‹ Précis élémentaire d'histoire naturelleChapitre 41 sur 89 · III · texte numérisé non relu

III

ÎFfeofB intactes ••• %

Fleurs indistinetes on nulles o

! Fleurs réunies dans un calice commun o

Fleurs non réunies dans un calice commun 5

(Fleurs hermaphrodites 4

* ( Fleurs unisezuelles «... o

j Fleurs complètes 5

^' \ Fienrs incomplètes . o

(Corolle ntonopétale ... « , . . . . G

' I Corolle poljpétale , • o

( Oraire libre , ^ . . 7

' ( Ovaire adhérent « o

iCinq étamines ou moins « 8

Six étamines ou plus ^ . . . . o

( Gnroile régulière 9

* f Corolle irrégulière. o

(Gnq étamines io Moins de cinq étamines . o

! Étamines alternes avec les lobes de la corolle o Étamines opposées aux lobes de la corolle 1 1

(Feuilles entières ou dentées. i> Feuilles à découpures profondes o

I Feuilles radicales ou alternes 1 3 Feuilles opposées ou verticillées o

(Tige feuillée. . ^ o

(Hampe nue, feuilles radicales i4

I Entrée du tube de la corolle munie de glandes o Entrée du tube de la corolle dépourvue de glandes. Patmeyèrb.

La méthode de Lamarck ofiFre un des moyens les plus >rompts et les plus faciles pour arriver à la connaissance les plantes ; et elle est surtout utile aux personnes qui x>mmencent l'étude de la botanique. De Lamarck et de ^andolleen ont fait une heureuse application aux plantes

dans rimportanl ouTrage qu'ils o

(le Flore française '.

lS les moyens inventés pour coordonner les véat faciliter la recherche de leurs ;ionis , le syae de Linnée est sans contredit Un des plos simples : Aussi a-l-il e'ie' presque généralement adopté. Il repose •entièrement sur lus caractères que l'on peut tiret des ' organes reproducteurs, c'est-à-dire des étamincs et àm 'pistils. Les classes sont établies d'après les étamincs , lei ordres ou subdivisions des classes le sont en ge'nénl d'inirès les pistils.

Linnée clivise d'abord tous les véaétaui conntis en ^ux grandes sections : ceux qui ont les orj^ancs de reproduction visibles, et par conséquent des 0curs appacenles , ce sont les pkartérogames ; et ceux dans lesquels les fleura ne sont pas distinctes à l'œil ou , ou n'existent pas du tout, ce sont les végétaux cijptogames. Le nombre des Tcsétaux de ta première section étant beaucoup Elus considérable que celui dus végétaux de la seconde, !s p liane rngain es ont été partagés en vingt-trois classes; les cryptogames au contraire ne forment qu'une seule classe , qui est la dernière du système. Parmi les plantes phanérogames , les unes ont des fleurs hermaphrodites, c'est-à-dire pourvues d'étamines et de pistils, les antres ont des fleurs unisexuelles , c'est-à-dire n'ayant que des étaminËs ou des pistils. Les plantes à fleurs hermaphrodites étant beaucoup plus nombreuses , forment les vingt premières classes du système i dans les trois suivantes Aont placées les plantes à fleurs unisexuelles.

Ainsi, le système de Linnée comprend vingt— quatre classes, dont vingt sont consacrées aux plantes à fleurs hermaphrodites, trois aux plantes à fleurs unisexuelles, et une seule aux plantes à fleurs nulles ou invisibles. Les dix premières classes renferment toutes les plantes »

' Dn iranil de ce genfe a été fait par M. Bantier, pour Ui plantes da la Flore parisienne en particuliec.

fleurs hermaphrodites dont les étamînes sont hbre^, égales et en nombre déterminé.

i'^ Classe. MONANBRIE. Plantes à une seule étamine. Ex. : le balisier y lapesse d'eau.

2* Classe. BIANBRIE. Deux étamines : le jasmin , le lilaSjÏBL véronique^ la sauge y le romarin,

3* Classe. TRIAIVBRIE. Trois étamines : la plupart des grammées, les /m, la valériane officinale.

4« Classb. TÉTRANBRIE. Quatre étamines : le plantain y la plupart des rubiacées et des dipsacées.

5e Classe. PENTANBRIE. Cinq étamines : les borraginées, telles que la bourrache et la pulmonaire; les soianées , telles que la pomme-de-^terre et la belladone ; les oinbeUifères , telles que la ciguë et le panais; etc.

6e Classe. HEXANBRIE. Six étamines : V asperge et la plupart des liliacées, telles que le lis^ \à jacinthe y la tulipe.

7« Classe. HEPTANBRIE. Sept étamines : le marro^ nier d'Inde.

8e CLAsse. OCTANBRIE. Huit étamines : plusieurs polygonées , telles que le sarrasin , les bruyères , VépUobe , le bois-gentil,

ge Classe. ENNÉANBRIE. Neuf étamines : le laurier^ la rhubarbe , le butome ombellifère,

io« Classe. BÉC4NBRIE. Dix étamines : presque toutes les caryophyliées , telles que les œillets , les lychnis , la coquelourde.

Les trois classes suivantes sont encore fondées sur le nombre des étamines , supposées toujours libres ; mais

ce nombre n'est '■^l*^^ vi<rrkiir«>iicpmpnt rlptprinîn<^. Oi) np

l'apprécie plus qi

vingt, on a égaru „

lie Classe. BOBÉCANBRIE. De douze à vingt étamines : le réséda^ V euphorbe ^ VaigremoinCy \b. joubarbe.

I2C Classe. IGOSANBRIE. Vingt étamines ou plus, insérées sur le calice : les vraies rosacées , telles que le rosier y \e prunier y \e fraisier y etc.; les myrtes y les grena^ diers^ les cactus.

1 3e Classe. POLYANBRIE . De vingt à cent étamines , insérées sous l'ovaire : les vraies renonculacées , telles que les renoncules y les anémones , les clématites , etc.;- la

I.e lalileau suivcint, dressé par Liiinée , donne la i de son système.

illllliijiî I liffitltti il

■SÉ^ÏgSS '^'^

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ili!

Les classes du système linnéen ont été divisées en ordres, de la irianière suivante. Dans les treize premières classes, dont les caractères sont tirés du nombre des étamines, les ordres sont établis sur celui des styles ou des stigmates distincts. Ainsi, quand il n'y a qiTun style, l'ordre s'appelle monogynic; digynie , s'il y en a deux ;

trigjrnie , trois; tètragynie, pentagynief hexagynie ,

polygynie, s'il y en a quatre, cinq, six ,ou un nom-

( ïl:

Te indétenninë. Par exemple, le lychnls ayant dix e'tâ' ijnes et cinq styles, appartient à la déca/idrie pentagynie e Linnée.

BaDS la quatorzième classe, ou la didynamie, on tpuve deux ordres , établis d'après la structure de l'o- ^ire : la gymnospermie , qui renferme les plantes qui •nt au fond du calice quatre graines nues, ou pour par^ er plus exactement, un ovaire fendu en quatre portions ontenant chacune une graine (ex. : les labiées) ; etVan^ yospermicy qui comprend les plantes dont les graines sont enfermées dans une capsule (ex, : les personnées de Loumefort, telles que le muflier, la digitale, Torobanhe , etc. )

La tétradynamie se divise en deux ordres , d'après la 3rme du fruit, qui est tantôt une silique, et tantôt une licule : la tét. siliqueuse (ex. : le chou, la giroflée), et i tét, siliculeuse {ex, : le pastel , le cochléaria, le thlaspi). Dans la inonadelphie, la diadelphie, la polyadelphie, 1 gynandrie, la monœcie et la diœcie, toutes classesqui 'ont point été établies sur le nombre des étamines , linnée a fait usage de cette considération pour la forlation des ordres, qui portent par conséquent les noms H premières classes ; ainsi l'on dit monadelphie dian- Irie , monadelphie triandrie , etc.

Dans la svngénésie , les ordres sont fondés sur la tructm^e et les combinaisons diverses des petites fleurs, ui se réunissent le plus ordinairement pour former des eurs composées. Par suite d'avortemens constans , on ;QUve souvent mêlées ensemble , dans les plantes de Hte classe, des fleurs hermaphrodites, des fleurs ma- .s, des fleurs femelles et des fleurs neutres ou stériles. Année partage d'abord la classe en deux sections , sa** W ; la syngenésie polygamie ^ où les fleurs sont réuniiîs lûsieurs ensemble dans un calice commun ; et la syn» énésie monogamie^ où elles sont séparées. Cette dernière ectîon ne se sous-divise point, et forme à elle seule un rdre , la première se partage en cinq autres ; il y a dottc ans la syngenésie les six ordres suivans : i° Aa.pofygiù' lie égale ^ dont toutes les fleurs sont hermaphrodites et écondes (ex. : le pissenlit, le chardon) ; 2° ia/?a/— — *• uperflue^ dont les fleurs centrales sont hernr

«tCeUesdubordfemelIcsjlesuneset les autres donnant de bonnes graines (ex, ; la grande marguerite, le séneçon); y la polygamie frastranà-i , où les fleurs centrales sont bennaphrodites el fécondes , et celles du bord neatres ou femelles, maisetériles par l 'imperfection du stigmate (eX- : la centaurée, le grand soleil) ; i' la poljgamie nécessaire , où les fleurs de la cii'coniéi'ence sont seules fertiles: les fleurs centrales sont hermaphrodites, et stériles par rimperfuction du stigmate, mais elles sont nécessaires en ce que leurs Staminés servent à féconder les fleurs de la circonférence, qui sont femelles (ex. : le souci ) i 5° la polygamie séparée, oii les fleurs , quoique renfermées dans un involucre ou calice commun, ont encore chacune un petit involucre particulier (ex, : l'échinops ou la boulette) ; 6° la monogamie, qui compreod toutes les plantes à fleurs isolées (ex. : la violette, la balsamine.

La vingt-troisième classe du système ou la polygamie, an divise en trois ordres fondés sur la disposition des trois sortes de fleurs (hermaphrodites, mâles et femelles), EUT le même individu, ou sur deux individus différées, ou sur trois individus. De là les trois ordres suivans ; la polygamie monoecie (ex. : l'érable), Xi^polygamie ditEciei\i frêne), la polygamie tnœcie{\e figuier). Enfin, la cryptogarnie, qui formelavingt-quatrièmeet dernière classe, est partagée en quatre oiiires , d'après des caractères pen précis, tires simplement du port des plantes : ï'Ies/oKgères; 2° les mousses; 3° les algues; 4° les ckampignottt.

Chaque ordre du système est composé de plusieurs genres , et chaque genre comprend à son tour plusieurs espèces. Le nom de chacnnede ces divisions inférieure) est accompagné d'une phrase descriptive, par laqneUe Linnée indique en peu de mots le caractère qui distingue cette division, ayant soin de négliger, lorsau'il parle du genre , ce qui a rapport aux espèces. A l'aide de cet échafaudage dedivisions et de caractères, on est conduit pas i pas à connaître le nom, et par suite les propriétés de Is piaule que l'on voit pour la première fois. On cherche d'idwra dans cette plante l'un des caractères qui servent à distinguer les vingt-quatre classes; ce c»ractère trouvé, on sût dans quelle classe est la plante

dont il s'agit, et on n'a plus à la reconnaître que parmi celles qu'elle renferme, aont le nombre est seulement de plusieurs centaines , ou au plus de quelques mille. Le caractère de l'ordre , que l'on cherche ensuite , rédiiit bientôt ce nombre à une ou deux centaines environ ; celui ÛVL genre, à quelques dixaines , parmi lesquelles on parvient aisément à reconnaître l'espèce à son caractère particulier. Cette opération est tout-à-fait semblable i la recherche d'un mot dans un dictionnaire où , pour trouver le mot donné, on est obligé de chercher successivement la première , la seconde , la troisième et les autres lettres du mot. Un système botanique n'est en quelque sorte qu'une table alphabétique de matières , où les différens caractères de classe , d'ordre , de genre et d'espèce, jouent le rôle des lettres de l'alphabet.

MÉTHODE DE XOSSIEU.

Le système de Linnée nous a offert un exemple d'une méthode fondée sur une certaine classe de caractères choisis arbitrairement ; une pareille méthode est propre à faire découvrir le nom des plantes , mais non à faire connaître leurs véritables rapports. Ce dernier objet est rempli par la méthode naturelle^ dans laquelle les caractères tirés de toutes les parties des végétaux concourent à former les divisions successives , dans l'ordre de lem* plus grande valeur ou de leur plus grande généralité. Les plantes sont disposées, dans cette méthode, de manière que celles qui se conviennent par les rapports les plus nombreux et les plus importans se trouvent nécessairement rapprochées et comme associées entre elles. De tout temps on a remarqué qu'il existe parmi les plan« tes comme parmi les animaux des groupes dont tons les individus se ressemblent par tant de points communs , qu'ils paraissent être les membres d'une même famille; c'est à ces groupes principaux que l'on a donné le nom àe familles naturelles. C'est ainsi que l'on a reconnu de tout temps certains groupes bien prononcés, comme ceux des graminées, des laoiées, des crucifères, des synantfaérées , des ombellifères , des légumineuses. Ces fa-milles font elles-mêmes partie de groupes plus généraux^

etse parlageni en même temps en grou^s secondaires, qui tous reposent sur des analogies uombreuscs et frap-

Daos la métliode naturelle, les plantes qui composent un même groupe , oht entre elles plus de rcsseniblani'e qu'elles n'en oui avec celles d'un autre groupe quelconque ; et deux groupes voisins ont plus d'affinité entre eus que deux groupes plus éloignés l'un de l'autre. Cette méthode présente donc l'espression la plus exacte et la plus complète de tous les rapjiorls que peuvent offrir les espèces comparées ensemble, t'est-à-dire de leurs diffe'rens degrés de ressemblance ou de différence. Elle of&'e encore un avantage pour celui qui commence l'étude des plantes, c'estim elle lui permet l'application de la voie d induction et u'aualogie ; elle lui fait connaître la nature même d'un végétal par la place qu'il occupe dans la série, par le rapprocliemeut de ce végétal d'un autre être mieux connu , qui seit alors de terme de comparaison, de règle ou de mesure.

La diËculté d'établir une pareille méthode tient h l'appréciation de la valeur relative des dilTcrcns caractères Lompaix's entre eux. Les diCfércnccs qui distinguent les êtres organisés ne sont pas toutes d'égale valeur, et il ne suffit pas de les compter, il faut les peser, pour ainsi dire. Bernard de Jussieu est le premier botaniste qui ait posé pour principe fondamental de la méthode naturelle la subordination ries raractères. D'après ce principe, il faut, pom- pouvoir juger convenablement de la valeur d'un caractère , bien connaître la nature de l'organe d'où on le lire , l'importance de cet organe comparatîvementauxautres, et celle du point devue particulier sous lequel on l'envisage. L'importance d'un caractère .est donc en raison de l'importance de l'organe, et de celle de la considération, d'après laquelle ce caractère est établi. En général un organe est d'autant plus importautqu'iloffreplusdeconstanceeld'universalité, ou qu'on juge plus essentiel à la vie du végétal le r61e qu'il rem* plii; il en est de même des modifications de chaque organe, comparées entre elles. Mais cette importance relative ne se conçoit bien et ne peut se déterminer qu'aux tant que l'on comparedea organes appartenant à la même

( ïai )

foocd<m gënérale, soit à la nutrition, soit à la reproduction. Aussi se borne-t-on à fonder la classification sur l'une de ces deux fonctions seulement, et l'on est d'autant mieux en droit de le faire que les divisions naturelles établies d'après l'une d'elles sont les mêmes que celles que l'on pourrait e'tablir d'après l'autre. En botanique, on choisit les organes reproducteurs de préférence aux oivanes nutritifs, parce qu'ils sont mieux connus, et qu'ils donnent plus de prise à la méthode par leurs modifications nombreuses et compliquées ' .

Les oi^^anes de reproduction des végétaux, rangés dans l'orarede plus grande valeur, nous donnent la série suivante : i® l'embryon ; 2® les organes de la fécondation , ou les étamines et les pistils ; 3^ les tégumens propres à l'embryon, savoir : la graine et le fruit ; 4* les enveloppes des organes fécondateurs , ou la corolle et le calice ;5<» les organes accessoires tels que les nectaires et les bractées.

Les différens points de vue sous lesquels chaque organe peut êti*e considéré n'ayant pas la même valeur, ou peut les ranger dans Tordre suivant, relativement à l'importance plus ou moins grande des caractères qu'ils fournissent : 1° l'existence ou la non existence des organes; 2* la position soit absolue, soit relative de ces organes, c'est4-dire la manière dont ils entrent dans la symétrie générale; Scieur nombre relatif; ^ leurgran* deur relative; 5° leur forme; 6"* leur nombre absolu; 7* leur grandeur absolue ; 8° leur consistance et leurs autres qualités sensibles , telles que la couleur, l'odeur, la saveur, etc.

Nous venons d'examiner les principes généraux qui doivent diriger le botaniste dans l'établissement d'un système naturel des plantes. Voyons maintenant l'application que l'on a faite de ces principes, dans les mctnodes dites àe& familles naturelles ^ et particulièrement dans celle qui est connue sous le nom de méthode de Jussieu,

* En zoologie, aa contraire, ou les organes dénutrition sont mwox connus , et tont aussi diversifiés que ceux de la reproduction , (m a oontnme de les prendre pour fbndemens de la classification natnreDe.

»• PABTJir. %

Cettemëthode comprend trois grandes divisions [(riiDordîales, subdivise'es en quinze classes; cha^e classe se compose d-'un nombre plus on moins considérable d' w>rires oa de familles naturelles ; chaque famille est partagée en un certain nombre de genres, et cbaque genre comprend un nombre plus ou moins grand d'espèces. Voici les caractères que l'auteur de la mclLode a enrployés pour former ces divisions successives. Les premières divisions reposent sur un caractère de première valeur, la structure de l'embryon. L'embryon n'a point de cotylédon, ou il en a un , ou il en a deux : de là les trois' grandes divisions des plantes acotylédoneS , monocotyledonesy dicoiy/cdona. Les acotylédooes formeniU' première classe de la méthode (ex. : les mousses, les cbatnpignonsOLcsmonocolylédoncsctles dicotylédones, sont subdivisées en classes d'après des caractères de seconde et de troisième valeur, savoir : Yinsertion ma ptK sition relative des ctamines, la présenceet la forme de la corolleou sou absence. Les monocotylédones n'ont point de corolle proprement dite : elles ont un périanthe simple, appelé /«'n^Ko/jc , et que M. de Jussieu considérait comme un calice. Elles ont cic parlngdes en trois classes , d'après les trois modes divers d'inseitîon des éiainines, qui peuvent être hypogynes { sous l'ovaire), épigjrnes (sur l'ovaire) et périgynes (sur le calice ou périffone). De là les classes des monocotylédones à étamùtes fypogynes (ex. : les graminées), àcs monocotylédones à étamimes périgynes (les \i\iacées), des monocotylédones à étamùies épigynes (les orchidées.)

Les dicotylédones ont d'abord été divisées enapétalei ou sons corolle, en mortopétales et en potypétales , suivant qu'elles ont une corolle d'une seule pièce ou de pluiieura pièces i puis chacune de ces sections a été partagée en classes , d'après l'insertion des clamines ou de la corolle elle-même, lorsqu'elle est monopétale, parœ qu'alors elle porte les étamines. Les apétales donnent les trois classes suivantes : apétales à étamines épigynes (les atirtoloches), apétales à étamines périgynes (les p<H lYgOfides , les laurinées) , apétales à étamines hypogynes (les ^iantaj^lnées). Les monopétâles constituent égalcment trois classes, suivant que leur corolle slaniiaifère

est hypogynCy périgyne ou épigyne. Mais la dernière classe a été encore subdivisée , suivant que les anthères sont libres ou réunies, ce qui porte à quatre le nombre des classes dans les corolles monopétales, savoir : les monopétales à étamines hypogynes (les labiées , les so<^ lanéeSy les borraginées)5 les monopétales à étamines périgynes (les campanulacées) , les monopétales à éta-^ mines épigynes et à anthères réunies (les synanthérées) et les monopétales à étamines épigynes et à anthères libres (les dipsacées , les rubiacées). Les polypétales ont également été divisées, d'après leur mode d'insertion, en trois classes : les polypétales à étamines épigynes (les ombellifères) , les polypétales à étamines hypogynes (les renonculacéeS) les papavéracées) et les polypétales à étamines périgynes (les rosacéeâ , les légumineuses). Enfin , dans une dernière classe sont rangées toutes les plantes dicotylédones, dont les fleurs sont essentiellement unisexuelles et séparées sur des pieds différens. M. de Jussieu leur donne le nom de diclines^ par opposition à celui de monoclinesy au'il donne aux autres plantes dont les fleurs sont essentiellement hermaphrodites. Les cas où celles-ci présentent des fleurs unisexuelles sont en efiet trèsrares, et tiennent ordinairement à des causes accidentelles. Cette exposition des classes de la méthode de Jussieu se trouve résumée dans le tabléaU synoptique suivant.

il I

Les familles naturelles , dans lesquelles se subdivisent les classes, sont fondées sur une identité de symétrie dans les oreaaes les plus importans, surtout dans ceux qui sont relatifs à la fructification. Les genresdont la réiuiioa constitue une famille doivent être semblables , ou du moins ne rieu offrir de contradictoire dans la forme et dans la structure des organes reproducteurs. Nous avons vu en effet, que sous le point de vue de ces organes, les plantes peuvent être rapportées à certains types symétriques : or, deux genres ont entre eux des rapports ou des différences d'autant plus sensibles, qu'ils se rapprochent ou s'éloignent davantage du mùme type, llfautdonc que les genres d'une même famille paraissent en quelque sorte formés sur te même plan. Dans la méthode de Jussieu , ces genres se lieat les uns aux autres par des caractères communs , tirés des organes de la

( iîa5)

fructification, et se distinguent chacun par quelque considération de nombre , de grandeur, de forme ou d'adr hérence.

Un genre , avons-nous dit, est en ge'néral une collection aespèces qui ont entre elles une ressemblance frappante dans l'ensemble de leurs organes. Dans la méiuode de Jussieu, les( genres se composent d'espèces, qui se ressemblent par quelques parties essentielles des organes de la fructification , et en outre par leur port et leurs formes extérieures. Ces espèces d'un même genre se distinguent les unes des autres par des carac» tères beaucoup plus variables, et par conséquent ôe moindre valeur, tels que le mode d'inflorescence, la forme des feuilles , celle de la tige , la grandeur des fleurs, etc.

Telles sont les bases de la classification des familles naturelles, telle qu'elle a été présentée par les célèbres fondateurs de cette méthode. Depuis, quelques botanistes y ont apporté des modifications qui n'en ont pas changé l'esprit. Ainsi, M. de Candolle a suivi une autre marcIie pour la coordination des familles ; au lieu de prendre les caractères des grand es classes dans le nombre des cotylédons , qui est variable et assez difficile à reconnaître, il les a tirés de leur insertion ou position relative ; et au lieu de partir des végétaux les plus simples pour s'élever jusqu'à ceux qui ont l'organisation la plus compliquée, il part des végétaux les plus complets, et par conséquent les mieux connus, de ceux qui offrent le plus grand nombre d'organes distincts, pour descendre graduellement jusqu'à ces végétaux d'une organisation très-simple , qui forment en quelque sorte le passage au règne animal. C'est ce dernier ordre que nous suivrons dans l'examen rapide que nous allons faire des principales familles de plantes. On admet aujourd'hui plus de cent soixante familles naturelles de végétaux^: parmi oe grand nombre , nous choisirons celles qu'il importe le plus de connaître, et par lesquelles on commence d'ordinaire l'étude de la botanique, parce qu'elles renferment une multitude de plantes que nous rencontrons à chaque pas dans nos climats, et dont la plupart ont des propriétés utiles. Ces familles principales , nous les ré*

^oisoBs i riu g 1- quatre ; mais comme parmi lesTcg^taoï, tant indigènes qu^ exo tique i , il en est quelque^uns àe remarquables, qui ne rentrent pas dans ces familles, nous les mentionnerons dans un Appendice placé i la suite de U famille avec laquelle ils aarottt le plus de rapports.

DES FAmLLES NATURELLES.

Oettegraode famille, presquecntièrementeuropéi^nne, se compose d'arbustes ou de plantes herbacées, à feuilles alternes (excepté le seul genre clématite où elles sont opposées } , souvent décougjces et embrassantes à leurs bases- Les fleurs olfrcnL un calice à plusieufâ folioles, xouTeut coloi'ées ^ une corolle de plusieurs pétales, tantôt planes et réguliers; taolôt djiTonnea «t creusés en cornet ; des étamiaes en ^rand nombre insérées sur le réceptacle ; plusieurs ovaires , surmontes tUacun d'un style et d'tm stigmate simple (tig. i , pi. i3), reunis en tête et quelquefois plus ou moins iniimement soudés. Le fruit est multiple : il se compose de plusieurs capsules monospermes et indéhiscentes , ou polyspermes et s'ouTrant par leurs bords internes (fig. 2). Toutes tesrej non culacées sontà c res e t caus tiquesjquelques-uuesinènie ]sont de véritables poisons.

1 Phincipaux GENEES. Parmi les plantes d'ornement, on distingue t Les dêmatiies , arbustes sarmeuteux , à feuilles opposées et à fleur munie d'un calice sans co- [roUe. — Les anémones , plantes herbacées, ayant un calice coloré, de cinq à quinze sépales , point de corolle ; des capsules terminées par une pointe , et un involucre de

* CcttB bmillc cl les qnatcc aniranlca appartiennent il la cU(*e ie> dicotylédones polypétalcâ à clauiincs bypogyneA (de Jusajen), on a celle des exogènes IhaUmiCorei {At Cssdollc), Lea tliaU minores ont poar caractère comninn d'avoir □□ calice k plmieara folioles on à pla- {Ailrg diviaioni , et aat Corolle de plnsienn pétiles inaérce sur le récepiacle a^ec\ei étamines.

MPaU-'^

trois feuilles placé à quelque distance de la fleur. — Les adonis , plantes herbacées , munies dW calice et d'une corolle , à feuilles finement découpées , et à fleurs ordinairement solitaires , jaunes ou rouges ; les fruits sont des akènes , terminés par une sorte de petit crochet à leur sommet. — Les renoncules à fleurs jaunes ou blanches , avant un calice de cinq sépales caducs , une corolle de cinq pétales réguliers , et munis d'une petite écaille à leur base interne. On en cultive dans nos jardins une belle variété à fleurs doubles , sous le nom de bouton d'or, — Les nigelies , plantes herbacées , annuelles , à feuilles extrêmement découpées , et à fleurs solitaires et terminales , ayant un calice à cinq sépales colorés et caducs , des pétales bilabiés , et des capsules à graines noires et aromatiques. — Les ancolies , plantes herbacées: fleur munie d un calice à cinq sépales colorés , et d'une corolle à cinq pétales en forme de cornets tronqués obliquement et éperonnés à la base, — Les daupninelles ou pieds-d* alouette , dont les fleurs ordinairement bleues , en grappes terminales , ofirent un calice coloré , fornié de cinq sépales inégaux , dont le supérieur est prolongé à sa base en un éperon ; et une corolle de quatre pétales , dont les deux supérieurs , prolongés en un éperon , sont recouverts par celui du calice. —Les. aconits , plantes vénéneuses à fleurs violettes ou jaunes , disposées en épis ou en panicules : calice à cinq sépales inégaux , dont l'un supérieur est plus grand et en forme de casque ; corolle à cinq pétales , dont deux supérieurs en forme de capuchon et longuement pédicellés , sont reiifermés dans l'intérieur du sépale supérieur. — Les pivoi'^ nés , plantes herbacées vivaces , ou sous-arbrisseaux , à granaes fleurs rouges ou blanches , doublant facilement par la culture : calice à cinq sépales inégaux et concaves ; cinq pétales ou plus , arrondis au sommet ; trois à cinq ovaires à stigmate sessilc , entourés d'un disque chai^nu. La pivoine en arbre de la Chine , à fleurs blanches , d*unc odeur analogue à celle de la rose , est une des plus belles plantes dont se sont enrichis nos jardins vers la fin du siècle dernier.

-—Parmi les plantes médicinales,. on distingue Vhellé^

bore, si Tameux chez les ascii?ns et si vanté dans le traitement des maladies meataU-s.

Appendice.

A côté des renonça laeéea viennent se raneer dans de petites familles , les magnoliers , arbres de la Caroline, remarquables par l'clegancc de leur feuillage , la grandeur et le parfum délicieux de leurs fleurs ; les tulipiers de Virginie , devenus communs dans nos jardins , remarquables pai' leurs feuilles découpées en lyre et par leurs fleurs , dont l'aspect rappelle assez bien celles des tulipes ; et les anones ou corossoliers du Pérou , dont les fruits, de la grosseur d'une pomme, ont la saveur de IV uanas.

Les nymphœa ou nénuphars out aussi beaucoup de rapport avec les renonculatées , d'une part, et avec les pap avéra cées , d'une autre. Ce sont des herbes aquatiques , à fleurs blaucbes ou jaunes , dont le calice est coloré à l'intérieur , et dont les pétales sont nombreux et disposés sur plusieurs rangs. Les étaniînes , pareillement en grand nombre , ont des âlets planes.

Plantes herbacées , à feuilles alternes , contenant un suc propre , laiteux , blanc ou jaunàtie. Leurs fleurs ont un calice à deux sépales concaves et caducs , une corolle de quatre pétales (fig. 3 , pi. i3) ; des étamines nombreuses et hypogynes , un ovaire libre et simple à tme seule loge , divisée par des demi-cloisons ; un stigmate presque ses sile , en forme de disque rayonné. Le fruit (fig. 4) est une capsule à une loge, renfermant ungrand nombre de graines , et s'ouvran t ou par la séparation des valves, ou par de simples trous au-dessous du stigmate.

PainciPiDs GENRES, 'hf:^ pavots, auxquels le coquelicot appartient comme espèce, dont le suc fournit l'opium , et dont les graines contiennent une huile connue sous le nom A'œillette. — La cliclidoiiu' , à (leurs jaunes en croix , dont le suc est jaune et causti<jue , et dont la

capstile est en forme de silique.— La fumeterre^ plante médicinale et d'ornement , dontla corolle est irrégulière, bilabiée et éperonnée ; les étamines au nombre de six et disposées en deux faisceaux. Ses fleurs sont jaunes ou rougeâtres , et disposées en épis.

m. FAMILLB DES CBlTCIFÀkES.

Cette famille composée de plantes herbacées croissant pour la plupart en Europe , a pour caractères : une corplle de quatre pétales disposés en croix (fig. 5 , pi. 1 3), gix étamines hypogynes et tétradynames , c'est-à-dire , dont quatre plus grandes que les deux autres (flg. 6); un ovaire simple , libre , se changeant en une silique

Principaux genres. Parmi les plantes d ornement : les giroflées, — Y^es juliennes à fleurs blanches ou couleur de lilas. — Les alyssons (ou corbeille d'or), propres à garnir des vases. — Les ibérides ^ dont les fleurs blanches sont pareillement réunies en touffes d'un effet agréable. — Parmi les plantes potagères : les choux , dont les différentes espèces sont bien connues par leurs usages , savoir : le navet , dont on mange la racine ; la navette çt le colza y dont les graines fournissent une huile grasse ; le chou commun , dont on mange les feuilles ; le chou-rave dont la tige forme au-dessus du collet une tête ou un tubercule charnu; la rave proprement dite , qu'il ne faut pas confondre avec l'espèce précédente , et qui est caractérisée par sa racine tubéreuse , c'est-à-dire par un tubercule ou renflement charnu formé au-dessous du collet; le chou-fleur, qui n'est qu'une réunion de pédoncules chargés de fleurs avortées , lesquels se sont entregreffés et sont devenus charnus. — Le raifort ^ dont les racines nous donnent le radis et la petite rave. — Le sfsimbre ou cresson de fontaine. — La cardamine ou cresson des prés. — Parmi les plantes médicinales : le cochléaria , dont les feuilles ont une saveur acre et amère. — Parmi les plantes économiques : la moutarde ou le sénevé ^ dont les graines forment la base de l'assaisonnement connu sous le même nom ; le pastel ou guède , dont les feuilles fournissent une matière colorante bleue , presque absolument identique avec l'indigo.

Appendice.

i la saîte des crucifères , Tieut se placer une peiik

.lill "i a (le grands rapporls avec elles , et qui ren-

mf (genres de plantes utiles s les itipriers , doni

> I fleura , conGts dans le i-înaigio, sont cou-

loiu de câpres , et s'emploient comme «ssoi-

et les résédas , dont les espèces les x>Ius re-

lOQt le réséda odorant , que l'on caltîve dans

cause de l'odeur suave qu'il répind , et te

u.ie ou la gaude , que l'on emploie pour teindre

. Entre les crucifères et les caryoplivUées se

i d'autres petites familles , dont les principaux

sont les cistes , arbustes remarquables par la

, de leurs fleurs àcorolle rosacée et à étamiues nom-

I lijpogynes ; les violettes , dont la corolle est ir-

re et dont les étaminessout soudëespar lesantbè-

.ij8 principales espèces de ce genre sont : la violette

ite , et la violette tricolore , conuue vulgairement

nom de pensée.

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