INFLUENCE DES MOUVEMENS DE L'AIR
Les mouvemens atmosphériques produisent toujours sur l’économie une soustraction de calorique qui est en raison de leur rapidité : il y a alors pénétation de nos vêtemens en quelque sorte, et application plus’immédiate à la surface du corps d’un
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air avide d'humidité. Les grands vents, ‘en effet, ne sont jamais complétement saturés d’eau : leur passage rapide, mettant continuellement de nouvelles masses aériennes en coutact avec lestobjets, leur enlève Fhmidité, et entraîne ou dissout les émanations! nuisibles. C’est toujours lorsque l'atmosphère est calme que le temps est humide. % 4 A l'exception de-l’action de refroidir et &e dessécher, les vents n’exercent d’autres influences que celles qui dépendent de leur direction, et d’où résulteut des états Variés de chaud, de froid, de séche-! resse , etc. Nous.-avons traité de ces divers états, et il est inutile de nous y arrêter davantage. |
INFLUENCE DES CORPS OU ÉMANATIONS EN SUSPENSION | DANS L’ATMOSPHÈRE. \: 4
La pureté de l'air est nécessaire à l'exercice de la‘ respiration, Or, lorsque certains gaz et certaines va peurs se dégagent dans un espace peu étendu, l'air en est chassé ; un nouveau milieu se forme, dans le quel nous ne pouvons respirer ni vivre. C’est ce.qui a lieu dans les chambres où l’on fait brûler pendant. quelque temps du charbon, bouillir du mercure, acidifier du vinaigre ; dans des celliers où des raisins. * sont en fermentation , et dans les endroits où loxy— gène de l'air a étédétruit par suite-du séjour pro longé d’un grand nomhre d'animaux, Il arrive alors! à l’homme ce qui lui arriverait s’il était plongé dans! l'eau : il périt asphyxié. L’asphyxie s'annonce pars une grande pesanteur de tête, suivie bientôt de dou* leur à la même partie, par fa propensiou au som meil, des vertiges, le trouble de la vue, des bour donnemens d'oreilles. Si on ne se hâte d’aller respirer un air pur, l'impossibilité de se mouvoir et l’assou! Pissement se prononcent, et la mort devient inévitable. Lé milieu où nous avons à respirer n’est pas toujours modifié si complétement ; quelquefois seu
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lement sous un volume donné il contient moins de gaz respirable : alors il en résulte un affaiblissement des fonctions respiratoires. C’est ce qui fait que le séjour des étables est favorable aux maladies de-poitrine, mais ne convient nullement aux personnes
dont la fibre-est molle, la peau décolorée, les foncpor sans énergie. | HAN NS ke Nous avons déjà vu comment les plantes diminuent la respirabilité de l'air. Les fleurs inodores ne roduisent que cet effet ; maïs celles qui ont un parum, indépendamment de ce moyen d'action sur léconomie, possèdent encore celui qui dépend des qualités particulières de leurs arômes. Les émanations des unes peuvent causer le mal de tête , des angoisses, des nausées, des défaillances : telles sont celles‘ du jasmin, du lys, de la mauve, du pavot, de la rose, du sureau, des tubéreuses, de la violette, de l’œillet, etc. Les autres, au contraire, ont une ac- tion excitante et bien moins dangereuse : telles sont celles du romarin, dela sauge, du thym, etc. Au moins je ne coÿ {is point d’exemples d'effets très-fâcheux de leuraÿ rt, Îl est remarquable que les premières sont suaÿ ,, du fades, ou nauséabondes, tandis que les secoi es sont aromatiques. Il est en outre des Végétaux dont les émanations sont vénéneuses : telles sor celles du manceniller, du rhus toxicodendron,.e .
Parmi les corps qui ont une action spécifique, ou, en quelque sorte, élective , sur l’économie, les uns agissent en irritant mécaniquement les parties avec lesquelles ils sont mis en contact : telles sont la plu- . part des poussières métalliqnes, l’acide muriatique , etc. ; les autres en étant absorbés: tels sont les miasmes, les effluves des marais, les vapeurs saturnines, mercurielles, etc. ; il y en a quelques uns, enfin, qui réunissent Ja puissance de ces deux moyens d'action, M'irritation mécanique locale et l'absorption : tels -sout la mitte , le ploinb , l'hydrogène arséniqué, etc. * La plüpart des corps dont il s’agit ne se rencontrent
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A1 s : MANU AS 68 ne ÉLÉMENS FEU que dans des circonstances particulières, tenant à la nature des professions et des travaux : aussi , obligé à nous borner, nous ne nous occuperons que de ceux qui se rencontrent dans la vie habituelle. D'ailleurs, un cha pitre particulier étant consacré à l'hygiène des professions , nous ne ferons ici que des généralités. Fee L’irritation ressemble à un effet mécanique: elle est en raison de l'intensité et de la durée de la cause. | L’absorption, au contraire , est un phénomène vital qui augmente et diminue suivant les conditions que nous allons apprécier. Toutes choses restant égales; . elle est plus facile, plus active dans le sommeil que. dans la veille, la nuit ou en l’absence de la lumière que dans le jour ; chéz lesindividus faibles, tristes ou timides, que chez les individus forts ou courägeux ; chez les vicillards que chez les adultes , etc. ; les excès dans la veille , dans l’usage du coïit, l’abstinence, l’activent d’une manière remarquable. C’est souvent … du lendemain d’une nuit de débauche que date l’invasion d’une maladie épidémique. | On peut regarder comme purement irritantes les. diverses poussières. Elles agissent mécaniquement | sur les surfaces avec lesquelles elles sont en contact: . ainsi, suivant leur nature, elles modifient diverse- . ment la peau; elles irritent les yeux, développent | des inflammations chroniques des paupières et même à des ophtaimies ; elles portent enfin leur effet sur les 4 membranes muqueuses pharyngienne, laryngienne, bronchique, et deviennent l’origine de catarrhes. à. chrouiques , de phthisies. Les poussières métalliques, | terseuses dans le langage vulgaire , exercent ces effets … au plus haut degré: telles sont celles de chaux, de : plâtre, de grès, ete. Viennent e suite celles de na- ; ture végétale où animale : telles sont celles de farine, celles qui s'élèvent dans les ateliers où on corde. du coton , de la laine, où on se sert de pilon , etc. On” peut éviter jusqu’à un certain point l'influence nui- 10 sible de ces substances en se couvrant la bouche et
és eat ETS Apt iSE LS ue | e 7e ÿ L AL € .. D'HYGIÈNE, . LES 69 le nez d'un masque ou voile de linge fin propre à tamiser en quelque sortie l’air qu’on respire, én faisant passer dans les ateliers de violens courans d’air, | ports à enlever les poussières au fur et mesure de leur formation. | Les émanations non irritantes immédiatement , mais qui agissent par absorption, et auxquelles on peut être exposé dans le cours ordinaire de la vie, sont celles des marais et quelques miasmes. Les e ve marais deviennent trop souvent l’origine de maladies épidémiques et contagieuses; ce sont elles qui amènent ces fièvres intermittentes endémiques dans certaines contrées, qui causent une si grande mortalité à Rome, en été, par exemple; les animaux domestiques même sont soumis à leur in-° fluence. Quelquefois elles sont assez puissantes pour bannir la vie des lieux où elles se produisent ; mais toujours les populations qui respirent habituellement d'air qu’elles ont vicié subissent des modifications funéstes. Le tempérament lymphatique dans toute son exagération maladive y domine; la peau est fine et décolorée , l'œil terne, les paupières engorgées, les épaules et la poitrine étroites, le cou long, la voix grêle, les chaires flasques ; le corps gonflé, œdématié, ayant un embonpoint apparent ou irès-maigrey il y a incapacité à supporter les fatigues et les piivations, lenteur des actions et des pensées ; la puberté estrtardive, et la viellesse précoce , vers quarante ou cinquante ans, Le dernicr récensement fait en Provence porte un octogénaire sur cent trente personnes dans les lieux secs, et un sur six mille dans les lièux marécageux. Les personnes qui passent dans ces pays doivent éviter toutes les circonstances qui favorisent l'absorption ; elles doivent avoir soin en même temps d'entretenir les fonctions de la peau par des lotions de propreté, des frictions, un ‘exercice modéré, Suflisant pour maintenir la transpiration; d’user d’une nourriture saine et légèrement tonique;
70 | ÉLEMENS enfin, de prendre de temps en temps quelques doses. légères de quinquina.. RER ON AU Les miasmes qui s’échappent des corps malades ne, sont pas probablement de la même nature que les effluves, puisqu'on ne se garantit pas contre eux par, l'usage du quinquina. Ceux-ci sont quelquefois capables d’engendrer une affection semblable à celle qui, les a produits eux-mêmes, dans tous les lieux où ils” sont transportés ; d’autres fois, ils ne-leu PANEA