‹ Précis élémentaire d'histoire sainte suivi de la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ [microforme]Chapitre 118 sur 186 · Espras (458).——Esdras, descendant d'Aa · texte numérisé non relu

Espras (458).——Esdras, descendant d'Aa

ron et docteur de la loi, se mit à la tête de tous ceux qui voulurent profiter de cet édit pour re-

tourner dans leur patrie. Avant son départ, il |

reçut d’Artaxerxés et de ses conseillers de magnifiques présents d’or, d'argent et de vases précieux qu’il confia aux princes des prêtres, et, après s’ètre recommandé au Seigneur, il se mit en route. Sa confiance ne fut point trompée ; aussi en arrivant à Jérusalem, son premier soin fut de porter au temple toutes les richesses qu’il possédait et

d'offrir à Dieu de nombreux sacrifices. Bientôt il |

apprit que des Israélites et des lévites avaient transgressé la loi en se mariant avec des fémmes

du pays de Chanaan. A cette nouvelle, il déchira

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ÆISTOIRE D’ESTHER. 188

ses vêtements, s’arracha les cheveux et resta triste et abattu jusqu’à ce qu'il eût fait cesser ce scandale. Comme il était instruit et respecté, il rétablit le culte et le régla d’après les coutumes anciennes, il organisa l'administration de la cité, et fixa le texte des saintes Ecritures,

3. AMAN ET MARDOOHÉE. — Mais, pendant qu'Esdras s’occupait tout à la fois des intérêts civils et du culte de la nation juive à Jérusalem, un orage terrible grondait sur la tête de ceux qui étaient restés jo l'empire des Perses, Le premier ministre d’Artaxerxès, l’orgueilleux Aman, voyait tout le monde fléchir le genou devant lui. Mardochée seul refusa de le faire, parce qu'il voyait dans cet hommage un acte d'idolâtrie. Aman, irrité, obtint de son maître l’ordre d’exterminer, à un jour fixé, tous les J uifs qui étaient dans son royaume

Mardochée, l'ayant appris, déchira ses vête ments, se couvrit la tête de cendre, se revêtit d’un cilice, et se présenta ainsi à la porte du palais, pour faire connaître à Esther le motif de son affiction. La reine hésitait à se rendre dans l’a partement d’Assuérus parce qu’il y avait peine de mort contre toute personne qui entrait chez le roi sans y avoir été appelée. “ Ne crois pas, lui dit Mardochée, que tu puisses sauver ta vie si tous les Juifs doivent périr; et qui sait si Dieu ne t'a pas élevée en dignité pour être linstrument de ses desseins sur nous.” Cette parole de foi anima Esther d’un courage surnaturel. Elle jeûna et pria pendant trois jours ; puis revêtue de ses habits royaux elle entra dans le vestibule intérieur du palais, accompagnée de deux jeunes filles appartenant à des fanrilles considérées, Son vi.

200 DEPUIS LA caprivire DE BABYLONE.

sage respirait la grâce et l’aménité, bien que son cœur fût sous l’empire d’une crainte profonde.

Quand le roi l’aperçut, il jeta sur elle un re. gard sévère; mais Dieu ayant changé sa colère en clémence, il étendit vers elle son sceptre en signe de pardon, ‘Que voulez-vous, Esther, lui dit-il ? que demandez-vous? Quand vous souhaiteriez la moitié de mon royaume, je vous l’accorderais.” Esther invita le roi à un festin qu'elle avait préparé, et le pria d’amener avec lui son favori. Aman fut touché de cette insigne faveur, mais déjà, dans sa colère, il avait fait dresser Je gibot auquel devait être pendu Mardochée, qui, disait.il, avait osé insulter à sa grandeur.

4 HUMILIATION D'AMAN.—Artaxerxès passa cette nuit sans dormir, et se fit lire les annales des années précédentes. On y lut que Mardochée avait sauvé le roi en lui découvrant nn complot tramé contre ses jours par deux eunuques. Artaxerxés ayant demandé quelle récompense ce fidèle sujet avait reçue pour un aussi grand service, on lui répondit qu’il n’en avait reçu aucune, Or le matin, Aman s’étant présenté pour obtenir que Mardochée fût pendu à la potence qu’il lui avait préparée, Artaxerxès lui demanda: “ Que doit-on faire à un homme que le roi désire honorer?” Aman, croyant qu'il s'agissait de lui-même, ré-

ndit: ‘Il faut que cet homme, revêtu des ha-

its royaux et la tête ceinte d’un diadème, monte sur un des chevaux du roi, et que le premier des grands de la cour, tenant les rênes du cheval, marche devant lui en criant: ‘ C’est ainsi que le roi honore celui qu'il veut glorifier.”? —— ‘ Hâte. toi, reprit le roi, prends tes habits et un cheval, et fais pour le Juif Mardochée tout ce que tu as

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HISTOIRE D’'ESTIJER. 201

dit.” 11 fallut obéir, ct Aman rentra chez lui pletu de colère et de contusion.

5. DÉLIVRANCE DES gutrs.—Le soir cependant, Aman se rendit avec le roi au festin préparé par la reine. Artaxerxés dit de nouveau à Esther : ‘Que demandez-vous ? serait-ce la moitié de mon royaume, je vous la donnerais.” Esther répondit : “Si j'ai trouvé grâce devant vous, Ô roi, accordegmoi'ma propre vie et celle de mon peuple, pour lequel j'implore votre clémence, car nous avons été désignés pour être exterminés. Nous avons un ennemi dont la cruauté retombe sur le roi luimême.” ft quel est cet ennemi, s'écria Arta-. xerxès."—"* Cet oppresseur, reprit Esther, c’est le cruel Aman.” Artaxerxès se leva plein de colère, sortit de la salle du festin et entra dans 'e jardin du palais. Aman, comprenant que sa vie était en danger, se jeta aux genoux d’Esther pour la supplier d’user de son crédit en sa faveur. Le roi ‘’apercevant dans cette posture: “ Comment! 8’ cria-t-il, ose-til porter les mains sur la reine en ma présence et dans mon palais.” A cette parole, des soldats se jetérent sur Aman, le trafnérent comme un criminel, et le pendirent, par ordre du roi, à la potence qu'il avait fait dresser pour Mardochée. Sa maison fut donnée à Esther, et son pouvoir fut remis à Mardochée L'édit porté contre les Juifs fut révoqué, et Mardochée quitta ses habits de pénitence et se montra en public avec une robe royale, un manteau de pourpre et le front veint d’une couronne d’or.

6. NéHémras (454).— Bientôt après un des serviteurs d’Artaxerxés, le Juif N éhémias, reçut aussi une insigne faveur, Comme il servait à table, le roi s’apergut de sa tristesse et lui en demanda la cause.

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‘Comment ne serais-je pas triste, répondit Néhc. mias, quand la cité de mes pères est déserte et n’a point de murailles pour la protéger.”’—4 Que de. mandesætu ? poursuivit le roi.” -— Je demande, répondit Néhémias, que vous me renvoyiez en Judée pour achever de rebâtir les murs de Jérusalem.” Artaxerxès y consentit, et lui donna le titre de gouverneur avec tous les secours nécessaires pour accomplir son dessein, Néhémias arriva en Judée avec une nombreuse escorte de cavaliers et d'officiers, examina lui-même la situation de la ville, et manifesta ensuite ses pensées aux princi. aux de la nation. Il fut secondé avec zèle par es Juifs; mais tous les peuples voisins se raillérent de leurs efforts et les inquiétèrent dans leurs travaux, Ne se laissant irtimider par aucune dif. ficulté, ils achevèrent les constructions en tenant la truelle d’une main et l’épée de l’autre, afin d'être toujours prêts à repousser les attaques, Quand tout fut terminé, Néhémias institua une fête d’action de grâces en réjouissance de cet événement.

Néhémias avait promis au roi de revenir: après avoir exercé sa Charge de gouverneur pendant douze ans, il se rendit auprès d’Artaxerxès à Ba. bylone. Il passa près de lui quelques années, puis il sollicita son retour, et revint en Judée pour y exercer la même autorité qu'auparavant, Pendant son absence il s'était introduit bien des dé. sordres à Jérusalem; le peuple avait contracté des alliances avec les femmes étrangères, l’observation du sabbat avait été négligée, et la dîme fixée pour l’entretien du temple et des prêtres n'avait pas été payée. Néhémias, à son retour, réprima toutes ces fautes, adressa aux chefs du peuple des

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NÉHÉMIAS. 203

reproches sévères, et condamna à l'exil ceux qui refusèrent de se soumettre aux prescriptions de la loi. (Cette sentence frappa Manassé, fils du grand prêtre Joïada et gendre de Sanaballat, gouverneur de Samarie, L’illustre exilé se retira parmi les Samaritains avec tous les Juifs qui avaient imité son obstination scandaleuse, et la rivalité qui avait toujours existé entre Jérusalem et Samarie n’en devint que plus profonde et plus vive.

On croit que Néhémias mourut la quinzième année du règne de Darius Nothus, et qu'il gouverna Jérusalem jusqu’à cette époque (408).

QUESTIONNAIRE, —1. A quelle occasion Esther fut-elle introduite à la cour? Quels honneurs le roi luirendit-il $ Quel usage fit Esther de son crédit en faveur des Juifs 4 2. Quel fat le chef de la nouvelle colonie qui revint à Jérusalem? Que fit Esdras à son arrivée dans la cité sainte ? Quels désordres DenAan alors parmi les Juifs? Que fit Esdras pour la réhabilitation du culte et de la loi 3. Quel était pendant ce temps l'état des Juifsen captivité? Pourquoi Aman haïssait-il Mardochée ? Quel édit obtintil du roi contre les Juifs? Que fit Mardachée en apprenant la promulgation de cet édit? Comment Esther se présenta-t-ella devant le roi ? Quel accueil en reçut-elle 4 Qu'est-ce qu'Aman méditait contre Mardochée ? 4. Come ment le roi connut-il le service qne Mardochée lui avait rendu? Quelle fut l’humiliation d'Aman? Racontez cet événement. 5. Que se passa-t-il ensuite chez Esther ? Quelle grâce demanda-t-elle au roi? Quelle fut la punition d'Aman? Quelle récompense reçurent Esther et Mardochée? 6. Lequel des serviteurs d'Artaxerxès demanda à venir reiever les murs de Jérusalem ? Néhémias fut-il secondé par les Juifs? Par qui fut-il contrarié dans son entreprise? Que fit-il ge la construction de ces murs? Pourquoi retourna-t-il près d’Artaxerxès ? Quels désordres s’introduisirent parmi le peuple pendant son absence? Comment les réprima-t-il ? Où allèrent Les Juifs qu'il exila? A quelle époque Néhémias mourut il? Com bien de temps avait-il gouverné Jérusalem ?

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