont point établies d'après la considération d'un seul organe ; mais les caractères offerts par toutes les parties des plantes concourent à les former. Aussi les plantes qui sont ainsi rapprochées sont-elles disposées de manière qu'elles ont avec celle qui les prccècle ou qui les suit immédiatement , plus de

'Cette mélbode comprend vingt' deux classes, dont 1» caTactcrei sont tii'és de la consistance cl de la grandenr de la tige , de la présence on de l'absence de la corolle, de , l'isolement des OearsoD de lenr rénnion dans an m^me in*o]ncre , de l'intégrité on de la dîvision delà corolle, de sa régalaritéûo do son îrrégnlarifé.

' On devrait p]al6t leur donner le nom Ae système naturel. Celni de oie.'Aorfe conviendrait mieux aai cUsaificaliona qui n'ont d'antre objet qae de tracer noe ronte pour arriver promptcment an Eom d'nne plante.

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rapport qu'avec aucune autre. On sent bien qu'il ne peut y avoir en ce senre qu'une seule- méthode parfaite pour chaque branche de l'histoire naturelle : mais ^ comme nous l'avons déjà fait remarquer ailleurs, cette méthode est l'idéal auquel tendent tous les efforts des naturalistes, et les classifications proposées par eux doivent offrir des différences et des variations continuelles , puisque ce ne sont que des essais qui se perfectionnent à chaque pas que fait la science. Aux classifications de ce genre appailienC celle qui est connue sous le nom de méthode fie Jussieu , parce qu'on la doil aux deux célèbres botanistes , Bernard de Jussieu , et Antoine Laurent de Jussieu , son neveu.

Nous nous bornerons à faire connaître ici d'une manière générale les trois classifications les plus importantes et le plus en vogue aujourd'hui : ce sont celles de Lamarck , de Linnée et de Jussieu.

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