DES JUIF3 JUSQU À LEUR DISPERSION
Pendant qu’il faisait célébrer des jeux solennels en l’honneur da l'empereur, Agrippa fut saisi d’insupportables douleurs, et mourut au bout de cinq jours.
4. ANARCHIE—A Ja mort de ce prince, sou fils, âgé de dix-sept ans seulement, ayant été jugé trop jeune pour lui succéder, la Judée redevint 1.8 gouvernement
une sédition dans laquelle vingt mille citoyens périrent, Les pharisiens, les ucéens et les zélateurs formaient autant de partis prêts à prendre les armes, et les prêtres, de i 6 eux. Comme ceux.
ci n’arrivaient aux premières dignités qu’à force intrigue et d'argent, ils se croyaient autorisés à exploiter le peuple, en prenant une plus large part dans la distribution des dîmes, La corruption devint générale, et les exactions des gouverneurs romains furent cause de l’ar‘antissement de ce malheureux royaume,
5. PRÉSAGES SINISTRES, — Depuis longtemps déjà de sinistres Présages annonçaient sa ruine, “ C'est, dit Bossuet, une tradition constante, attestée dans le Talmud ct confirmée par tous les rabbins, que, quarante ans avant la ruine de
Jérusalem, on ne cessait de voir dans le temple
des choses étranges. Tous les jours il y paraissait de nouveaux prodiges, de sorte qu'un fameux rabbin s’écria un jour: O temple ! à temple!
quest-ce qui t’émeut et Pourquoi te fais-tu peur à toi-même ?
Qu'y at-il de plus Marqué que ce bruit affreux qui fut entendu par les prêtres dans le sanctuaire
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le jour de la Pentecôte, et cette voix manifeste qui se fit entendre dans ce lieu sacré : ‘‘ Sortons d'ici, sortons d'ici.’ Les saints anges protecteurs du temple déclarèrent hautement qu'ils l’abandonpaient, parce que Dieu, qui y avait établi so demeure durant tant de siècles, l'avait réprouvé.
‘“ Josèphe et Tacite même ont raconté ce prodige. Il ne fut aperçu qua des prêtres. Mais voici un autre prodige qui a éclaté aux yeux de tout le peuple ; et Le aucun autre peuple n’avait rien vu de semblable. Josèphe raconte que quatre ans avant la guerre déclarée, un nommé Jésus, fils d’Ananus, étant venu de la campagne à la fête des tabernacles, lorsque la ville était encore dans une paix profonde, commenga tout à coup à crier:
“ Une voix est sortie du côté de l’Orient, une voix est sortie du côté de l'Occident, une voix est sortie du côté des quatre vents: voix contre Jérusalem et contre le temple ; voix contre le peuple.” Depuis ce temps, ni jour ni nuit, il ne cessa de répéter : Malheur, malheur à Jérusalem ! Il redoublait ses cris les jours de fêtes. Aucune autre parole ne sortit de sa bouche; ceux qui le plaignaient, et ceux qui le maudissaient, n’entendirent jamais de lui que cette terrible parole: Malheur à Jérusalem / I] fut pris, interrogé et condamné au fouet par les magistrats: à chaque demande et à chaque coup il répondait sans jamais se plaindre : Malheur à Jérusalem ! Renvoyé comme un insensé, il courait tout le pays en répétant sans cesse sa triste prédiction. Il continua durant sept ans à crier de cette sorte, sans se relâcher et sans que sa voix s’affaiblit, Au temps du dernier siége de Jérusalem, il se renferma dans la ville, tournant infatigablement autour des murailles, et onant de
| du salut
En effet,
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