‹ Précis élémentaire d'hygièneChapitre 30 sur 105 · DES DIVERS CORPS OU ÉMANATIONS EN SUSPENSION. DANS . L'ATMOSPHÈRE · texte numérisé non relu

DES DIVERS CORPS OU ÉMANATIONS EN SUSPENSION. DANS . L'ATMOSPHÈRE

L'air se charge non seulement de vapeurs, mais encore de corp$ et d’émanations diverses. Il peut contenir une proportion considérable de gaz non respirables , ou être remplacé par eux dans les lieux fermés : tels sont l’acide carbonique, l’azote, le protoxide d'azote ou gaz hilariant, l'hydrogène, etc.; il peut être rempli d’émanations malsaines ou délétères : de ce nombre sont certaines odeurs, certains gaz; tels sont les gaz ammoniaque, deutoxide-d’azote, hydrosulfurique, hydrogène arséniqué, etc: L'air peut tenir en suspension des corps qui ont une action irritante, mécanique, etc. ,-sur l'organisme : tels sont diverses poussières métalliques et: autres. Eufn , il peut être chargé de substances qui ont des actions spéciales pour la production des maladies ou de miasmes.

L’acide carbonique est de tous les gaz celui qui altère le plus souvent la respirabilité de l’air. On le rencontre dans certaines grottes des terrains volcaniques ou calcaires. C’est à sa présence qu’on doit attribuér les phénomènes observés dans Ja grotte du Chien, près de Pouzzole, Ou le trouye-encore dans les celliers où sont des cuves contenant du raisin en fcrmentation, dans les fours à chaux, dans les sallés qui renferment des plantes à l'ombre, dans les lieux où des animaux ont respiré quelque temps, tels que les salles de spectacle, les étables, etc. Un: homme eu uù jour donne lieu à la formation d'environ 750 litres de ce gaz. L’acide carbonique est plus pesant que l'air, et tend à séjourner dans les endroits bas et abrités. ‘

La combustion du charbon donne lieu à la production de divers gaz dans des proportions réciproquement variables, mais tous également impropres à la respiration. Ainsi, par suite, il y a abondante for-

kB DES ÉLÉMENS | mation d'acide carbonique, d'hydrogène carboné,etc.; ces gaz ne sont réellement dangereux que lorsqu'ils se dégagent dans un lieu fermé. Les gaz hydrogène dento et per carboné, qui servent à l'éclairage , sont aussi très-capables de causer Vasphyxie. Tous se révèlent par des odeurs sui generis qu'on ne peut décrire, mais * qu’on connaît dès qu’une fois on les a senties. |

Il peut se trouver encore accidentellement dans l’atmosphère plusieurs autres gaz plus ou moins dangereux. Comme on ne les rencontre point dans les circonstances habituelles de la vie, nous n’en ferons pas mention ; mais il n’en est pas de même des odeurs qui s’échappent des végétaux et se mélent à l'air: elles sont très-communes, et ne sont pas indifférentes. Elles annoncent en effet l’état de suspension de l’huile essentielle qui y était contenue , ou des molécules qui en émanent. Par exemple , lorsqu'on renlerme dans le sommet d’un tube fermé un morceau de camphre, et qu’on remplit ensuite ce tube de mercure, bientôt le mercure s’abaisse , et fait place à une atmosphère odorante camphrée. Or, dans les cas analogues, c’est le phénomène qui se produit dans un appartement clos: il peut alors en résulter des accidens assez graves, d'autant plus à craindre que le végétal est plus odorant. Ils sont dus, d’une part, à une influence spéciale exercée sur l’économie, influence conforme ordinairement à l’action de la substance exhalante, si elle était administrée à l’intérieur , et de l’autre à une diminution de l'air proportionnée à laimosphère odorante qui s'est formée, On a observé que tels étaient les effets des odeurs de jonquille, desafran , de l’asa-fœtida, du noyer, du tabac, et en général de la plupart des fleurs, Aussi est-il toujours imprudent d’en conserver la nuit dans les chambres où l’on couche. D'ailleurs les fleurs n'ont pas sur l’air la même action que les parties vertes des vévétaux ; elles absorbent l’oxygène et forment de l'acide carbonique à la lumière comme en son absence. Ainsi, outre les molé-

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D'HYGIEN E. | 49 cules odorantes dont nous venons de parler, elles diminuent la fespirabilité de l'air. Par exemple, une rose placée sous une cloche parvient assez rapidement à altérer l'air qui y est renfermé , au point qu’une bougie allumée s’y éteint, et qu’un animal ne peut y vivre. L’oxygène a été cousommé et remplacé par de Pacide carbonique, et, de plus, l'atmosphère de la cloche est encore chargée des molécules odorantes Ont nous avons parlé. * . Ceïte double action des odeurs sur les qualités de l'atmosphère nous conduit naturellement à parler des substances mmélécs à l'air, ou en Suspension dans Son sein, qui exercentune action soit délétère, soit irritante, sur l’économie. Nous plagerons en première ligue deux 8aZ qui agissent sur elle comme de Vrais poisons et qu’on rencoukre dans les fosses d’aisance et les commodités mal Propres. [ls sont connus des vidangeurs sous Les noms de nitte et de plomb. La mitte, composée en grande partie de Vapeurs ammoniacales, se décèle par une odeur Piquante, des Picotemens dans les yeux et l’enchifrenement. Elle est d'autant plus à craindre que les matières contenues dans la fosse sont plus liquides. On à remarqué qu’il en est ainsi dans les pensions d’enfans, les couvens de femmes, dans le temps cles fruits rouges, etc. Au Coutraire, le plomb se reucontre Particulièrement quand les matières sont sèches , et dans les fosses des naisons habitées par des hommes. Formé ordinairenent d'acide hydresulfurique et d’hydrosulfate d'amnoniaque, il s'annonce Par une odeur putride d'œufs ’ouris, fade, nauséabonde. Les 8aZ qui composent a mitte et lé plomb sont très-solubles dans l’eau : Ussi sont-ils d'autant plus sensibles que l'humidité le Vair est plus grande, On doit tout craindre pour 1 santé et pour la vie, si on reste Exposé quelque 2Mps à leur influence délétère. Au reste , on détruit àremeént ces éMmanations en versant dans les lieux ui les recèlent ou sur la matière liquide qui les prouit du chlorure de soude où de chaux liquide.

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1 +: SON | 50: ÉLÉMENS, - Lorsqu'on vide les fosses d’aisances , on empêche entièrement leur introduction dans les appartemens en plaçant sur les portes d’entrée un rideau trempé dans … ces dissolutions de chlorure de soude ou dechaux. Dans les ateliers, l’air est toujours chargé de va- # pèurs et des poussières des métaux ou autres COrps | sur lesquels on travaille. Moins cet air est renouvelé, plus leur influence est à craindre pour les ouvriers. à il en résulte ordinairement des dérangemens graves À de la santé, des tremblemens, des coliques , des pa- 4 ralysies , etc. Les poussières de plâtre, de grès, sont moins dangereuses , parce qu’elles sont purement irritantes, et qu’elles ne le sont que localement; la … poussière de fariné est encore moins. Enfin, celles # qui s'élèvent des piions des droguistes causent des ac- | cidens variés, en rapport soient avec la nature des substances renfermées dans le mortier. Les amas de. ceis nouvellement extraits des mines, placés en p'em. air, s'entourent d'une atmosphère d'acide muriatique ; quiirrite vivement les voies aériennes jusqu’à causer » des enrouemens et des catarrhes. Lorsqu’ils sont renfermés dans: des magasins, les émanations qui s'eng échappent s'accumulenten assezgrande quantité pour donuer lieu quelquefois à la suflocation. 4 On désigne sous le nom de miasmes les émanations, qui se forment dans la fermentation putride ani-! male et végétale; celles qui s'accumulent dans les. lieux où sont réunis des individus affectés de cerjaines maladies, comme de la peste ou du typhus;enfin, on désigne encore sous ce nom certaines qalités nuisibles de Pair qui sont incomplétement con = nues et qui lui sont imprimées par le voisinage des marais et des eaux stagnantes, par les inondations ét par les défrichemens des terrains fertiles, de ceux méme qui contiennent beaucoup de débris végétaux. Elles résultent aussi de mauvais procédés agri oles ; tels que ceux employés pour l'entretien des rizières de quelques prairies, pour engraisser-par le Hoxes des eaux quelques terrains , etc. : !

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Le dégagement des miasmes n’a lieu que dans les temps humides et chauds. Il est en raison même du: degré de ces deux conditions; et leur existence est à: craindre surtout dans les lieux où l'air est calme, parce que là ils peuvent s’accumuler. Sur les surfaces étendues, ils ne s'élèvent guère qu’à 2 ou 3 mètres de hauteur; dans les lieux plus étroits, ils peuvent atteindre deux ou trois cents mètres, Au reste , dans la plupart des cas, c’est surtout aux époques où se for ment le serein et la rosée que leur influence s’exerce : alors ils sont condensés et amassés dans les couches inférieures avec la vapeur qui les tient en dissolution. Sur la surface des marais, sur le bord des eaux stagnantes , ils s’'annoncent par une odeur de bois flotté fade, désagréable et très-forte, quelquefois par une odeur qui s'approche de celle des œufs pouris. Il est à remarquer que les pluies changent complétement Fétat de l’atmosphère sous ce rapport : les miasmes sont avec elles précipités à terre.

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