‹ Précis élémentaire d'hygièneChapitre 27 sur 105 · DU FROID · texte numérisé non relu

DU FROID

Nous éprouvons la sensation du froid lorsque nous nous trouvons dans un milieu dont la température est beaucoup au-dessous de celle qui nous est propre. Comme le calorique tend toujours à se mettre en équilibre, notre corps en éprouve alors une véritable soustraction. Celle-ci est rapide dans certains cas où ane de nos parties est en contact avec une substance très-froide, et l’écoulement du calorique est tellement prompt, qu’il en résulte une véritable brülure, caractérisée par ses signes ordinaires.

Le froid , état purement négatif des corps à l’égard du calorique, résulte de l'absence des rayonssolaires, de leur obliquité, de l’élévation des lieux, de leur exposition, du mouvement de l'air. On le produit artificiellement en donnant lieu à la conversion des liquides en vapeurs ou des solides en liquides,

En hyver, le soleil lance ses rayons obliquement et reste moins long-temps sur l'horizon, C’est à l’aurore que la température est la plus basse. Cependant, en France , elle ne descend guère au-dessous de 15 à 16e. Dans les climats polaires, elle descend bien au-dessous du terme de la congélation du mercure (39° 50—); mais aussi, en hiver, à peine y uperçoit-on le soleil pendant quatre heures sur vingt-quatre. Les plus grands froids observés au thermomètre de Réaumur sont, à Astracan, . . . .en 1746, de 24° 1f2.

Petersbourg ,. : . en 1749, de 30e.

Quebec,.... . . en 1745, de 35e.

Tornéo:,. . ... .en 1757, de 57°.

Tornsk en Sibérie, en 1535, de 53° 1/2.

Kireuga, idem. . en 1738, de 65e.

Yéniseik, idem. . en 1755, de 7o.

Ces décroissemens de l'influence solaire ont été : constatés dans les couches inférieures de latmosphère, où la température est toujours plus élevée que dans les couches supérieures. En effet, au fur et à mesure qu’on s’élève verticalement au-dessus du niveau de la mer, on voit la quantité du calori- … que rayonnant s’affaiblir d’une manière proportionnelle à la hauteur même. M. de Humbold a remar- … qué, dans les régions tropicales, qu’une élévation | verticale de r9r1 mètres était égale à un abaissement d’un degré du thermomètre centésimal. Un travail de ce genre est à faire pour les autres points du globe, et, comme nous le verrons, il aurait une utilité autre que celle de satisfaire la curiosité. Quoi qu'il en soit de l’état de la physique à cet égard, on a dressé, d’après divers observateurs, le tableau suivant des niveaux aveu tés neiges se maintiennent

perpétuelles.

À l’équateur elles existént à 4,800 mètres au-dessus “À 20° de latitude. . . . . à 4,600 de la mer...

A a en cle ete SE 2) 200 AG PNR are ce 419200 RON ete vaio les cl OO AT L'exposition dés montagnes fait varier, mais faiblement, ces niveaux. Il est facile de comprendre que dans nos climats celle du sud jouit d’une témpérature moins basse, etc. ; : Le mouvement de l’air augmente le refroidisseinénit ou la soustraction du calorique dans une proportion considérable, dont il est diflicile de se douter a priori. À cétégard on a observé, pendant le dernier voyage du capitaine Parry, que le vent a donné: lieu dans un cas à une sensation de froid équivalente à un refroidissement de l’air de 29° C; ce refroidissement paraissait toujours d'autant plus grand que la température était plus basse dans l’air calme. C’est de cette propriété des mouvemens atmosphériques que résulte le sentiment de fraîcheur produit par les éventails, les courans d'air, ete.

| D'HYGIÈNE. 45 La température de l'air est comparativement plus basse dans les contrées marécageuses, boisées, incultes, que dans les pays bien cultivés. On peuts'en assurer facilement par l'examen le plus superficiel de cé qui se passe sous les mêmes latitudes en Europe et . en Amérique, où la population ét les travaux agricolesoffrent tant de différences en étendue. Le refroidissement de la surface de la terre ‘elle-même est d'autant plus rapide qu’elle réfléchit mieux les rayons du soleil, c'est-à-dire qu’elle est plus blanche ou plus polie. Non seulement elle s’échaufle moins pendant le jour, mais elle devient plus vite froide. De là le danger de coucher sur certaines terres, même dans les pays chauds. L'observation de ce phénomène a amené au Bengale la découverte d’un moyen artificiel analogue par lequel on fait geler Peau de la rosée pendant la nuit.

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