MÉTÉOROLOGIE
Des divisions du giobe terrestre , de sa forme et de sa densité moyenne,
La terre est , comme nous Tavons déjà dit, une des planètes qui circulent dans l'espace autour du soleil. Elle tourne en même temps sur elle-même autour d'une ligne idéale qui passe par deux points de sa surface qu on Domme pôles , et qui sont toujours les mêmes. Son mouvement annuel de translation autour du soleil produit les alternatives des saisons ; sa rotation sur elle-même détermine celles du jour et de la nuit.
Le globe terrestre se divise au premier aspect en trois parties qui s'enveloppent l'une l'autre , et différent par l'état des matières qui les composent : une pai*tje centrale forman t un noyau solide, qu'on peut appeler le sphéroïde terrestre ; une couche liquide , qui recouvre près des trois quarts de la surface du noyau , et qui se compose de la réunion des différentes mers ou de V océan) et au-dessus de ces deux parties, une enveloppe gazeuse ou couche d'air, qu'on nomme atmosphère. La portion de la surface terrestre qui n'est pas recouverte par les mers forme les continens et les îles. Le globe terrestre n'a point une forme sphérique ; sa forme est celle d'un sphéroïde, c'est-à-dire d'un corps qui diffère peu d'une sphère; et ce sphéroïde est légèrement aplati vers les deux pôles, r.ette figure est déterminée par la sm*face de l'océan aue l'on Suppose prolongée au-dessous des continens et des lies. On fait amsi abstraction de toutes les inégalités du sol , qui nous semblent immenses , lorsque nous les comparons à notre exti^ême petitesse, mais qui nous paraîtraient insensibles par rapport à la masse totale du sphéroïde , si nous pouvions embrasser le contour de la terre d'un seul coup-d'œil. Les plus hautes montagnes ne
seraient pas sur sa surface ce que les petites aspérités de la peau d'une orange sont sur ce fruit ; et la plus considérable n'aurait pas même une demi-ligne de hauteur sur un globe de quatre pieds de diamètre. On a reconnu, tant par les mesures directes que par les observations du pendule , que la quantité de Vaplatissement du sphéroïde terrestre était d'environ un trois-centième; c'està»d ire que la différence entre les rayons de l'équateur et du pôle était la trois-centième partie du rayon de l'équateur. Le rayon du pôle est de 1^28 lieues, et celui de l'équateur ae 1433 lieues. La différence est de 5 lieues , d'où il suit que la terre est de 10 lieues moins allongée dans le sens de son axe que dans le sens du diamètre de l'équateur.
La physique et l'astronomie nous ont fourni une autre donnée fort importante sur la nature du sphéroïde terrestre. Elles nous ont appris que la terre est plus dense dans son intérieur que vers sa surface , qu'il doit même y avoir une augmentation progressive de densité dans les couches terrestres , à partir des plus superficielles , et que la densité moyenne de toutes les couches est environ cinq fois celle de Teau ; c'est-à-dire que la terre entière pèse cinq fois autant qu'une masse d'eau qui lui serait égale en volume.
Comment on détermine la position d'un lieu sur la surface du globe.
On a souvent besoin d'indiquer avec précision la position d'un lieu sur la terre : on la détermine au moyen de ce que l'on nomme la latitude et la longitude de ce lieu. La latitude est sa distance à l'équateur , ou , ce qui est la même chose, la distance de l'équateur au parallèle sur lequel ce lieu est situé , c'est-à-dire au petit cercle passant par ce lieu , et tracé sur la terre parallèlement à l'équateur. On mesure cette distance au moyen d'un mériaien ou grand cercle , qui passe par les deux pôles et par Taxe de la terre , et qui rencontre perpendiculairement l'équateur. Ce cercle est divisé en trois cent soixante parties , qu'on nomme degrés. Le nombre de degrés du méridien compris entre l'équateur et le parallèle dont il s'agit, fixe la distance de ces deux derniers cercles. On
loit qne tous les points situés sur un même parallèle ont bméme latitude; d'oùil suit que la latitude ne détermine pas la position d'un point de la terre, mais seulement celle di parallèle de ce point. On nomme Icuitude boréale celle fo lieux situés vers le pôle nord ou boréal, et îatUude ustnde celle des lieux situés vers le pôle austral. Puis^ fie la latitude ne détermine q^ue la position du parallèle sir lequel le lieu est placé , il iaut , pour connaître la position de ce dernier , déterminer encore le point qu'il occupe sur ce parallèle : à cet effet, on choisit un méridien fixe , que i on nomme premier méridien. Il est visible que les méridiens qui passent par les différens points d'un niéine parallèle sei*ont plus ou moins éloignés du premier uiéridien , soit à droite , soit à gauche , et qu'il suffira de déterminer la distance du méridien du lieu au premier méridien poiur avoir la position de ce lieu sur le parallèle. Cette distance , comptée sur Téquateur en dc-
Césde ce cercle, est ce qu'on nomme la longitude duheu. i lon^tude est occidentale ou orientale , suivant que le lieu est à l'ouest ou à Test du premier méridien.
La longitude et la latitude ne suffisent pas pour déterminer complètement la position d'un point ue la surface terrestre : il faut encore faire connaître la hauteur de ce lieu au-dessus du niveau de la mer. Cette hauteur se détermine à l'aide du baromètre ; nous avons vu , eu effet, qu'à mesure que Ton s'élève au-dessus de la terre, la colonne d'air qui pèse sur le baromètre devenant plus courte , le merciure moins chargé baisse dans le tube; or, la quantité de cet abaissement se trouvant toujours eu relation avec celle de l'élévation , il y a une règle qui apprend à connaître par le calcul de combien de mètres un a dû s'élever depuis le niveau des mers ou tel autre point bien connu , pour obtenir tant de millimètres d'abaissement dans la colonne barométrique.
De la différence des saisons , et de la distinction des climats.
C'est à Tinclinaison de l'axe de la terre sur le plan de 5on orbite qu'est due la différence des saisons. Lorsque , par son mouvement annuel apparent , le soleil atteint l'équateur céleste , ou le grand cercle de la sphère céleste
qui se confond avec l'équateur de la terre , U décrit ce gi'and cercle en vertu de -son mouvement diurne appa* rent ; et comme ce cercle est partagé en deux également
Î>ar tous les horizons , le jour est égal à la nuit sur toute a terre. C'est pour cela qu'on a nommé équinoxes les points où Técliptique rencontre Téquateur. A mesure que le soleil , en partant de l'équiuoxe du printemps , s'arvance dans son orbe , la portion visible des cercles pa^ rallèles à lequateur, qu'il décrit par son mouvement diurne , augmente sans cesse et fait croître la durée des jours , jusqu'à ce que lé soleil parvienne à sa plus grande hauteur. A cette époque , le jour est le plus long de Tannée : on a nommé ce point de Técliptique solstice dété, parce que le soleil semble alors s'arrêter , pour redescendre ensuite vers l'équateur. Le parallèle que le soleil décrit le jour du solstice est le tropique d'été. Cet astre redescend ensuite vers l'équateur , qu'il traverse de nouveau dans l'équinoxe d'automne , et de là il parvient à son minimum de hauteur ou au solstice ahii^er. Le parallèle décrit alors par le soleil est le tropique d'Hitler, et le jour qui lui répond est le plus cpurt de Taunée. Le printemps est l'intervalle compris entre Téquinoxe du printemps et le solstice d'été ; Tintervalle de ce solstice à Téquinoxes^d'automne forme Vété; Tintervalle de Téquinoxe d'automne au solstice d'hiver forme V automne; et enfin Yhit^er est Tintervalle du solstice d'hiver à Téquinoxe du printemps.
Le mouvement alternatif et régulier du soleil au-dessus et au-dessous du plan de Téquateur , en produisant Tin- ^alité des jours et des nuits , et par conséquent le phénomène des saisons, a servi de moyen aux géographes pour établir une division de la surface terrestre en climats ; mais pour que cette division fût de quelque importance aux yeux des naturalistes , il faudrait qu'elle indiquât des régions distinctes qui , par leur température , eussent une influence marquée sur la répartition des êtres vivans à la surface du globe. Sous ce point de vue , les principaux climats sont ceux qui dès long-temps ont été désignés parle nom de zones. Ils sont au nombre de cinq : 1 ® la zone torrlde , centrale , contenue entre les deux tropi- <[ues, et partagée en deux parties égales parTéquateur;elle
itaiosiiioaiini^, parce qne les rayons soUires qu'elle reçoit tombant presque toujours à plomb, il T règne une cbainr perpétuelle, plus grande qu'elle ne l'est en debors les tropiques , tontes circonstances de localité étant égals d'ailleurs ; 2* les zones tempérées, au nombre de deux, JOBtrnne est située au nord de la zone torride , et Taulie au sud , s' étendant des deux tropiques aux deux cercles polaires; 3** les zones glaciales, pareillement au bombre de deux , qui s'appuient sur les cercles polaires, tt au centre desquelles est situé cliaque pôle. Les zones tempérées , et encore plus les zones glaciales , reçoivent obliqaenieDt les rayons du soleil , et sont par conséquent beaucoup plus froides en général que la zone torride. Cependant il est des points dans \es zones tem|>érées qui sont beaucoup plus chauds que certaines parties de la torride, tandis que d'autres points de leur surface éprou- Tent déjà les rigueurs d'un niver étemel , comme ceux des deux zones extrêmes. C'est que la température d'im lieu déterminé ne dépend pas seulement de l'obliquité des rayons du soleil , mais encore de la forme et de la nature du sol 5 et de son élévation au-dessus du niveau dçl'océnn.
DE l'aTMOSPHÈAE.
L'enveloppe aériforme duglobe, ou l'atmosphère, est ])rincipaleinent formée d'air atmosphérique : nous avons t'ait connaître (page 5o) les propriétés et la composition <l« ce mélange de gaz. Nous savons que Tair est pesant , et que la pression qu'il exerce peut être mesurée par le baromètre. A la température zéro du thermomètre, et sous une pression baiométriquc de «^6 ccntimèties , l'air pèse 770 fois moins que l'eau, et 10,4^3 fois moins que le mercure. Si l'atmosphère avait dans toute son étendue la même densité qu'au niveau de la mer, elle ne formerait autour du globe qu'une couche d'air d'environ 8000 mètres d'épaisseur (un peu plus d'une lieue et demie). Mais comme sa densité drcroît à mesure qu'on s'élève , la hauteur réelle est beaucoup plus considéra-
ble. On ne peut déterminer cette hauteur avec exacti- )
tude, mais on Fa évaluée approximativement à une \
quinzaine de lieues^. L'atmosphère entière pèse un mil- \
lion de fois moins que le sphe'roïde terrestre. Si elle e'tait ^
réduite à l'état liquide, et qu'elle eût alors la même i densité que Teau, elle formerait autour du globe une
couche - de lo mètres d'épaisseur. i
De la température de tair.
La chaleur de l'air parait tenir à trois causes princi-
Eales , dont deux sont constantes , et la troisième variale. Les deux causes constantes sont la chaleur propre , dont le sphéroïde terrestre a été pourvu à json origine , et qui ne s'est point totalement perdue par le refroidissement; et la chaleur propre des espaces planétaires, au milieu desquels circule noti'e globe. La cause variable téside dans l'exposition inégalé et variable des points de la surface terrestre aux rayons du soleil. On sait que la température de l'air varie, pour un même point, aux dittéreiites heure§ du jour et de la nuit, et qu'elle n'est pas non plus la même en hiver qu'en été. Nous dirons plus loin , en parlant des températures terrestres , ce qui détermine ces variations diurnes et annuelles. On sait aussi que la température varie beaucoup aux difiPérentes latitudes, et qu'elle va en diminuant à mesure qu'on s'élève au-dessus de la terre.
Lorsqu'on observe le thermomètre en un lieu placé à la surface de la terre , avec toutes les précautions convenables pour qu'il prenne réellement la température de l'air environnant, ou voit la colonne monter le matin jusque vers les deux heures après midi , et baisser ensuite jusqu'au lendemain matin. Il y a donc chaque jour une température maximum et une température minimum. On appelle température moyenne d'un jour , celle que l'on obtient en ajoutant entre elles les observations faites durant la journée à de courts intervalles , comme de quart d'heure en quart d'heure, et en divisant cette somme par le nombre des observations. La température moyenne d'un mois est la somme des températures
moyeDnes de tous les jours du mois y divisée par le nom*' bre de ces jours. Enfin la température moyenne de l'aimée est la somme des températures moyennes des douze mois divisée par douze. A Paris, la température moyenne annuelle est de i o*", 6 du thermomètre cen^ ti^e.
La température moyenne annuelle varie en|[énéral lorsqu'on passe d' un lieu à un autre sur lasm-fiace du globe, et surtout lorsqu'on marche de Téquateur vers les pôles. Le changement de latitude et de hauteur au-dessus de la mer sont les deux causes principales oui influent sur la température moyenne d'un point de la terre , mais cette influence est modifiée par une foule de causes accidentelles ou locales , telles que le voisinage des mers ou des chaînes de montagnes , la diversité de nature et d'inclinaison du sol y la direction des vents dominans , etc. Si en partant d'un point ouelconque , tel que Paris , on passe
rr tous les points du même hémisphère pour lesquels température moyenne est constante , la route qu'on aura parcourue formera autour de la terre une ligne isotherme (c'est-à-dire d'égale chaleur annuelle). On peut concevoir que l'on trace ainsi sur une sphère des lignes isothermes correspondantes à diverses températures moyen* nés. Si la surface du globe avait une courbure uniforme, et était fonnée d'une seule substance , Uquide ou solide , les lignes isothermes seraient toutes parallèles à l'équatêur. Mais les causes dont nous avons parlé altèrent ce parallélisme , et transforment dans le plus grand nombre des points le cUmat solaire , ou celui qui serait produit uniquement par le mouvement du soleil, en un climat physique plus ou moins différent. Aussi a-t-on reconnu que les lignes isothermes ne sont parallèles ni à l'équatêur, ni les unes aux autres. En général elles s'infléchissent vers l'équatêur, à mesure qu'en partant de l'Europe, on s'avance à l'est ou à l'ouest.
La température moyenne des points situés sous Té-* qoateur , au niveau de l'océan , est d'environ 28^. Le point le plus froid de notre hémisphère ne coïncide point avec le pôle boréal ; il paraît être situé au nord da détroit de Behring, à lo"* de ce pôle. Sa tem* pérature moyenne est ^de %V au - dessous de xero^
Les climats ne sont pas seulement caractérise's , en ce qui tient à la chaleur , par la température moyenne de Tannée ; il faut encore avoir égard aux températures moyennes des jours , des mois et des saisons , et aux températures extrêmes. On a essayé de tracer aussi sur le globe les lignes d'égale chaleur d*été (lignes isothères) , et celles d'égale chaleur à^Xnv et {lignes isochimènes). Les variations de la chaleur du jour à la nuit sont en général très-grandes dans les pays chauds, et très-petites dans les pays froids. La différence entre les extrêmes de température, durant Tannée entière, va en augmentant, lorsque la température moyenne diminue. Pour les températures i^ioyennes de 3o**, 10°, eto*, les plus grandes chaleurs correspondantes sont 48°, 34"* ^^ ^6*» 1^* plus grands froids , 1 2** au-dessus de zéro , i4° et 26** au-dessous. Enfin pour la température moyenne de 23** au-dessous de zéro, la plus grande chaleur est de 9^; le plus grand froid de 57** au-dessous de zéro. '
Du froid des hautes régions de tair, et des montagnes.
Nous avons dit que le changement de température d'un lieu à un autre dépendait non seulement de Lidi« stance de ces lieux à Téquateur, mais encore de leur hauteur au-dessus du niveau de l'océan. Aussi trouvet-on dans 1^ zone torride même toutes les températures, depuis la plus chau<le jusqu'à celle de la glace , lorsqu'on s'élève en partant des bords de la mer sur les pentes des nionlagiies. L'expérience prouve en effet que , lorsque l'atmosphère est tranquille , la température de Tair va constamment en diminuant, depuis la surface de laten*e jusqu'aux plus grandes hauteui*s auxquelles l'homme ait pu parvenir. Ce décroissement est rapide ; il n'est point uniforme , relativement à la hauteur , mais ou peut le regarder comme tel pour une couche d'air de trois à quatre mille mètres d'épaisseur , et évaluer dans nos climats l'abaissement de température à 1* pour 160 mètres d'élévation. Ainsi , la température au niveau de la mer étant supposée être de 10**, si Ton s'élè\e à 160 mètres , elle ne sera plus que de 9** , et à une hauteur de 1600 mètres, elle sera réduite à zéro. Le décroissement de la température de Tair paraît se ralentir à mesure
qu'on s'élève ; il est probable qu*il n'a point lieu indéfiniment , mais qu'il a pour iinùU' la température des espaces planétaires , que les physiciens évaluent à environ 60** au-dessous de zéro. Ln même temps que la tempéntore moyenne de l'air diminue graduellement pour les coucbes de plus en plus élevées , la variation diurne (ierii'nt aussi plus faible , et à une certaine hauteur^elle doit être tout— à-fait insensible.
Pour s'expliquer le froid des hautes régions de l'atmosphère , il faut remarquer que l'atmosphère est trèspeu échauffée par les rayons solaires qui la traversent. Ces rayons éprouvent dans leur trajet une perte de chaleur d'autant plus petite , que l'air est moins dense et moins charp;é de vapeurs, et qu'ils le travei^ent dans une direction plus oblique ; l'air rare et diaphane des hautes régions n'en retient qu'une très-fail)le portion, et par conséquent presque toute la chaleur atmosphérique vient de la surface terrestre , où s'accumule d'abord presque toute la chaleur solaire , et dont une partie se transmet ensuite à la couche d'air qui la touche , et de proche en proche à toutes les autres. Or il est clair que cette chaleur qui se propage de bas en haut doit affecter d'autant moins les couclies d*air , que celles-ci sont plus élevées ou rares. Telle est la principale cause du froid , que l'on éprouve graduellement, à mesure qu'on s'élève dans l'atmosphère. On pourrait dire que l'air chaud des régions inférieures peut se trouver transporté par des courans vers le haut , et contribuer ainsi à la propa^ cation de la chaleur atmosphérique ; mais cet air en s'élevant se dilaterait et se refroidirait de lui-même par l'effet de sa propre dilatation, ce qui rendrait son influence peu sensible. Le froid qui règne dans les régions X' Heures de l'atmosphère nous ejwlique à son tour [ des hautes montagnes. On cffiiprend pourquoi, lorsque l'on gravit une côte élevée , on voit la température s'abaisser de plus en plus , et l'on atteint bientôt la limite où toute végétation cesse , et au-dessus de laquelle sont des neiges perpétuelles. Seulement il faut remarquer que l'élévation , si elle est la principale cause du refroidissement observé , n'est pas ici la seule dont on doive tenir compte ; car il est constant que sur les
Cimes élancées, le froid est plus considérable que sur les platçaux d'égale élévation.
Des neiges perpétuelles^ et des glaciers.
La hauteur à laquelle il faut s'élever sur les flancs des montagnes pour trouver la limite inférieure des neiges perpétuelles est plus considérable sous l'équateur que dans les régions tempérées^ et diminue à mesure que l'on approcne des pôles ; elle demeure à peu près la même quand la latitude ne change pas. Cette limite ne coïncide point avec la couche de l'atmosphère , où la température moyenne est zéro ; elle lui est tantôt supérieure et tantôt inférieure , oscillant de l'équateur au cercle polaire entre les couches de i ^5' au-dessus de zéro , et 6^ 8' au-dessous. Elle n'est pas non plus la plus élevée sous l'équateur même. Dans les Cordiiières du Haut-Pérou , par i6^ degrés de latitude , elle est à 2,670 toises ; sur la pente boréale de l'Himalaya , par 3i^de latitude, elle est à 1,600 toises. Dans les Andes de Quito , par 1® de latitude , elle n'est qu'à 2,460 toises. Dans les Nevados du Mexique , par 19^ de latitude , elle est à 2,35o toises. Dans le Caucase , par 4^^ de latitude , elle est à 1,730 toises; tandis que dans les Pyrénées, à la même latitude , elle est à i ,400 toises. Dans les Alpes , à la latitude de 45®, elle est à 1,370 toises; en Norwège, par 67" de latitude , elle n'est plus qu'à 600 toises.
Les neiges qui demeurent toute Vannée sur des pentes très-rapides conservent toujours le même aspect. Mais celles qui tombent dans les vallées élevées et dominées de tous côtés par de hautes cimes, ou qui viennent s'y accumuler et s'y condenser en roulant des sommités supérieures en grains masses et par (walanches , 8*imbi- Dent de l'eau procmite par la surface qui fond pendant l'été, se congèlent au retour du froid en prenant la forme d'une glace poreuse, et constituent alors ce qu'on nomme des glaciers. Ces glaciers pendant l'été fondent non seulement par leur face supérieure , mais aussi pai^ celle qui est en contact avec le sol échauffé .* et l'on voit souvent sortir de dessous les parties les plus basses des ruisseaux provenant de la fonte journalière , et qui deviennent la
%arce de quelque gnnd cours d'ean. Quand les glaces reposent sur nn fond incline, il s'y lait de profondes cre- Tisses, qui les divisent en monceaux irréguliers, et ces iBODceaux , glissant peu à peu sur leur base , se pressent et ^accumo&nt les tms sur les autres , présentant toutes sortade formes int^^ères , des pyramides, des tours, '. lies dômes , etc. ; on a souvent comparé la surface de ces I glaciers à une mer agitée, dont une congélation subite vmi fixé les flots. Entraînés ainsi par leur propre poids, la glaces descendent peu à peu vers les vallées basses, et arrivent quelquefois au milieu des prairies et des terres cultivées , on elles se fondent et sont continuellement remplacées par celles qui les suivent. Tel est dans h TaUée de Ghanumnj le glacier des Bois, partie inférieore d'un immense glacier appelé /a mer de giace^ de cinq lieues de long sur ime de large dans sa partie supérieure , et qui est situé entre les hautes aiguilles qui e&loarent la base du Mont-Blanc. Les Alpes renferment un erand nombre de glaciers remarquaDles (placier du Bhone, au nord-ouest du Saint-Gothard ; placiers de Griudelwald , au canton de Berne ; etc.). Les Pyrénées contiennent aussi quelques glaciers, mais moins considérables que ceux des Alpes. La Cordilièie des Andes n'en a point. Le mouvement progressif des glaciei^ est rendu sensible par les pierres dont leur surface est chargée , et qui sont les débris des montagnes environnantes; ces pierres obéissent à ce mouvement, descendent aussi vers les vallées basses , et se déposent successivement à Vextrémité des glaciers ou le long de lcui*s bords, à mesure que les glaces inférieures ou latérales se fondent. De là ces grands amas de sables et de cailloux qui terminent et encaissent les glaciers, et qui sont connus dans les Alpes sous le nom de moraines. On en rencontre quelquefois plusieurs les unes devant les autres , ce qui indique que l'étendue du glacier a éprouvé des variations.
De la pression et ées mouvemens de Pair.
On sait que le soleil et la lune exercent sur les eaux de l'océan une attraction qui les élève et les abaisse alter-
hâtivement, produisant ainsi ces mouvemens pe'riodiques que l'on appelle marées. Il doit exister aussi des marées atmosphériques , puisque l'atmosphère est une enveloppe fluide comme 1 océan ; mais à cause de la rareté de l'air , elles sont insensibles. Les observations barométriques ont fait connaître des variations qui ont lieu périodiquement durant le jour dans la pression de l'air, mais qui paraissent dues aux changemens de température du jour à la nuit. Ces variations horaires du baromètre sont peu sensibles dans nos cUmats , où il est d'ailleurs difficile de les démêler parmi les variations accidentelles , mais entre les tropiques où elles sont de deux ou trois millimètres , on les reconnaît plu& £acilement, et Ton constaté que le baromètre monte et descend périodiquement deux fois en vingt-quatre heures. Il en est de même à Paris , où la hauteur moyenne du jour est donnée par l'obsçrvation du baromètre à midi. Le baromètre monte de quatre heures du matin à neuf heures du matin , où il est à son maximum; il descend de neuf heures du matin à trois heures du soir ; remonte jusqu'à neuf heures , pour redesoeudre ensuite jusqu'à quatre heures du matin. A Paris , la hauteur moyenne du baromètre pour l'année est de 756 millimètres.
L'atmosphère ne peut jamais être dans un état complet d'équilibre, parce que la chaleur agit très-inégalement sur les différentes parties des couches qui la composent ; il arrive donc presque toujours que quelquesunes de ses portions se déplacent dans une direction plu^ ou moins fixe, et forment ainsi des courans d'air, que l'on nomme vents. On distingue des vents constans, qui soufflent constamment dans une même direction ; des vents périodiques , qui soufflent alternativement dans un sens et dans le sens opposé ; et des vents irréguliers.
Les vents constans sont les vents alises y qui soufflent régulièrement entre les tropiques , sur l'Océan Atlantique et le. grand Océan. Ces courans d'air s'étendent des deux côtés de l'équateur dans les latitudes audessous de 3o**. Au nord de l'équateur , leur direction est du nord-est au sud-ouest ; au midi de l'équateur, du sud-est au nord-ouest. Leur tendance générale est de l'est à l'ouest , c'est-à-dire dans le même sens que le
mouveiueat diurne du soleil, et cette tendance est d'autant plasprononcée que Ton se rapproche davantage de la ligne équinoxiale. Aussi les a-t-on souvent désignés sous \twn de vents d'est. On a expliqué ces vents pai- l'é- Ufemeot considérable et la raréfaction de 1 air des rÔMQs équatoriales , causés par la présence continuelle tsoïcïl sur la zone torride. Ou suppose que l'air échauffé tad à s'élever dans la partie supérieure ac ratinosphère, âà se déverser à droite et à gauche de l'équateur dans h direction des méridiens ; et qu'en mcnie temps un ar froid parti de points situés au nord et au midi de feguateur vient par le bas remplacer^ l'air chaud qui s'élève. Cet air froid arrivant dans des lieux où la vitesse de rotation du globe est de plus en plus grande , ses molécules qui tournent plus vite restent en arrière des corps placés à la surface de la terre, et par conséquent dies paraissent les frapper dans une direction contraire àcelle de leur mouvement, c'est-à-dire de l'est à l'ouest *. Les physiciens qui admettent cette explication disent en même temps que l'air chaud qui s'élève dans la zone torride , et se déverse vers les pôles , produit dans les hautes réglons de l'atmosphère un vent contraire à celui qui règile dans les couches inférieures, et par conséquent un vent d'ouest ; que ces deux courans ne restent point superposés , mais que le courant supérieur s'abaisse de proche en proche , et Enit par atteindre la surface de la terre dans les zones tempérées. Ils expli* quunt par là ces vents (T ouest , qui sont les vents dominans de nos contrées , et attribuent à la lutte de ces deux courans, dont l'un est chaud et l'autre froid , une grande inQuence sur les températures moyennes , et sur la diversité des climats.
Parmi les vents périodicpies , on distingue les moussons et les brises de terre et de mer. Les moussons sont des vents qui régnent dans la zone torride, principale-
* Consaltec sar la cause des ven^s en général Tonvrage intiJnlé : petite Physique du Globe ^ par M. Saigey (in-i8. Paris, i83a. L. Hachette). Je renvoie pareillement à cet oavrage ponr les explications de plusieurs antres phénomènes météorolugiqaes, dont le développempnt complet ne peut troa^r place ici.
1» PABTII. f^
ment dans la mer des Indes , et qui soufflent six mois dans le sens , et six mois dans le sens opposée Le passage de Tune à l'autre mousson est souvent marqué pat des vents variables et des ouragans qui rendent la navigation dangereuse. C'est sur ces vents de six jmois que se règlent les voyages à la Chine , qui deviennent impra^ ticaDles lorsque la mousson est contraire. Dans les golfes d'Arabie et du Bengale, la mousson est d'avril en octobre du sud-ouest, et- pendant le reste de Tannée du nord«est. Ces vents paraissent avoir pour cause la situation du continent d'Asie au nord de Véquateur et de b mer des Indes /et Tinégalité d'action de la chaleur solaire ^r les continens et sur les mers. Lorsque le soleil ré^ chauffe notre hémisphère , l'air au-dessus de la mer des Indes , étant plus froid que celui du continent asiatique, tend à remonter vers les terres ; et lorsqu'au contraire c'est notre hémisphère qui se refroidit , c'est l'air du continent oui tend à couler par le bas vers la mer. Ce genre de flux et de reflux atmosphérique est annuel , parce qu'il se règle sur la marche du soleil d'un équinoxe à l'autre. Nous avons, dans les brises de terre et dé mer, un autre exemple d'une pareille oscillation atmosphérique , due à des causes semblables ; mais elle est di^irne , parce qu'elle se règle sur la succession des jours et des nuits. Les brises sont des vents qui soufflent sur les côtes, le jour de la mer vers la terre, et la nuit dans la direction opposée. On les observe toute l'année dans la zone torride , et en été seulement dans les zones tempérées. La brise de mer a pour effet de tempérer le cli^ mat des lieux où elle souffle sous la zone torride , et principalehfient dans les îles. Pendant le jour^ le sol étant plus échauffé que la mer , l'air froid afflue de la mei vers le rivage ; pendant la nuit , au contraire , le sol se refroidissant plus que la mer , c'est du rivage que vient alors l'air froid , qui reflue vers la mer.
Lorsque par suite de quelque phénomène météoi'ok>gique, il se produit en un point de l'atmosphère une condensation ou une raréfaction subite , l'équilibre de l'air «st troublé , et il en résulte des yents de l'espèce de ceux qu'on nomme variables ou irréguliers. Il y a des vents qui se propagent par aspiration , et d'autres par
japolsioD. Les vents |;ai' aspiration soiil ceux qui souifie&tdaosuo sens et inarcLeiit clans icsensoppos(',conimc lèvent qai entre dans nn soufflet , où l'air est raréfié , «nias DOS poumons loisqu*ils se dilatent; les vents par i^dRoa sont ceux qui soufflent et se propagent clans IfttDie sens , comme celui qui provient d'un soufflet Afair est comprime*. Les vents ont des vitesses trèsâercntes. Cette vitesse est déjà considcH*able , lorsf^elle est de i o mètres par seconde ; quand elle atteint iSoa 3o mètres , on a ce que l'on nomme une tempête. S elle s'élève de 35 à 4^ mètres , il en résulte un ou* ^oi. Dans ce cas, le vent fait à peu près 3o lieues à nieure, ei son impulsion contre une surfai:e d'un pied carré pourrait soutenir lui poids de 52 livres. Les oura- ^ sont frécjuens dans la zone torride , et particulièrement aux Antilles , où ils produisent de grands ravages; ils abattent les arbres , renversent les maisons , et cansent des inondations considérables par le soulèvement des flots de la mer. Un autre phénomène non moins terrible , et qui se ra])porte aussi aux mouve.mens violens de l'air, est celui que présentent les trom* Am, ou ces tourbillons d'une force et d'une rapidité in- (onccrvable, qui apparaissent quelquefois entre un nuage et la surface de la terre ou de la mer. Leur forme est ordinairement celle d'une (x>lonne ou d'un cône renversé, dont la base s'appuie sur la nue; elles parcourent souvent de fçrandes distances , en enlevant ou en bouleversant tout sur leur passage. Gçs trombes semblent avoir an mouvement en spirale fort rapide ; lorsqu'elles se montrent sur les lacs ou sur les mers , elles pompent l'eau qui s'élève en tournoyant avec rapidité , et des quantités considérables en sont transportées jusqu'aux nuages.
Dés prinàpaux météores atmosphériques.
la rosée y dont tout le inonde a observe -les effets. Ce n'est autre chose que riiumidité de l air qui s'est déposée pendant la nuit à la surface des corps terrestres , qui, d'après leur nature et^leur exposition, ont subi, par le rayonnement vers l'espace , un refroidissement plus considérable que la couche d'air environnante. C'est un phénomène tout-à-fait analogue à la précipitation d'humidité qui s'opère en été sur les parois des vases contenant de l'eau glacée , ou pendant l'hiver sur les murs de nos maisons , lorsqu'ils viennent à être frappés par l'air chaud de l'atmosphère- au moment du dégel. Un corps placé par un ciel serein dans un lieu découvert émet plus d^ calorique rayonnant qu'il n'en reçoit , et se refroidit promp tenaient , si d'ailleurs- il reçoit peu du sol par voie de conductibilité. En effet , il rayonne vers les espaces célestes , sans que ceux-ci puissent lui rendre ce qu'il perd ; car le rayonnement de l'air est peu considérable , et celui des espaces planétaires est presque insensible. C*estpour cela qu'il fait plus -froid l'hiver , par un temps de gelée, en rase campagne que dans l'intérieur des vdles; et que le froid est aussi plus intense sur le sommet d'un pic élancé que sur la surface d'un plateau d'égale élévation. Ainsi, le rayonnement vers 1 espace est une cause d'abaissement de température pour les corps placés la nuit à la surface de la terre; mais la quantité relative de ce refroidissement pour chaque corps doit dépendre ej de la nature particulière de ce corps ou de son pouvoir rayonnant, et de la manière dont il est exposé. L'air des couches inférieures de l'atmosphère se refroidit aussi , mais beau* coup moins que les corps solides qu'il baigne, parce que son pouvoir rayonnant est très-faible. Il y a donc entre les corps de la surface terrestre et l'air environnant une différence de température qui doit être d'autant plus forte que la faculté rayonnante de ces corps sera plus marquée , et que de leur place on verra une plus
frande portion du ciel à découvert. Voilà pourquoi les erbes qui rayonnent beaucoup se couvrent plus vite de rosée que les métaux qui rayonnent peu , et pourquoi la rosée est plus abondante par un temps serein que par un temps nuageux. On voit donc que la rosée provient
de rbomidité atmosphérique qui se condense à la surbce de certains corps , parce qu'ils sont devenus plus faoids que Fair. C'est le même puéuomène que cdui qui ikadans nos appartemens, lorsqu'il se dépose de l'hunàbé à la surface des vitres. lorsque l'air extérieur "se idnidit la nuit , les vitres des fenêtres se couvrent d'Lu* iilité intérieorement ; c'est le contraire qu'on observe inqae l'air au dehors est devenu plus chaud que celui èia chambre.
Oe tout ce qui précède , on doit conclure qu'en géoàal tout ce qui diminue l'e'tendue de la portion du ciel ^i peut être vue de la place d'un corps , diniinue la pantité de son refroidissement nocturne. Des nuages qui s'interposent entre un coi^ps et le ci^ préviennent fOQ refroidissement. Tout le monde sait que les nuits nuageuses sont moins froides que les nuits sereines ; et (p'il ne se forme presque point de rosée par un ciel couvert. L'interposition d'un écran solide entre un corps et le ciel produit le même effet que les nuages ; de ià Tatilité des nattes et autres abris , dont se servent les agriculteurs pour garantir du froid les plantes délicates. La neige qui couvre long-temps le sol pendant l'hiver y bit aussi l'office d'un écran qui empcclie le froid atmosphérique de pénétrer profondément dans la terre, et contribue par là à la conservation des semences.
Les corps terrestres pouvant , par le refroidissement nocturne, acquérir une température inférieure à celle de Fair qui les baigne, il peut arriver qu'ils soient fortement gelés, quoique l'air extérieur se maintienne à plusieurs degrés au-dessus de zéro. Au Bengale , par exemple , il suffit que l'air arrive à 6 ou 8° pour que l'eau puisse se congeler par le rayonnement nocturne , ce qui permet aux Indiens de se procurer de la glace en élé. Dans nos contrées , il est une époque de l'année où la température de l'atmosphère n'est souvent que de 4» 5 ou 6° au-dessus de zéro pendant la nuit. C est celle qui correspond à ce que les jardiniers nomment /a lune rousse j c'est-à-dire k la lune qui commence en avril et finit en mai. Si la lune brille alors , c'est-à-dire si le ciel est serein , la ten> pérature des plantes descend au-dessous de celle de i'atiiiosphère , et les jeunes pousses se gèlent ; mais cette
coDgclallon n'a pas lieu si la lune est caciie'c par des nuages. C'est encore là un effet du. rayonnement nocturne ; les jardiniers l'attribuent faussement à la lumière de la lune, prenant ainsi pour cause ce qui n'est que le signe d'un refroidissement- plus intense. Il en est de cette action des rayons de la lune sur la végétation coinme des prétenaues influences de ses phases sur les changemens de temps.
Quand le refroidissement d'un air chargé d'humidité a lieu par le contact d'un corps solide , cet air dépose une sorte dç rosée sur la surface du corps ; mais quand le refroidissement a lieu au sein même de l'atmosphère, dans une certaine couche d'air peu élevée , et que la température de cette couche s'abaisse promptement au-dessous de celle qui convient à la densité de la vapeur dont elle est chargée^ cette vapeur ne pouvant plus subsister en totahté , se condense en partie sous forme de petites gouttelettes , qui tombent à terre ou qui demeurent sus* pendues et flottantes au milieu de l'atmosphère.. Lorsqu'elles se précipitent au moment même de leur formation , elles constituent le serein , petite pluie fine que l'on voit quelquefois tomber en été et au coucher du soleil , sans qu'il y ait d'ailleurs aucun nuage au ciel. Si ces pe* tites gouttelettes restent flottantes , elles grossissent en se réunissant les unes aux autres , et d'imperceptibles qu'elles étaient d'abord , elles deviennent capables de troubler la transparence de l'air, et forment ce qu'on nomme les brouillards ou brumes. Quelques physiciens pensent que les gouttelettes flottantes sont des vésicules, creuses très-petites , dont l'enveloppe extérieure est liquide comme les bulles de savon. Tout le monde connaît ces brouillards qui se forment le soir et le matin audessus des lacs et des rivières. Les brouillards du soir ont lieu après le coucher du soleil , par un temps calme et serein. Alors le sol du rivage se refroidit , ainsi que la surface des eaux , mais celle-ci beaucoup moins vite que les terres environnantes ; car aussitôt que des molécules liquides superficielles deviennent plus froides , elles deviennent en même temps plus denses , s'enfoncent dans la masse , et sont remplacées par des molécules chaudes, venant de l'intérieur. L'air qui est en con-
Qct arec le rivage doit donc bientôt se trouver plus froid
' ^oe celai qui est sur les eaux. Dès lors si le premier vient
i se mêkr avec le second , iLse refroidi t, e t celui-ci oui e'tait
1 a&Bé de vapeur , c'est-à-dire chargé de toute F humi-
Mqsie comportait sa température , est forcé d'en abaur
iaer une partie sous forme vésiculaire. En général, le
ftfaDge de deux airs chaînés d'humidité, et inégalement
iiads, produit du brouillard. Les brouillards au matin
aot lieu sur les nvières , lorsque l'air , étant plus humide
et beaucoup plus froid que les eaux , la vapeur qui s'é-
éappe de celie-ci se condense parla même raison que celle
oui s élève d'un vase rempli d eau chaude. Telle est aussi
lorigine des brouillards qui se forment au-dessus des
ririères , après une jduie d'orage qui a subitement la-
fraîchi l'atmosphère.
Les nuages sont des amas de brouillards épais, qui sont iospeudus ou flottent au milieu de l'atmosphère , et dont les vésicules sont assez grosses pour être visibles à la>ue simple. Tous les brouillards qui se forment à la surface de la terre , dans les lieux humides, les vallées , et prindpalement sur les flancs des montagnes et autour de leurs cimes , deviennent des nuages lorsqu'ils sont entrâmes par les vents. Mais il s'en forme aussi directement au milieu de l'atmosphère , soit par la rencontre de deux vents humides inégalement chauds , soit par la condensation immédiate de la vapeur d'eau, lorsqu'elle se produit en abondance , et qu'en vertu de l'excès de son élasticité sur la pression q^u'elle supporte, elle s'élève jusqu'à des régions trop froides pour la contenir tout entière à l'état élastique , soit eufîn par suite du froid qu'éprouve une couche d'air qui se dilate , lorsaue l'équiliore atmosphérique vient à être troublé par le transport subit d'une certaine quantité d'air d'un lieu daus un autre. Dans nos climats , les nuages se tiennent à une hauteur moyenne de 5oa toises. Quand ils baissent, on est menacé de la pluie ; c'est le contraire quand ils s'élèvent, et ils finissent par se dissiper loi*squ ils atteignent une certaine hauteur.
Lorsque dans une couche d'air chargée de vapeur vésiculaire il se produit un abaissement rapide de tempe-
rature , occasioné souvent par le mélange d'un courant ^ d'air plus froid, alors les gouttelettes des nuages forment par leur agglomération des gouttes* liquides trop consi- ^^ dérables pour qu'elles puissent rester. suspendues, et ^ elles tombent sous forme de pluie, La quantité de pluie , qui tombe annuellement sur un même point de la terre peut se mesurer à l'aide d'instrumens fort simples. Celle ^ qui tombe à Paris, sur la terrrasse de l'Observatoire, formeraitune couche d^eaull'uh demi-mètre d'épaisseur. En général , il tombe beaucoup plus d'eau sur les montagnes que dans les plcdnes ; les vents chauds et humides des plaines arrêtés par les montagnes , et forcés de s'élever en remontant les vallées , arri'^ent dans des régions froides où les vapeurs se condensent en nuages et se résolvent en pluie.' Il pleut aussi beaucoup plus dans les régions équatoriales que dans les climats tempérés, durant les saisons chaudes que durant les saisons froides. Si l'abaissement rapide de température qui se produit dans une couche d'air nuageuse dépasse le point de congélation de l'eau , alors la vapeur vésiculaire , au lieu de se condenser en gouttes de pluie , forme de petites parcelles de glace qui sont les rudimens de la neîge , et qui, par leurs rencontres répétées , se réunissent en flocons plus ou moins volumineux. Il neige d'autant plus abondamment dans un lieu , que ce lieu est plus voisin des pôles , ou qu'il est plus élevé au- dessus du niveau des mers. La neige s'accumule durant l'hiver , et fond à l'approche du printemps ; mais il y a des lieux où elle ne disparaît que pendant les grandes chaleurs de l'été , et d'autres où elle se maintient constamment. Dans ce dernier cas , on lui donne le nom de neige perpétuelle {y. page 70). he grésil est une neige grenue, et non floconcuse , dont les graios sont d,es réunions de cristaux plus ou moins serre's ou entrelacés, à surface le phis souvent comme saupoudrée de farine , et quelquefois enveloppés d'une mmce couche de glace transparente. Le grésil tombe ordinairement, dans nos climats, durant les mois de mars et d'avril. Le verglas n'est que de la pluie qui se congèle en touchant le sol , lorsque sa température est inférieure à zéro; le giyre ou la gelée
lilanche ji*est autre chose que la rosde gele'e sur place durant les fraîches matinées du printemps et de r automne.
Les gréions sont des globules de glace compacte , et |bi ou moins gros , qui tombent de l'atmosphère , et (jai/irennent naissance dans certains nuages orageux; ht réunion forme la gr^ie. Au centi'e des grêlons , il y ifresqae toujours un petit flocon de neige spongieux , ci tout autour des couches concentriques d une glace transparente , ou alteruatiyement diaphanes et opaques. Leur grosseur ordinaire est celle d'une noisette ; mais il en tombe quelquefois de beaucoup plus gros , qui cau- «nt beaucoup <àe ravafi;es à la surface de la terre. On en û TU qui pesaient plus a'une demi-livre. La grêle tombe ordinairement dans la saison chaude , et presque con* stamment de jour , accompagnant ou mieux précédant les pluies d'orage : il est rare que ce ne soit pas à la lueur des éclairs et au bruit de la foudre. Elle se forme sans doute à la suite d'un refroidissement subit et considérable, qui s'est opéré dans la région des nuages , et qui se fait sentir souvent à la surface du sol.
Les nuages orageux sont ceux dans lesquels l'clectricité atmosphérique s'est accumulée : ils sont caractérises par les éclaîirs et par la foudre. Quand un nuage est chargé d'électricité positive ou négative, celle-ci se dispose à la surface en une couche dont l'épaisseur variable est plus considérable vers les parties aiguës , et elle fait en chaqae point , pour s'échapper à travers l'atmosphère , uu effort qui augmente avec l'épaisseur de la couche on ce point. Si l'air ne peut résister à cet effort, l'électricité s'écoule subitement à travers l'air, sous la forme d'un trait lumineux, avec un certain bruit; cette lumière' électrique est ce qu'on nomme un éclair, et ce bruit est celui du tonnerre» L'éclair n'est donc que l'étincelle électrique par laquelle un nuage orageux se décharge de son exeès d'électricité Ubre : cette décharge est provoquée par l'attraction d'un autre nuage ou du sol terrestre , cnargé d'électricité différente ou bien ù l'état paturel. Quand elle a lieu entre un nuage et le sol , elle prend le nom de/oudre. La foudre tombe de préférence sur les lieux élevés, sur les arbres, les clochers en pointe, et
for L» nyàUean ooDâvcLecn. VnpereM^jiÊerrt est on «le o» CMftdacteim que l'on a disfios^ d'aTance aa-dessos d'un édifice, moins pour piéreuîr la cLi:t£ de !a foudre que jpoor la déloomer et la reciproir. loisqa^cUe doit UMDDer sur le bâtîmeiit, en loi ofirant on cbemin fias baie f€nr te wtndre dans le soL
Des mksUmem tméiéorijmet ami gnmirmt tic ralmorpLtrt,
On Toît de temps à antre tomber de ratmo^hère des Mibstances de . différentes natnres , et qui paraissent éiraniçéres à sa coostitution , tantôt solides et |dns ou moins compactes on nxmgieoses , tantôt pnlTéralentes. Lorsqu'elles sont solides , on leor dcnme communément le nom XaéroUtkts ou de méiéorites. Ces aêrolitfaes sont (ftielqtiefois des masses de fer très-compactes , offrant à letir superficie des indices de cristallisation , ou des masses de fer à texture cellulaire, dont les cavités sont remplies d'une substance vitreuse analogue au minéral
ton nomme péridot. Ces masses de fer se distinguent fers communs ou de fabrication par leur texture , leur malléabilité , et surtout par ce qu'elles renferment constamment du nickel et du chrome. Telles sont les masses tombées près d'Agram en Croatie , en i^Si , et dans la forêt de Naunbof en Misnie , vers 1 55o. On attriliue également une origine météorique à d'autres masses de fer , dont la chute n'est pas connue , mais qui offrent les caractères des précédentes , et se trouvent en blocs isolés à la surface du sol , reposant indifféremment sur toute espèce de terrain. Une des plus célèbres est celle que Pallas a trouvée en Sibérie , sur la cime d'une montagne, et qui pesait 1680 livres; d'autres ont été observées, au Mexinue, au Brésil, et dans plusieurs autres pays , et l'une d'elle était si volumineuse , que l'on a estimé son poids à 3o,ooo livres. Le plus souvent, les aérolithes ont intérieurement l'aspect de pierres communes d'un gris-cendré , au milieu desquelles sont disséminées des grains de fer métallique, mêlés de nickel et de dirâmc , lesquels grains , par leur exposition à l'air, deviennent des taches de rouille; ces pierres sont recouvertes par une légère croûte vitrifiée , d'un noir
plus ou moins luisant. Ce sont ces pierres météoriques , doQt les chutes ont e'té observées si fréquemment de nos jours, et qui tombent en assez grande quantité sur le même point , pour qu'on puisse voir dans ce phénomène Is^es de pierres dont parlent les anciens historiens. bàate de ces pierres est précédée de l'apparition d'un pie luaiineux qui se meut dans l'espace avec une ex- «"ime rapidité , et touiours à une très-grande hauteur. & globe , après av(Mr brillé pendant quelques momens, s'éteint brusquement , et éclate dans les parues sup^ lieares de l'atmosphère avec un bruit comparable à des détonations répétées de pièces d'artillerie. Dans les lieux oà il passe , on entend dans l'air des sifQemens et un hnit occasioné par la chute de pierres qui tombent avec rapidité , et vont s'enfoncer dans la terre à une profond deur plus ou moins grande. Non seulement les circonstances qui accompagnent la chute de ces pierres sont Sresque toujours les mêmes , mais il y a encore une ana^ )gie d'aspect et de composition très-remarquable entre la plupart des aéroUthes que l'on a recueillis jusqu'ici , quoique tombés dans des localités et à des époques très» différentes. On pense que ces corps sont étrangei*s à notre globe j et proviennent de ces amas de matière qui sont disséminés depuis l'origine des choses dans les espaces célestes , où ils circulent à la manière des comètes, et dont plusieurs sont portés dans la sphère d'attraction de la terre , qui les fait tomber à sa surface. Arrivant dans notre atmosphère avec une grande vitesse y ils s'en*flamment par l'effet de la chaleur que dégage leur frottement contre les molécules de l'air, détonnent, se brisent et lancent leurs fragmens sur la terre. On rattache à ce phénomène celui des étoiles filantes , que tout le monde connaît : celles-ci ne seraient que des corps analogues aux météorites , mais qui , entrant dans notre atmosphère avec une vitesse suffisante pour la traverser rapidement, ne feraient jque s'enflammer en passant. Outre les masses métalliques et pierreuses dont nous venons de parler , on a vu toQiber quelquefois des aérolithes spongieux 9 friables , et composés en grande partie aune matière charboneiise : telles étaient les pierres noires tombées à Alais en 1806. Ces pierres friables semblent
faire le passage des météorites ordinaires aux matières terreuses et pulvérulentes de diverses natures , qui tombent aussi de l'atmosphère y soit isolément , soit mêlées à la pluie. Ces chutes de poussières de diverses couleurs ont donné lieu aux fables de pluies de sang, et autres mentionnées dans quelques historiens. Elles ont été quelquefois accompagnées de chutes de pierres , comme aussi d'un météore de feu. Ces matières paraissent contenir à peu près les mêmes élémens que devaient avoir les pierres météoriques avant leur comoustion et leur fusion ; elles ne diffèrent peut-être qu&par l'extrême division de leurs parties , et par le degré de chaleur auquel elles ont été^soumises. Il est probable que dans les poussières rouget et noires , c'est l'oxide de fer qui est la principale matière colorante. Dans les poussières noires, il y a sans doute aussi du carbone. Il paraît cependant que les chutes de poussières n'ont pas toutes une origine météorique , et que le vent , en balayant à la surface de la terre de grands amas de matières terreuses , les transporte quelquefois à de grandes hauteurs dans l'atmosphère , comme il entraîne souvent le pollen des fleurs et les graines de certains végétaux. Les poussières atmosphériques ne sont pas encore le dernier état sous lequel la matière dispersée dans l'espace peut parvenir jusqu'à nous : on admet qu'elle peut être encore plus atténuée , et réduite en molécules impalpables, de manière qu'elle ne descende à travers l'atmosphère qu'avec beaucoup de lenteur, et l'on explique ainsi l'apparition de certains brouillards extraordinaires, qu'on appelle des brouillards secSj parce qu'ils ne sont point formés par la vapeur d'eau. Tels sont ceux qui se sont montrés en 1 783 et en i83i.
DES BAtTX Q01fTIHElfTAI.ES ET DES MERS.
L'eau qui séjourne au sein de l'atmosphère, sous forme de vapeur ou de nuage , provient de l'évaporation qu'éprouvent continuellement les eaux des mers et des continens^ L'évaporation enJiève annuellement à la mer une
1; anche d'eaad'enTiron un mètre d'épaisseur; ce qui ii'eitilèdiepas qae son nireau ne se maintienne sensiblement A hnême hauteur j parce qu*elle reçoit une égale d'eau des ^às et des fleuves. L*eau de l'océan , ainsi réduite en Tifor et répandue dans l'atmosphère y y circule sous ne de nuages, et finit par retourner à la surface du jUesous forme de pluie, de neige , etc. Une partie de de qui toDibe sur les continens , pénètre le sol , s'inftie a traTers les terrains meubles ou perméables -, ou facend par les fissures naturelles qui interrompent la confinnité de leurs couches , jusqu'à ce qu'elle en rencontre une qui soit imperméable, comme un lit d'nrgile, par exemple : alors elle se répand sur sa surface , en suit loates les sinuosités , et finit par reparaître au jour à Hntersection du plan de cette couche avec la superfioe du sol ; telle est l'origine des eaux souterraines et des sources. Une autre partie de l'eau tombée de l'atmoMphère se réunit en torrens et en rivières qui suivent sur la surface terrestre les lignes de plus grande pente, lesquelles s'approchent de plus en plus aes grands réservoirs des lacs ou des mers , à mesure que ]es eaux prolongent leur cours "5 telle est* l'origine des eaux courantes et des grands amas d^eaux stagnantes à la surface des continens.
Des sources et cours d'eau souterrains.
Les fissures et les cavernes qui existent dans l'intérieur du globe terrestre servent de canaux et de réservoirs aux eaux souterraines. Ces eaux se répandent aussi à travers certaines couches meubles et poreuses , et lorsqu'elles y sont retenues entre d'autres couches imperméables , elles forment des nappes d'eau d'une étendue considérable , qui suivent toutes les inflexions de ces couches ; ces nappes d'eau qui ont quelquefois plus de 2oà 3o lieues de longueur, se relèvent ordinairement d'un côté, en même temps que les couches qui les contiennent, car ces couches conservent rarement une position horizontale , et elles prennent leur origine dans les parties les plus élevées, là où les deux terrains, le per-
méable et ^imperméable , viemient couper la superficie du sol. C'est à la ligne d'intersection supérieure de ces couches avec la surface terrestre que sont absorbées les eaux qui alimentent les nappes souterraines , et ces eaux ont souvent pour réservoirs les lacs ou les rivières. Lorsque ces nappes , après être descendues plus ou moins profondément dans le sol , se relèvent de nouveau du c6té opposé à celui de leur origine , et vont trouver une nouvelle issue extérieure à un niveau moins élevé que le point d'où elles sont parties, elles donnent naissance à ime source ou fontaine naturelle. Dans les points où ces nappes ne se relèvent point d'elles-mêmes , et demeurent cachées à une grande profondeur au-dessous du sol^ on peut faire naître artificiellement une somxe en creusant un puits artésien , c'est-à-dire en établissant une communication entre la surface du sol et la nappe d'eau au moyen d'un trou de sonde que l'on aarnit d'un long tujau cylindrique, dans lequel l'eau s élève sans pouvoir se perdre dans le terrain environnant. L'eau est ainsi dans mie espèce de siphon dont la longue branche est située du côté du réservoir qui alimente la nappe^ et dont la courte branche est représentée par le cylindre, où elle remonte. On sent que par cette disposition l'eau peut même jaillir du puits foré , si la hauteur d'où elle est partie surpasse notablement celle de l'orifice par où elle sort au jour. Telle est l'origine des sources artésiennes, et de certaines eaux jaillissantes naturelles. On voit aussi qu'à raison de la disposition des couches intérieures du globe, un puits ai'tésien peut très-bien réussir dans une plaine éloignée de toute montagne : la seule condition nécessaire , c est qu'il existe un réservoir supérieur qui alimente une nappe retenue à une certaine profondeur par des couches imperméables , et ce réservoir, qui le plus souvent est une rivière , peut être situé à une très-grande distance du point où l'on exécute le pei^cement, là où les couches viennent en se relevant expirer à la surface du sol. Il y a des fontaines naturelles qu'on nomme intermittentes y parce que leur écoulement n'a lieu que par intervalles; telle est la Fontaine Ronde , près de I^ontarher. Ce phénomène, que Ton imite trèsbien par uue certaine combinaison de siphons , tient à
}i ae disposition scmHaMe des canaux qui aliiuenteui la
buine.
D existe en plosieais endroits , et notauunent dans les
fRsoà les couches sont interrompues par de nombren-
us mêmes , des coors d'eau souterrains d'un volume
mUi ahle. Cest ce que prouvent ces grottes ou ces
fores d'entonnoirs d'où I on voit sortir de véritables
flières , et ces gou£&es où d'autres vont s'abimer et dis*
naître. Noos citerons comme exemple du premier cas
a rivière de Taucluse, la rivière d'Orbe dans le Jura ,
et le Loiret. Le cours du Rbône présente un accident
foi nous représente jusqu'à un certain point le second
oère , Teaa s'engouffi^ entre des rochers qui se rapprodioit asses dans leur partie supérieure pour que , clans h saison des basses eaux , le fleuve soit dérobe entièrement à la vue pendant une soixantaine de pas. C'est cet accident qu'on nomme la Perte du Rhône.
Des eamx minérahs et ehermaler.
Les eaux , en coulant dans l'intérieur du globe à Cravers les masses minérales , s'y chargent de diverses substances qu'elles ont dissoutes , et qu'elles portent avec elles lorsqu'elles sourdent à la surface du sol. Celles qui contiennent une quantité notable de matières solubios prennent le nom d^eaux minérales. On y ajoute celui de thermales , loi*squ'elles sortent chaudes de rintéricur de la terre. Il y a des eaux minérales à différens degrés , jusqu'à celui de l'eau bouillante : cette chaleur des eaux thermales est un phénomène que Ton explique en admettant que les eaux viennent de lieux plus ou moins profonds, où elles ont séjourné, et dont elles ont pris la température : nous verrons en effet plus bas que ces couches terrestres ont une chaleur propre , qui est d'autant plus intense , que ces couches sont situées plus profondément dans l'intérieur du globe. Les sources nous apportent donc généralement la température des lieux souterrains d'où elles viennent. Nous citerons, parmi les eaux minérales les plus célèbres, et dont la plupart sont en usage dans la médecine , les eaux salines de Plombiè-
res, daas les Vosges , les eaux acidulés de Yichi, dans le détement de l'Allier, et du Mont-d'Or, dans le Puy-de- Dôme , les eaux acidulés et sulfureuses de Barrèges dans les Pyrénées , d'Aix en Savoie , de Garlsbad en Bobéuie, les Geyser d'Islande ' ou eaux jaillissantes tenant de la silice en dissolution , les eaux bitumineuses du Monte- Zebio dans le Modénais , etc.
Des rivières ei des lacs.
Les eaux qui exi3tent à la surface de la terre se partagent en eaux courantes (ruisseaux, torrens> rivières et fleuves), et en eaux stagnantes (lacs et mers intérieures). Les fil^s d'eau produits par les sources ordinaires, par les pluies et la fonte des neiges dans les montagnes , se réunissent d'abord en ruisseaux , en torrens , puis en rivières et en fleuves , qui se rendent dans les grands bassins U'eaux stagnantes , qui sont les lacs et les mers. La plupart des grands fleuves ont leur embouchure dans l'océan ; cependant il arrive quelquefois que leurs eaux, avant d'y arriver , se disséminent et se perdent au milieu des sables. A mesure qu'un fleuve approche de son embouchure, son lit à'élargit, et la vitesse de ses eaux diminue : cette diminution de vitesse leur fait déposer en plus grande quantité les particules terreuses et les sables fins oui y sont restés suspendus ; de là vient que la pai^tie intérieure du lit d'un cours d'eau tend en général à s'exhausser , et qu'il se forme des atterris semens à son embouchure. L espace triangulaii^e, nommé Delta ^ compris entre les bouches du Nil, a été produit ainsi par les anciennes alluvions de ce fleuve , qui ont comblé une partie du golfe dans lequel il se déchargeait ; et on appUaue c«tte dénomination de Delta à tous les terrains semblablement formés (Delta du Rhône, Delta du Gange, etc.).
Les Icuis peuvent être divisés en deux classes. Les uns sont des bassins traversés par le lit d'un fleuve , ou bien des espèces de réservoirs dans lesquels se rassemblent les eaux supérieures , et d'où il sort toujours un ou plusieurs cours d'eau; ce sont toujours des lacs d'eau douce. Tels sont en Europe : le lac de Genève , traversé par le Rhône; le lac Majeur^ traversé par le Tessin ; le lac de
Constance, traTerse par le Rhin ; en Amérique ceui que tn?ersele Saint-Laurent , etc. Les autres lacs ont aes aftoens et point d'issue ; ils ne dépensent que par Téva- ^tion tout ce que les courans leur apportent. C'est à cette dasse qu'appartiennent les lacs salés : tels sont le ly d'Aral > la mer Caspienne , etc.
La température . des lacs est extrêmement variable à kr surface : en hiver cette surface peut se congeler ^ tindis qu'en été elle peut atteindre des températures de 20 à 25®. 11 n'en est pas de même pour les couches profondes : la propagation de la chaleur a Ueu dans les masses fluides suivant des lois oui leur sont propres. L'eau ne s'échauffe pas autant que les couches supérieures de la terre, parce qu'elle se laisse pénétrer plus fieicilement aux rayons de chaleur , et que ceux-ci se distribuent à une masse plus considérable. Le refroidissement il'une masse d'eau par le rayonnement nocturne est aussi moins conndërable que celui du sol. Dans un solide , les molécules refroidies par rayonnement étant dépourvues de mobilité , le refroidissement ne peut se propager que par voie de conductibilité. Dans les liquides, il y a une autre cause de refroidissement , c'est le déplacement des molécules. Les molécules superficielles, devenant plus denses , s'enfoncent et sont remplacées immédiatement par des molécules chaudes. L'observation fait voir qu'en été , dans nos climats ,t la température des lacs d'eau douce va sans cesse en décroissant^ pour des couches de plus en plus profondes.il semble que la même chose devrait encore avoir lieu pendant l'hiver , et que par conséquent la surface ne pourrait atteindre la température zéro qu'autant que toute la masse inférieure se trouverait au-dessous du point de congélation. Mais il n'en est pas ainsi : lorsque la température est au-dessous de 4** et demi , on observe que la température est croissante avec la proifondeur jusau'à une certaine couche qui est à 4* et demi, et qu'audessous de celle-ci , la^ température reste constante et fixée à ce même point. Cela tient à ce que l'eau pure a un maximum de .densité , c'est-à-dire qu'il existe une température au-dessous de laquelle l'eau, loin de se condenser en se refroidissant , se dilate au contraire , et cette température du maximum de densité de l'eau est
précisément celle de 4° et demi. Dès 'que les couches de là surface du lac sont arrivées à cette température , leurs molécules tombent et sont remplacées par d'autres qui /enfoncent à leur tour jusqu'à ce que toute la masse soit arrivée à cette température limite. Le froid continuant, la diminution de chaleur ne se trouve plus accompamée d'une augmentation de densité , les molécules refroidies restent à la surface, et dès lors la masse fluide se comporte comme si elle était solide ; le froid ne descendant plus que par voie de conductibilité ,. la température doit être croissante à partir de la sui'face jusau'à la température limite de 4"* et demi , qui s'était étaolia primitivement dans toute la masse. Ceci nous explique un fait qui avait beaucoup frappé les premiers observa-* teifrs : c'est que la température du fond des lacs de la Suisse est à peu près constante en toute saison , et comprime entre 4 et 5^.
De t Océan.
Les continens sont entourés par les mers qui communiquent entre elles , et dont la réunion forme Y océan, La. surface de cette immense étendue d'eau est presque les trois quarts de celle du globe. Sa profondeur est très-variaDle ; mais elle ne parait pas devoir dépasser la plus grande élévation des montagnes au-dessus de son niveau. On estime que la profondeur maximum ne va
Eas à plus de 7 à 8000 mètres (une lieue et 4/^)9 et que i profondeur moyenne n'excède guères 1600 mètres (1/4 de lieue) , ce qui veut dire que si la masse de l'océan formait une coucne uniforme sur toute la surface de la terre, cette couche aurait environ mille mètres d'épaisseur . L'eau de la^er contient en dissolution trois et demi pour cent de matières salines, dont les principales sont, le sel marin (ou l'hydro-chlôrate de soude), le sulfate etl'hydrocblorate de magnésie. Ce degré de salure de la mer est sensiblement le même dans tous les parages, si l'on excepte ceux où des circonstances locales amènent le mélange des eaux marines avec les eaux douces; par excmpie les embouchures des grands fleuves. L'eau, de la mer a aussi comme l'eau douce un maximum de densité qui , dans les expériences récentes de M. Despretz ,
s'est manifesté à une température d'environ 3* au-dessoas de zéro. Le même pliysicien a reconnu en même temps que son point de congélation était supérieur d'un degré à cette température, lorsque Teau était agitée; nuus ([ue dans l'état de repos, elle pouvait être mainteoaejasqu^à i5^ au-dessous de zéro, sans passer à l'état solide. >
La température de la mer à la surface varie beaucoup moins que celle de la superficie du sol terrestre. Nous ivoDs déjà fait observer qu'à cause de la mobilité dés molécules, une masse d'eatkne pouvait être comparée à la terre ni pour le réchauffement pendant le jour, ni pour k refroidissement nocturne. L'air, par son contact perpétuel avec la mer, participe à cette uniformité de température qui tend à se maintenir à la surface des eaux. Dans les zones torride et tempérées , la température des mers diminue en raison de la profondeur^ comme nous avons YU que cela avait lieu pour les lacs y dont la température à la surface était supérieure à celle du maximum de densité de l'eau. Dans ce cas en effet , le fond des mers et des lacs doit tendre, en vertu des lois de l'équilibre des fluides , à prendre cette dernière température. Dans les mers polaires, au contraire, la température augmente avec la profondeur. Vers les pôles, à 700 brasses de profondeur, la température est de 2 k^y tandis que celle de la surface est presque toujours au-dessous de zéro.
Les eaux de la mer sont soumises à divers mouvemens, dont les uns sont généraux, les autres particuliers à cer^ tains parages : ce sont les marées et les courons. Les marées, ou le flux et le reflux, consistent dans un mouvement général et périodique d'élévation et d'abaissesement. Le soleil et la lime exercent sur les eaux de l'océan une action qui les soulève eties abaisse alternativement deux fois en vingt-quatre heures et à des intervalles de temps réglés , dans" le même lieu. La lune attire inégalement les diverses parties du globe terrestre ; elle agit davantage sur celles dpnt elle est plus près, et moins sur celles dont elle est plus éloignée. Ainsi la partie de l'Océan qui recouvre l'iiémisphèixî tourné vers la lune est plus attirée que le noyau solide du
globe, et celui-ci plus que la partie de l'oce'an située gur riiémisphère opposé. Or, les différentes parties de Tocéan étant libres et mobiles peuvent céder séparément à l'action exercée sur chacune d'elles , et doivent le faire proportionnellement à l'intensité de cette action ; par conséquent, la partie fluide située au-dessous de la lune s'approche plus de cet astre que ne le fait le noyau terrestre, et la partie fluide située du côté opposé reste en arrière par rapport à lui. L'océan prend donc la forme d'un sphéroïde allongé dont l'axe est dirigé vers la lune. Le soleil agit sur l'océan comme fait la lune, mais dans une direction qui varie suivant la situation de cet astre, en sorte que tantôt son action conspire avec celle de la lune, et tantôt elle lui est contraire. L'action de la lune^ étant environ trois fois plus intense que celle du soleil, détermine la plus grande partie de l'effet des marées ; aussi le mouvement de celles-ci se règle-t-il principalement sur le mouvement de la lune. La mer est pleine dans un lieu , ou \tflux est achevé , peu de temps après le passage de cet astre par le méridien du lieu : elle est pleine en même temps aux antipodes , c'est-à-dire, au point diamétralement opposé s'il appartient à l'océan. A mesure que la lune s'éloigne du méridien, l'eau s'abaisse, le reflux commence, et lorsqu'elle est à 90** du méridien, les eaux sont arrivées au terme de leur abaissement , et la mer est basse. Ainsi les eaux de la mer s'élèvent deux fois dans l'intervalle qui s'écoule entre deux passages de la lune par le même méridien, intervalle variable dont la durée moyenne surpasse d'environ trois quarts d'heure celle du jour, ce qui fait retarder d'autant le moment de la pleine mer. Les actions du soleil et de la lune ayant tout leur eflet, lorsqu'elles ft'exercent dans la même direction , les marées qui répondent aux pleines lunes ou aux sizygies ' doi-
* La lane emploie à faire une révolation complète da ciel a 7 jours 7 heares et 43 minnîes; et comme pendant ce temps le soleil parait s'avancer dans le même sens , elle doit mettre an temps nn pea plas long à parcoarir la circonférence da ciel , plas le chemin fait par le •oleil. Ce temps, qni est de ag jours xa heares 44 minutes, est le mois lunaire. Pendant cette rérolation, la lane prend par rapport au
reutétre plus considérables que les autres. jLia différence de niveau entre la plus grande élévation et le plus grand abaissement des eaux dans deux marées conséculiveSy eslla marée totale. Sa grandeur varie avec les phases de hlooe^ et suivant les localités et les circonstances. La Auteur moyenne de la marée totale est à Brest de 6 mè* tres4i centimètres. On a remarqué que dans les ports de France , les plus grandes marées suivent d*un jour et demi les instans de la nouvelle et de la pleine lune.
Les eaux de l'océan sont diversement exposées par leur surface à l'action des vents et aux rayons du soleil, et le fond du bassin qui les renferme est échauffé trèsinégalement depuis les pôles jusqu'à Téquateur. Ces deux causes entretiennent des mouvemens considérables à la surface et dans rintérieiu* des mers , en déplacent toatesles parties, et produisent des courans soit gêné*
soleil tonles les sitaations possibles, desquelles résultent ses divers aspects oa phases. Le mois Innaire commence an moment oh la lane le troove directement interposée entre le soleil et la terre , ce qu'on nomme la conjonction. Dans ce cas , nous n*aperce7ons aucune partie de lliémisphère éclairé de la lune; elle n*est donc pas visible pour nous , et Ton dit qu'elle est nouvelle. Il peut se faire qu*il y ait en même temps éclipse de soleil , c'est-à-dire que la lune nous cache en tout on en partie le disque de cet astre ; mais cela n*a pas lieu à tontes les nouvelles lunes, parce que forbite décrite par la lune autour de la terre n*^t pas dans le même plan que celle de la terre autour do soleil, n ne peut y avoir éclipse qu'autant que la conjonction arrive vers Pépoque où la lune rencontre le plan de Técliptique, et c^est pour cela que ce dernier nom ^ été donné à Torbite de la terre. A x4 jours iS heures du moment de la conjonction ou de la nouvelk* lane, la terre se trouvant entre les deux asti'es, nous voyons en entier l'hémisphère éclairé de la lune. Le temps où cela arrive s'appelle Vop' position j et la lune est silon pleine. Dans ce cas, il peut se faire qu'il y ait en même temps éclipse de lune, c'est-à-dire que la luse se trouve dans l'ombre que la terre porte derrière elle , et cesse d'être éclairée par le soleO. Mais il faut pour cela que l'opposition ait lieu vers l'un des passages de la lune , par le plan de l'écliptiqne. La conjonction et Topposition , ou la nouvelle et la pleine lune, sont les syzigies. Quand la lune est éloignée du soleil d'un quart de circonférence , elle est dans] la première on dans la seconde quadrature. On n'aperçoit alors que la moitié de l'hémisphère éclairé de la lune. Cest le premier ou le dernier quartier , selon que le bord arrondi du croissant est tourné à l'occident on à l'orient.
vaux et réguliers, soit particuliers et variubies. Le plus i important de tous ces courans est le'mouvenient géuéral t de r^st à l'ouest qui règne dans la zone torride, et qu'on nomme le grand courant équatoriaL II a e'te' reconnu particulièrement dans le grand Océan ;il existe aussi dansTOcéan Atlantique, mais la disposition des golfes et des îles dans cette partie modifie ce courant d'une manière remarquable ; la largeur de ce grand courant varie considérablement : aux environs de l'île Sainte-Hélène, elle va, dit-on, jusqu'à 4<>o lieues. Sa vitesse est aussi très-variable : elle est au moin^ de cinq lieues par jour. On a attribué la cause de ce courant à l'impulsioti constante des vents alises qui soufflent toujours de l'est à l'ouest dans ces régions. La déviation qu'il éprouve dans l'Atlantique à la rencontre du continent américain, donne lieu à un courant particulier dans le golfe du Mexique , que l'on appelle le Gulf-Stream (ou courant du golfe). Les eaux portées dans la mer des'Caraïbes et dans le goife du Meixicpie par le courant équatorial , après avoir fait le tour du colfe , en sortent pour ainsi dire comme un fleuve rapide par le canal de Baliama nu midi de la Floride, et longent ensuite les côtes des États-Unis jusqu'à la rencontre (Ju banc de Terre-Neuve. Là, le courant se dilate, diminue de vitesse, et changeant de direction ; il tourne vers l'est et va jusqu'aux Açores ; on le voit ensuite se diriger au sua-est, puis au sud, passer à Madère, aux Canaries, et se jeter aux lies du Cap-Vert dans le grand courant équatorial, où ses eaux se portant vers les côtes de Caraccas reprennent ainsi la route du golfe du Mexique, pour recommencer leur révolution. On estime que cette révolution s'accomplit en deux ans et demi. Les eaux de ce courant se distinguent de la masse de rOcéiui qu'elles traversent, par leur température qui est beaucoup plus élevée , et par leur vitesse , dont la valeur moyenne est d'une lieue à Tlieure. Ce courant, comme la plupart des autres , est accompagné en quel*ques endroits de contre-courans, et même de sous-courans qui vont également en sens contraire. On observe dans certains parages des courans particuliers, qui paraissent dus, pour la plupart, soit à des déviations partielles du grand courant équatorial, soit au trop^plein d'une inci-
qui se deTerse dans une autre. Tels sont : le courant dafiosphore, allant de la jner Noire à la Méditerranée ; odoi du Sand dirigé de la Baltique vers l'Océan ; et céai du détroit de Gibraltar , par lequel les eaux de ¥Océan entrent dans la Méditerranée , longent les côtes JefAfrique, pénètrent au fond du golfe de Venise, confegment les golfes de Gênes et de Lyon , et sortent de il Méditerranée le long de la côte dTspagne.
DBS GOirXISEJrS BT DBS ILBS.
Les eaux qrui recouvrent près des trois quarts de la surface du globe, laissent au-dessus de leur niveau les parties les plus élevées , qui sont les îles et les continens. Les continens , qui ne sont , à proprement parler, que de tiès-grandes.îles, sont au nombre de trois ; l'ancien continent, partagé en deux grandes presqu'îles, très-inégales, dont Vune comprend l'Europe et l'Asie, et lautre lAfrique ; le nouveau continent ou l'Amérique , divisé pareillement en deux grandes péninsules, moins inégales, qui sont l'Amérique du Nord, et l'Amérique du Sudj et le continent de la Nouvelle-Hollande. Les deux premières partagent l'Océan en deux bassins principaux , l'Océan Atlantique compris entre les côtes occidentales de l'ancien continent et les côtes orientales du nouveau, et le grand Océan compris entre Ites côtes occidentales du nouveau et les côtes orientales de l'ancien. Diverses portions de l'Océan, en s'avançant dans les terres, y forment des golfes, et des mers intérieures qui communiquent entre elles et avçc les grands bassins océaniques par des détroits. Nous avons dit que la portion de la surface terrestre qui est à sec formait à peu près un quart de la surface totale, Les terres qui composent ce quart ne sont pas également réparties sur la surface du sphéroïde. L'hémispbère boréal en présente trois fois plus que l'autre. L'inspection d'une mappemonde montï» en effet que les deux grands continens ont leurs parties les plus larges situées vers le nord, et tournent au contraire leurs pointes vers le sud.
En considérant la surface des continens, on la voii
découpée en dififérentes manières, par des élévations et des enfonce mens, et sillonnée dans divers sens par des systèmes d'ondulations ou de rides, les un£s.4'un ordre inférieur, les autres beaucoup plus considérables. De là la distinction que l'on fait des différentes parties des continent en régions de plaines et de collines , et en régions de montagnes. Les montagnes se composent de pics groupés entre eux, et le plus souvent assemblés en chaules parallèles , que séparent des vallées plus ou moins {Profondes. Les plaines se distinguent en plateaux ou plaines élevées de plusieurs centaines et quelquefois d'un à deux milliers de toises au-dessus du niveau de l'océan, en plaines hanses, peu supérieures à ce même ni^ veau, et en dépressions ou cavités qui lui sont inférieures. Ainsi la surface des continens présente un mélange continuel d'inégalités en relief ou en creux.
Dans les îles arrondies, à surface montueuse, il y a ordinairement un pic central, ou des montagnes groupées circulairement entre elles ; dans les îles allongées, et sur les continens, ce sont des chaînes continues qui les traversent dans le sens de leurs plus grandes dimensions. Ces chaînes se croisent quelquefois , et le point de croisement forme ce qu*on appelle un nœud de montagnes. Les géographes ont cherché à rattacher les diverses chaînes les unes aux autres, et ont souvent établi entre elles des liaisons imaginaires : nous verrons néanmoins qu'il existe entre des chaînes souvient très -éloignées, aes rapports de position et de structure , que les observations géologiques nous ont fait connaître ; et qui rendent leur classin cation plus simple et plus facile. Les principales chaînes de l'Europe , sont : La chaîne des Alpes , comprenant les Alpes occidentales et la chaîne centrale qui s*étend du Valais en Autriche ; les Pyrénées et les Apennins ; les Carpathes , les Alpes Scandinaves ; le Balkan ; le Caucase et l'Oural, qui forment à l'est et au sud, la limite naturelle deTEurope et de l'Asie. Les principales chaînes de l'Asie, sont: à l'ouest, le Taurus et le Liban; dans la partie moyenne et intérieure, les quatre grands systèmes qui la traversent de l'est à l'ouest, savoir : l'Ahaï, le Thian-Chan ou Mouztagh (Monts-Célestes), le Kouen-Loun ou la chaîne septentrionale du Tibet,
et rHimâlaya ; au sud-est de la GaspicriDC , riliiidou- Kbo, qui n est que la continualiou occldeutalu Je riii* mâlaya et^iai Kouen-Loun, après leur réunion entre eux et avec le rameau transversal du Bolor (ou Bclour-
rintérieur, les montagnes de la Lune , et divers auti-es svstèiues, dont la position est encore peu connue. L'Ainérique nous offre Tiaunense Cordillère des Andes, qui s'étend dans le sens de la longueur du continent : on trouve en outre dans sa partie mcriiUonale, la Cordillère du Brésil, dans sa partie septentrioualc, les monts Alléghanys^ etc.
Les chaînes les plus élevées et les plus hautes souh mités que l'on connaisse sont situées entre les tropiques. Les chaînes de montagnes paraissent baisser généralement de hauteur, à mesure qu'on avance en latitude , abstraction faite de quelques relèveniens partiels. Voici les liauteurs absolues des cimes les plus remarquables dans l'ancien et le nouveau monde. En Asie , le Dbawala^liiri et le Djawahir, les deux pics les plus élevés de THimâlaya ( au Tibet) ont , l'un 4390 toises , et l'autre 4026 toises ; l'Ararat, en Perse, a 2^00 tois(;s ; l'Elbrouz, dans le Caucase, 2670 toises ; en Amérique , le 5orata , dans la Cordilière orientale des Andes au Pérou, 3().{8 toises; rillimani, S^Sô toises; le Cbimborazo, dans les Andes de Quito, 335o toises ; le Popocatepetl, au Mexique, 2770 toises. En Europe, le Mont-Blanc, dans les Alpes de Savoie ^2468 toises; la Malabilc ou le Pic de Netbou, dans les Pyrénées, 1 786 toises. Eu Afrique, le pic de 'Ténériffe, 1 ooS toises. Si nous passons à des régions plus septentrionales, nous trouvons le Sneebaten, CQ Norwège, qui n'a plus que 1282 toises ; le petit Allai, en Sibérie» est encore moins élevé ; le Spitz))erg n'a point de sommité qui dépasse 700 toises; i'Ourai, une des chaînes qui s'avancent le plus vers le nord , est tout au plus comparable pour son degré d'élévation, à nos chatues des Vosges et du Jura.
Les plateaux ou plaines élevées sont de différentes grandeurs ; de vastes et larges plateaux , situés à uut
le PAATIB, 5
CgS)
hauteur considérable, forment un des traits caracte'iisti» ques du nouveau continent. Les plateaux de Bogota , ae Quito, d'Antisana et Titicaca, qui s'étendent entre les Cordillères orientale et occidentale du Haut-Pérou , ont une élévation conrprise entre i4oo et 2100 toises. Le grand plateau du Mexique, large de cinquante lieues, et long de plus de i5o, a 1 168 toises de hauteur aux environs de Mexico. Dans l'ancien continent, nous citerons le plateau de l'Iran , en Perse , qui a 65o toises. Entre FAltaï et l'Himalaya , il n'existe point de plateau continu, comme le supposent les géographes , lorsau'ils parlent du plateau central de la Tartarie , dont ils font le berceau de la civilisation du monde ; mais il y a plusieurs plateaux de différens ordres , et généralement d'ordre assez inférieur. Des élévations comparables aux hautes
{>laines de Quito et de Titicaca, ne se trouvent que dans e Tibet et dans le désert de Gobi. Le reste est un terrain à niveau varié, offrant de vastes étendues, dont l'élévation est probablement de 2co à 3oo toises au plus , comme les plateaux d'ordre inférieur ( tels que ceux d'Espagne, de Souabe, de Bavière, etc.)
Les plaines basses ou plaines proprement dites , sont nombreuses dans l'ancien continent , où elles forment souvent, en communiquant entre elles sur de grands espaces , et d'une mer à l'autre , comme des coupures naturelles de ce continent ; si le niveau de l'océan venait à s'élever de 4o à 5o toises, toutes ces plaines basses seraient envahies par les eaux , et le continent se trouverait réellement partagé en plusieurs régions insulaires, dont la conûguration serait déterminée par les grandes chaînes de montagnes. Les plaines belges, baïtiques, sarmates, sibériennes, forment une de ces grandes cou-
Ïmres, qui s'étend d*une manière continue , de l'ouest à 'est, depuis le Brabant jusqu'à la Dzungarie chinoise, sur une longueur qui égale presque la moitié' de la circonférence du globe. On peut, en partant des côtes de la Belgique, se diriger à l'est jusqu'aux Steppes asiatiques qui entourent la pente occidentale des monts Altaï, sans franchir une hauteur de aoo à 220 toises ; et la hauteur moyenne de ces basses régions du nord n'excède pas 5o toises. Il existe sous le tropique une seconde et large
ceinture , presqae continue , de plaines basses et sablon- Denses, qui s'étend depuis rextfémité ouest du Sahara, jisoa'à rextrémité est du Gobi , à travers le centre de imme , de TArabie, da la Perse, du Candahar et du m$ des Mog^ls.
La dépression d'une vaste étendue du sol terrestre a-dessous du niveau de Vocéan, est un phénomène dont la Russie et la Perse nous ofirent un exemple re- Biarqnable, et dont l'existence n'a été reconnue que dans ces derniers temps. Il y a dans TAsie occidentale, autour de la naer Caspienne et du lac Aral, une immense concavité de 18,000 lieues carrées, dont le niveau est de beaucoup inférieur à celui de l'océan. La Caspienne et TÂral en occupent les parties les plus basses. Le niveau de la Caspienne est de 100 mètres (plus de 3oo pieds) au-dessous du niveau de la mer Noire ou de l'Océan ; celai de l'Aral est à 1 1*7 pieds au-dessus de la Caspienne. Âa cœur même de la Aussie , le cours du Volga et les contrées que ce fleuve traverse, sont encore à i5o pieds de dépression. Celte grande cavité communique avec les basses régions du nord de l'ancien continent, vers Orenbourg à l'ouest de l'Oural; elle prolonge, par conséquent, ces plaines vers le sud, jusqu'au pied de l'Hindou-Kho.
Des températures terrestres.
1*. Température de la couche superficielle du sol. — Nous avons vu quelles sont les causes qui déterminent la chaleur de l'air à la surface terrestre , et par conséquent aussi celle de la couche superficielle du sol, dont cet air tend à prendre la température. Nous avons dit que cette température changeait non seulement d'un lieu à on autre, mais que dans le même lieu elle éprouvait encore des variations diurnes et annuelles , dues à ce que ce lieu recevait d'une manière inégale l'influence aes rayons solaires. Les variations diurnes sont évidemment produites par les alternatives de la présence et de l'absence du soleil : la surface de la terre échauffée pendant le jour par les rayons solaires , se refroidit pendant la nuit par le rayonnement vers les espaces célestes. Les variations de température que la surface du sol présentai
( iOO )
soit d'un climat à l'autre pour des lieux diflérens , soit d'une saison à l'autre pour le même lieu, tiennent à différentes causes parmi lesquelles il en est trois qui agis- ' sent d'une manière constante. La première est Tinega- ! lite' des jours et des nuits : la terre recevant pendant le < jour de la chaleur, et en perdant durant la nuit, on con- < çoit que ces échanges puissent être inégaux , lorsque la • durée de la nuit diffère beaucoup de la durée du jour, i En été , la terre doit s'échauffer de plus en plus ; en hiver, i eUe doit au contraire se refroidir. Une seconde cause de : la différence des températures est le changement de di* ; stance du soleil à la terre ; l'effet d'une source de cha* i leur pour échauffer une surface d'une certaine étendue, diminue si la distance qui les sépare augmente. Enfin j une troisième cause constante de la variation des tem-*pératures est l'obliquité plus ou moins grande des rayons solaires par rapport à l'horizon. Lorsque le soleil darde perpendiculairement ses rayons sur la surface du sol, le trajet de ces rayons à travers les couches d'air est moins long que s'ils arrivaient obliquement ; dans ce cas Tair en absorbe moins, et une quantité donnée de surface en reçoit davantage. Le sol dans ses couches superficielles, depuis quelques lignes jusqu'à un pouce de profondeur, a souvent une température très -différente de celle de l'air ; il est ordinairement beaucoup plus chaud pendant le jour, et pendant les chaleurs de Tété, il est quelquefois à 5o ou 60". Cette chaleur de la surface ne pénètre à travers le sol qu'avec beaucoup de lenteur. Elle n'atteint la profondeur de 2a 3 mètres qu'après plusieurs jours, ce qui fait que les variations diurnes ne se remarquent point à cette profondeur. Il y a donc à une très-petite distance de la surface une couche dont la température ne varie pas dans l'espace d'un jour , et reste immobile pendant un temps qui peut égaler l'étendue d'une saison. La chaleur de la couche superficielle n'atteint la profondeur de 25 à 3o mètres qu'après un temps assez considérable, pbur que l'alternative des saisons ne s'y fasse plus sentir. Il existe donc à cette profondeur une couche qu'on peut appeler im^ariahle^ dans laquelle la température est constamment la même, et cette température fixe est à trèspeu près la température moyenne de la surface. C'est
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pour cela que cette température moyenne est indiquée assex exactement par celle des sonrcps ordinaires, et des cayes très-profondes. A Paris, la température des caves de l'Observatoire est de ii° 8; tandis que la température moyenne annuelle est de i o*" 6.
Outre les causes générales dont nous avons parlé , la forme , la situation d'un pays , et la nature particulière de son sol ont une grande influence sur ce qu'on appelle communément le climat de ce pays. Le mot climat^ pris dans l'acception physique , embrasse toutes les modifications de l'atmosphère dont nos organes sont affecta d'une manière sensible, telles que la température, l'homidité , la pressî^n barométrique , les vents prédominansy la pureté et la transparence de l'air. Le!5 climats des îles et des côtes occidentales diJSerent en général par leur caractère de ceux de l'intérieur des continens ; les premiers sont des climats peu variables, ou qui n'offrent pas de grandes différences entre les extrêmes du chaud et du froid ; les climats continentaux au contraire sont le plus souvent des climats excessifs , caractérisés par la succession d'étés très-chauds à des hivers très-rigoureux. Hors des tropiques, les côtes orientales des continenssont
8 lus froides que les côtes occidentales, à cause de la préominance des vents d'ouest. Parmi les causes nombreuses qui tendent à diversifier les cUmats sur les continensy nous citerons : la proximité d'une côte orientale ou occidentale , la configuration du continent , ses rapports de position par rapport à une mer polaire ou équsH toriale , la prédominance de vents venant de contrées plus chaudes ou plus froides, la direction des chaînes de montagnes, l'élévation au-dessus du niveau de la mer, la transparence de l'air, et enfin l'état de la surface qui peut être nue, marécageuse, ou couverte d!une haute végétation. Chaque région, en effet, est caractérisée par une nature particulière de sol : ce sont ou de vastes plages nues et sablonneuses (telles queles^Ver^x de l'Asie et de l'Africnie ; les landes arides de la Gascogne et de l'Espagne); ou des plaines couveites de bruyères (comme celles qui existent entre le Rhin et le Weser), ou d'immenses plaines, couvertes de graminées et dépourvues dé grands végétaux, comme les steppes asiatiques (Russie méridionale,
Sibérie , Turkestan) , les llanos Au. Bas-Orénoqae , les pampas de Rio de la Plata , les savanes de rAmérique du Nord (entre le Missouri et le Mississtpi); ou de grandes forêts vierges, comme celles du Haut-Orénoque , de 1^ rivière des Amazones , du Bre'sil ; ou enfin des plaines défrichées^ et couvertes de cultures variées, comme cel* les de nos contrées civilisées.
9!*. Température des lieux profonds, — A partir de la couche invariable dont nous avons signalé l'existence , les températures terrestres sont constantes pour chaque couche plus profonde ; mais ce qui e$t digne de la plus grande attention, c'est que la chaleur des couches augmente à mesure qu'elles sont situées plus profondément, comme le prouvent les observations directes faites dans les mines , et les conséquences tirées de la température des sources artésiennes , qui venant de grandes profondeurs, nous apportent la température des couches dans lesquelles elles ont séjourne. De ces divers moyens, employés pour s'assurer du degré de chaleur des couches terrestres, il est résulté que leur température augmente d'une maoière progressive, et de manière que Ton a un accroissement d'un degré pour trente mètres de profondeur , terme moyen. Les calculs que les physiciens ont établis sur les lois de la propagation de la chaleur prouvent que cette augmentation de température ne peut être le résultat de l'action prolongée des rayons du soleil , car cette action seule aurait produit une température fixe, se prolongeant toujours la même à partir de la couche invariable ; ou , si cette action n'avait pas été prolongée assez long-temps pour que réchauffement fût parvenu à son terme , la température ne serait pas uniforme jusqu'au centre de la terre, elle décroîtrait à mesure qu'on pénétrerait plus bas. La cause qui donne aux couches profondes une température de plus en plus élevée est donc une chaleur propre, que le globe possède depuis son origine, et qui est indépendante de l'action que le soleil exerce à sa surface, action qui ne se fait sentir que dans la couche superficielle, où elle se borne à produire les alternatives des saisons et la variété des climats. Cette chaleur propre et originaire, qui est accumulée vers les parties centrales de la
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terre, et doot on retrouve des indices dans les couches um peu profondes, eslceifu'on nouune la chiUear crufro/e du globe. £n supposant que Taugmentation moyemic de température des couches soit d*un degré pour trente nèties, etque cette augmentation continue dans la même pn^rlion, on voit qu'il ne faudrait pas descendre bien trant dans le sol pour trouver une température ^ale à cdle de l'eau bouillante, ou même à celle qui ferait fondre la plupart des substances dont se composent les coudies extérieures du globe. Il est donc probable que les puties moyennes et centrales de la terre différent de ses parties superficielles en ce qu'elles sont tenues constamment à Tétat de fusion par la chaleur, tandis que les coudies extérieures sont à l'état solide et forment comme une croûte ou une sorte d'écorce à cette masse fluide intérieure.
Des acddens om inégaliiés de la sxtrfmce dm soi.
Nous aTons yu que les inégiditës de la surface terrestre, c'est-à-dire, les éminences et les creux dont elle est parsemée, offraient un mélange continuel de montagnes, de vallées, de plateaux, de collines et de plaines. Il nous reste à traiter ici de ces grands accidens du sol d'une manière générale et seulement sous le rapport topogra* pliique, c'est-à-dire à faire connaître leui^s formes, leur disposition respective , et les termes usités pour la description de leurs différentes parties.
Les montagnes sont quelquefois isolées , mais le plus souvent groupées autour d'un centre , ou réunies eu chaùies ou séries linéaires. Une montagne , en la considérant comme isolée , est une élévation considérable sur la surface de la terre, qui, le plus souvent, se rapproche de la forme conique , et dans laquelle on distingue le pied ou la base à la partie inférieure, le sommet ou la ctrnt à la partie supérieure, et les flancs ou pentes sur les côtés. La forme des montagnes est extrêmement variable ; tantôt leurs flancs sont en pentes douces, et tantôt ils offrent des pentes rapides ou des escarpemcns presaue verticaux. De même la cime est tantôt une croupe légèrement arrondie ou un plateau , tantôt elle est en ^orme
de dôme, de ballon , de tour ; tantôt elle présente un cône plus on moins tronqué, que Ton nomme pic ou puy, tantôt elle s'élève en une pointe aiguë et élancée , que l'on nomme aiguille, corne, dent, etc.
Les montagnes en se réunissant forment des systèmes ou groupes , dont la plupart sont désignés habituellement sousle nom de chaînes y quoique cette dénomination convienne souvent beaucoup moins à ces grandes masses elles-mêmes, qu'aux différentes parties dans lesquelles elles se décomposent. L'assemblage de ces parties forme un grand massif de terrain élevé, découpé par de nombreuses vallées, et des divers points duquel s'élèvent encore des cimes particulières. Ces grands massifs résultent le plus souvent, comme celui des Alpes, par exemple, de l'entrecroisement de plusieurs chaînes plus simples , ce qui complique leur forme et la rend souvent très-difficile à étudier; on n'y parvient qu'en cherchant à démêler et à isoler par la pensée les différens élémens dont ils se composent. Pour avoir une idée d'une chaîne simple et régulière de montages , et pour ainsi dire d'une chaîne élémentaire , telle que nous l'offrent les Vosges, les Cévennes, et jusqu'à un certain point les Pyrénées, représentons-nous une grande masse de terrain soulevé en forme de dos d'âne : ce sera le massif total delà chaîne, abstraction faite de ses découpures ; la ligne supérieure du dos sera \e faite de la chaîne, les deux grandes faces latérales en seront les versans. Imaginons ensuite sur chacun des deux versans, de part et d'autre dufaîte, et à peu près perpendiculairement à sa direction, de grands sillons qui descendent jusqu'au pied, ils formeront des vallées transf^ersales^ et diviseront le massif de la chaîne en rameaux disposés latéralement par rapport au faîte, qui représente une sorte d'axe ou de tige. Chacun de ces rameaux a aussi deux versans, et un faîte qu'on appelle Jatte secondaire, et qui va en baissant de-
Euis le faîte principal de la chaîne jusqu'à son pied, es rameaux se correspondent de part et d autre du faîte, ainsi que les vallées transversales ; la ligne de faîte est rarement une arête continue, mais bien plutôt une sorte de ligne sinueuse, de crête dentelée, formée par une alternative de cimes détachées , et d*échancrures ou de
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eob; chaque cime est le nœud de lattathement de deux rameaux opposés, de même que chaque col est le point de départ de deux vallées opposées. Chaque rameau a'one chaîne peut se diriser comme elle par dessillons perpendiculaires à sa crête, ce qui produira des rallées et des nmeaox du second ordre, susceptibles eux-mêmes de semblables subdivisions. Le plus souvent, les chaînes de montagnes, au lieu de ne présenter qu'une seule ligne principale d'élévations, se composent de plusieurs cActf* nons parallèles^ séparés les uns des autres par de longues Tallées , qui suivent la direction générale de la chaîne, et qu'à cause de cela on nomme vallées longùudinales. Dans ce cas, on doit se figurer le massif total de la chaîne mm plus comme nn simple dos d'âne , mais comme une succession de lîdes et de sillons parallèles.
Le faite d'une chaîne a ciuelquefois une largeur considérable , et peut même former de grands plateaux. Dans un système de chaînes parallèles , il en est ime qui souvent domine les autres par sa hauteur , et devient alors la chaîne centrale ou principale du système ; les antres sont à son égard des chaînes latérales , disposées le plus souvent en gradins. Les deux versans d'une chaîne de montagnes sont rarement uniformes : l'un est ordinairement très-escarpé , et l'autre en pente douce. On remarque que le côte escarpé eot le plus souvent tourné vers les grandes cavités les plus rapprochées de la chaîne, comme sont les bassins des mers et des grands lacs. On donne, en général, le nom de contreforts aixx rameaux latéraux d'une chaîne, et surtout à ceux d'un ordre inférieur, qui semblent épauler les rameaux principaux. Lorsqu'un rameau semble se détacher de la chaîne, pour se porter en avant , on l'appelle cap ou promontoire ; s'il se termine brusquement dans la plaine par une coupure à pic, c'est un éperon. A l'extrémité des rameaux principaux, on rencontre quelquefois un sys.tème de rameaux et de vallées qui s'éloignent en divergeant. Les chaînes de montagnes, qui sont simples et régulières , ont une direction constante sur toute leur étendue , et cette direction se détermine par le point de l'horizon vers lequel le faîte se dirige.
^Lorsqu'on aperçoit un changement brusque dans la
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direction d'une chaîne , c'est une preave qu'elle résulte de l'entrecroisement de plusieurs chaînes de directions différentes. C'est ainsi que les Grandes-Alpes résultent
{principalement des croisemensde deux systèmes dirigés 'un du Valais en Autriche , l'autre du Mont-Blanc à la Méditerranée. La ligne principale de faite , après ayoir cheminé dans la direction du Saint-Gothard au Mont- Blanc , tourne brusquement vers le sud. Il y a donc un nœud de montagnes vers le Mqnt-Blanc, et c'est là en effet que se trouvent les cimes les plus élevées (Mont- Blanc , Mont-Rose , Mont-Cervin , etc.).
Les vallées des pays de montagnes se partagent, comme nous l'avons dit, en vallées longitudinales et vallées transversales. Les vallées longitudinales ont en général une largeur inégale^ et présentent , dans une partie de leur longueur , une alternative d'étranglemens et de renflemens. Les flancs opposés sont souvent de nature différente, ou du moins composés de matières disposées d'une autre façon. Lorsque ces matières sont en couches, en bancs ou en feuillets superposés les uns aux antres y ce qui est le cas le plus ordinaire, ces couches sont en général inclinées et parallèles à la direction de la vallée. D'un côté, elles montrent seulement leur tranchant à pic, de l'autre des portions assez étendues de leur plan. Les vallées de cette espèce ne doivent point leur origine à l'action des cours d'eau ; elles ont pu être modifiées par eux après leur formation, mais elles sont contemporaines des montagnes qui les entourent , et ont été produites par les mêmes causes qui ont soulevé ces grandes masses. Ces vallées sont quelquefois barrées à l'une et à l'autre de leurs extrémités par des crêtes transverses.
Les vallées transversales tendent en général à s'élargir à mesure qu'elles s'éloignent du faîte , mais souvent aussi elles ne présentent qu'une suite d'étranglemens et de renflemens. Dans certains cas , elles offi*ent un parallélisme remarquable dans les flancs qui les bordent , et lorsqu'on voit d'un coté un angle saillant ^ on ^trouve presque toujours de l'autre coté un angle Mj^f^l qui lui correspond; mais ces deux caractères appartiennent plus particulièrement aux petites vallées de nos pays de plaines, qui ont été creusées par les eaux courantes.
Ht a presque toujours identité parfaite dans la compoatsoD et la stracture des flancs opposés d'une vallée tnnsfeisale ; et lorsqu'ils sont formes de couches inc&KeSy ces couches ont le plus souvent une direction lopeodïculaire à celle de la valice. Le fond de la vallée (qu'où a^ppelle le thalweg) présente un plan contiiBcUeinent' descendant, mais uont Tinclinaison est ra- Rmeut uuiforme ; ordinairement on ohserve une succesBÎQu de pentes douces et de pentes rapides ; et lorsque la vallée se resserre de distance en dislance, on peut la considérer comme formant une série de hassins , occupés peut-être anciennement par des lacs, et qui sont disposes par étages ou en amphithéâtre les uns au-dessus des antres, ne commimiquant d'ordinaire que par d'étroites coopnres (gorges ou détilés) , produites par la rupture de dignes anciennes. Les grandes vallées des fleuves présentent les mêmes phénomènes de hassins étages et de digues rompues. C'est ainsi que le Rhin , après avoir traversé le oassin du lac de Constance , descend à Bâle dans le bassin de l'Alsace 9 qui se referme au-dessous de Majence , entre Bingen et Bonn , et ne laisse au fleuve qu'un étroit passage semhlahle à une fente de montagnes. Le cours du Danuhe présente une pareille suite de hassins et de passages à travers des déûlés (défilés de Passau , des Portes de Fer). Il en est 'de même du llhûne et de l'Elhe. Les grands lacs de l'Amérique du Nord sont encore une suite de bassins traversés par le fleuve Saint- Laurent. Remarquons ici , contrairement à l'opinion aecreditee parmi les géographes, que les lignes de partage entre les nassins hydrographiques ne forment point tou'jours les points les plus élevés d'une contrée , et que les cours d'eau n'indiquent pas toujours la pente générale du soL L'observation a prouvé qu'ils parcourent quelquefois des contrées dont le sol est généralement plus élevé que celui des lieux où ils ont pris naissance. Il existe des chaînes de montagnes dont les deux versans sont traversés par le même cours d'eau, et des plaines qui versent leurs eaux à des bassins hydrographiques difiérens.
Les vallées aboutissent, ainsi que nous l'avons dit, dans leur partie supérieure, à un col par lequel on passe d'une Tallée dans l'autre ; c'est donc par ces cols , appelés pas'-
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sages ou ports , que Ton traverse le faîte , ou que l'on va d'un versant sur l'autre. Quelquefois les vallées des hautes montagnes aboutissent à une espèce de bassin circulaire ou de cirque à parois escarpées. Les Alpes et les Pyrénées en offrent des exemples.
Les groupes circulaires de montagnes s.e composent d'uti certainnombre de cimes disposées autour d'un centi% , qui est marqué tantôt par un pic plus élevé que les autres , tantôt par une cavité en forme de cirque ou de cratère , d'où partent des vallées qui divergent dans diverses directions. Quelquefois un seul pic , en forme de cône, présente vers son sommet une cavité circulaire, encaissée par des escarpemens abruptes, tandis que les flancs extérieurs ont des pentes très-douces, sont composés de couches qui se relèvent de tout côté vers le sommet du pic, et de plus sont sillonnés par des vallées divergentes , qui vont en diminuant de largeur à mesure qu'elles s'éloignent de la cavité centrale ; on a donné à ces sortes de pics le nom de c6nes de soulèvement^ et à la cavité arrondie qui en occupe le centre ceux àevedlée circulaire y de vallée aélégation et de cratère de soulèi^ement.
PRECIS