AJET BE UL HC^É&ALOGIE.— NATURE DES MINËHAUX
La minéralogie est la science qui a pour objet Fétade àes-minéraux ^ c'est-à-dire des corps bruts naturels oae l'<m trouve répandus à la surface ou dans Tintérieur ae la terre. Elle se divise en deux branches : la minéralogie proprement dite , qui considère les roineVaux sous le rapport de leurs propriétés générales^ des caractères prticaliers qui les distinguent individuellement , de leur classification suivant l'ordre méthodique , et enfin de leur emploi dans les arts et les usages de la vie ; et la géologie ou géognosie, qui considère les minéraux sous le rapport de leurs manières d'être dans la nature, du rôle plus ou moins important qu'ils jouent dans la structure du globe terrestre^ dont ils sont les matériaux, des lois qui règlent leurs associations et leurs positions relatives , et dont la connaissance guide le mineur dans la recherche des substances utiles ; enfin , sous le rapport des documens précieux qu'ils peuvent fournir à l'histoire de la terre.
Un minéral est , comme tous les corps bruts en général , formé de molécules qui n'ont entre elles qu'une sorte d'adhérence , ou mieux de liaison à distance , et oui ne forment point un tout commun et nécessaire. Aussi peut-on le séparer en fragmens , qui sont exactement de même nature que le corps entier. Un minéral est donc un a^grégat ou une simple agglomération de molécules , et lorsque l'on vient à diviser mécaniquement une pareille masse, quelque loin que Ton pousse la division, on n'obtient jamais que des masses plus petites de même espèce , et non des molécules isolé^es , que l'on ne peut atteindre à cause de leur extrême petitesse. Diviser mécaniquement un corps , ce n'est en ^ffet qu'augmenter la séparation d'un certain nombre de ses molécules , jusqu'au point de rompre leur adhé-
rence , qui ne peut se maintenir qu'autant qu'elles sont à de ti^ès-petites distances les unes des autres.
De ce que le minéral est un assemblage de molécules simplement juxtaposées , et dont le mode d'aggre'gation peut varier presqu'à Tinfini , il re'suite que des corps de même espèce , ou qui sont composés de molécules semblables^ peuvent présenter de grandes difFe'rences dans leurs caractères extérieurs , selon que leurs mole'cules sont plus ou moins rapprochées, et dispose'es d'une manière régulière ou confuse. Cette variation dans les caractères extérieurs d'une même substance est telle, qu'il y a souvent plus de diversité sous le rapport de l'aspect, entre deux minéraux de même espèce (ou formés des mêmes molécules ) , qu'entre deux minéraux d'espèce différente dont les molécules n'ont rien de commun entre elles. On doit donc distinguer parmi les caractères d'un minéral ceux qui peuvent n'exprimer qu'une simple différence dans l'arrangement des particules , d'avec ceux qui dépendent delà nature même de ces particules; ces derniers sont nécessairement plus importans que les autres. Or, ce qui distingue la Minéralogie des deux autres branches de l'histoire naturelle , c'est que dans les corps organiques, les caractères de première valeur se tirent de propriétés apparentes , et sont par conséquent faciles à saisir, tandis que dans les minéraux les propriétés les plus essentielles pour la distinction des espèces sont en même temps les plus cachées et les plus difficiles à dévoiler. Ce que l'on étudie de préférence dans un animal ou dans une plante , c'est la iorme et la position des organes , et non la nature des molécules : dans les minéraux , au contraire , ce sont les caractères qui expriment la différence de nature des molécules qui méritent le plus d'attention ; ceux qui tiennent à l'aspect extérieur , à la forme et à la structure de la masse , ont généralement moins d'importance. C'est là ce qui rend si difficile en Minéralogie la distinction et la classification des espèces, quoiqu'elles soient peu nombreuses , tandis qu'en Botanique et en Zoologie , où le nombre des espèces est incomparablement plus considérable , on parvient plus aisément à les reconnaître et à }es ranger dans un ordre méthodique.
DES BSPÀCSS MIVSBALBS ST DS l^KTAS YARISTBS.
Nous avons dit qu'un Minerai consistait dans une agglomération de molécules semblables , ce qui est vrai en général , mais non d'une manière absolue. Faisons pour un moment abstraction des cas exceptionnels , et admet* tODs le £ait dans toute sa géne'ralité. Nous serons natu* rellement conduits à établir les idées fondamentales d'ei* pèce et de ^variété en Minéralogie. En effet , une espèce sera la réunion de tous les minéraux composés des mêmes molécules , quel que soit leur mode d'agrégation , c'est-à-dire la réunion de tous les corps dans chacun desquels les molécules sont identiques entre elles et avec celles des autres corps ; et tous les minéraux de la même espèce , qui différeront par l'arrangement de leurs molécules, et conséquemment par quelques-uns de leurs caractères extérieurs , comme ceux de l'aspect général , de la forme et de la structure , constitueront autant de variétés dans cette espèce. Par exemple , le calcaire est une espèce qui se compose d'un grand nombre de variétés, parmi lesquelles nous citerons : la pierre tendre et transparente , appelée spath et Islande; le marbre hlane , dont on fait des statues ; la craie ^ qui sert à écrire ; les pierres opaques et grossières , qu'on nomme pierres à chaux et pierres à bâtir. Tous ces minéraux d'aspect ai différent ont cependant la même composition chimique, ou sont formés des mêmes molécules ; ils sont donc de la mêmç espèce. Le quarz est encore une espèce minérale , qui comprend au nombre de ses variétés des corps très-Kionnus , tels que le cristal de roche , qui est un corps dur , transparent et incolore ; V améthyste , qui n'en diffère que par sa teinte violette; les agates , qui sont des pierres polissables , qu'on emploie dans la bijouterie ; les silex ou pierres à fusil ; le sable des plaines arides et des bords de la mer ; le grès commun , qui sert à paver les rues , etc.
Le nombre des espèces qui composent le règne minéral est fort petit ; à peine en connaît-on aujourd hui deux ou trois cents qui soient bien définies et caractérisées , tandis que le nombre des espèces végétales connues s'é-^
lève à plus de soixante mille , et que le nombre des espèces en zoologie est bien plus considérable encore. Mais, en revanche , les variétés de chaque espèce sont beaucoup plus nombreuses en minéralogie , et leur distinction est beaucoup plus importante que celle des variétés dans les règnes organiques , parce que celles-ci ne sont en général que des modifications fort légères d'ua type primitif que l'on reconnaît toujours , tandis que les premières expriment des différences qui vont quelquefois jusqu'à changer totalement les qualités extérieures du corps. Aussi l'espèce minérale peut-elle être subdivisée en variétés de différens ordres , selon le degré de leur importance relative.
Nous avons admis précédemment que les masses minérales dont l'ensemble compose une espèce étaient unit)uement formées de molécules de même sorte ; mais il arrive assez fréquemment que ces masses se trouvent mélangées de molécules diverses appartenant à des espèces différentes. Lorsque ces molécules additionnelles ne sont point en assez grande quantité pour altérer no tablement les caractères delà masse principale, on les regarde comme étrangères à cette masse , et comme constituant une simple variété accidentelle dans l'espèce.
Sous le rapport du mélange et de la composition des espèces en une seule masse minérale , on peut distinguer dans la nature plusieurs sortes de minéraux :
1^. Les minéraux simples ou minéraux proprement dùsj présentant une niasse homogène en apparence , c'est-àdire une masse dans laquelle l'œil ne distingue pas de parties qui soient différentes du tout , et qui est formée soit d'une seule espèce , soit de plusieurs espèces mélanffées , parmi lesquelles il en est une qui domine ou que l'on regarde comme principale. Celte section se subdivise en minéraux purs , ou minéraux composés uniquement des molécules propres à l'espèce , sans aucun mélange de molécules étrangères, et en jninéraux impurs ou mélangés, dont la masse est considérée comme ayant pour fonds une matière principale , qui est mêlée ou souillée de particules étrangères.
2®, Les minéraux composés , ou les agrégats, dans lesquels l'œil distingue aisément plusieurs substances coin-
posantes; ou plasîeurs minéraox simples, a^e£;ës et omme entrela<:es entre eux. £x. : le^raiii/« , qui est une ■asse composée de trois sortes de minéraux réunis sous ferme de fprains : le feldspath , le quarz et le mica. Gomme les naturalistes ne considèrent parmi les agrépts que ceux qui composent dans le globe terrestre des masses d'une étendue considérable , des bancs puissans, des rochers on des montagnes , on les désigne souvent jttr le nom de roches : mais cette dénomination , que l'on donne en géologie à la matière des grandes mas- Ks en général , peut, par celte raison, s* étendre à plusieurs des minéraux simples. Dans Texamen que nous allons £aiire des principales propriétés des minéraux , il ne sera question , pour le moment, que de ceux de la première division.
oms CAHAcràBis ues xisbkaiix.
On observe dans les minéraux des propiiélés générales , qui ne se montrent pas dans tous au même degré, ni de la même manière. Chaque degré ou chaque mode de qualité devient pour le corps qui le présente une marque distinctive, un signe particulier «{ui peut aider à le reconnaître , en un mot im caractère.
Considérés soit dans rensciuble des variétés qui composent une espèce, soit dans la totalité des es; èces qui composent le règne , les caractères n'ont pas tous le même degré d'importance ni de permanence. Selon qu'ils se soutiennent dans un plus ou moins grand nombre de corps, ils ont une valeur plus ou moins grauiie dans la classification ; et sous ce point de vue , ils sont subor^ donnés les uns aux autres, comme nous Tavoiis dit précédemment en exposant d'une manière générale la marche des méthodes.
Considérés dans le même ètre^ les ditVérens caractères ont souvent entre eux des rapports qui permettent de conclure l'existence des uns de celle des autres. Cette corrélation des caractères facilite singidièrcnienl la distinction du corps et la détermination de sa nature, surtout lorsqu'elle a lieu entre les qualités extérieures , et les propriétés les plus intimes , qui sont presque toujours