‹ Précis élémentaire d'histoire naturelleChapitre 4 sur 89 · PARTIS · texte numérisé non relu

PARTIS

Acide carbonique.

h^ acide carbonique est un gaz incolore d'une saveur aigrelette*et d'une odeur légèrement piquante. Il ne peut servir à la combustion , et il asphyxie promptement les animaux qui le respirent j comme il est plus pesant que Tair , on peut le transvaser à la manière ae Teàu ; et lorsrgu'il séjourne dans une cavité conjointement av^c le fluide atmosphérique , il en occupe toujours la partie inférieure. Il existe tout formé dans l'atmosphère et dans quelques cavités souterraines; il est dissous dans certaines eaux minérales , telles que les eaux de Seltz , par exemple; il se produit dans les lieux où il y a des matières végétales en fermentation , comme dans les cuves des vignerons , des brasseurs ; c'est à l'acide carbonique ouifs la Dière , le cidre et quelques vins doivent leur qualiié mousseuse ; enfin ce gaz se trouve dans la nature combiné avec différentes terres, principalement avec la chaux . Aussi peut-on l'extraire des pierres caleaires, soit en calcinant celles-ci , c'est-à-dire en les chauffant fortement pour les réduire à l'état de chaux vive , soit en les traitant par l'acide sulfuriquè , qui s'empare de la chaux et met en liberté le gàz carbonique. Celui-ci se dégage eq produisant une vive effervescence.

Azote.

h* azote est un gaz sans couleur , sans odeur ni saveur ; il éteint les corps en combustion , et n'est pas propre à entretenir la vie ; sous ce rapport , il diffère de l'oxigène, substance qui , avec l'azote , forme la plus grande partie de l'atmosphère terrestre. Quoique l'on trouve ces deux gaz combinés entre eux dans la nature , ils sont sans action l'un sur l'autre lorsqu'on les mêle à une température quelconque.

j^ir atmosphérique.

Uair atmosphérique est un simple mélange d'azote et d'oxigène dans le rapport de 79a 21 en volume; il con-

tient en outre une légère quantité d'acide carbonique et de Tapeur d'eau. C'est un fluide transparent, invisible, sans êdeur ni saveur , pesant , compressible et parfaitement élastique ; il est buit cents fois plus léger que l'eau pare ; soumis à l'action de la plus baute chaleur ou du plus grand froid , il n'éprouve aucune altération. C'est à cause de l'oxigèue qu'il contient aue l'air est nécessaire à la vie des animaux ; ce gaz est absorbé dans l'acte de la respiration , et il se fait une véritable combustion au sein des poumons. C'est aussi par son oxigène que l'air est propre à entrenir le feu. Nous avons déjà dit que ce phénomène consistait dans la combinaison de l'oxigène avec un corps combustible , ou simple ou composé. Lorsqa'on brûle du bois ou du charbon , il se produit , par suite du changement d'état de l'oxigène , un grand désagement de chaleur et de lumière capable d'enflammer Ks matières gazeuses qui s'échappent du corps brûlé.

Ap^e fùtrique,

V acide nùrigue , qui devrait porter le nom diacide azo^ ùque , est une combinaison d'azote, d'oxigène et d'eau. C'est un des acides les plus puissans par leur affinité pour les alcalis ; il les neutralise d'une manière complète. Cet acide est liquide, blanc , très-sapide et trèscorrosif. Il attaque vivement les matièi^s animales et les désorganise entièrement. Il jaunit la peau, les poils, la laine , etc. On l'emploie dans quelques arts. \J eau forte, dont se servent les graveurs pour tracer les premiers traits sur le cuivre, n*est autre chose que le même acide étendu d'eau. Comme on peut se le procurer en distillant du nître ou salpêtre , on l'a nommé d'abord esprit de nitre , et ensuite acide râtrique. Il se décompose lorsqu'on élève sa température , ou lorsqu^on fait agir sur lui un trèserand nombre de corps , et particulièrement des métaux. Dans ce dernier cas 9 il y a une efiFervescence due au dégagement d'un gaz transparent non acide, appelé gaz nitreux (ou deutoxide d'azote) ; mais ce gaz , aussitôt qu'il a le contact de l'air , prend la forme de vapeurs rouges acides , qui sont de Y acide nitreux*

Ammoniaque.

H ammoniaque est une combinaison d'azote et d'hydrogène qui devrait porter le nom à^azoture d* hydrogène. C'est uif gaz sans couleur , qui a une odeur fort piquante, une saveur acre et caustique. L'ammoniaque jouit des

appelée ammoniaque , parce qu' le sel ammoniac avec de la chaux. Elle se dissout facilement dans l'eau , et forme alors l'ammoniaque fluor ou liquide, que les chimistes emploientfréquemment comme réactif.

Cyanogène.

Le cyanogène est une combinaison d'azote et de carbone : c'est par conséquent un azoture de carbone. Il est Î[azeux, incolore, réductible en liquide et même en solde par un froid suffisant ; il a une odeur piquante qui a quelque rapport avec celle des amandes amères. Il est inflammable et brûle avec une flamme bleuâtre nuancée de pourpre. C'est un des principes immédiats du bleu de Prusse et de ce qu'on a appelé des prussiales. Combiné avec l'hydrogène , il constitue en effet V acide hydro^cya" nique, ou acide prussique, liquide blanc très -volatil , qui est un poison des plus redoutables. Une seule goutte suffit pour donner la mort.

Sotifre,

Le soufre est un corps simple , solide à la température ordinaire , d'un jaune citron et sans saveur ; il est trèsfriable , prend une légère odeur par le frottement , et lorsqu'on le serre dans la main ou lorsqu'on l'échaufie un peu , il se brise en faisant entendre un craquement particulier : il fond à une température un peu plus élevée cpie celle de l'eau bouillante, et finit même par se réduire en vapeur. Le soufre s'unit au gaz hydrogène à une certaine température , et fonne avec lui un gaz incolore et acide , facile à reconnaître à son odeur fétide,

qui ressemble à celle des œufs pourris. Ce gaz est connu sous les noms à! hydrogène sulfuré et à^ acide tiydro-sulfu'' ri^ue. Le soufre se combine avec l'oxigène en plusieurs

roporlions. A une certaine température il prend feu dans gaz, y brûle avec une flamme d'un blanc bleuâtre, et produit en s'unissant à lui un autre gaz acide, qui est [acide sulfureux. Ce gaz a une odeur piquante que tout le monde connaît; c'est celle des alumettcs briilées. Le loufrc agît de la même manière sur l'air atmosphérique. ËD brûlant un mélange de soufre et de nitre dans des chambres de plomb , dont le sol est couvert d'eau , ou obtient de nouvelles tapeurs acides qui vont ensuite se condenser dans Veau ; c*est de \ acide sulfurique.

Acide su^nque.

V acide sulfurique, appelée autrefois huile de vitriol, est liquide , blanc , épais , inodore , très-sapide ; susceptible de se solidifiera un fix>id de i?."; très -avide d'eau , dont on ne peut le priver^ en totalité ; se vaporisant par une cbaleur ordinaire; éprouvant une décompo- ?itio» ^i^roinp^ lorsqu'on l'expose à une cbaleur assez forte. R est doué des propriétés caractéristiques des acides au plus haut degré; il est très-causti(]ue , et désorganise sur-le-champ toutes les matières végétales et animales. C'est de tous les acides le plus important et le plus enij)loyé dans les arts.

Bore et acide borique.

Le bore est im corps simple , solide , infusible. On ne le rencontre qu'A l'état de combinaison dans la nature. A une température assez élevée, il brûle avec assez d'éilat , et se transforme en acide borique. Cet acide est un corps solide , blanc , sans odeur et d'une saveur légèrement aigre , très-peu soluble dans l'eau.

Phosphore.

Le phosphore est un corps simple , tendre , et trèsilexjble lorsqu'il est pur ; sans saveur , exhalant une

odeur d'ail très-sensible ; tantôt il est transparent et incolore, tantôt demi-transparent et Jaunâtre 9 tantôt opa^ que et tout-à-fait noir. Mis dans l'obscurité , il est lumineux , pourvu qu'il ait le contact de Tair ; il brûle dans ce fluide à toutes les températures , en répandant des fumées blanches. En raison de cette grande action qu'il a sur l'air, on est obligé de le conserver dans des vases qui n'en contiennent pas du tout. Il n'existe dans la nature qu'à l'état de combinaison. On l'extrait des os calcinés, ou bien du résidu que laissent les urines, lorsqu'on les réduit par l'évaporation. Le phosphore , en se combinant avec rhydrogène dans une certaine proportion , donne naissance à un gaz incolore, nommé hydrogène phosphoréy qui a la propriété de s'enflammer spontanément aussitôt qu'il a le contact de l'air. Le phosphore s'unit aussi à 1 oxigène en plusieurs proportions qui produisent difFérens acides, on employait autrefois le phosphore à la fabrication des briquets dits phosphoriques. Ce n'étaient que de petits flacons de verres bien bouchés , et qui contenaient du phosphore en partie oxidé ; il suffisait de plonger dedans une alumette soufrée pour qu'elle prît feu de suite. Mais aujourd'hui on leur préfère généralement ceux qui sont fabriqués avec l'acide sulfurique , et pour lesquels il faut des alumettes convenable-^ ment préparées.

Acide phosphorique.

Ij^ acide phosphorique^ qui est une combinaison d'oxigène et de phosphore , est solide à la température ordinaire , incolore , très-sapide et -sans odeur ; il est soluble dans l'eau en toutes proportions. Exposé au feu , il fond au degré de la chaleur rouge , et se transforme en un verre blanc et transparent. On l'obtient par la combustion du phosphore aans l'air sous une cloche de verre.

Fluoré et acide ^uorique.

dde qu'on nomme fiuorique ou hydro^phtoriqut ; c*est Bse substance liquide, blanche, qui se Taporise facilement, et qui a la propriété de corroder le verre. Aussi H«oo tiré parti de cette propriété pour graver sur le Terre , par un procédé analogue à celui que l'on emploie pour graver sur le cuivre à 1 eau forte.

Ckton et acide kydrochioFique ,

Le chlore est un corps simple , gazeux , d*un jauue ferdâtre> d^une saveur désagréable et d'une odeur pé- Mtiante et craractéristique. Ce gaz est impropre à la corn* bostion ; il attaque les couleurs végétales et détruit les I niasmes putrides ; aussi l'emploie- t-on pour blanchir les '■ toiles et désinfecter l'air. U se dissout facilement dans l'eau ; sa solution a l'odeur, la saveur et la couleur da dilore gazeux et une grande partie de ses propriétés chimiques. Le chlore se combine avec un grand nombre de corps simples et binaires , et donne naissance à des chlonires. 11 a une grande affinité pour l'hjdrogène , avec lequel il forme un gaz acide qui est connu sous les Moms ^acide hjrdrochlorique et diacide muriatique. Ce gaz est extrêmement soiubie , et eommuniaue,à l'eau toutes ses propriétés. L'acide muriatique , mêlé à l'acide nitrique, forme Veau régale ou acide nitromuriatigue.

Silicium et silice,

La silice est un oxide de silicium, coips simple , solide à la température ordinaire, d'un brun de noisette, etsans éclat métallique. La silice est ainsi nommée, parce qu'elle entre dans la composition des silex ou cailloux ; elle était connue anciennement sous le nom de terre vitrir fiable^ parce qu'elle sert à la fabrication du verre. Dans la nature , elle se présente sous l'aspect d'une pierre solide et dure ; mais préparée artificiellement , elle est en poudre blanche, très-rude au toucher. La silice a beaucoup de rapport avec les acides par ses affinités ; c'est-à-dire qu'elle s'unit très-difficilement avec les acides proprement dits , et se combine presque toujours soit avec les alcalis , soit avec les autres terres , à la manière

d'un véritable acide; aussi donne-t-on maintenant à cette ancienne terre le nom à^ acide silicique^ et aux combl lisons salines qu'elle forme , celui de silicates.

Des terres et alcalis.

Les terres sont des oxides métalliques que Ton ne peut réduire qu'avec la plus grande difficulté' ; aussi les a-t-on jusqu'à ces derniers temps regardées comme des corps simples ; elles entrent dans la composition des sels , où elles font presque toujours les fonctions de base et rarement d'acide. On les distingue des acides et des alcalis proprement dits , en ce qu'elles ne possèdent pas les propriéle's caractéristiques de ces deux classes de corps; ainsi elles sont généralement sans saveur , in fusibles , insolubles dans 1 eau et très -peu solubles dans les acides. Ces différences toutefois ne sont pas telles qu'il n'y ait en quelque sorte passage des terres aux acides et aux alcalis par quelques-unes d'entre elles. Les plus importantes de ces terres sont V alumine et la magnésie. La première se rencontre dans la nature sous forme solide ; mais pour avoir en général les terres à l'état de pureté, il faut les préparer artiUcieilement, en les extrayant des sels dont elles font partie , et que l'on a mis préalablement en solution dans un liquide. On les obtient alors par la précipitation et la dessication , sous forme de poudre blanche.

U alumine y commue anciennement sous le nom de terre argileuse , parce qu'elle est la base des argiles , se présente dans la nature sous la forme d'une pierre solide , extrêmement dure ; mais lorsqu'on l'obtient artificiellement, elle est en poudre blanche , douce au toucher, insoluble dans l'eau , et formant pâte avec elle. Lorsqu'on la précipite de ses dissolutions , parle moyen des alcalis, elle est sous forme de flocons gélatineux. Cotte sorte de gelée n'est autre chose que de Talumine très-divisée qui retient un peu d'eau entre ses parties.

La magnésie se précipite de ses dissolutions sous la forme d'une poudre blanche , douce et onctueuse au toucher , et légèrement soluble dans Teau. Elle se rapproche des alcalis par ses propriétés chimiques.

Les ALCAI.1S soat, comme les terres, des oxides métalliqaes qae Ton ne peut réduire qu'avec beaucoup de diScoité ; les propriétés qui les distinguent sont d'être tolubles dans 1 eau, d'avoir une saveur acre on de lessive; d'être caustiques > c'est-à-dire de désorganiser profflptementles matières animales ; de verdir la teinture de violettes , et de ramener au bleu la teinture de touroesol qui a été rougie par un acide. Les principaux alcalis sont la potasse , la soude , la baryte , la strontiane et la chaux. L'ammoniaque jouit aussi des propriétés qui caracténsent les alcalis, quoiqu'elle ne soit point un oxide métallique.

La potasse est un corps solide d'un blanc grisâtre y d'ane saveur très-âcre et très-corrosive , fusible à une température élevée , éminemment soluble dans l'eau. Elle a tant d'affinité pour l'eau , que quand on verse celle-ci sur un morceau de potasse , elle est absorbée et solidifiée instantanément, etson absorption est accompa* içnée d'un vif dégagement de chaleur , comparable à celai que Ton observe dans l'extinction de la chaux (vorex plus bas). La potasse exposée à l'humidité de l'air, 1 attire avec force, et finitbientôt par se résoudre en liqueiu:. Sa dissolution dans l'eau jouit des propriétés alcalines au plus haut degré : elle est connue sous le nom d^eau de potasse. La potasse constitue en grande partie la pierre à cautère ; elle entre dans la composition des savons mous, du verre, du salpêtre et de l'alun. Réunie à l'acide carbonique , elle compose presque entièrement jUi potasse du commerce , que l'on extrait des cendres des végétaux., et que l'on emploie pour les lessives.

La soude a presque tous les caractères physiques de la potasse : elle en diffère par quelques-unes de ses propriétés chimiques, et par exemple par la propriété qu'elle a, lorsqu'elle est exposée à lair libre , d'attirer d'abord rimmidité , et de se dessécher ensuite , au heu de se résoudre en eau comme la potasse. La soude, unie aux graisses et aux huiles , forme les savons solides ; elle entre aussi dans la composition du verre , et est employée pour le dégraissage des étoffes.

La baryte est en masse poreuse d'un blanc grisâtre très-pesante , infusible au feu de nos fourneaux , très

caustique et en même temps vénéneuse. La strotuiane pre'sente k peu près les mêmes caractères ; mais elle se distingue de la baryte , en ce que sa solution par Teau , lorsqu elle est très-étendue, et qu'on y verse de Tacide sulfurique , ne donne pas de précipité, tandis que, dans le même cas , i'eau de baryte précipite toujours.

La chaux, à l'état de pureté , est en masses solides et poreuses , d'un blanc grisâtre ; elle est soluble dans l'eau et infusible ; sa saveur est acre et brûlante ; elle est corrosive , mais à un moindre degré que la soude et la potasse. Elle a une affinité très-forte pour l'eau ; aussi ne peut-elle exister à l'état de pureté qu'autant qu'elle est soustraite au contact de l'air atmosphérique. Quand on verse de l'eau peu à peu sur un morceau de chaux , celui-ci l'absorbe avec un léger frémissement, sans paraître mouillé; mais il arrive un moment où la chaux ykf^^ c'est-à-dire qu'elle s'échauffe , se gonfle , se délite en morceaux qui se réduisent eux-mêmes en poussière. En même temps la vapeur s'en dégage avec sifflement dans l'atmosphère. La chaux pure , qui n'a point éprouvé l'action de l'air ni de l'eau , et possède toutes ses propriétés alcalines, est connue sous le nom de chaux a;{Veycelle qui a été réduite en poudre par son contact avec l'eau ou par son exposition à Tair , et qui a perdu par là sa causticité, est de la chaux éteinte. La chaux éteinte forme la base des mortiers et des cimens , dans lesquels elle est mélangée avec une matière solide plus ou moins divisée , telle que du sable siliceux.

DBS SELS.

On donne en général le nom de sels aux combinaisons des acides avec les bases salifiablcs , telles que l'ammoniaque et les différens oxides métalliques, en y comprenant ceux que nous venons de décrire sous les noms de terres et à^ alcalis. En se combinant entre eux pour former des sels , les acides et les alcalis ou bases perdent la plupart de leurs propriétés , et en prennent de nouvelles ; ainsi la saveur, Todeur, la volatilité, la fusibilité

sont en général changées ; mais parmi ces changemens « les plus remarquables sont ceux qui ont lieu relativement au propriétés acides et alcalines. Nous avons déjà dit qu'on acide et un alcali, en se réunissant, détruisaient mneutralisaîeni réciproquement leurs propriétés caractéristiques , et cela totalement ou en partie , suivant la proportion relative de chacun d'eux. La combinaison est donc neutre y ou bien elle conserve en partie , soit la propriété acide , soit la propriété alcaline. De là les trois dasses de sels, connus sous les noms de sels neutres ^ de sels acides {ou. sur^selsy sets avec excès d'acide) , et de sels alcalins ( ou sous-sels, sels avec excès de base ou d'alcali), n y a beaucoup de sels qui sont combinés avec une cer^ taine proportion d'eau , et qu'on nomme pour cela hjr» dratés. Ceux qui n'en contiennent pas sont appelés sels anhydres. Un grand nombre de sels sont solubles dans l'eau ; d'autres ne le sont que dans les acides. L'eau dissout en général les sels en quantité plus ou moins grande, suivant que sa température est plus ou moins élevée. Lorsqu'eHe contient ainsi en solution tout ce qu'elle peut dissoudre d'un sel au degré de température où elle est , on dit qu'elle en est saturée. Cette circonstance ayant lieu, si la température vient à baisser , l'eau ne pourra plus retenir en solution la même quantité de sel ; aussi , par le refroidissement, une portion des molécules salines doit se déposer au fond ou sur les parois du vase qui contient l'eau , et se réunir en une masse solide en vertu de leur attraction réciproque, Lorsque , Teau étant parfaitement tranquille , ces molécules se déposent successivement et avec lenteur, elles tendent alors à tourner dans le même sens leurs parties semblables , et à se placer à des distances égales les unes dos autres , et souvent elles s'arrangent entre elles avec une telle symétrie , qu'elles offrent dans les divers sens la disposition qu'on nomme en quinconce , et qu'on peut se figurer leur masse comme formée par la superposition de couches ou lames planes de molécules , comparables aux différentes assises de pierres de nos constructions. Cette aggrégation des molécules d'un sel est appelée cristallisation; en même temps qu'il offre cette sorte de structure à l'intérieur , il est souvent terminé extérieurement par des fa-

ces planes, dispose'es avec syme'trie. De tels corps réguliers sont ce qu'on nomme des cristaux; il s'en produit toutes les fois qu'une substance passe lentement de l'état aériforme ou liquide à l'état solide; aussi peut-on opérer artificiellement la cristallisation d'un grand nombre de corps , en les exposant à l'action du feu jusqu'à ce qu'ils soient fondus ou volatilisés. On les laisse ensuite se refroidir tranquillement ; les molécules se fixent de nouveau , mais avec lenteur, et la cristallisation s'opère.

Lorsqu'un sel est anhydre , et qu'on l'expose à l'action de la chaleur , s'il n'est pas décomposé , il finit par se fondre et se transformer en une sorte de verre ; on dit alors qu'il a éprouvé \a fusion ignée. Mais s'il est hydraté, il perd son eau avant d'éprouver la fusion ignée , et souvent avant d'en abandonner aucune portion il se dissout plus ou moins complètement dans cette même eau, etprésente alors le phénomène appelé /kfib/i aqueuse. Il y a des sels qui attirent l'eau avec assez de force pour en enlèvera l'atmosphère, et se résoudre en liqueur. Ils sont appelés déliquescens. Il en est d'autres , au contraire , qui abandonnent de l'eau par leur exposition à l'atmosphère, quand celle-ci n'est pas très-humide. Ces sels sont dits ejflorescens ; ils deviennent opaques . et finissent par se réduire en poudre. Les sels déliquescens et efflorescens contiennent toujours une proportion d'eau considérable, et qui dans un grand nombre excède la moitié de leur poids.

Gomme les sels en général se forment au milieu de l'eau , il arrive souvent que leurs molécules , en s'agrégeant, retiennent entre elles une très-petite quantité de ce liquide , que l'on ne peut pas considérer comme essentielle à la composition du corps; cette petite quantité d'eau produit un phénomène particulier, lorsqu'on vient à projeter le sel sur des charbons ardens ; c'est la décrépitation; le sel pétille et saute en éclats , parce que l'eau interposée entre ses particules se réduit instantanément en vapeur et brise le sel. (Ex. : Sel de cuisine.)

Le nombre des sels, soit naturels, soit aitificiels, est très- considérable ; parmi ceux qu'il importe le plus de connaître , nous citerons le sel commun ou sel marin (hydro-chlorate de soude), le sel ammoniac (hydro-chlo-

rate d'ammoniaque)^ le nitre ou salpêtre (nitrate de potasse), la pierre calcaire (carbonate de chaux) , le gypse ou la pierre à plâtre (sulfate de chaux}, etc.

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