‹ Précis élémentaire d'histoire naturelleChapitre 8 sur 89 · PARTU · texte numérisé non relu

PARTU

les plus importantes. On peut alors prononcer jusqu'à an i\ certain point sur la nature intérieure du corps d'après ^^ son aspect e&te'rieur. C'est .ainsi que,, dans les êtres organises, on juge fréquemment des parties qui .sont cihchées par celles qui sont apparentes. La structure des feuilles d'une, plan cd ou ta ngure des dents d'un animal suffisent pour faire connaître une grande partie de leur organisation interne. Dans les êtres: inoj^ganiques, on n'a pas encore pu saisir aussi bien les. rapports qui unissent les caractères extérieurs aux caractères plus profonds ; et c'est pour cela que la distinction et la classification des * minéraux offre plus de difficulté que celles des animaux ' ou des plantes. Néanmoins , il est des cas où la structure interne d'un minéral peut se conclure de. sa forme ex^ térieure^ ou de quelque autre propriété physique , de même que la nature de ses élémens peut se déduire de certains caractères chinûquea fort simples.

Les caractères des minéraux peuvent se partager en trois classes : les caractères extérieurs , les caractères physiques proprement dits, et les caractères- chimiques. Les caractères extérieurs sont ceux qui se tirent des qualités que nous pouvons saisir dans les minéraux à l'aide de nos organes seuls , qui s'offrent en quelque sorte d'euxmêmes à l'observation et n'exigent aucune épreuve, aucun instrument particulier pour être constatés : tels sont les caractères de structure, déforme , de cassure ^ de couleur; et généralement tous ceux dont se oom-

S ose ce que l'on appelle le faciès ou la physionomie u minéral. D'autres caractères exigent, pour être.vé^ rîfiés, que l'on mette le corps en expérience, pour voir comment il se comporte à l'égard des divers agens delà nature , savoir : la pesanteur , l'attraction moléculaire , la chaleur j la lumière , l'électricité et le magnétisme ; ce sont les caractères physiques : la pesanteur spécifique , la dureté , V élasticité , la dilatabilité et le changement d'état par la chaleur , la réfraction, la phosphorescence , les propriétés électriques et magnétiques. D'autres, enfin, exigent, pour se manifester , que l'on décompose une portion du minéral , ou du moins que Ton altère sensiblement sa nature , en faisant réagir sur elle les principes actifs que la chimie met en œuvre , cpmme le feu , les acides et les

alcalis; ce sont les caractères chimiques* ou ceux qui ■tpoar objet de neus signaler b coinposiiion du uiin^'- Bl,oa du moins la nature des atomes ou des eleuuiis dont il se compose.

S I. CARACrèKES EXTSRTECIIS.

1*. De U straclare.

La strwu:iure est le caractère que lu-oViite la di^iposidoii des parties dans TinteVieur do la masse minérale : cfle est simple ou complexe. La structure simple est celle des niasses homogènes, dans lesquelles Tœil neilistingue aucune partie, aucune surface <le séparation. Qlere'snlte de la réunion immédiate en un seul tout des molécules mêmes du coips ; telle est la structure du cris* tal de roche, de la pierre à fusil, du verre artificiel. La structure complexe est celle des masses formées par Tagr^tion d'un très-grand nombre de parties ou de masses plus petites , que 1 œil discerfle parfaitement , et (itii , prises isole'nient, possèdent chacune une structure sunple. Ces masses offrent donc une double structure , savoir : une structure simple ou moléculaire, dans chacune des parties qui les composent, et une structure d'agrégation , dans l'ensemble de ces mêmes parties; telles sont les masses qui sont produites par la reunion d'une multitude de feuillets ou d*aiguilles , de libres ou de grains. Occupons-nous d'abord de la stnu'ture simple : elle est régulière ou irrégulière, suivant que le mode d'agrégation des molécules du coi*ps csl lui-mOme régulier ou irrégulier.

STEUCTURB RÉGULIÈRE OU CRISTALLIIVR.

La structure régulière est celle des corps dont hîs molécules , en se fixant les unes à côté des autres, se sont disposées de manière à ce qu'il y ait entre elles une parfaite symétrie. Un tel corps peut être considéré comme formé par la superposition d'un grand nombre de tranches on couches planes de molécules , chacune de ces

tranches étant elle-même forme'e de files ou rangées de molécules juxtaposées. Il en résulte que cette agrégation de molécules peut être comparée à une réunion de petits cubes égaux, ou de petits corps pareils à des dés à jouer, et que 1 on aurait joints comme les pierres d'un édifice; ou mieux encore , à une .pile régulière de sphères de . même diamètre (comme les piles de boulets de nos arsenaux)^ ttTec cette différence toutefois , que , dans chaque ràn^f d*une telle pilé» les bouleis sont en contact immédiat i tandis que d^ns; les couches composantes d'un cristal, les molécules ne se touchent point, mais se trouvent placées dans chaque file à des distances égales les unes des auti-cs, en sorte que dans la couche entière, elles sont disposées en quinconce. On dit d'un corps , dont les molécules en se réunissant prennent cet arrangement symétriqi|e, qu'il cristallise : de là vient que la structure moléculaire do|it nous parlons se nomme aussi strubture cristalline. Cette structure se manifeste à nos sens par plusieurs caractères qui la dislinguenl, et dont les plus frappans sont le cliuage et la forme cris^ talline.

I. Forme gbistalline. Les minéraux dont la cristallisation s'est opérée lentement et sans trouble se montrent natm^Uement sous des formes régulières, terminées par des facettes planes , polies ei brillantes comme celles des pierres précieuses que la main du lapidaire a travaillées. Ces formes ont un tel caractère de régularité qu'elles excitent toujours la surprise et l'admiration de ceux qui les voient pour la première fois; elles sont du nombre de celles que Ton nomme en géométrie des po^ lyèdres, c'est-à-dire des formes composées Je plusieurs faces planes : les figures dos planches i et 2 nous en offrent des exemples. On donne en général le nom de cristaux aux corps naturels qui présentent ces formes régulières. Ainsi l'on dit un cristal de diamant , de topaze, d'émeraude, de soufre, etc

Remarquons ici une nouvelle différence entre les corps inorganiques et les corps organiques. Dans ceux-ci, les formes sont généralement arrondies ; dans ceux-là, au t'onlraire, elles sont angulaires et terminées par des faces planes, en sorte que la lig-^e droite caractérise en

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quelque sorte les minéraux ; etla ligne courbe, les animaux et les plantes.

La diversité' des formes dont une même substance est

I susceptible établit un contraste plus remarquable encore entre les minéraux et les êtres organiques. Dans les végétaux , par exemple , les divers individus d'une même espèce portent l'empreinte d'un modèle commun sor lequel ils semblent avoir été travaillés; au milieu de quelques variations légères et accidentelles , le type primitif subsiste toujours. Le même minéral au contraire se présente souvent sous une multitude de formes cristallines différentes, toutes également régulières, et dont k plupart paraissent , au premier abord , n'avoir aucun trait de ressemblance entre elles. Par exemple , si un

(minéral s'est offert sous l'une quelconque des formes du tableau A (planche i) , il pourra se rencontrer sous toutes les formes du même tableau , et sous plusieurs autres encore , que l'on n'y a point figurées ; de même un minéral, qui offrirait une forme appartenant à l'une des séries B, C, D, ou E (planche 2 ) , sera susceptible d'offrir toutes les autres formes de la même série.

Si au lieu de subir une telle variation, la forme cristalUne était constante dans tous les minéraux de même espèce , et ne changeait que d'une espèce à une autre , il est clair que de l'observation de cette forme, on pourrait tirer un caractère spécifique, comme on le fait dans les règnes organiques de la forme extérieure des plantes ou des animaux. En zoologie, par exemple, tous les individus d'une même espèce se ressemblent tellement * par leur forme, que l'on peut dire que celui qui a vu Un seul de ces individus a vu l'espèce entière. Il n'en est pas ainsi en minéralogie, oii chaque espèce, au lieu d'offrir une forme unique, présente un certain ensemble de formes. Et cependtint le résultat est le même , quant à l'observation cle chaque forme individuelle : elle a le même degré d'importance que si elle était invariable dans l'espèce. Cela tient à ce que les formes réellement différentes que peut offrir un minéral sont toujours en nombre limite, et qu'elles ont entre elles des rapports qui permettent de les lier dans l'esprit en un seul tout , que chacune de ces formes rappelle et représente à son tour.

Un pareil ensemble de formes est ce qu'on nomme un sfslème cristallin. Ainsi le mine'ral ne se présente pas toujours sous la même forme , comme l'être organique ; mais il o£fre toujours la même association de formes ; il est caracte'risé par un système de formes qui -lui est propre et qui ne varie en géne'ral que lorsqu'on passe d'une espèce minérale à une autre.

L'élude de ces systèmes de formes offrirait une complication désespérante , s'il y en avait autant que d'espèces; mais heureusement ceux que l'observation a fait connaître se réduisent à six systèmes généraux, qui se rencontrent chacun en un nombre plus ou moins grand d'espèces , et qui tous , à l'exception du premier , se présentent avec des valeurs d'angles particulières dans chacune d'elles. Il est donc possible au minéralogiste, avec un peu d'attention et d'étude , de se f^imiliariser avec les formes comprises dans chacun de ces systèmes, de retenir les rapports qui les unissent, et de donner des noms à ces différentes formes , afin de les distinguer les unes des autres. Ces noms sont pour la plupart empruntés à la géométrie *. Mais ce qui facilite

' Ces formes sont en effet tontes géométriques ; elles sont du nombre de celles qae les géomètres nomment des solides polyèdres. Dans Tensemble des f^ices qni les terminent, elles offrent toujours on une parfaite régularité, ou du moins une certaine symétrie ; dans le premier cas , lenrs faces sont toujours égales entre elles , et ont des iigarcs régulières (à angles et côtés égaux) : telles sont les formes i, 4 et II de la' pi. i, et ce sont les seuls solides parfaitement régnliers qui puissent exister en minéralogie ; dans le second cas, qui embrasse la presque totalité des formes cristallines, les faces opposées sont toujours égales , et de plus parallèles entre elles , en sorte que le solide est de nature à être partagé en deux moitiés symétriques par tout plan qui le coupe à égales distances de deux faces opposées. On distingue dans les parties extérieures d^un cristal des/aces ^ des bords^^^ on arèteSf et des angles ; \t% faces sont les plans diversement fignrés qui terminent le cristal : quand ils sont très-petits , et qne leur présence n'altère pas sensiblement la forme générale du cristal , on leur donne le nom àt facettes. Les bords ou arêtes sont les lignes droites qui terminent les faces du cristal , et qui sont toujours situées à la rencontre de deux d'entre elles. La quantité dont deux faces voisines sont inclinées Tune sur l'antre se nomme angle ou inclinaison de ces deux faces.

ieftacoup la connaissance des formes d'un même système, c'est le procède' très-simple par lequel on peut les transformer les unes dans les autres et les de'duire M les faire dériver toutes de l'une d'entre elles ; en lorte qu'il suffit de se rappeler l'une quelconque des finmies du système pour pouvoir retrouver à Tinstant toutes les antres, qui n'en sont que des dérivés ou de légères modifications. Pour faite concevoir en quoi consiste c:e procédé , appliquons-le au système de ibrmes représenté plancke i, et que nous appellerons sjs^ tème du cube, parce que la forme que nous prendrons pour point de départ est le cube ^ , fig. i .

Dans les minéraux qui présentent des cristaux de cette forme, on trouve toujours associés, et pour ainsi dire en Emilie avec eux, des cristaux de formes toutes difTe'ren* tes^ par exemple des solides à huit faces (ou des octaèdres) comme celui de la fig. 4 9 ^t des solides à douze faces (ou des dodécaèdres) comme celui de la fig. 6. — Si l'on compare immédiatement chacun de ces solides au cube fig. I y on n'aperçoit pas ce que ces formes peuvent avoir de commun entre elles. Mais entre le cuoe et chacun de ces solides il est possible d'intercaler d'autres formes qui établissent une gradation marquée, une sorte de passage du premier soude au second. Ces formes intcrmé» diaires font aussi partie du système , et par conse'quent se rencontrent avec les premières parmi les cristaux naturels. Ainsi entre le cube fig. 1 et l'octaèdre régulier' fig. 4 viennent se placer les formes représentées fig. 2 et 3. La première de ces formes fig. 2 n'est que le cube ^^. I , légèrement modifié par de petites facettes triangulaires, semblables à celles que l'on produirait en tronquant avec symétrie tous les angles de ce cube. Elle porte encore l'empreinte du cube d'une manière trop visible poi^r qu'on ne saisisse pas les rapports qu'ont entre elles ces deux formes. La forme suivante, ng. 3,

' Un cube est an solide terminé par six faces carrées et égales ; c^ést la forme qne représente un dé à joaer.

* Les octaèdres, en minéralogie, sont des solides à hait faces trlangolaires: L'octaèdre régulier est celai dont tous les bords sont égaoz y oa qni est terminé par hait triangles équilatéraaz.

inétne espèce minérale, mais à la vérité beaucoup pluâ rarement, quelques autres formes qu'on ne peut pas ob* tenir de la même manière, mais qui sont en quelque sorte comprises dans les premières , puisqu'elles proviennent de leur décomposition. Telles sont les formes repre'sentées fîg. 1 1 et 12 ; la première*, fig. 1 1 , est un tétraèdre régulier' : ce n'est autre chose qu'un octaèdre régulier dont le nombre des faces a été réduit à moitié, parce que quatre d'entre elles ont pris un accroissement qui a fait évanouir les quatre autres. C'est pour ainsi dire la moitié d'un octaèdre régulier; ou mieux, un octaèdre régulier peut être considéré comme la combinaison de deux tétraèdres réguliers ; car ses huit faces se partagent en deux groupes composés chacun de quatre faces non parallèles, et si l'on suppose que les faces de l'un de ces groupes se prolongent de manière à faire disparaître les quatre autres, onxubtient un tétraèdre régulier. De même le solide fig. 12, qui'est un dodécaèdre pentagonal^, est la moitié du solida.à' vingt-quatre faces représenté fig. 8.

Parmi les minéraux dont les formes cristallines se rapportent au système du cube , nous citerons le sel commun ou sel marin, et la pyrite commune ( ou fer sulfuré jaune. )

Outre le système du cube , il existe encore cinq autres systèmes cristallins, dans les détails desquels nous ne pouvons entrer ici. Nous nous bornerons donc à les dénommer, et à indiquer les formes qui caractérisent chacun d'eux plus particulièrement.

Le système que nous plaçons après celui du cube a pour formes principales ou dominantes celles de la série B , pi. 2 ; nous le nommons Système du Rhomboïde, parce que la forme que nous regardons comme fondamentale est le rhomboïde^ fig. 15 i. Les formes secon-

* Un tétraèdre est on solide à qaatre faces triangnUires ; le tétraèdre régulier est celai dont tons les bords sont égaux, on qui eat terminé par qnatre triangles éqnilatéraax.

' C'est-à-dire on solide terminé par douze pentagones. Le pentagone est nne fïgare à cinq angles et à cinq côtés.

^ Un rhomboïde est ane sorte de parallélipipède , formée de six rboraLes égaux : le parallélipipède est en général un solide à six faces, égales et parallèles deux à deux. Dans tout rhomboïde, il y a un axe

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daires sont : letrâme régulier à six nms^^ fig. 2 , et le dodécaèdre à nces triangalaires *, ug. 3. Le premier provient de la réonioa de deux sortes de troncature , dont l'une ayant lien sur les sommets ou angles culmi* sans du rhoinboide., donne naissance aux bases du prisme, et l'autre sur les six angles latéraux produit les uces latérales. Le second solide, ou le dodécaèdre, peut résulter de plusieurs sortes de troncature, entre autres du remplacement des arêtes latérales par deux faces qui s'inclinent sur Taxe, l'une dans un sens , l'autre dans le sens opposé. Parmi les substances les plus connues dont les cristaux se rapportent au système du rhomboïde , nous citerons le carbonate de chaux ou la pierre calcaire commune, le quarzou cristal de roche, l'émeraude, etc.

Le troisième système cristallin a pour forme fondamentale le Prisme droit à base carrée^, fig. G i, pi. a. Ce prisme passe à l'octaèdre à base carrée, fig. G 2, par une troncature sur les arêtes des bases. Exemples de minéraux dont les formes appartiennent à ce système : l'oxide d'étain, le zircon.

Le quatrième système est celui du Prisme droit à base rectangle^, fig. D i, pi. 2. Les principales formes domi-

central , sor leqael les six Bices sHnclinent. également, trois dans an sens et les trois antres dans le sens opposé, comme on le voit figure B I, on l'axe est sitaé verticalement.

* Un prisme est nn polyèdre terminé sapérienrement et inférienrement par denx j6gnres égales et parallèles , et latéralement par antant de parallélogrammes qne chacune de ces figures a de eàtés : nn parallélogramme est une figure à quatre côtés, dont les opposés sont «égaux et parallèles. Les deux fiaces terminales sont les bases du prisme, les £ices latérales en sont les pans.

' Ce dodécaèdre pent être considéré comme formé de deux pyramides semblables, réunies en sens contraires tantôt par une suite de lignes en zigzag, lorsque les triangles composans sont scalènes (ou à côtés inégaux), comme on le voit fig. 3 pi. a, tantôt par une jointure plane , lorsque les triangles sont isocèles (on ayant deux oôtés égaux) , eomme fig. 5 , pi. 3.

^ Un prisme est droit lorsque sa base est perpendiculaire sur les arêtes longitudinales des pans , lesquelles doivent toujours être placées verticalement : il est oblique lorsque la base n*est pas perpendiculaire aux arêtes longitudinales.

* Un rectangle est nn parallélogramme dont tous les angles sont, droits , c'est-à-dire ont leurs côtés perpendiculaires.

nantes sont : l'octaèdre à base rectangle, fig. D 2, ait* quel passe le prisme fondamental lorsqu'il est tronqué sur les bords de ses bases; le prisme droit à base rbombe fig. D 3 , dans lequel le premier prisme se transforme par la troncature ae ses arêtes latérales ; et l'octaèdre à base rbouibe fîg. D 4 9 qui est au prisme à base rhombe ce que l'octaèdre à base rectangle est au prisme à base rectangle. Les cristaux de soufre , de topaze y appartiennent à ce système.

Le cinquième système cristallin est celui du Prisme oblique à base rectangle, fig. E i . Les formes dominantes de ce système sont, comme celles du précédent, des prismes et des octaèdres à base rectangle ou rhombe ; mais la base est constamment oblique, au lieu d'être perpendiculaire aux arêtes longitudinales des prismes ou aux axes des octaèdres. On a donc un prisme oblique à base rectangle fig. £ i, un octaèdre oblique à base rectangle fig. £ 2, un prisme oblique à base riiombe fig. £ 3 , et un octaèdre oblique à base rbombe fig.E 4* Exemples de minéraux dont les formes se rapportent à ce système : le gypse ou la pierre à plâtre; le feldspath, l'amphibole^ le pyroxène.

Le sixième système enfin est celui qui a pour forme fondamentale le Prisme oblique à base parallélogramme ou le parallélipipède irrcguUer. Nous n'avons point figuré les formes de ce système, parce qu'elles ont une assez grande analogie d'aspect avec celles du système précédent pour qu'on puisse se les représenter par les mêmes figures ; il sufi&t d'y considérer les bases des prismes et des octaèdres comme étant non plus des rectangles ou des rhombes, mais des parallélogrammes obliquangles et à côtés inégaux^.

On voit par ce qui précède que les forme:* de chaque système sont parfaitement distinctes de celles des autres systèmes; en sorte que nous connaissons maintenant (juelles sont les formes qui sont compatibles dans la

* Ponr rendre plas faciles rintelligence et l'élude des formes cristalline» , qae nous venons de décrire , il serait bon de se procurer des modèles en Lois de ces différentes formes. On peut s'adresser, pour avoir des collections de ces modèles, à M. Aliizean, marchand natulalisle, quai Malaqnais à Paris,

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Un système cristallin est un ensemble de formes «me non seulement on retrouve toujours le même ])armi les cristaux d'une même substance, mais que l'on rencontre encore dans beaucoup d'espèces diÔérenles. Clia([ue forme en particulier, si on la considère dans la mfimu espèce minérale, se présente avec les mcnies angles dans

un grand nombre de cristaux provenant de lieux très* difFerens, en sorte qu'elle constitue une variété fixe. Prenons pour exemple le minéral appelé quarz hyalin , ou vulgairement cristal de roche. La forme la plus ordinaire de ses cristaux est celle d'un prisme à six pans, surmonté de pyramides ( fig. 5, plandhe 3 ). Dans toutes les contrées de la terre on trouve de semblables cristaux, et

f partout ils ont offert une identité parfaite, non pas dans 'étendue de leurs faces correspondantes, car cette étendue relative varie beaucoup, mais dans les inclinaisons mutuelles de leurs faces. En passant d'une espèce minérale à une autre , chaque système de formes, si toutefois on excepte le système du cube, ne conserve plus les mêmes angles. Ainsi, dans Témeraude et le corindon , qui appartiennent , ainsi que le quarz , au système du rnomboïde, on trouve aussi dj^ cristaux de la forme représentée fig. 5, pi. 3, mais pdbr chaque espèce l'inclinaison d'une face de pyramide iMx le pan correspondant a une valeur particulière.

Puisque les angles des cristaux sont invariables dans la même espèce , et changent en général d'une espèce à l'autre , leur mesure doit fournir au minéralogiste un caractère d'une assez grande importance ; mais il faut avoir les moyens de l'exécuter avec précision. On emploie à cet effet des inslrumens nommés goniomètres. Le plus simple est celui que l'on voit représenté fig. i , pi. 3; il consiste en deux lames d'acier mobiles sur un axe commun, et que l'on place sur un demi-cercle en cuivre divisé en degrés , de manière que cet axe passe par le centre du demi-cercle, et que l'une des lames corresponde au diamètre. On applique ces lames par leur tranche-sur les deux faces de l'angle que l'on veut mesurer, perpendiculairement à la ligne de jonction de ces faces, et elles font connaître la valeur de l'angle par leur ouverture , c'est-à-dire par le nombre de degrés du demi- cercle qu'elles comprennent entre elles. Il existe d'autres goniomètres plus compliqués que celui-ci , mais qui ont l'avantage de donner des mesures beaucoup plus exactes. II. CLIVAGE. — On appelle ainsi une sorte de division mécanique fort remarquable dont la plupart des cristaux naturels sont susceptibles , et qui résulte de leur

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stractarc molëculaire, telle que nous Tarons exposée plus haat. Nous avons vu, en effet , que dans toute masse à itracture <rrîslalline , l'arrangement des molécules était tel qu'on pouvait se figurer cette masse comme étant formée dans plusieurs sens par une succession de lames planes superposées. Dans la nature , ces lames, composées de files de molécules, ne se touchent |>oint, elles sont séparées par des fissures planes , et l'on conçoit Qu'elles puissent adhérer entre elles avec plus ou n^oins de force, selon telle ou telle direction dans l'intérieur du cristal. Si l'on place un instrument tranchant , un couteau d'acier, par exemple, dans la direction du joint de deux kmes consécutives fig. 3, en ayant soin d'appuyer ou de frapper sur cet instrument avec un marteau, on parvient souvent à vaincre l'adhérence de ces lames , et elles se séparent en mettant à découvert les faces par lesquelles elles se regardaient, et qui sont toujours planes, lisses et éclatantes. C'est ainsi qu'on parvient à diviser très-facilement dans un certain sens les substances appelées ^pse , talc , mica , lorsqu'elles se présentent en masses cristallisées. Lorsqu'un cristal a été ainsi divisé dans un sens par des coupes nettes, on peut toujours continuer à diviser les fragmcns de ce cristal parallèlement aux faces que l'on a mises à nu , en sorte que le cristal entier peut être partagé en lames plus ou moins épaisses, à faces parallèles , au moyen de divisions successives opérées dans le même sens. Il est même quelques substances, comme le gypse et le mica, qui peuvent être séparées en lames d'une ténuité extrême. Le clivage pourrait ainsi se répéter sur chacune des lames que l'on a détachées , et cela indéfiniment, ou du moins jusqu'aux couches de molécules simples, s'il n'y avait pas à cette opération une limite relative, causée par l'imperfection de nos organes et de nos instrumens.

Plusieurs cristaux peuvent être ainsi cliités^ ou divisés suivant des plans, par la percussion, c'est-à-dire en frappant avec ménagement ces cristaux avec un marteau ; c'est ce qui a lieu pour ceux de carbonate de chaux ( ou pierre calcaire commune ) , et pour ceux du minerai de plomb appelé galène. Mais tous les minéraux ne se prêtent pas aussi nicilement à l'opération du clivage ; il ar-

rive souvent que le choc n'étant pas assez fort pour diviser complètement le cristal, parvient seulement à étonner la pierre, en agrandissant les fissures naturelles oui existent entre ses lames composantes, et, dans ce cas, il rend sensible la direction de leurs joints par les stries parallèles qu'il fait naître à la surface du corps, ou par les reflets de lumière qu'il développe à l'intérieur. Parmi les minéraux qui, à raison de la grande cohésion de leurs particules, ne peuvent être clives que très-difficilement, il en est quelques-uns, comme le quarz, dans lesquels on parvient à provoquer la séparation des feuillets , en chauffant fortement le corps et le plongeant brusquement dans l'eau froide.

Il est des substances qui ne peuvent être clivées nettement que dans un seul sens ; il en est d'autres qui sont susceptibles de clivage dans deux ou plusieurs sens à la fois. Les premières n'ont qu'une simple structure l€uni^ noire; les autres ont une structure prismatique ou poljrédri" que. Il arrive souvent que le nombre des clivages est tel, que les fragmens qu'on détache du cristal par la percussion sont terminés de toutes parts par des plans. Ces plans de clivage sont toujours inclinés entre eux sous des angles constans dans tous les cristaux d'une même espèce minérale. Ainsi tous les cristaux de carbonate de chaux, quelles que soient d'ailleurs leurs formes extérieures, se partagent toujours en fragmens rhomboïdaux d'une figure constante, dont les angles sont de io5 et 76 degrés. Tous les cristaux de galène se divisent en fragmens cubiques, et ce résultat nous montre de quelle importance est la considération de la structure cristalline manifestée par le clivage , pour la distinction des espèces minérales. Cette structure est une sorte d'organisation qui est constante dans chaque espèce, mais qui varie d'une espèce à l'autre, de manière que les différences peuvent toujours cire déterminées avec exactitude.

Lorsque les clivages sont ainsi en nombre suffisant pour que les plans qu'ils mettent à découvert donnent par leur combinaison entre eux un solide complet , ce solide est toujours l'une des formes simples du système cristallin auquel se rapporte le minéral, c'est-it-dire que dans un minéral cristallisé, les clivages ont toujours lieu

purallèlement aux faces de l'une des formes du système. Ainsi dans le carbonate de chaux, qui appartient aasjstènçie du rhomboïde, les clivages ont lieu parallèlement aux faces d'un rhomboïde, qui est l'une des for- Bies ordinaires de l'espèce ; dans la galène , qui se rap-* porte au système du cube, les clivages se font dans trois sens perpendiculaires entre eux , et par conséquent paraUèlement aux faces d'un cube. Le solide que Von peut extraire par le clivage de tous les cristaux d'un même minéral est appelé forme primitive, parce qu'il est le type commun dont on peut faire dériver toutes les formes extérieures de ces cristaux ; et parce qu'en divisant avec symétrie chacun de ces cristaux, il est possible d'en retirer ce même solide, qui se trouvait placé vers son centre comme une sorte de noyau Gg. 4, on substitue souvent ce nom de noyau à celui de forme primitive. Deux espèces minérales peuvent se rapporter au même système cristallin , présenter les mêmes formes extérieures , et être distinguées l'une de l'autre par leurs formes primitives. Telles sont , par exemple , le fluor et la galène , dont l'un a un octaèdre et l'autre un cube pour noyau.

Les différens plans de clivage qui donnent une fovme urimitiTe ne sont pas tous également nets et également mciles à obtenir, dous ce double rapport, il y a toujours identité entre les plans de clivage qui correspondient à des faces égales, et semblablemeut placées sur le noyau, et diversité entre ceux qui correspondent à des faces de grandeur et de position différentes.

Lorsque le nombre des clivages n'est pas suffisant pour donner complètement la forme primitive , ces clivages , par les différentes combinaisons qu'ils peuvent offrir, sont encore d'un grand secours pour distinguer entre eux des minéraux qui se rapprochent par leurs formes extérieures, et qui se rapportent au même système. Trois des substances pierreuses les plus répandues dans la nature, Ycunphibote^ le pyroxène et \e feldspath, ont chacune pour noyau un prisme oblique à base rbombc ; mais dans l'amphibole le clivage parallèle à la base manque entièrement , tandis que ceux qui sont parallèles aux pans sont faciles et d'un éclat très-vif. Dans le pyroxène au contraire, c'est le clivage parallèle à la base qui so

rive souvent que le choc n'étant pas assez fort pour diviser couiplètemcnt le cristal, parvient seulement à étonner la pierre, en agrandissant les fissures naturelles oui existent entre ses lames composantes, et, dans ce cas, il rend sensible la direction de leurs joints par les stries parallèles qu'il fait naître à la surface du corps, ou par les reflets de lumière qu'il développe à l'intérieur. Parmi les minéraux qui, à raison de la grande cohésion de leurs particules, ne peuvent être clives que très-difficilement, il en est quelques-uns, comme le quarz, dans lesquels on parvient à provoquer la séparation des feuillets , en chauffant fortement le corps et le plongeant brusquement dans l'eau froide.

Il est des substances qui ne peuvent être clivées nettement que dans un seul sens ; il en est d'autres qui sont susceptibles de clivage dans deux ou plusieurs sens à la fois. Les premières n'ont qu'une simple structure lami^ noire j les autres ont une structure prismatique ou poljrédri" que. Il arrive souvent que le nonibre dos clivages est tel, que les fragmens qu'on détache du cristal par la percussion sont terminés de toutes parts par des plans. Ces plans de clivage sont toujours inclinés entre eux sous des angles constans dans tous les cristaux d'une même espèce minérale. Ainsi tous les cristaux de carbonate de chaux, quelles que soient d'ailleurs leurs formes extérieures, se partagent toujours en fragmens rhomboïdaux d'une figure constante, dont les angles sont de Jo5 et 76 degrés. Tous les cristaux de galène se divisent en fragmens cubiques, et ce résultat nous montre de quelle importance est la considération de la structure cristalline manifestée par le clivage , pour la distinction dos espèces minérales. Cette structure est une sorte d'organisation qui est coustanle dans cliaquc espèce, mais qui varie d'une espèce à l'autre, de manière que les différences peuvent toujours cire déterminées avec exactitude.

Lorsque les clivages sont ainsi en nombre suffisant pour que les plans qu'ils mettent à découvert donnent par leur combinaison entre eux un solide complet , ce solide est toujours l'une des formes simples du système cristallin auquel se rapporte le minéral, c'est-ii-dire que dans un minéral cristallisé, les clivages ont toujours lieu

parallèlement aux faces de Tune des formes du système. Ainsi dans le carbonate de chaux, qui appartient au système du rhomboïde, les clivages ont lieu parallèlement aux faces d'un rhomboïde, qui est Tune des formes ordinaires de l'espèce ; dans la galène , qui se rap-' porte au système du cube, les clivages se font dans trois sens perpendiculaires entre eux , et par conséquent parallèlement aux faces d'un cube. Le solide que Von peut extraire par le clivage de tous les cristaux d'un même minéral est appelé forme primitive y parce qu'il est le ^pe commun dont on peut faire dériver toutes les formes extérieures de ces cristaux ; et parce qu'en divisant arec symétrie chacun de ces cristaux, il est possible d'en retirer ce même solide, qui se trouvait placé vers son centre comme une sorte de noyau fig. 4? on substitue souvent I ce nom de noyau à celui de forme primitive. Deux espèj ces minérales peuvent se rapporter au même système ' cristallin , présenter les mêmes formes extérieures , et être distinguées l'une de l'autre par leurs formes primitives. Telles sont , par exemple , le fluor et la galène , dont Tun a un octaèdre et l'autre un cube pour noyau. Les différens plans de clivage qui donnent une fovme primitive ne sont pas tous également nets et également utciles à obtenir. Sous ce double rapport, il y a toujours identité entre les plans de clivage qui correspondient à des £aces égales, et semblablemeut placées sur le noyau, et diversité entre ceux qui correspondent à des faces de grandeur et de position différentes.

Lorsque le nombre des clivages n'est pas suffisant pour donner complètement la forme primitive , ces clivages , par les différentes combinaisons qu'ils peuvent offrir, sont encore d'un grand secours pour distinguer entre eux des minéraux qui se rapprochent par leurs formes extérieures, et qui se rapportent au même système. Trois des substances pierreuses les plus répandues dans la nature, Y amphibole, le pyroxène et \q feldspath, ont chacune pour noyau un prisme oblique à base rliombe ; mais dans l'amphibole le clivage parallèle à la base manque entièrement , tandis que ceux qui sont parallèles aux pans sont faciles et d'un éclat très-vif. Dans le pyroxène, au contraire, c'est le clivage parallèle à la base qui sou«

rive souvent que le choc n'étant pas assez fort pour diviser complètement le cristal, parvient seulement à iB étonner la pierre, en agrandissant les fissures naturelles c qui existent entre ses lames composantes, et, dans ce cas, ii il rend sensible la direction de leurs joints par les stries h parallèles qu'il fait naître à la surface du corps, ou par les ^ reflets de lumière qu'il développe à l'intérieur. Parmi % les minéraux qui, a raison de la grande cohésion de leurs oi particules, ne peuvent être clivés que très-difficilement, w il en est quelques-uns, comme le quarz, dans lesquels on parvient à provoquer la séparation des feuillets , en chauffant fortement le corps et le plongeant brusquement dans l'eau froide.

Il est des substances qui ne peuvent être clivées nettement que dans un seul sens ; il en est d'autres qui sont susceptibles de clivage dans deux ou plusieurs sens à la fois. Les premières n'ont qu'une simple structure lami'noire; les autres ont une structure prismatique ou polfédrique. Il arrive souvent que le nom])re des clivages est tel, que les fragmens qu'on détache du cristal par la percussion sont terminés de toutes parts par des plans. Ces plans de clivage sont toujours inclinés entre eux sous des angles constans dans tous les cristaux d'une même espèce minérale. Ainsi tous les cristaux de carbonate de chaux, quelles que soient d'ailleurs leurs formes extérieures, se partagent toujours en. fragmens rhomboïdaux d'une figure constante, dont les angles sont de io5 et 76 degrés. Tous les cristaux de galène se divisent en fragmens cubiques, et ce résultat nous montre de quelle importance est la considération de la structure cristalline manifestée par le clivage , pour la distinction des espèces minérales. Cette structure est une sorte d'organisation qui est constante dans chaque espèce, mais qui varie d'une espèce à l'autre, de manière que les différences peuvent toujours être déterminées avec exactitude.

Lorsque les clivages sont ainsi en nombre suffisant pour que les plans qu'ils mettent à découvert donnent par leur combinaison entre eux un solide complet , ce solide est toujours l'une des formes simples du système cristallin auquel se rapporte le minéral, c'est-à-dire que dans un minéral cristallisé, les clivages ont toujours lieu

IfDiUèlement aux faces de Tune des formes du sysflÈDe. Ainsi dans le carbonate de chaux, qui appartient [tt système du rhomboïde, les clivages ont lieu parallè- ' louent aux faces d'un rhomboïde, qui est Tune des for-

I ordioaires de l'espèce ; dans la galène , qui se rap-' porte au système du cube, les clivages se font dans trois sens perpendiculaires entre eux , et par conse'quent panHèlement aux faces d'un cube. Le solide que Von peut otraire par le clivage de tous les cristaux d'un même Binerai est appelé' forme primitive y parce qu'il est le F tjrpe commun dont on peut faire de'river toutes les formes extérieures de ces cristaux ; et parce qu'en divisant arec symétrie chacun de ces cristaux, il est possible d'en retirer ce même solide, qui se trouvait placé vers son centre comme une sorte de noyau 6g. 4? on substitue souvent ce nom de noyau à celui de forme primitive. Deux espèces minérales peuvent se rapporter au même système cristalliu, présenter les mêmes formes extérieures, et être distinguées Tune de l'autre par leurs formes primitives. Telles sont , par exemple , le fluor et la galène , dont l'un a un octaèdre et l'autre un cube pour noyau.

Les différens plans de clivage qui donnent une fo^me primitive ne sont pas tous également nets et également iaciles à obtenir, oous ce double rapport, il y a toujours identité entre les plans de clivage qui correspondient à des faces égales, et semblablemeut placées sur le noyau, et diversité entre ceux qui correspondent à des faces de grandeur et de position différentes.

Lorsque le nombre des clivages n'est pas suffisant pour donner complètement la forme primitive , ces clivages , par les différentes combinaisons qu'ils peuvent odVir, sont encore d'un grand secours pour distinguer entre eux des minéraux qui se rapprochent par leurs formes extérieures, et qui se rapportent au même système. Trois des substances pierreuses les plus répandues dans la nature, X amphibole^ le pyroxène et \q feldspath, ont chacune pour noyau un prisme oblique à base rhombe ; mais dans l'amphibole le clivage parallèle à la base manque entièrement, tandis que ceux qui sont parallèles aux pans sont faciles et d'un éclat très-vif. Dans le pyroxène, au contraire, c'est le clivage parallèle à la base qui sou*

vent est le plus facile et le plus net ; enfin, dans le feldspath un clivage parallèle à la base se combine avec vn autre clivage d'égale netteté parallèle à l'axe et perpendiculaire au premier. Dans les minéraux qui ont des formes primitives piismatiques , il arrive quelquefois qu'il n'existe de clivage que dans une seule direction toujours parallèle ou perpendiculaire à l'axe. On remarque alors que ce clivage unique est d'une extrême netteté, et si facile, que le minéral peut se diviser en lames minces , et qu'il se présente même naturellement sons cette foime. Tel est le cas du gypse, et surtout du mica. Le minéral appelé topaze offre aussi un seul clivage trèsbrillant parallèle à la base du prisme, et ce caractère suffit pour le distinguer des autres corps avec lesquels on pourrait le confondre.

De ce que tous les cristaux appartenant à une même espèce minérale renferment un noyau commun, lequel est clivable parallèlement à toutes ses faces, ainsi que la matière qui l'enveloppe, il résulte que l'on peut concevoir chacun de ces cristaux comme formé de deux parties ; savoir, d'une partie commune qui est le noyau, et d'une partie variable qui se compose de lames empilées sur les différentes faces de ce noyau. Or, la variation de la partie enveloppante ne peut provenir que des changemens que subissent dans leur figure et dans leur étendue les lames cristallines qui s'élèvent au-dessus de chaque face du noyau. Si ces lames se superposent en conservant toujours la même figure, et en augmentant de dimensions de manière à recouvrir les bords du noyau, celui-ci croîtra sans changer de forme ; mais si ces lames viennent à décroître, soit par leurs bords , soit par leurs angles, et que ce décroissement ait lieu uniformément par la soustraction constante d'une ou de plusieurs rangées de molécules , alors le noyau acquerra de nouvelles facettes, et par conséquent changera de forme; les lames qui recouvriront chaque face du noyau s'élèveront en pyramide au-dessus d'elle , et par la retraite successive et régulière de leurs bords , qui seront tous alignés sur des plans, elles produiront les facettes modifiantes, lesquelles entoureront le noyau en le touchant chacune , soit dans une de ses arêtes , soit dans un de

ses angles. Telle est rexplication simple et naturelle qu'a donnée de la structore des cristaux et de la diversité de leurs formes dans une même espèce un célèbre minera lai^e français , Tabbé Uaûy, auquel la science est en outre redeyabie de ce que l'on connaît de positif sur le di?age et sur la symétrie des modifications.

La fig. 2, planche 3, peut servir à représenter , confeimémentàcelte doctrine des décroissemens,la structure du dodécaèdre rhomboïdal , en le supposant originaire du cube. On y remarque un cube assez volumineux, qui lait fonction de noyau, et sur les faces duquel sont placées des lames régulièrement décroissantes. Mais pour pouvoir ûgurcr ces lames, et surtout la quantité de leur retraite , qui est toujours égale à une , ou deux , ou trois fois, etc. , la distance qui sépare les centres des molécules de deux rangées voisines, on a été obligé de donner une certaine forme à ces molécules, et on les a supposées^ déforme cubique, comme le noyau. Chacune des lames qui recouvrent le noyau a, vers ses bords, une rangée de cubes de moins que celle sur laquelle elle repose , et qui par conséquent la dépasse d'une quantité égale à une largeur de rangée , et Ion voit que la dernière lame se réduit à un simple cube. Chaque face du noyau est donc surmontée d'une pyramide à quatre faces triangulaires ; ces faces se présentent dans la figure comme des escaliers ; au lieu de paraître planes elles sont sillonnées par des cannelures que forment les rentrées et saillies alternatives de leurs Dords. Mais sur les cristaux naturels, où les molécules sont d'une petitesse presque infinie, et où les distances qui les séparent sont imperceptibles, ces sillons

* Il importe de remarquer que cette hypothèse n'infirme en rien la doctrine des dccroissemcns et les conséquences qne l'on peut en déduire. Car les lois de la structure cristalline dépendent de rassortiment des files moléculaires , et-de la distance qui les sépare dans chaque sens de clivage , et non de la forme des molécules elles-mêmes. On est donc libre de supposer à ces molécules telle forme que Von vondra, et, par exemple, d'admettre avec Haûy que les lames cristallines sont toujours composées de petits parallélépipèdes réunis par leurs faces, pourvu qne ces molécules supposées aient des dimensions telles que leurs centres soient espacés dans une même lame , comme le sont ceux des véritables molécules.

échappent à nos sens , et les faces produites par les dëcroissemens s'offrent à Tœil sous 1 aspect de plans lisses et continus. Or, il y a six pyramides, et par conséquent vingt-quatre triangles ; mais à cause de 1 imiformité des décroissemensqui ont lieu de part et d'autre d'une même arête, les triangles qui s'y joignent et qui appartiennent à deux pyramides voisines sont sur le même plan et forment un rhombe. La surface du solide secondaire est donc composée de douze rhombes égaux et semblables. Pour expliquer de même la structure des autres cristaux originaires du cube , il ne s'agirait que de placer sur les différentes faces du noyau des lames composées de petits cubes élémentaires et de les faire décroître régulièrement, de toutes les manières possibles, tantôt par une rangée de molécules et tantôt par plusieurs rangées ; sur les bords du noyau, ou bien sur ses angles, c'est-àdire dans le sens des arêtes, ou dans celui des diagonales ^ et même dans un sens quelconque intermédiaire ; car on peut, dans une lame cristalline, considérer des files de molécules dans toutes sortes de sens. On {>roduirait par là, à l'enlour du noyau, une série d'enveoppes régulières, qui représenteraient toutes les fornîes secondaires , susceptibles d'être dérivées de ce noyau. La position d'une face de forme secondaire par rapport à celle de la forme primitive est complètement déterminée lorsqu'on connaît la loi du décroissement qui a donne naissance à cette face, et le sens dans lequel il a agi. La loi du décroissement est marquée par le nombre des rangées de molécules soustraites, et l'expcricnce prouve que dans les cristaux naturels, ce nombre est le plus souvent très-simple.

STfiUCTURB IRREGULIERE.

La structure irrégulière peut être simple ou composée. Elle est simple dans les minéraux non cristallisés^ù elle provient de la réunion confuse de molécules invisibles.

' Dans une figure terminée par des lignes droites , on donne le nom de diagonale à une ligne qni coape la figure en allant d'un an« gle à un autre.

[Ces minéraux ne présententqu'une masse homogène, dans [hqaelle rœii ne discerne aucun indice de séparation. On désigne cette stmctare, qui est analogue à celle du verre ptti'épithète de compacle : telle est celle du jaspe. La rtittcture est composée, lorsqu'elle résulte de TagrégatioD en une seale masse solide d'un grand nombre de parties distinctes, qui, prises isolément, ont une structore simple, soit compacte, soit cristalline. Beaucoup de nasses compactes n'ont qu'une structure simple apparente , et paraissent composées lorsqu'on les examine trec le secours d'une loupe ou d'un microscope. Il y a plusieurs sortes de structure composée : la s ruct ure lamel- MÔv, produite par l'accumulation d'un grand nombre de petits cristaux ou de grains cristallins^ qui présentent leurs lames de clivage dans tous les sens, et qui se distinguent parle miroitement particulier que produit chacun d'eux en réfléchissant la lumière : si les grains étant fort petits, la structure se rapproche de celle du sucre, on lui donne le nom de saccharoïde (exemple : le marbre blanc dont on fait des statues). La structure grenue , provenant d'une multitude de petits cristaux ou de grains arrondis, entassés les uns sur les autres, et qui ne montrent point de clivage (exemple: le grès des paveurs). La stucture^ hreuse^ qui résulte de cristaux allongés et déliés comme des aiguilles, réunis entre eux en faisceau, ou groupés par leurs extrémités en rayons divergens (exemple : le gypse ^ le calcaire, le sel gemme). La structure oolitld" que, ou celle des masses composées de globules compactes ou à couche concentrique, et que 1 on a comparées à des œufs de poissons (exemple : le calcaire oolithique, le minerai de fer en grains). La structure JcA<lr/ei/^e, qui est propre aux masses composées d'un grand nombre de feuillets séparables comme l'ardoise. La stucture stratiformc^ provenant de l'accroissement du minéral par couches successives, que l'on ne peut séparer comme les feuillets de l'ardoise, et qui souvent ne sont sensibles que par les veines de diverses couleurs qu'elles forment à la surface du corps ou de ses fractures (exemple: l'albâtre veiné). La structure cellulaire^ ou celle des minéraux dont la masse présente des cavités ou cellules plus ou moins nombreuses , et de formes diverses, provenant de ce qu'ayant été

originairement fondue par l'action du feu, cette masse a >

subi un retrait en se consolidant, ou a été traversée par f

des gaz qui se de'gageaient de son inte'rieur. Enfin, il est ^

une dernière espèce de structure que Ton peut appeler ■

organique, parce qu'elle est emprunte'e à des corps orga- &

nisés dont le minéral a pris graduellement la place, et <

dont il a imite fidèlement le tissu (exemple : le bois fos- •

sile ou pétrifié). i

a*. De la Forme , considérée d'une manière générale. ](

Il n*en est pas des minéraux, sous le rapport de la con- à figuration, comme des corps organiques. Les êtres vivaus m ont une forme déterminée, qui se perpétue dans chaque ^ im espèce , et qui est indépendante des circonstances exté- la rieures au milieu desquelles le corps a pris naissance. Les | minéraux au contraire n'ont point de forme qui leur soit |m essentielle, puisqu'ils peuvent continuellement changer ^ d'état sous Vinfluence des causes extérieures , et s'ac- m croître indéfiniment, soit de tous les côtés à la fois, soit i seulement dans (juelques-unes de leurs parties. Aussi *'' leurs formes sont-elles généralement accidentelles ; elles ■ sont le produit des circonstances locales qui ont déter- a miné la réunion des molécules du corps , et ces causes variables les ont tellement marquées de leur empreinte, qu'on les reconnaît pour ainsi dire dans chaque conformation particulière. Il n'est pas jusqu'aux formes cristallines, qui, seules parmi les formes des minéraux, semblent avoir été réglées pour chaque espèce , qui ne se montrent encore soumises à la même influence, non seulement dans les modifications innombrables et réguhères, dont leur type primitif est susceptible , mais aussi dans les défauts de symétrie et les altérations sans nombre qui peuvent avoir Heu dans chaque forme individuelle, et qui la rendent souvent méconnaissable. Il est rare en effet que la cristallisation produise des formes parfaitement régulières et symétriques ; il faut pour cela une réunion de circonstances qui se rencontrent difficilement. La condition principale qui doit être remplie , c'est que l'agrégation des molécules ait lieu lentement '^^ "ans trouble, et que le cristal soit libre dans tout son

pourtour, pour qu'il s'accroisse uniformément dans toutes ses parties. Mais des causes pertubatrices de plusieurs genres agissent presque toujours pour gêner la marche de la cristallisation , et elle ne produit souvent que des formes incomplètes , de simples ébauches de cristaux , dans lesquelles la forme cristalline s'efface ou s'oblitère en partie, se dégrade insensiblement, et finit par se réduire à la forme de lamelles ou de grains, de baguettes ou de cyUndres, d'aiguilles ou de simples fibres. On voit donc que si l'on excepte les formes cristallines régulières, qui sont en rapport plus ou moins immédiat avec la nature des substances, on peut dire que les formes extérieures des niinéraux sont d'une faible importance pour la classification de ces corps , puisque étant presque toujours accidentelles , elles ne peuvent servir qu'à établir de simples variétés dans chaque espèce.

On peut diviser les formes des minéraux eu plusieurs classes : i® hes formes cristallines régulières: ce sont celles que nous avons considérées à part , en traitant des systèmes de cristallisation.

2*. "Les formes cristallines altérées : provenant de l'altération des formes régulières , soit par l'accroissement démesuré de certaines parties , soit par l'arrondbsement des faces et des arêtes. Telles sont les formes spliéroldales qui dérivent de celles du système cubique , qui ont UQ grand nombre de facettes (ex. le diamant sphéroidal (fig. lo, pi. 3 ') ; les formes lenticulaires, qui dérivent de rbomboides très-surbaissés, dont les faces sont plus ou moins courbes , ce qui les fait ressembler à ces verres de lunettes que Ton appelle des lentilles; les formes a^icu^ laires ou en aiguilles , qui provijennent de rhomboïdes très-aigus ou de prismes très-déliés; les formes tabulaires, produites par des prismes très-courts ; les formes bacil-^ laires ou en baguettes , provenant de prismes allongés et d'un diamètre sensible ; enfin les formes cjrlindroldes , dérivant aussi de cristaux prismatiques dont le contour s'est déformé par des arrondissemens.

3^. Les groupement de cristaux : les cristaux sont rare-

* La fîg. 9 représente l'octaèdre régdlier, qui est la forme la plus ordinaire do diament.

ment isolés dans la nature ; ceux de même espèce s'a« grégent fréquemment entre eux de diverses manières, et composent ainsi des groupes, dont la configuration exté^ rieure est plus ou moins régulière. Les groupemens, que l'on peut appeler re'guliers, et que l'on distingue quel-»quefois des autres par le nom de macles, n'ont lieu , en général, qu'entre des cristaux de même nature et de même forme, qui paraissent constamment s'être accolés deux à deux par des faces égales et semblables. Ils sont très-communs parmi les cristaux prismatiques. Lorsque deux cristaux de cette espèce se réunissent par deux de leurs faces latérales , il arrive souvent que l'un de ces cristaux est , par rapport à l'autre , dans une position renversée : cette sorte de groupement se nomme hém^ tropie. Les prismes qui sont terminés par des faces formant un biseau produisent aussi , en se réunissant plusieurs ensemble autour d'une même ligne centrale par leurs faces extrêmes , des configurations remarquables ; tels sont les groupemens que l'on nomme en croix , en étoile, en rosace^ en ét^entail, suivant le nombre et la disposition des cristaux réunis. On voit, fig i et fig. 2, pi. 4» quatre cristaux fixés de manière à former d'une part une croix rectangulaire , et de l'autre une croix obliquangle. Ces groupemens cruciformes sont communs dans le mi* néral appelé staurolide (ou pierre de croix) ; et ce qui prouve qu'ils sont soumis à une loi , c'est que dans chacun d'eux les axes des cristaux réunis se croisent constamment sous les mêmes angles. Les groupemens irréguliers sont ceux dans lesquels les axes des cristaux se croisent d'une manière variable, et sans suivre aucune règle. On ne peut les décrire et les désigner par des dénominations jparticulières que dans les cas où leurs formes présentent quelque ressemblance avec celles de certains corps bien connus , comme les groupemens qu'on nomme dendroïdes et coralloJdes, Les premiers, connus vulgairement sous le nom d'arborisations ou dendrites , sont dus à l'agrégation d'une multitude de petits cristaux qui se groupent à la file , en paraissant implantés l'un dans l'autre, et qui produisent de cette manière des ramifications dont renseinhlc offre l'aspect d'un petit arbre. Les cristaux qui

( ih5 ) )e in'DUpent ainsi sont quelquefois reconnaissables à Fœil ttu, ou peuvent se distinguer avec le secours d'une loupe. Mais souvent ils échappent à la vue par leur extrême petitesse >, et ne forment qu'une sorte d*enduit qui s*étend I la surface de certaines pierres, et qui rappelle ces cristallisations, que forme rhumidité en se congelant pen* lant l'hiver à la surface des vitres. Cette espèce d arborisation n'est que superficielle : il est une autre espèce le dendrites , que l'on appelle profondes , parce qu'elles pénètrent dans la profonaeur de la pierre, qui les enfdoppe en tous sens , comme si cette pierre , ajant été d'abord liquide , s'était consolidée en se moulant tout à l'entour. Telles sont les arborisations que présentent certaines agates employe'es dans la bijouterie , et que iqirésente la fig. 6 , pi. 4- ^^s groupemens coralloides lont dus à une multitude de petites aiguilles cristallines, qui se groupent les unes sur les autres, en se disposant obliquement autour d'un axe commun : elles forment ainsi des branches cylindriques qui se contournent et se ramifient entre elles à la manière du corail. Telle est, par exemple, la variété d'arragonite, que les anciens nommaient ^o^yèrn, parce qu'ils la prenaient pour une Téritable végétation qui se produisait dans l'intérieur des mines de fer. On donne le nom de druse à une sorte d'incrustation formée à la superficie d'une pierre par des cristaux d'une autre substance , qui semblent s'y être implantés en même temps qu'ils se sont fortement serrés les uns contre les autres. Beaucoup dq minéraux son( ainsi tapissés de druses calcaires ou quarzeuses.

4**. Les stalactites : ce sont des formes qui résultent de Pinfiltration d'un liquide chargé de particules ordinairement calcaires , à travers les voûtes des cavités souterraines. A mesure que les gouttes qui restent suspendues à ces voûtes ss dessèchent, les particules pierreuses, abandonnées à elles-mêmes, se réunissent en tube conique qui grossit et s'allonge par des dépôts successifs , à la manière des aiguilles de glace qui se forment l'hiter au bord de nos toits (vor. fig. 4> pi. 4}- Une partie du liquide, en tombant de la voûte sur le sol , y forme d'autres dépôts ordinairement mamelonnés , qu'on nomme stalagmites. Quelquefois ces derniers dépôts, en

1^ PABTII.

prenant de l'accroissement, vont joindre les stalactites qui pendent aux voûtes, et forment par la suite d'e'no]> mes colonnes qui de'corent majestueusement Tintérieur des cavernes ou grottes souterraines. Il existe en France

{plusieurs grottes remarquables sous ce rapport^ mais une des plus célèbres que Ton connaisse est celle d'Antiparos, dans TArchipel grec , qui a été visitée et décrite par Tournefort. Ce botaniste , en la voyant , s'imagina que les pierres végétaient ou croissaient à la manière des plantes ; et cette erreur d'un grand botaniste a eu bon nombre de partisans ; mais le progrès des sciences naturelles l'a fait complètement disparaître.

5*. Les oolithes : ce sont des globules composés ordinairement de coucbes concentriques , et qui proviennent de ce que le liquide, chargé de leurs particules, était agité au moment où elles s'en précipitaient naturellement. De petits grains de sable , soulevés par les eaux , restent suspendus dans le liquide , et se recouvrent successivement de pellicules de la substance précipitée ; il se produit ainsi des globules dont le volume s'accroît jusqu'à ce que , devenus trop lourds, ils tombent au fond de L eau , où souvent ils se réunissent et s'agglutinent entre eux , pour former des masses à structure oolithique. On voit des globules de la grosseur d'un pois (/>iseliihes) , de celle d'une noisette ou d'une amande {dragées) , se former de la sorte dans les eaux chargées de particules calcaires de Carlsbad en Bohême, de Tivoli près de Rome , et de Vichy en Auvergne.

6. hes formes nodulaires : telles que les rognons , les géodes , les galets. Les rognons sont des corps arrondis à structure compacte et souvent stratiforme , et que l'on trouve disséminés au milieu de roches d'une nature différente; ex : rognons de silex ou de pierre à fusil au milieu de la craie. Ces rognons peuvent être contemporains de la matière qui les enveloppe , c'est-à-dire s'être consolidés et formés en même temps qu'elle ; ou bien ils peuvent être postérieurs au dépôt et à la consolidation de la matière enveloppante. Ce dernier cas est celui des nodules produits par des liquides chargés de particules pierreuses ou métalliques , qui s'infiltrent dans les cellules de certaines roches , en incrustent les parois , et

finissent même par en remplir la cavité. Lorsque ces nodules sont d'an petit volume , on leur donne le nom d'à- WÊRdes, Les rognons formés par voie d'infiltration sont composes de couches qui se sont ajoutées l'une après l'au* tre, en allant de la surface vers le centre. Ces dépôts fluccessifs sont souvent rendus sensibles sur la coupe des Bodules par des sônes de différentes couleurs , comme QD le voit sur les agates onyx (fig. 7, pi. 4)- Quelquefois lossi on. aperçoit sur cette coupe la trace du canal , par lequel la matière du nodule s'est introduite. Les noaules ainsi produits sont rarement pleins : il reste ordinairement vers le centre une cavité plus ou moins grande, occupée par une matière solide ou pulvérulente qui ne la remplit pas entièrement, mais y forme une sorte de noyau mobile que Ton entend résonner dans Tintérieur lorsqa^on agite le nodule. Ces rognons creux portent en général le nom de géodes} mais ceux d'un certain minerai de fer (le fer hydroxidé) , sont connus sous le nom vulj. gaire de pierres d aigle, il arrive souvent que la croûte extérieure de la géode est formée d'une matière compacte , dont Taspect est terne et terreux ; tandis que les parois de la cavité intérieure sont tapissées d'une multitude de cristaux limpides et briilans , qui sont comme implantés par une de leurs extrémités dans la substance compacte, en même temps qu'ils tournent l'autre extrémité vers le centre de la géode. Enfin il existe encore d'autres formes arrondies , produites par des causes accidentelles , postérieurement à l'époque où le minéral s'est consoliaé 2 ce sont celles des galets ou cailloux roulés y que Ton trouve abondamment dans le lit des torrens, sur les bords et à l'embouchure des grands fleuves^ au fond et sur la grève des mers , et qui composent en outre, dans l'intérieur des terres, des amas immenses, non seidement à la surface du sol , mais même à d'assez grandes profondeurs , et aussi à des hauteurs considérables au-dessus du niveau des plaines. On ne peut avoir aucun doute sur l'origine de ces dépôts , puisqu'on en voit desemblables se former encore de nos jours, et s' accumuler au fond des vallées et dans toutes les parties basses de nos continens. Ces galets proviennent de débris de roches décomposées , de fragmens détachés des monta*

gnes , du bord des rivières et du rivage de l'océan , et i qui , roulés par les torrens , charriés par les fleuves , ou , balancés par les flots de la mer , s'usent et s'arrondissent ^ par leur frottement mutuel, et par l'action érosive des ^ eaux courantes. Lorsque ces matières roulées sont ré« |, duites à l'état de petite cailloux ou de grains , on leur ^ donne le nom de grtwier ou de sable ; et si* les galets ou ,, les grains de sable sont réunis entre eux en une masse y, solide y ce qui a lieu souvent à l'aide d'un ciment de ^ nature variable , il en résulte ce qu'on nomme des pouf a dingues ou des grès, ■

7**. Les formes dues au retrait des argiles et autres ^ pâtes pierreuses qui se dessèchent , ou des matières fondues qui se refroidissent. Ces madères , par la dessica- , tion ou par le refroidissement, se fendillent en divers ] sens , et se partagent en fragmens polyédriques qui ont [ quelquefois une régularité apparente. C'est ainsi que les basaltes , qui sont d'anciennes laves de volcans , sont divisés par des fissures planes en grandes colonnes prismatiques (fig. 5, pi. 4) à trois, quatre , cinq et six pans. On trouve de ces masses basaltiques dans une multitude d'endroils, en Auvergne et dans le Vivavais. Elles sont le plus souvent partagées en grands prismes qui ressemblent à des pristnes hexagonaux. Souvent ces prismes sont debout ou verticaux ; mais quelquefois aussi ils sont couchés et rangés à côté les uns des autres , à la manière des piles de bois de nos chantiers. Lorsqu'ils sont verticaux, et qu'on les voit de loin, ils s'offrent sous l'aspect d'une vaste colonnade ; mais si l'on se trouve audessus de la masse même, etquel'on marche sur la tranche des prismes , le sol basaltique se présente alors comme un immense pavé composé de dales hexagonales, ce qui lui a fait donner le nom de chaussée des géans. Un mode de division semblable a lieu dans les niasses de gypse dont se compose la colline de Montmartre près Paris. Les argiles , les marnes desséchées présentent des fissures assez irrégulières ; mais lorsque ces fissures ont été remplies postérieurement par une infiltration de matière diversement colorée , il en résulte sur la coupe de la masse des espèces de mosaïques , que l'on désigne en générai sous le nom de ludus : on débite ces masses sous

k forme de tablettes y que Ton emploie pour le reyéte* ment des consoles.

8^. hes /ormes empruntées^ ou les pseudomorphoses. B arrive assez fréquemment que des minéraux se prë- •entent sous des formes qui leur sont tout-à-fût e'trangères et qu'ils ont en quelque sorte de'robe'es à d'autres corps, soit organiques, soit inorganiques. Cet emprunt de forme a pu avoir lieu de différentes manières : i^ par ?oie d'incrustation , comme lorsqu'un liquide chargé de matière calcaire la dépose à la surface de différens corps organisés, animaux ou végétaux, et les revêt d'une croûte pierreuse qui en retrace la forme extérieure avec plus ou moins de ndélité; c'est ce qu'on nomme une incrusta-tion. Il existe en France , à Saint-AUjre , près de Glermont , et dans d'autres lieux , des sources qui possèdent cette vertu incrustante : on y plonge des nids d'oiseaux, de petits paniers de fruits , des branchages qui se recoa> ▼rent en très-peu de temps d'une enveloppe pierreuse. Le vulgaire s imagine que ces sources ont la propriété de pétrifier , c'est4-dire , selon lui, de changer en pierre les matières organiques : c'est une erreur grossière. Nous verrons plus bas quels sont les cas où l'on peut dire qu'il y ait pétrification , et ce que l'on doit entendre par ce mot. ici les matières organiques ne font que se revêtir d'un simple enduit pierreux , sous lequel elles peuvent se conserver plus ou moins long-temps et se détruire ensuite spontanément, mais sans avoir été en aucune manière altérées ni remplacées per la matière du dépôt. La propriété qu'ont les eaux de certaines sources de déposer du calcaire sur tous les corps qu'elles rencontrent, paraît tenir à ce que ces eaux , au moment où elles vien*> oent sourdre à^ la superficie du sol, abandonnent un principe gazeux (l'acide carboniqne) qui, se trouvant en excès , favorisait la dissolution de la matière calcaire. 2** Par voie de moulage , comme lorsqu'une matière pierreuse encore liquide , ou du moins dans un état de mollesse, vient se modeler, soit dans l'intérieur des coquilles ou autres corps organiques creux , ou bien au* tour de ces mêmes corps , de manière à produire une représentation de la surface intérieure , qu'on appelle moule intérieur , ou bien la représentation de la surface

extérieure , que l'on nomme moule extérieur ou empreinte^ u soit enfin dans une cavité laissée libre par la destruction ji d'un être organique , ou même d'un minéral cristallisé u qui l'occupait auparavant. 3^. Par voie de pétrification, g c est-à-dire de substitution graduelle d'une substance à >i une autre , comme lorsqu'en vertu d'une opération chi- -„ mique , les élémens d'un corps organique sont expukés totalement ou en partie , et remplacés , molécule à molécule , par d'autres principes , de manière qu'il y a conservation , non seulement de la forme du corps organi- g que , mais même de son tissu ou de sa structure. Les , pétrifications les plus remarquables sont celles que nous . offrent les ho\s fossiles, c'est^-dire des bois qui ont été j enfouis très-long-lemps dans les couches de la terre, et ^ que l'on trouve ordinairement convertis en silex , ou plutôt remplacés par des molécules siliceuses ; car on ne peut admettre qu'il y ait ici transmutation de sub* stance , mais une simple substitution. Le corps organique a été détruit par une action lente et progressive y couche par couche , et pour ainsi dire molécule à molécule ; et , à mesure que chacune de ces molécules se décomposait, une molécule siliceuse en prenait exactement la place. Aussi , non seulement la véritable pierre qui résulte de cette action chimique souterraine présente-t-elle la forme exacte du végétal, mais encore tous les détails de son organisation interne , à tel point que Ton peut souvent reconnaître à quelle classe de plantes il appartenait. Le règne animal nous fournit pareillement des pétrifications , et ce sont généralement les parties solides des animaux , telles que les os et le test des coquilles , qui peuvent conserver assez long-temps leur forme, après avoir été déposés, pour que la matière pétrifiante les enveloppe et les pénètre lentement. Certaines couches de la terre abondent en débris organiques plus ou moins conservés , en pétrifications , moules et empreintes de plantes et d'animaux : on réunit généralement tous ces corps sous la dénomination cjouimuxxeàe fossiles. Leur considération est d'une haute importance pour l'étude de la géologie.

Il existe aussi des pseudomorphoses produites par substitution graduelle dans le règne minéral : on leur

( i5i ) particiilii

des alcéiations que subissent certaines substances d^ns leur compoûtioii chimique , sans éprouver de change^ maki de forme. Il peut donc arriver qu'une substanœ BHBerale se présente sous des formes cristallines qui lui ioient loat-à-fait étrangères.

3*. De k cassure.

Lorsque d'ime masse minérale on détache un hrag^ ment par la percussion , la forme de ce fragment et l'aspect de la surface de cassure sont souvent en rapport ivec la structure du minéral et fournissent les moyens de la reconnaître. Ainsi , la cassure est lamelleuse ou feuilletée dans les corps à structure laminaire ou schisteuse ; elle est fibreuse ou grenue dans les masses cou^ posées de fibres ou de gradns ; enfin elle est compacte ou terreuse dans les masses dont la structure est ciësignée par les mêmes noms. La cassure compacte présente des modifications particulières de forme et d'aspect. Relatîvement à la forme , elle est conchotde lorsque la surface du fragment , étant concave ou convexe , est sillonnée de stries concentriques , comme celles que l'on voit sur les valves de certaines coquilles ; ex. : la pierre à fusil; icailleuse lorsqu'il se détache de la surface du fragment de petites écailles semblables à celles que présente un morceau de bois que l'on a brisé, ou une masse de cire que l'on a rompue; ex. : l'agate, lepétrosilex ; raboteuse, cest-à— dire n offrant que des inégalités irrégulières; enfin elle peut être tout- à-fait plate, comme dans les pierres lithographiques et les pierres meulières. Relativement à l'aspect de la surface , on dit que la cassure est vitreuse , lorsqu'elle ofire l'éclat du verre , comme celle du cristal de roche ; résineuse, lorsqu'elle offre l'aspect de la résine , comme celle des opales ou quai*z qui renferment de l'eau; cireuse, lorsqu'elle ressemble à celle de la cire (certains pétrosilex) ; terreuse, lorsqu'elle est terne et mate comme celles des matières auxquelles oa donne ce nom. La propriété dont jouissent les minéraux de se casser généralement de telle ou telle autre manière n'est pas sans intérêt pour les arts : ainsi, dans celui qui

a pour objet la taille des pierres à fusil, on proQte de la cassure conchoïde qui leur est propre , de même qu'on tire parti de la cassure presque plate des pierres meulières , pour les exploiter avec plus de facilité et d'avantage.

4°. De l'aspect extérîear.

Le caractère de cassure réunit , comme on vient de le voir 9 tout ce qui tient à l'aspect de la surface intérieure du minéral : la surface extérieure , celle qui n'est point le produit d'une cause artificielle , présente aussi dans son aspect général un ensemble de caractères qui détermine ce qu'on appelle \^ faciès du minéral ou sa physionomie. Ce sont tous les caractères dont lœil est frappé avant qu'on ait touché le corps , et qui le font ordinairement reconnaître quand une fois on l'a vu et bien examiné , parce qu'ik laissent dans l'esprit une impression qui se réveille à la présence de l'objet. Cette impression est le résultat combiné des sensations diverses que nous font éprouver à la fois la forme , la structure et surtout la transparence , l'éclat et la couleur du minéral. Lorsque nous nous sommes exercés pendant quelque temps à saisir du premier coup-d'œil les modifications, et, pour ainsi dire, les nuances que chacun de ces caractères peut offrir , et qu'il est si difficile d'exprimer par le langage, c'est alors que nous commençons à acquérir ce tact particulier qui distingue le minéralogiste, et lui fait souvent reconnaître et nommer une substance minérale à la première vue. Cette connaissance empyrique des minéraux est d'autant plus précieuse, que leur détermination par les procédés méthodiques est sujette à des difficultés et à beaucoup de lenteur, ainsi q ue nous l'avons dit : or, on peut acquérir cette connaissance avec assez de facilité , parce que le nombre total des espèces minérales est peu considérable , et qu'il est aisé d'en réunir la collection complète. Un célèbre minéralogiste allemand , Werner , a même essa^'é de ramener cette étude à quelaues principes, en créant une langue descriptive, à l'aide de laquelle il est parvenu à définir avec assez de bonheur et de précision tous les caractères extérieurs des minéraux.

Noos avons dëjà parlé de la forme et de la stractare ; deux des caractères dont se compose le faciès d'un minéral : indiquons en peu de mots ce qui concerne les trois autres caractères qui déterminent plus particulièrement l'aspect j savoir : la transparence , 1 éclat et la couleur.

1 . De la transparence. Cette propriété est susceptible de degrés , depuis la transparence parfaite , jusau'à l'entière opacité. On dit qu'un minéral est complètement transparent, lorsque la lumière qui le pénètre est assez abondante pour qu'on puisse distinguer nettement un objet à travers son épaisseur ; il est dgmî-transpareni , lonqu'il ne laisse voir les objets que d'une manière confuse; translucide, lorsqu'on ne peut rien distinguer, même confusément ; opaque , loraqu'il ne laisse passer aucun rayon de lumière. Il est des substances qui sont opaques quand elles ont ifne certaine épaisseur , et qui deriennent transparentes lorsqu'on les réduit en lames minces , ou qui se montrent translucides vers les bprds amincis de leurs fragmens.

2. De t éclat. Les minéraux manifestent beaucoup de différence entre eux , relativement à la manière dont la lumière se comporte à leur surface : on distingue , dans l'impression que font les rayons réflécliis sur l'organe de la vue , deux effets différens , susceptibles chacun de modifications particulières. Ces effets sont ce que l'on appelle V éclat et la couleur. Celui-ci dépend de la nature des rayons réflécliis ; l'autre tient à leur intensité , aux qualités particulières de leur teinte , et varie avec le plus ou moins de poli des surfaces ; il est en quelque sorte à la couleur, ce qu'est le timbre au ton dans un corps sonore. Il y a plusieurs sortes d'éclat dans les minéraux : l'éclat métallique , l'éclat vitreux , l'éclat résineux , l'éclat cireux , l'éclat gras , l'éclat soyeux et l'éclat nacré. Quelques substances pierreuses ont une certaine apparence de l'éclat propre aux métaux , mais qui disparait aussitôt que l'on raie leur surface : on donne à ce faux éclat métallique le nom de métalloïde» 11 est à remarouer que dans les corps qui ont une structure régulière l éclat n'est pas toujours le même dans les différens sens de clivage. Ainsi , l'éclat nacré ne se montre ordinaire-

ixkeni que dsrtis tme deule .direction parallèle à la base des cristaux prismatiques. L'e'clat en géuéral est, comme la transparence et la couleur , susceptible de degrés ; il est plus ou moins yif , plus ou moins terne, et disparait complètement dans les yariéte's dont l'aspect devient mate ou terreux.

3. De la couleur. Les couleurs des mine'raux se dis* ' tînguent en couleurs propres et couleurs accidentelles. Les premières sont celles des corps qui sont colorés par euxmêmes ; elles sont dues à leurs propres mole'cules , et sont constantes tant que la substance conserve son état de pureté : ce sont les seules qui puissent servir de ca*ractères pour la distinction des espèces minérales. Bien que nous les disions constantes , elles peuvent cependant varier d'intensité et de ton , suivant le mode d agrégation des particules ou le degré de densité du minéral. Mais on les trouve les mêmes dans les différentes variétés, si l'on a soin de ramener celles-ci aux mêmes conditions, ce que l'on fait en les réduisant toutes en poussière fine avant d'observer le caractère de leur couleur. Les substances naturelles qui possèdent des couleurs propres sont : parmi les corps simples ^ le soufre et les métaux ; parmi les composés binaires les sulfures et arséniures métalliques, les chlorures et oxides de métaux proprement dits , etc. Les corps dont la composition est plus compliquée , comme les sels simples et doubles, sont incolores par eux-mêmes , lorsque les acides et les bases ont pour radicaux des gazolytes ou des métaux légers ; ils sont généralement colorés , lorsque ces acides et bases sont des oxides de métaux proprement dits, qui," ayant une couleur propre, font Torace de principe colorantflans la combinaison. Aussi , la plus grande partie des minéraux pierreux étant des sels à bases terreuses ou alcalines , se montrent dépourvus de couleur , lorsqu'ils sont purs ou sans mélange ; mais si leurs particules viennent à se mêler avec celles de corps colorés par eux-mêmes , par ex. : avec des particules de sels à bases métalliques, ces minéraux sont alors colorés par ces mélanges acci» dentels , et par conséquent d'une manière variable. Les couleurs accidentelles sont donc dues à la présence de molécules étrangères à celles qui constituent la substance

dms son état incolore , et mêlées avec elle. Nous verrons bientôt que ce mélange peut avoir lieu de plusieurs manières.

Indépendamment des couleurs propres ou acciden» telles dont nous venons de parler , et qui sont fixes dans les substances qui les présentent , il en existe d'autres qae Ton peut appeler mobiles ou chiuigeantes (voyez les Notions préliminaires de j^jrsique^ P^^c ^o), parce <|a'elles semblent se mouvoir à mesure que l'on fait vaner la position du minéfal à l'e'gard de l'œil. Tels sont les rcïflets que l'on voit flotter dans Fintcrieur de certaines pierres , et auxquels on a donné le nom de cAoioiemeni , par allusion aux yeux du dis^ , qui brillent dans l'obscurité , et que ces pierres imitent grossièrement lorsqu'elles sont laillées en cabochon , c'est-à-dire^ à surface arrondie , et non à facettes ; ex. : agate cha-> toyante. D'autres reflets diversement colorés, et que l'on nomme irisés ou opalins , se montrent aussi à Fm» teneur ou à la surface de quelques substances; ex. : l'opale , la pierre de Labrador.

DS8 GâJlAGTiKBS PHYSIQUKS DBS KIviBAUZ.

Les caractères dont nous allons maintenant nous occuper sont ceux qui se manifestent sans altération de l'état chimique du corps , mais qui exigent , pour être éprouvés, que Ton mette ce corps en expérience, en faisant le plus souvent usage de quelque instrument. Tels sont les diflerens degrés de densité et de dureté des minéraux, la double réfraction , la phosphorescence, les "propriétés électriques et magnétiques.

1 . De la densité relative , ou pesanteur spécifique. Les minéraux de nature diverse présentent en général des difierences de poids appréciables lorsqu'on les compare entre eux sous le même volume. Les rapports que ces différens poids ont avec celui d'une substance convenue (l'eau distillée) se nomment pesanteurs spécifiques, y oyez dans les Notions préliminaires, page lo, la manière de les déterminer.

2. Delà dureté, et de quelques autres propriétés dépens danles de la cohésion. Les corps naturels y en vertu de la

cohésion qui réunit leurs particules , opposent une résis" tance à toute action mécanique qui tend à les désunir. C'est ainsi qu'ils résistent plus ou moins à lefFort qu'on fait pour les rayer avec une pointe vive j à l'action d'un choc qui tend a les briser , à la pression qu'on exerce sur eux avec les doigts pour les désagréger, etc. On nomme dureté la résistance d'un minéral à l'effort qu'on fait pouu le- rayer, en faisant passer avec frottement sur sa surface une pointe d'acier, ou bien les parties , anguleuses d^un autre minéral. On dit , pat conséquent , qu'un minéral est plus dur ou moins dur qu'un autre , suivant qu'il le raie ou qu'il en est rayé. Ainsi le diamant est le plus dur de tous les minéraux , parce qu'il les entame tous, et qu'il n'est entamé par aucun. Pour évaluer, non pas rigoureusement , mais d'une manière approximative , les différences de dureté que nous offrent les minéraux , supposons qu'après avoir formé la série de tous ces corps rangés par ordre de dureté depuis le plus tendre qui est le talc , jusqu'au plus dur qui est le diamant, on choisisse dans cette série dix termes de comparaison j à des distances telles l'un de l'autre , qu'ils comprennent entre eux un grand nombre de minéraux, et qu'on puisse considérer leurs différences de dureté comme à peu près égales , en représentant alors les degrés de dureté de ces points fixes [jar les dix premiers nombres, on formera une échelle à laquelle on rappor* tera tout autre minerai , qui se trouvant nécessairement compris entre deux termes consécutifs de l'échelle, aura pour mesure de sa dureté un nombre fractionnaire. Ce moyen,' employé d'abord par Rome de Tlsle et ensuite par Mohs , est aujourd'hui généralement usité en minéralogie. Voici les ternies qui composent l'échelle comparative des duretés avec les nombres qui les représentent : I , le talc ; 2 , le gypse ; 3 , le calcaire ; 4 ? l<î fluor; 5, l'apatite (phosphate de cliaux); 6, le feldspath ; 7,1e quarz; 8, la topaze; 9, le corindon ; 10, le diamant. Que Ton veuille maintenant exprimer le degré de dureté d'un autre minéral quelconque, de l'émeraude, par exemple, on verra qu'elle raie le quarz, et qu'elle est rayée par la topaze ; elle est donc comprise entre ces deux termes , et sa dureté peut être exprimée

par le nombre fractionnaire 7,5 compris entre 7 et 8. On nomme ténacité la résistance au choc : un minerai très-tenace est celui qui se brise avec la plus grande difficulté; an minéral fragile ou facile à casser a très-peu de ténacité. Il est des substances tenaces qui sont très-tendres (le talc) ; il en est de dures qui sont très- fragiles (le diamant). Quand un minéral est doué d'un certain degré de dureté et de ténacité tout à la fois , il jouit de la propriété de donner des étincelles par le choc du briquet ; ex : le silex. L'étincelle étant produite par la comoustion d'une particule d'acier détachée par le choc, il faut que le corps soit assez dur pour attaquer Tacier , et asses tenace pour ne pas se briser trop facilement par la percussion. YjSkfriabilité est la propriété d'un corps qui s'égrène par un choc léger , ou se désagrège par la sim» pie pression du doigt; ex : la craie. La/lexibilûé est la Êiciuté que possèdent certains minéraux de pouvoir, être courbés sans se briser. Les minéraux flexibles sont en même teva^ élastïques ^ s'ils reviennent à. lew première forme aussitôt que la force qui les a fléchis n'agit plus sur eux. La flexibilité et l'éiasticité existent à un haut degré dans certains métaux ; et quoique ces qualités semblent incompatibles avec l'idée que l'on se fait communément des pierres , dans lesquelles la rigidité semble être une propriété caractéristique , cependant on les rencontre encore dans certaines substances pierreuses, dans les lames de mica, par exemple , dans les plaques de grès du Brésil , dans celles de marbre saccharoïde , dont on fait des chambranles de cheminée, et qui souvent fléchissent par leur propre poids; on peut même dire qu'il n'est pas de pierre qui ne soit flexible et élastique lorsqu'on la considère en grand. On a vu les colonnes et les tours de certaines églises osciller lorsqu'on mettait en branle de grosses cloches , et Ton sait que le mouvement rapide d'une voiture pesamment chargée peut ébranler le sol et les bâtimens qu'il supporte. On est donc conduit à admettre que la flexibilité et l'élasticité existent dans les couches solides de l'écorce terrestre , qui sont de grandes plaques minérales fort étendues en longueur et en largeur , mais d'une épaisseur peu considérable. Cette remarque est importante, en ce qu'elle

aide à concevoir les tremblemens de terre, ou ces moayemens d'oscillation de Vécorce terrestre qui se font sentir de temps en temps en de certains points du globe , et se propagent à de grandes distances. La ductilité est la propriété que possèdent certains corps de se laisser étendre par la pression ou par le choc , sans se briser ni se déchirer , et en conservant sensiblement la forme qu'on leur a imprimée. C'est ainsi que certains métaux , l'or , l'argent , le fer , le cuivre j. etc. , s'allongent en fil lorsqu'on les force à passer par des trous d'un petit diamètre. Plusieurs se laissent aplatir et étendre sous le marteau , et prennent de cette manière la forme qu'on veut leur donner (l'or, l'argent , le cuivre , l'étain , etc.) ; on dit qu'ils sont mcdléahles. Quelques substances pierreuses présentent aussi une sorte de ductilité lorsqu'elles sont pénétrées d'eau : on dit alors qu'elles font pâtç avec ce liquide; ex. ries argiles , les marnes.

3. De la dotdfte réf motion, La double réfraction de la lumière est l'une des propriétés caractéristiques des substances cristallisées , parce qu'elle tient à l'arrangement régulier de leurs molécules. Tous les minéraux transparens ont la propriété de réfracttr (voyez les Notions pré'' liminaires ^ page 28) les rayons lumineux qui les pénètrent , mais avec des différences importantes. Ceux qui ne sont point cristallisés , et ceux dont les cristaiix se rapportent au système du cube, ne possèdent que la réfraction simple , c'est-à-dire que chaque rayon qui les traverse se dévie sans se partager , et qu'ils ne donnent qu'une seule image de l'objet que Ton regarde à travei*s deux de leurs faces opposées ; ex. : le diamant. Toutes les substances cristallisées, qui appartiennent aux autres systèmes , sont douées d'une double réfraction , en ce sens que chaque faisceau lumineux qui les traverse se partage généralement en deux autres faisceaux qui suivent des routes différentes ; ce que l'on reconnaît à ce que ces faisceaux donnent deux images de chaque objet vu au travers du corps , lorsque leur séparation est sensible. Ce phénomène de la double image s'observe très* facilement dans le calcaire limpide (dit spath dlslande) et dans le soufre cristallisé, parce qu'ayant lieu dans ces corps , lorsqu'on regarde de très-près un objet à travers

des faces parallèles, il suffit de tracer on point ou une H^e noire sur un papier^ et d'appliquer le cristal dessus, pour Toir deux images du point ou de la ligne. Pour les autres substances , par exemple pour les cristaux de |iiarz on de topaze, la bifurcation des rayons aurait toujours lieu dans la même circonstance , mais si faiblement , qu'il faudrait des plaques très-épaisses pour la roidre sensible. C'est pour cela que l'on observe la double réfraction de ces substances à travers des faces inclinées l'une à l'autre , parce qu'alors les deux rayons ne sortant plus du cristal dans des directions parallèles , comme dans le premier cas , finissent toujours par se séparer à une distance plus ou moins éloignée. Yoici comment on s'y prendpour faire commodément l'expérience. On applique l'une des faces du corps conti-e l'œil , et l'on tient en même temps de l'autre main une épingle dirigée horizontalement , que l'on présente à une certaine distance du cristal , et que Ton regarde à travers les faoes réfringentes. En faisant mouvoir cette épingle de bas en haut , on parvient bientôt à une position sous laquelle on voit deux images de l'épingle , situées Tune au-dessus de l'autre et irisées. On peut aussi faire l'expérience le soir , en regardant à travers le corps une bougie allumée , placée à une certaine distance. On voit alors deux images de la flamme, ordinairement nettes et bien séparées. C'est par ces moyens d'observation que l'on peut souvent distinguer l'une de l'autre deux pierres taillées par le lapidaire , et qui se rapprochent beaucoup par leurs caractères extérieurs : par exemple , on distinguera toujours le diamant de la topaze incolore, en ce aue le premier n'a que la réfraction simple , tandis que la topaze est douée de la double réfraction.

Dans tous les cristaux doués de la double réfraction, il existe toujours une ou deux directions fixes , suivant lesquelles ce phénomène disparaît , et qui jouissent exclusivement ae la propriété suivante , que le faisceau de lumière qui pénètre dans le cristal perpendiculairement à une face, perpendiculaire elle-même à l'une de ces directions, parcourt celle-ci sans se diviser dans Tinté*rieur du cristal , et reste simple à sa sortie , lors même qu'elle a lieu par une face oblique. On donne à ces dl-

rections le nom i^axes optiques. Il existe encore d'autres directions pour lesquelles un faisceau lumineux ne se dédouble pas, lorsque étant parallèle à l'une d'elles, il entre par une face perpendiculaire ; mais il finit par se part£^er en deux rayons qui suivent des routes différentes , s'il vient à sortir par une face oblique. Il résulte de là que les directions des axes optiques sont les seules qui ne doublent pas les images des objets que l'on regarde à travers deux faces obliques > dont l'une d'elles (celle qui est tournée vers l'œil) leur est perpendiculaire. Les autres directions , dont nous avons parlé , diffèrent de celles-ci , en ce que le faisceau qui les parcourt est réellement décomposé en deux rayons de vitesses différentes, qui semblent n'en faire qu'un tant qu'ils parcourent le cristal, parce qu'alors ils suivent le même trajet, mais qui se séparent à leur émergence lorsqu'ils sortent par une face oblique ; ce ne sont donc point des axes optiques, mais, par rapport au cristal, ce sont le plus souvent des axes de figure ou de symétrie, et on leur a donné quelquefois les noms à! axes d'élaslicité ou de cris^ talUsation.

Les caractères que l'on peut tirer du phénomène de la double réfraction pour distinguer les minéraux cristallisés , sont en rapport avec les différences qu'établissent entre eux les systèmes cristallins. Tous les cristaux Îirivésdela double réfraction, ou qui présentent dans tous es sens la réfraction simple , appartiennent au système du cube. Tous les cristaux à un seul axe optique ont des formes telles que leurs faces sont toutes symétriquement disposées par rapport à un axe principal de cristallisation, dont la direction se confond avec Taxe optique : ils appartiennent aux deux systèmes du rhomboïde et du prisme droit à base carrée. Tous les cristaux à deux axes optiques ont des formes plus irréguUères, dont le caractère de symétrie comporte l'existence de trois axes inégaux de cristallisation : ils appartiennent aux systèmes des prismes droits ou obliques , dont la base est un rectangle, un rhonibe ou un parallélogramme.

Les cristaux à un seul axe optique ont cela de particulier , que des deux rayons dans lesquels se divise le faisceau incident, l'un se réfracte suivant la loi que suit

la réfraction simple dans les substances non cristalUsëeS) et l'antre d'après une loi toute différeute. De là les noms de rayon ordinaire et de rayon extraordinaire qu'on leov a donnés. Toute droite perpendiculaire à l'axe optique jouit de la propriété que la lumière ne se dédouble pas lorsqu'elle entre dans le cristal par une face perpendiculaire, en suivantla direction de cette droite. Déplus^ pour tous les fiaisceaux lumineux qui sont compris dans un même plan d*incidence perpendiculaire à l'axe, la marche du rayon extraordinaire s'assimile à celle d'un rayon ordinaire. On remarque alors que dans certains cnslaux (comme le spath d'Islande, la tourmaUne) le rayon extraordinaire se rapproche moins que le rayon oïdinaire de la normale ou perpendiculaire au point d'inâdence , tandis que dans d'autres cristaux ( tels que le cristal de roche , le zircou), il s'en rapproche plus que le rayon ordinaire. On donne aux cristaux qui présentent le premier cas le nom de cristaux répulsifs ou négatifs , et à ceux qui présentent le second , le nom d^ attractifs ou de positifs. On peut tirer de ces différences des ca« ractères propres à faire distinguer certaines espèces les unes des autres.

Dans les cristaux à deux axes optiques, aucun des deux rayons dans lesquels se diyise le taisceau incident ne suit la loi de la réfraction ordinaire. Les deux axes optiques font entre eux un angle qui ne yarie point dans les cristaux de même forme et de même composition chimique. On nonmie lipie moyenne celle qui diyise cet angle en deux parties égales. On peut conceyoir , dans le plan des axes ,\uDie seconde ligne droite perpendiculaire à la ligne moyenne , et hors de ce plan une troisième ligne perpendiculaire aux deux autres. Ces trois droites, qui se coupent à angles droits , jouissent de la propriété qui, dans le^ cristaux à un axe , caractérise toutes les droites perpendiculaires à cet axe.

La bifurcation des rayons n'est pas le seul fait remar-

2uable qui résulte de l'action des cristaux sur la lumière, es deux parties dans lesquelles se diyise le faisceau incident ont changé de nature , elles ne ressemblent plus à un faisceau de lumière naturelle ; les nouyeaux rayons,

au lieu d'avoir tous leurs jcàtés semblables , manifestent des propriétés contraires , quand on examine ceux de ces côtés qui sont situés dans des plans perpendiculaires lun à l'autre , et de là le nom de polarisés qu'on donne à ces rayons (voyez \es Notions préliminaires ^ p. 82). On s'aperçoit aisément que les rayons provenant du dédoublement d'un faisceau qui a traversé un cristal d'Islande , par exemple , sont distincts de la lumière naturelle , en ce qu'ils n'éprouvent plus constamment la double réfraction dans leur trajet à travers un second cristal , et aue leur division , quand elle a lieu , se fait généralement d'une manière inégale. Les deux rayons ordinaire et extraordinaire ont reçu la même modification , mais seulement dans des sens différens et dans des plans respectivement perpendiculaires , en sorteoju'il ne serait plus possible de les distinguer , si Tun d'eux faisait un quart de révolution sur lui-même.

n est un minéral transparent appelé tourmaline , qui se comporte d'une manière toute particulière , relativement à la lumière polarisée. Ses cristaux appartiennent au système rhomboëdrique , et n'ont par conséquent qu'un seul axe optique. Supposons une lame de cette substance, dcmt l'épaisseur excède un quart de ligne ^ et qui ait été taillée parallèlement à la du^ection de son axe. Si l'on reçoit un rayon polarisé perpendiculairement sur cette lame , en faisant tourner cette dernière sur elle-même, on verra qu'il y a une position de la lame pour laquelle aucune portion du rayon ne sera transmise ; cette expérience peut servir à déterminer ce qu'on est convenu d'appeler le plan de polarisation du rayon ; car ce plan est parallèle à Taxe de la tourmaline , quand le rayon se trouve arrêté par elle. Si Ton reçoit sur la même lame un rayon de lumière naturelle, toute la lumière transmise sera polarisée dans un seul sens , perpendiculairement à l'axe de la tourmaline. Il suit de là que si Ton superpose deux lames semblables, de manière que leurs axes se croisent à angles droits, l'endroit où les tourma- Unes se recouvriront , étant vu contre le jour , paraîtra obscur , car la seconde lame est disposée de manière à arrêter les rayons que la première a pu transmettre. Ces

deux toarmalines croisées forment un petit instrument fort simple , à laide duquel le minéralogiste étudie les principales propriétés optiques des cristaux.

Nous avons vu qu'une seule tourmaline pouvait servir i déterminer dans quel sens un rayon est polarisé ; il suffit pour cela de chercher la position dans laquelle elle Tarrête , et Taxe de la tourmaline est alors parallèle au plan de polarisation. Les deux tourmalines croisées peuvent être employées à reconnaître si un minéral possède la réfraction simple ou double , sans ctre obligé de le tailler ni d'opérer sur des plaques épaisses. Une lame , quelque mince qu'elle soit , comme celle de gypse ou de mica , peut être soumise à ce nouveau procédé. Nous avons dit que lorsque les deux plaques de tourmaline éuùent croisées à angles droits , elles ne laissaient parler aucune portion de lumière ; et en effet , on aperçoit, en regardant à travers, une tache noire à l'endroit du croisement. Mais si Ton interpose entre les deux plaques une lame d'un minéral quelconque doué de la double réfinaction , il arrivera généralement que le rayon transr mis par la première plaque se décomposera dans cette lame en deux faisceaux polarisés à angles droits, et par conséquent il y aura toujours , dans l'un ou dans l'autre fjBdsceau , des rayons disposés de manière à pouvoir être transmis par la seconde plaque. On verra donc la transparence remplacer tout-à-coup l'obscurité qui existait auxfpoints de croisement.

On peut, au moyen du même appareil , reconnaître le nombre et la position des axes optiques dans les cris« taux qui réfractent doublement la lumière. Il suffit pour cela d'avoir le cristal que Ton veut éprouver, taillé soit naturellement, soit artijficiellement en plaque à faces parallèles , dans un sens perpendiculaire à la ligne que Ton soupçonne être un axe optique. Si ce soupçon est fondé, on apercevra des anneaux colorés, en plaçant cette plaque entre les tourmalines croisées , et regardant à travers cet assemblage. Si la ligne autour de laquelle naissent les anneaux est un axe unique , ces anneaux paraîtront circulaires, concentriques, et généralement partagés par une grande croix noire, dont les branches iront en s 'évasant à partir du centre. Le phénomène ne

variera point, si Ton tourne sur elle-même la plaque du minéraV interposé , mais son aspect changera avec la position de la seconde tourmaline , celle qui est du côté de Foeil. Si l'on fait faire àv celle-ci un quart de révolution 9 la croix noire est alors remplacée par une croix blanche , et les couleurs des anneaux sont complémentaires de celles que Ton avait d'abord.

Si la ligne, autour de laquelle paraissent les anneaux colorés , est l'un des axes optiques d'un cristal à deux axes , dans ce cas les anneaux ne sont point circulaires mais ovales , et leur centre n'est plus traversé par une croix , mais par une bande noire, qui prend des positions et des courbures diverses , lorsque Ion fait tourner la plaque du minéral sur son plan. La même chose s'ob* serve autour de chacune des deux directions qui représentent les axes optiques. Si la plaque du minéral a été taillée perpendiculairement à une ligne intermédiaire entre les deux axes , comme la ligne moyenne , par exemple, et si ces axes font entre eux un angle assez petit, dans ce cas , on aperçoit à la fois les deux systèmes d'anneaux , et le centre de chaque système indique le prolongement de l'axe autour auquel il se produit. Mais si les axes font entre eux un angle un peu grand, on ne peut plus alors embrasser dans le même champ les deux systèmes, et l'on ne peut voir que successivement chacun de ces systèmes^ en inclinant la lame du minéral dans un sens , puis dans un autre , sur le rayon polarisé transmis par la première tourmaline. C'est ce qui a lieu pour une espèce de mica, dont les deux axes sont compris dans un plan perpendiculaire à ses lames. Pour reconnaître ces deux axes, et déterminer leur position , on commence par chercher sur la lame de mica les deux sections rectangulaires pour lesquelles le faisceau polarisé parla première tourmaline passe sans subir de changement , c'est-à-dire laisse obscur Tendroit du croisement : l'une de ces sections marquera le plan des deux axes , que l'on reconnaîtra en inclinant la lame successivement autour de chacune des deux directions. On en trouvera une pour laquelle l'inclinaison dans un sens fera paraître les anneaux , ce qui indiquera que le rayon 06 transmet alors suivant l'un des axes ; en inclinant en

lens contraire aatoor de la même direction , on troareca une nouvelle position , pour laquelle les anneaux reparaîtront, et qui indiquera par conséquent la direction du second axe.

On peut enfin, au moyen d'une plaque de tourmaline, reconnsdtre si un ciistal à un axe est positif ou négatif, n ne faut pour cela qu'observer un objet à travers un prisme de cette substance , taillé parallèlement à Taxe , et déterminer avec la tourmaline le sens de polarisation des deux images. On distinguera ainsi quelle est l'image ordinaire , et quelle est l'extraordinaire, parce que, dans tous les cristaux à un axe , quel que soit le caractère de leur double réfraction , l'image ordinaire est polarisée parallèlement à l'axe, et l'image extraordinaire perpendiculairement. Ayant ainsi reconnu les deux images , il ne s'agit plus que de voir quelle est la plus déviée des deax. Si c'est l'image ordinaire , on en conclura que la réfraction ordinaire est la plus forte , et que le cristal est négatif; si c'est l'image extraordinaire, la réfraction extraordinairel'empor te, et le cristal est positif.

4. De la phosphorescence. Il est un grand nombre de minéraux qui ont la propriété de devenir lumineux par eux-mênies , et par conséquent de pouvoir luire dans les ténèbres , lorsqu'on les place dans certaines circonstances favorables à la production de ce phénomène , qui est connu sous le nom de pliosphorescence. On développe cette faculté , dans les minéraux qui en sont susceptibles, par différens moyens , entre autres par l'action du frottement ou celle de la chaleur. La poussière du phosphate de chaux et celle du fluor donnent de belles lueurs phospboriques , lorsqu'on les projette sur une pelle chaude. Si l'on frotte deux morceaux de silex l'un contre l'autre dans l'obscurité, on produit aux points de contact une traînée lumineuse.

5. De V électricité. Toutes les substances minérales sont susceptibles d'acquérir la vertu électrique (voyez les iVbtions préliminaires, page 21), mais elles diffèrent entre elles par la manière dont elles s'électrisent , par les moyens qu'il faut employer pour développer en elles cette propriété , et par le plus ou moins de tendance qu'elles ont à la conserver ou à la transmettre aux antres

Il y a des corps qui , en s' unissant ensemble 4An8 leê mêmes proportions rtlatwes^ produisent des composés qui diffèrent par leurs proprie'te's physiques et chimiques^ et par leurs caractères extérieurs. Tels sont le calcaire et l'arragonite, qui , étant composés des mêmes proportions relatives de chaux et d'acide carbonique, diffèrent ce*> pendant Tun de l'autre par la forme cristalline , la densité , la dureté , etc. Tels sont encore , parmi les composés artificiels , les deux acides phosphoriques , les deux acides tartriques, etc. On donne à ces corps, qui sont composés des mêmes parties dans les marnes propor» tions relatives , et qui jouissent de propriétés spécifiques distinctes , le nom a isomères, L'isomériene suppose que l'égalité dans les nombres relatifs des atomes composans; on peut donc attribuer la différence qu'on observe dans les propriétés des composés , soit à un arrangement dif*férentdeces atomes combinés entre eux en mêmes nombres , mais dans un ordre varié , soit , ce qui est peutêtre le cas le plus ordinaire , à une combinaison de ces mêmes atomes en nombres réels différens *, cette différence dans le nombre absolu des atomes amenant ensuite une différence d'arrangemen t, et par conséquent de forme cristalline. Dans l'un et dans l'autre cas , les corps isomères ont nécessairement une constitution moléculaire différente : on peut bien dire que leurs compositions sont chimiquement équivalentes ou semblables , mais non physiquement identiques. Par compositions chimiques identiques , il faut entendre des combinaisons que forment les mêmes atomes, combinés en mêmes nombres et dans le même ordre.

L'analyse d'un minfral est une opération qui consiste

^ Des atomes cliimiqucs de même nature , soit simples , soit composés, peuvent se grouper ensemble pour former des molécules phyciqaes très-différentes. On sait que les molécules des corps gazeux sont susceptibles de se partager en entrant dans les combinaisons, ce qui prouve qu'on doit les considérer comme des multiples ou de» groupes de plusieurs atomes chimiques semblables. Il est probable que les mêmes modifications de l'état moléculaire existent dans los corps solides. Voyez la note de la page 45, oh nous avons déjà signalé la distinction qu'il faut établir entre la molécule cblmique et Ja molécule physique.

( i69 ) •léiHirer les divers élëmens dont il se compose , et à déterminer la nature et la proportion relative de chacun d'eux. Le résultat de cette analyse s'énonce en disant ffoe cent parties (qui peuvent être des livres , des grains, des gramnaes ou autres poids quelconoues) sont conipolées de tant de parties du premier élément, de tant de parties du second, de tant du troisième, et ainsi de suite, nûr exemple, loo parties de calcaire sont formées de 44 parties d'acide carbonique et de 56 parties de chaux. Mais nous avons dit ailleurs (pag. 44) qu'on pouvait exprimer aussi les combinaisons en atomes, c'est-à-dire par une phrase ou une formule indiquant les nombres rdatiijB dGes atomes composans ; et que l'analyse précédente pouvait se traduire ainsi : un atome de cnaux corn*

biné avec un atome d'acide carbonique , ou Ca C. Quelle qae soit celle de ces deux formes que l'on adopte, le ré- Bidtat d*ane analyse ne fait évidemmen t connaître qu'une partie des rappoits sous lesquels les minéraux peuvent (fifierer chimiquement, savoir la nature des élémens et leur proportion relative; il ne nous apprend rîen sur le nombre réel des atomes combinés et sur leur arrangement ; et par conséquent ce résultat , quoique devant être mis en première ligne parmi les caractères des minéraux, ne doit pas être considéré comme l'expression rigoureuse et complète de leur constitution moléculaire.

L'opération qui consiste à faire une analyse exacte d'un minéral, en prenant un poids déterminé du corps pour le décomposer entièrement , et peser ensuite avec le plus grand soin chacun des élémens isolés, est du ressort du chimiste : c'est une opération longue et difficile , qu'il faut faire chaque fois que l'on découvre une nouvelle substance , afin d'avoir une notion du corps aussi complète que possible. Mais ce travail étant supposé avoir été fait pour chacun des minéraux connus , si l'on veut seulement reconnaître à l'aide de caractères chi^ miqaes une variété appartenant à une espèce qui a été bien déterminée , il n'est pas besoin d'en répéter l'analyse , mais seulement de faire V essai chimique de la substance, essai que l'on pratique sur une simple parcelle détachée du mméral, et par lequel on cherche seulement à savoir de quels principes elle est composée, sans avoir

|*«PAITII. &

égard à leur proportion , et par consëquent sans faire aucune pesée. Pour cela , on tâche de détruire la combinai* son y et d'isoler chacun des élémens des autres par le moyen des réactifs (voyez les Notions préliminaires^ p. 87), afin de leur faire manifester successivement leurs carac* tërcs. Or, comme il faut , pour faciliter l'action chimî* que des corps les uns sur les autres , les diviser le plus possible , afin de multiplier les points de contact , les essais chimiques exigent une opération préparatoire qui consiste à vaincre la cohésion des particules du corps ; ce qui peut se faire de deux manières , ou en fondant le corps par l'action, du feu , ou en le dissolvant dans un liquide. De là deux sortes d'essais chimiques : les uns ont lieu par la voie sèche , à l'aide du feu et de réactifs solides; les autres par la voie humide y à l'aide de réactifs liquides.

2. De F essai des minéraux par la voie sèche. Pour soumettre un minéral à l'action du feu , on se sert du clialunieau des bijoutiers , instrument qui se com]K)se essentiellement d'un tube métallique recourbé v^rs l'une de ses extrémités , où il se termme par une ouverture trèsdéliée. On souffle dans le tube par l'autre extrémité , et le courant d'air qui en sort est dirigé sur la flamme d'une bougie ou d'une lampe à mèche plate ; cette flamme s'allonge horizontalement en forme de dard , dont la pointe possède une chaleur très-intense. Le petit fragment que l'on veut exposer à l'action de cette flamme se place à l'extrémité d'une pince en platine , ou sur une feuille mince de platine , dont un des bouts est replié avec les doigts en forme de petite cuiller, ou enQn sur un charbon dans lequel on a creusé une petite cavité. La flamme du chalumeau ne borne pas son action à fondre le minérali dansbcaucoup de cas, elle agit encore cliimiquement sur lui , tantôt en l'oxidant, s'il est combustible , tantôt en le désoxidant s'il est oxigéné. Quand elle l'oxide, c'est qu'on a chauffé le corps avec le contact de l'air , en le plaçant tout-à-fait à la pointe de la flamme ; ce que l'on appelle le soumettre au feu d'oxidalion ; quand elle le désoxide , c'est qu'on l'a chauffé , sans le contact de l'air, en le plongeant tout entier dans la partie brillante de la Jàamme : ce qu'on nomme le traitement au feu de réduc-

ton. En Tanant de différentes manières le roode de traitement par le chalumeau , on obtient des caractères pré* deux pour la distinction des espèces. D'abord , on peut tiaiter le minéral seul, sans y ajouter de corps étrangers, ifin de voir s'il est fusible ou iufusible par lui-même : le caractère de fusibilité ou d'infusibilité est un de ceux que l'on emploie le plus fréquemment. Dans le cas de fusion, on examine si le fragment se réduit en un verre transparent , blanc on coloré , ou en un émiul(viirrç opaque) qui peutètrepareillemeutblanc ou coloré. Il peutarriver aussi que le fragment soit réductible en un globule métallique, oa qu'il se transforme en une scorie ou matière bourlonftée. Enfin l'action de la chaleur peut en dégager un principe Tolatil, que Ton reconnaît à son odeur , ou que Ton recueille en lui fournissant le moyen de se condenser. Par exemple , si le minéral renferme de l'eau , il «ifitd*en mettre un fragment dans un petit tube de Terre fermé par un boirt , et de le chauffer à travers le tabe : l'eau se dégagera sous forme de sapeurs , qui iront se condenser en gouttelettes dans la partie supérieure du tube qui est froide. On peut traiter le minéral après l'a- Toir mêlé à un corps étranger , qui est ou un jondanl, (corps qui facilite la fusion), ou un reoc^^ (corps qui décompose le minéral). Le fondant le plus ordinairement employé est le ^orox (borate de soude) ; et les principaux réactiis sont la soude (à l'état de carbonate), qui agit au mojen de l'alcali fixe qu'elle contient , et le sel de phosphore (phosphate de soude et d'ammoniaque), qui agit au moyen de son acide fixe, amené bientôt à être excès dans le sel par la volatilisation de l'ammoniaque. La soude et le sel de phosphore sont aussi employés comme fondans dans un grand nombre de cas. Quand on minéral se fond avec le borax , la soude ou le sel de phosphore en un verre transparent, ce verre reçoit du corps dissous des propriétés et des couleurs qui tiennent à la nature des oxicles métalliques qu'il renferme , et peuvent servir à les faire reconnaître. Par exemple , le manganèse donne avec la soude une fritte de couleur verte 9 et avec le borax un verre violet, quand il est chauffé dans la flamme extérieure. L'oxide de chrome colore le verre de borax en vert émeraude à la flamme

extérieure , et l'oxide de cobalt le colore en bleu foncé« 3. De l'essai des minéraux par la voie humide. Cet essai consiste çénéFalenient à mettre le corps en solution dans un Uqûiae (l'eau ou un acide), et à faire agir sur lui dif^ fe'rens réactifs également en solution , de manière à ce qu'on puisse isoler, soit par un dégagement de gaz, soit par des précipitations successives (voyez les Notions pré' liminaires^ P^ê»^ 36) 9 l^s principes qui le composent, et les reconnaître facilement à l'espèce de vapeur ou de précipité qu'ils produisent. Le dégagement de gaz est accompagné d'une sorte d'ébullition qu'on nomme effer^ pescence. Quelques substances minérales sont solubles dans l'eau ; mais la plus grande partie ne le sont que dans les acides , tantôt à froid , tantôt seulement à chaud; les unes immédiatement , les autres après avoir été attaqués par la calcination avec les carbonates alcalins, ou les alcalis caustiques , ou même des acides fixes. Cette opération détruit la combinaisob , qui était auparavant insoluble, et rend à ses principes constituans la propriété de se dissoudre dans l'eau ou dans les acides. C'est ordinairement l'acide hydrochlorique ou l'acide nitrique que l'on emploie, et quelquefois l'eau régale, qui est un mélange de ces deux acides. On se sert, pour faire les dissolutions , de petites capsules de verre , ou simplement d'un verre de montre , dans lequel on verse quelques gouttes d'acide , et l'on place au milieu un très-petit fragment ou un peu de poussière du minéral que 1 on veut essayer. On a soin d'observer si ce minéral se dissout avec elFervescence , en dégageant un gaz incolore ou coloré ; s'il se dissout lentement, sans effervescence, mais en produisant une sorte de gelée ; enfin , s'il se dissout lentement , sans effervescence et sans production de gelée. Les principaux réactifs que l'on emploie pour l'examen des productions, sont le fer et le zinc à l'état métallique , l'acide muriatique (ou hydrochlorique) , l'acide sulfurique, Tammoniaque et la potasse caustiques , l'oxalate et le carbonate d'ammoniaque , etc.

OBSERVATIONS SVIl LES CAHACTÀRES DES HIirÉBAUX.

Nous venons de parcourir rapidement l'ensemble des

[NTopriëtés diverses que peuvent profiter les substances minérales envisagées sous toutes leurs faces. Une de ces nibstancea étant donnée, si l'on suppose connus par l'observation tous ses caractères , leur simple énumération fournira la description exacte de cette substance; et elle sera distinguée nettement de toutes les autres, parce qu'aucune de celle-ci n'ofiErira le même ensemble de propriétés ; on aura donc ainsi la connaissance complète et aUolae du corps. Mais cette connaissance est extrêmement difiGicile à acquérir, parce que les caractères les plus importans des minéraux ne se décèlent point d'euxmêmues , qu'il faut les chercher , et qu'on ne peut les découvrir qu'après beaucoup de tâtonnement et des épreu- Tes multipliées. Et non seulement la détermination d'un minéral que l'on rencontre pour la première fois dans la nature est, pour le minéralogiste le plus habile, une rediecche longue et difficile , mais encore c'est souvent avec beaucoup de peine qu'il parvient à reconnaître et à nommer le corps qui se trouve déjà décrit et classé dans les ouvrages de minéralogie. Il n'en est donc pas de cette science comme de la botanique et de la zoologie, où, lorsqu'il s'agit de reconnaître un végétal ou un animal qae l'on a sous les yeux , c'est-à-dire de trouver la place qu'il occupe et le nom qu'il porte dans la méthode, on est toujours certain d'y parvenir en peu de temps , à l'aide d'un petit nombre d'observations simples, en suivant une marcne sûre, indiquée par la méthode elle-même. Nous avons déjà donné les raisons de cette différence : elle tient à ce que, dans les règnes organiques , les caractères dis tinc tifs des espèces sont tirés des propriétés extérieures les plus apparentes, parce qu'elles sont invariables dans tous les êtres individuels qui appartiennent à la même espèce , tandis que dans les minéraux , où les caractères extérieurs varient à Tinfini et disparaissent chacun à leur tour sans que l'espèce change, on ne peut employer généralement à la détermination de celle-ci que les caractères fixes qui dépendent des propriétés intimes , c'est-à-dire de celles qui se dérobent à l'observation , qu'on ne peut pas prévoir, parce qu'elles n'ont point de rapport bien évident avec les propriétés apparentes , et qu'il faut chercher et découvrir par voie de tâtonne^*

ment et d'expérience. Ainsi, quelle que soit la classiûcation que Ton adopte dans le règne minéral, comme il «st impossible qu'elle ne porte pas sur les caractères du genre de ceux dont nous venons de parler, elle ne peut jamais être d'une grande commodité' pour les personnes qui n'ont d'autre but que de reconnaître un minéral, et ne saurait les dispenser de faire , un peu au hazard, un assez çrànd nombre d'essais pour arriver au nom qu'elles cherchent. Mais cette facilité que n'offre point la méthode minéralogique , et que 1 on trouve dans les méthodes relatives aux deux autres règnes , pour parvenir promptement au nom d'un objets est suppléée par un autre avantage : c'est que le nombre des espèces en minéralogie étant très-borné , on peut , à l'aide d'une étude de quelques mois , faite sur une collection nombreuse et bien étiauetée, exercer ses yeux à saisir les nuances qui diversinent le faciès de chaque variété , et acauérir ainsi une connaissance empyrique des espèces , qui permiette sinon de décider sup-le-^hamp de la nature de la première substance que l'on voit , ce qui suppose un tact assez rare ou une très-grande habitude, au moins de; n'avoir à balancer qu'entre deux ou trois espèces pour savoir à laquelle on doit la rapporter.

Quand on est ainsi parvenu à se former le coup d'œil, en se familiarisant avec l'aspect des minéraux par une étude suivie de leurs caractères extérieurs , alors il suffit de quelques-uns des caractères physiques ou chimiques les plus simples et les plus faciles à saisir , pour lever l'indécision qui pourrait rester dans l'esprit de l'observateur. Un de ceux dont on fait le plus fréquent usage est la dureté , parce que souvent on n'a besoin que d'essayer la pierre avec la pointe d'un couteau, ou bien sur un carreau de vitre , ou un morceau de cristal de roche que l'on tient en réserve pour cet objet. On se sert aussi de la pesanteur spécifique , mais en l'estimant d'une manière approchée, ce qui se fait en sous-pesant le minéral dans la main ; pour éprouver l'action des acides , on se contente quelquefois d'en verser une goutte sur un plan de verre ou dans une petite capsule de la même matière, et de placer au milieu un très-petit fragment ou un peu. de poussière du minéral. Enûn ^ on tire aussi

2;, fff^ dacanctère de fusàbilité par le dia-

, dkMHt TêpflviiTe est tonjoan prompte « et soq^

LA. claj&dtcutios nss xivutÂrx.

Om distingue deux sortes de ctassificatmns oa de jnelUeif en histoire utureUe : i* les systèmes ou méthodes rnifflritiief ^ dont les divisions sont établies arbitraire^ KBt y non SOT Fensemble des propriétt^ des êtres, mais aruk petit nombre de leurs caractères , que Ton choisit nmi tes plus apparens et les plus tranchés. Le but fm nareu arrangement n'est pas de présenter les corps bas rcHpdre le plus propre à raire ressortir les rapports fm% ont entre eux y mais seulement de donner aux peraanes qui ne connaissent pas le nom de ces corps un moTcn facile de le découvrir dans les livres nar Texamen de fdliîet Im-même. 2* Les méthodes natitrelies, dont les divisions successives sont fondées sur la considération de tons les caractères de quelque importance > et dans leKpidles les êtres sont classés de manière que ceux qui le ressemblent par le plus grand nombre de points , se tronvent le plus rapprochés. Une pareille méthode peut •nssi servir à enseigner des noms ; mais son principal avantage est de donner une connaissance plus complète de chaque être , et de le faire envisager non seulement en Ininniême , mais dans ses rapports avec tous les autres ; les analogies et les différences que ces êtres ont entre eux se trouvant marquées par la place même qu'ils occupent.

Noos arons vu combien il était difficile de fonder un tjstème minéralogique , dans le seul but de fournir un mojen commode et sûr de reconnaître et de dénommer les minéraux : aussi est-ce la méthode naturelle que l'on cherche à établir de préférence en minéralogie. Cest cette méthode d'ailleurs que Ton s'efforce d'intix>duire de nos jours dans toutes les parties de Thistoire naturelle, niais les essais en ce genre que l'on a tentés jusqn*ici sont plus ou moins imparfaits : car , pour qu'une semblable méthode fût parfaite , il faudrait que l'on connût tous les êtres qui peuyent se trouver dans la

nature , et que l'on pût apprécier exactement , et pour ainsi dire peser tous leurs rapports. Il n'existe donc point de méthodes qui soient parfaitement natui'elles , à prendre ce mot dans toute sa rigueur , mais des méthodes qui se rapprochent plus ou moins de la vraie méthode naturelle. Celle-ci est comme le dernier terme auquel tendent toutes nos classifications actuelles, qui se perfectionnent. et avancent vers leur but à chaque x>as que l'on fait faire à la science.

La division première et fondamentale de toute méthode est celle à laquelle on donne le nom è! espèce. On peut la définir généralement : une colleation de corps ou aindwîdus qui se ressemblent dans toutes leurs pro^ priétés importantes , et qui ne différent que par quelques modifications légères et accidentdles ; en sorte que deux individus d'une même espèce ont entre eux beaucoup plus d'analogie qu'ils n'en ont avec ceux des autres espèces. Cette définition s'applique aux trois règnes de la nature ; mais dans les règnes organiques on la transforme , en ayant égard à un fait d'observation qui consiste en ce que les ctres qui naissent successivement les uns des autres sont justement ceux qui offrent cette ressemblance presque entière dans les propriétés que suppose la définition de l'espèce \ d'où il suit que 1 on peut , en botanique comme en zoologie , énoncer ainsi cette définition : l'espèce est la collection de tous les corps organiques , nés les uns des autres, et de tous ceux qui leur ressemblent autant qu'ils se ressemblent entre eux; ou, plus simplement encore , la collection de tous les indlMus que Von peut concevoir comme étant originaires dun seul. En minéralogie , où les corps ne naissent point les uns des autres , il n'y a point lieu d'appliquer cette définition particulière , et il faut nécessauement s'en tenir à celle que nous avons donnée d'abord.

Un minéral étant en général composé dans toute sa masse de molécules semblables , il peut se faire qu'il ^ ait entre deux minéraux identité ou différence de molécules. Or tout le monde accordera que deux minéraux qui sont formés de molécules identiques ont plus d'analogie entre eux que deux minéraux formés de molécules différentes. Le caractère essentiel de Vespèce miné--

raie réside iIoqc daus la nature des molécules physiques, c'est-à-dire de ces particules que la chaleur tient séparées les unes des autres , et dont l'assenihlage constitue le corps. D'après cela , on peut définir cette espèce : Ui collection de tous les corps dans chacun desquels Us molécules sont semblables entre elles et à celles des au-très corps ^ en sorte qu'on pourrait presque se les représenter comme originaires d'une seule masse , qui aurait été partagée en autant de fragmens qu'il y a de minéraux individuels dans l'espèce. Comme cette simiUtude de molécules revient à une identité de composition chimique , on peut énoncer la définition de cette autre manière : t espèce minérale es^ une collection de corps identù" ques par leur composition chimique, cest-à-^ire par la nature , le nombre et t arrangement de leurs atomes élémentaires. Or, nous avons vu que d'une part, le résultat de l'analyse ou la formule atomique ne nous fait connaître que la nature et la quantité relative des atomes (pag. 1 69); que d'une autre part la forme cristalline païaît varier 4vec le nombre réel de ces atomes et leur mode d'arrangement. D'où nous pouvons conclure que des minéraux , pour être de la mçme espèce, doivent offrir à la fois l'accord de leurs analyses et de leurs formes cristallines. Nous sommes ainsi ramenés au principe qui avait été posé par Haùy , comme devant servir de base à la métnode minéralogique. Selon lui, l'espèce minérale avait dei^x types , o\x deux caractères principaux , l'un cfairaicfue et 1 autre géométrique : la variation de Tun d*eux, lorsqu'elle était bien prouvée, devait suffire pour faire admettre une distinction d'espèces, tandis que l'accord des deux était nécessaire pour motiver la vcunion de plusieurs minéraux en une seulç ^.

* On voit qao le caractère tiré de là forme cristalline a a ne hante importance dans les déterrainatio;» spécinques. Haiiy avait éro's Tas- •ertion qne deux corps différemment composés ne ponvaient avoir la même forme, à moins qu'elle ne se rapportât an système da cube. La déconverte de Tisomorphisme a fait voir qne cette assertion n*étalt pas généralement vraie, mais elle ne Ta point complètement détmitêç car il fint convenir qne même dans les comjiosés isomorphes , saof qodqpca exceptions rares , la différence de natnre des élémens e^t tonjours. piarquée par une différence correspondautç dunstles vQloaoi

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Lorsqu'on teut faire usage de cette règle pour la détermination de certaines espèces minérales , et pour les circonscrire dans leurs véritables limites , on rencontre une difficulté qui provient de ce qu'un minéral n'est

Sas toujours pur , c*est-à dire composé d'une seule sorte e molécules dans toute sa masse , ainsi que le suppose la définition de l'espèce \ mais que souvent c'est un agrégat de molécules de nature diverse , et par conséquent un mélange de plusieurs espèces minérales. Il faut distinguer ici deux sortes de mélanges dans les minéraux : ceux qui ont eu lieu par voie mécanique > et ceux qui ont eu lieu par voie de dissolution chimique et de cristallisation. Il est arrivé souvent qu'un minéral s'est consolidé au milieu d'un dépôt de matière étrangère , soit liquide , soit pulvérulente ; dans ce cas , il a presque toujours entraîné mécaniquement, et retenu entre ses propres molécules , quelques parties de cette matière , qui , disséminées plus ou moins irrégulièrement dans sa masse /'n'ont altéré en rien sa structure cristalline , à laquelle on peut les regarder comme tout'^à-fait étrangères.

Ce mélange mécanique a lieu en quelque sorte au hasard entre des substances qui n'ont aucune analogie de composition chimique et de forme cristalline : on le reconnaît assez ordinairement à ce qu'il communique une couleur accidentelle à la substance qui a cristallisée , en même temps qu'il altère plus ou moins sa transparence et son éclat. Dans cette sorte d'agrégat mixte, il y a toujours une substance que l'on regarde comme principale , et qui détermine l'espèce : c'est celle qui a conservé sa structure et sa forme , et qui n'a éprouvé ainsi aucune modification notable dans ses propriétés les plus importantes ; les autres matières , qui sont presque toujours en proportion moins considérable, sont regardées comme étrangères à la véritable composition du minéral , et comme constituant dans l'espèce une variété impure et accidentelle. Ex. de mélanges mécaniques : le quarz hématoïde ou d'un rouge de sang ( souillé d'argile rou-

des angles; sealement cette différence est quelquefois très-faible> et exige remploi d'instrnmens très-précis ponr être constatée.

geàtre ) ; le quarz rubigineux ou d'un jaune de nmille (souille de fer faydroxiaé jaune).

Les mélanges chimiques et cristallins sont ceux qui ont eu lieu entre des mole'cules de nature diversû,* qui , faisant partie d'une meute dissolution , ont cnstallisé ensemble , c'est-à-dire se sont de'posées régulièrement les unes à côté des autres, comme si elles e'taient identiques , de manière à former concurremment une même niasse cristalline. On présume bien qu'un mélange de cette sorte ne peut se faire indifféremment entre des molécules de nature quelconque ; aussi l'observation

firouve— t— elle qu'il a presque constamment lieu entre es molécules des substances qui ont la plus grande analogie de forme et de composition , c'est-à-dire entre les molécules des substances isomorphes. Ces substances sont le plus ordinairement des sels composés d'un acide commun et de bases diflérentes , mais de manièi*e que dans chacun d'eux il j a le même nombre de molécules de base et d'acide. On reconnaît qu'un minécal provient d'un pareil mélange chimique à ce caractère, que si dans le résultat de son analyse on réunit toutes les bases des composés isomorphes que l'on soupçonne être mêlés chimiquement entre eux , elles contiendront ensemble une quantité d'oxigène égale à celle que donnerait une seule de ces bases pour la quantité d'acide qui correspond à elles toutes. Les mélanges chimiques se font en proportions indéfinies : leurs couleurs varient suivant la nature de celles des substances mélangées, et suivant leur quantité relative. Mais ce qui parait caractériser cette sorte de mélange , c'est que lorsqu'elle a lieu entre une substance qui par elle-même est limpide et incolore , et des substances colorées , celles-ci n'altèrent en général ni la transparence ni l'éclat de la première , comme on le voit dans la plupart des pierres précieuses. Quant à la manière de classer un minéral que l'on a reconnu à son analyse pour un mélange chimique de composés isomorphes , ce qui semble le plus naturel , c'est de voir quel est celui de ces composés qui est en quantité dominante, et s'il se rapporte à une espèce déjà établie, c'est avec cette espèce que le minéral mixte doit être rangé. Si , au contraire, ce principe dominant ne se

rapports à aucune des espèces déjà connues , il doit Iniiiiéine en constituer une nouvelle. Exemples de mélanges chimiques : les grenats , les amphiboles et pyroxènes de différentes couleurs.

Nous venons de dire comment les espèces minérales sont formées ; il faut maintenant examiner comment on peut les grouper entre .elles pour établir des genres. Les genres ne peuvent être étabhs que par le rapprochement des espèces qui ont le plus d'analogie dans leurs caractères chimiques et dans leurs caractères extérieurs , ce qui conduit à :les composer de celles qui ont un principe commun ; mais comment doit-on choisir ce principe ? Dans l^s composés ternaires, par exemple, est-ce le principe qui fait fonction de base, ou celui qui fait fonction d'acide , que Ton adoptera , comme étant le lien commun des espèces d'un même genre? Pour décidei' la q^Eiestion il faut remarquer que dans chaque classe de combinaisons, binaires , ternaires, etc., il est un petit nombre de principes actifs qui dominent dans ces combinaisons , qui les caractérisent,; et servent même à les dénommer : ce sont les ,principes électro-négatifs ; dans les composés binaires , c'est l'oxigène , le soufre , l'arsenic, le fluoré, le chlore, etc. , tous éléuiens que les anciens minéralogistes avaient très-bien distingués des autres par le nom de principes minéralisateurs. Dans les sels , ce sont les acides. Or, si Ton établit les genres d'après les principes minéralisateurs et acides, c'est-àdire en d'autres termes , si l'on suit la méthode adoptée depuis long-teiftps par les chimistes , on s'apercevra avec un peu d'attention que les groupes ainsi formés seront naturels en ce qu'ils rapprocheront les espèces qui ont le plus d'analogie dans l'ensemble de leurs caractères , et parlicuUèiement sous le rapport de la composition chimique, de la forme cristaUine , de la pesanteur spécifique , de l'aspect extérieur , etc. Nous aurons donc ainsi d'une part les genres oxtVi^^ ^ sulfures, arséniures, chlo^ rures , etc. ; de l'autre , les genres carbonates , sulfates , phosphates y borates, silicates^ etc. Seulement il faut remarquer que les groupes , que nous appelons provisoirement du nom de genres , sont plutôt des ordres ou falailles , que l'on subdivisera probablement un jour eu

d'aatres groapes plus naturels, auxquels ce nom de genres conviendra mieux , lorsque la composition atomique des minéraux , et les rapports qui la lient à la structure cristalline et aux autres caractères importans auront été étudiés d'une manière plus approTondie. Après avoir ainsi groupé toutes les espèces en genres, on peut se contenter de distribuer ceux-ci dans un petit Dombi'e de classes^ fondées sur quelques propriétés gé-^ oérales et faciles à saisir.

Les détails dans lesquels nous venons d'entrer nous paraissent suffisans pour faire comprendre les principes qui, selon nous, doivent servir de guide dans la classification des minéraux. Afin de les rendre encore plus clairs par une application immédiate , nous allons présenter ici une esquisse d'une méthode minéralogique fondée sur ces principes , en nous hornant toutefois à faire figurer dans ce tableau les substances qui offrent quelque intérêt et omettant toutes celles dont la spécifia cation est encore incertaine.

A l'exemple de plusiem*s minéralogistes célèbres, nous diviserons d'abord l'ensemble des substances minérales en deux sections , dont l'une comprendra les substances atmosphériques , que Ton trouve à l'état fluide ou gazeux dans l'enveloppe extérieure de la croûte solide du globe, et l'autre les substances terrestres^ ou les jnincraux pro" prement dûs , qui font partie des diverses masses dont cette croûte solide est composée. La forme galeuse que les premières affectent constamment , dans les circonstances où nous les observons , les distingue d'une manière nette et tranchée des minéraux , en les privant de presque tous les caractères dont ceuxr-ci sont pourvus, et qui ont fait précédemment l'objet de notie examen. Elles ont cela de commun , qu'elles sont formées exclusivement d'élémens gazoljrtes (voyez pag. Sq la signification de ce mot), et que de plus elles s'offrent elles-mêmes à l'état de gaz. En raison de cette double circonstance , le nom de gazolyte nous paraît pouvoir leur être appliqué d'une manière spéciale. Les unes , qui font partie essentielle de l'atmosphère , fournissent les élémens des corps organiqqes qui vivent au milieu d'elles ; les autres , qui n'ont qu'une existence locale et accidentelle , provieuT'

nent, au contraire , de la décomposition des matières organiques, ou se dégagent de l'intérieur des yolcans. Ces substances composeront notre première clsisse , celle des Gazolttes.

Nous partagerons les minéraux proprement dits en trois autres classes ; savoir : la classe des substances irt" flammables y la clause des substances métalliques^ et la clause des substances acidiferes ou pierreuses ^ ou plus simplement , la clause des combustibles, la classe des métaux ^ et la classe des pierres. Ces trois classes correspondent aux grandes divisions sous lesquelles les ùiinéralogistes se sont de tout temps accordés presque généralement à ranger toutes les espèces du règne mméral.

La première classe des minéraux (qui sera la seconde de la méthode) comprend toutes les substances inflammables, ou les combustibles non métalliques. Elles sont encore formées exclusivement d'élémens gazolytes, comme les substances atmosphériques, mais elles ne s'offrent point à l'état de gaz. Quelques-unes seulement sont à l'état liquide , et très-volatiles ; la plupart sont à l'état solide. Ces substances n'ont l'aspect ni métallique, ni pierreux ; elles ne possèdent ni la densité considérable, ni les autres propriétés qui appartiennent aux substances métalliques. Leur pesanteur spéciûque , qui n'excède pas 3, 5, est généralement de beaucoup inférieure à ce nombre. Le genre de combustion dont elles sont susceptibles les sépare aussi d'une manière très-marquée des métaux proprement dits , et surtout des substances pierreuses. La plupart sont les restes de corps organiques enfouis dans les couches de la terre , ou doivent leur origine à l'action des agens souterrains * .

La seconde classe des minéraux (ou la troisième de la méthode) réunit toutes les substances qui ne renferment ni terres ni acides, et se composent de métaux proprement dits , soit libres ou à l'état natif, soit minéralisés ou à l'état de minerai par leur combinaison avec l'oxigène , ou le soufre , l'arsenic, le chlore, etc.. Ces substances ont naturellement l'éclat métallique , ou sont

• Voyez plas loin Tarticle qui concerne l'origine et la manière d'étr« des minéranz en général.

mscqptifales de Tacquërir , soit simplement à Taide du poli , soit par la réduction en globule ou culot au moyen du rhalniiiBan et des léactib. Elles sont douées d'une oonleiir propre , qui reste vive après la trituration; elles iont firéqaemment coques, même à Fétat cristallin. Elles ont généralement une densité considérable; et tontes sont solides (le mercure excepté). Elles se présentent le plus souvent en filons , en veines, en amas , et en pirdes disséminées '. Cette classe comprend les métaux asuels 9 et la plupart des minerais dont on les retire. Parmi les élémens métalliques qui constituent les espèces de cette dasse 9 il est bon de distinguer ceux dont les oxides ne forment généralement y conune les terres et alcalis > que des solutions incolores avec les acides ; et ceux dont les oxides forment des solutions colorées. Les premiers élémens sont appelés leucoljrtesj les seconds ehraScoijnes. Les principaux métaux leucolytes sont le plomb , le zinc , 1 étain y etc. Les clirolcolytes sont le fer, te manganèse y le cobalt, le cuivre , le chrome y le molybdène y le tungstène , le titane , le tantale y etc.

La troisième classe des minéraux (ou la quatrième de la méthode) comprend les substances qui renferment un acide soit libre, soit combiné avec une base métallique ( oxide de métal proprement dit ) ou avec une base terreuse (terre ou alcali). Elle renferme donc les combinaisons connues sous les noms diacides et de sels. Ces substances , lorsqu'elles sont à Tctat solide , ont les caractères qui distinguent ce que l'on nomme communément une pierre , et dont les principaux sont de ne pas être comnustibies , et d'avoir un éclat différent du nrillant métallique, ordinairement un aspect vitreux dans les cristaux , et terreux dans les masses non crbtal- Unes. Leur pesanteur spécifique est généralement au-dessous de 5. Elles ont de la transparence quand elles sont cristallisées et pures. Elles sont incolores par elles-mêmes quand leur acide a pour radical un gazolyte , et qu'elles sont à base terreuse. Elles sont en général colorées par elles-mêmes quand leur acide ou leur base a ))our radical un métal chroicol^te. Celles qui renferment

^ Voyes plus loin l*ezplicatioii de ces différens modes de gisemenf*

Xkn métal proprement dit sont de plus réductibles, avec plus ou moins de facilité , en globule métallique , par le moyen du chalumeau et dea réactiis. Nous rangeons dans t:ette classe quelques substances que tous leurs caractères rapprochent des véritables sels , quoiqu'elles ne renferment point d'acides proprement dits : tels sont les chlo* nires et fluorures qm ont réellement pour base un métal de terre ou d'alcali, mais qui , lorsqu'ik sont en solution , peuvent être considérés comme des sels à bases terreuses. Si l'on excepte ces derniers minéraux , tous ceux que renferment la classe des pierres sont des substances oxigénée^ , qui composent dans presque sa totalité la croûte oxidée du globe. Formés par voie de fusion ignée ou de sédiment aqueux, les uns constituent seuls ou par association les grandes masses minérales , telles que les couches et les montagnes non stratifiées ; les autres (et c'est le plus grand nombre) sont 'seulement disséminés en petites parties au milieu des masses que constituent les premiers.

D'après les considérations qui précèdent, le règne minéral se trouve subdivisé de la manière suivante :

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