CHAPITRE PREMIER
RÈGLES DE L'HYGIÈNE RÉLATIVES AUX TEMPÉRAMENS. ; { Nous avons vu, dans la première partie de ce li- . vre, quelles étaient les prédominances particulières etconstitutives dechaque tempérament; nousavons vi qu’elles donnaient lieu à des prédispositions morbides analogues. En effet, plus un organe ést développé et sensible, plus il tend à agir, et plus il est disposé à recevoir les impressions qui viennent de Pextérieur. Les causes morbifiques frappent toujours le système doué au plus haut degré de ces propriétés vitales, et ilest, à cet égard , pour me servir de l’expression populairé, l'organe faible de l’économie.
La maladie consiste dans l'augmentation des propriétés dont il s’agit, dans le trouble des fonctions et l’esagération des actions sympathiques. Elle ést due à uneirritation quelconque siégeant dans l'appareil. Toutes les circonstances qui tendent à augmenter | l’action des organes déjà prédominans doivent donc être évitées. s#8e | À |
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Règles du régime relatives à la constitution où pré- 04 * domine l'appareil digestif. ’
Les excitans immédiats de cet appareil sont les alimens et les boissons; les excitans médiats sont le calorique, et certaines occupations physiques ét mo-. rales.
Dans cette constitution, les organes digestifs, doués d’une grande énergie, n’ont pas besoin d’être sollicités. Ce qui n’est dans d’autres tempéramens qu’une excitation utile devient ici unecause d’irritation. Les alimens seront donc choisis parmi ceux qui sont propres à diminuer cette disposition , ou au moins qui ne devront pas l’augmenter : telles sont, dans le premier cas, les substances végétales acidules, gommeusés , mucilagineuses, les lécumes herbacés; dans lesecond , les fécules, les substances animales gélatineuses, albumineuses, le laitage, les viandes blanches. On ne doit pas oublier que l’abus des fruits acides ou mucoso-sucrés n’est pas sans inconvénient ; il peut devenir l’origine des maladies qu’on chercherait par-là même à éviter. Les substances très-animalisées, telles celles appartenant à des animaux adultes , le gibier , le bouillon gras, les alimens épicés et de haut goût sont excitans ; à plus forte raison le vin, les liqueurs alcoholiques et le café. Dans l’espèce dont il s’agit, l'individu devra se borner au moins à l’usage modéré dés vins froids, de la petite bière et du cidre léger: fl'devra les étendre d’eau, et tirera un parti avanfégeux des boissons chargées d'acide carbonique, télles que les eaux de Seltz et de Spa. Si, après les repas, il éprouve de la soif, il devra la calmer par des petits coups d’une boisson -gommeuse ou d’ean pure bus à intervalles.
Un lien sympathique très-serré existeentre la peau et la surface digestive, de telle sorte que les états di- ‘vers de l’une se répètent dans l’autre : aussi la chaleur
550 ÉLÉMENS - | est une des conditions qui développent au plus haut degré, dans cette constitution, les dispositions maladives. Le régime devra donc être alors plus sévère encore, ét le mieux sera d’éviter les occupations et les circonstances capables d’y donner lieu. Les bains prolongés, les lotions, combattront utilement cet excès de vie existant à la peau. Remarquons ici que les peuples des contrées méridionales , chez lesquels prédomine l'appareil digestif, ont été instinctivement conduits à l’obseryation du régime indiqué ; s’ils se distinguent par quelque chose, c’est par la sobriété, qui n’est, au reste, chez eux, qu’une exigence du climat. Hp Ê » . « è SC LATE R
Un froid modéré convient à cette constitution ;une atmosphère humide, telle que celles du printemps et de l'automne , lui sont moins contraires qu'à toute autre. Les habitudes méditatives, les professions sédéntaires, et celles qui exigent des efforts musculaires longs et répétés, nuisent ici , Mais de deux manières différentes. Dans le premier cas, ce ne sera, qu'à la longue que l'organisme éprouvera une modification ; l'appétit se dérangera ; les digestions deviendront difciles ; l'individu sera tourmenté par des incommodités fréquentes ; il deviendra sujet aux flatuosités |, aux hémorroïdes , à, l’hypocondrie, Dans le second cas, une maladie brusque viendra interrompre les travaux auxquels il se livrait.
Si l'appareil gastrique a une influence sur le moral, il éprouve de celui-ci des effets entièrement de la même nature. Ainsi, les habitudes et. les passions tristes, haineuses, le chagrin, les pratiques mystiques, exercent un grand empire, et deviennent l’origine d’incommodités et de maladies graves. On doit éviter les causes capables de donner naissance à ces sentimens , à ces idées fixes, auxquels d'ailleurs il est déjà disposé. Toutes les espèces de. distraction , le séjour de la campagne, les travaux et les exercices auxquels on s’y livre, lui conviendront |
| D'HYGIÈNE. . % 351 alors. Enfin, il devra porter une attention particu- lière à la régularité des excrétions, et surtout des évacuations alvines. /
Règles de l'hygiène applicables à la constitution où dominent les appareils circulatoires et respiratoires.
Les excitans de ces appareils sont toutes les cir- . constances capables d'augmenter la circulation et la quantité du sang : tels sont, dans le premier cas, les . travaux prolongés, les efforts, les passions ,‘les émo- | tions vives , les variations brusques de température, les boissons alcoholiques ; dans le second , une nourriture forte , une vie trop sédentaire.
Les hommes doués de cette constitution se distinguent par une disposition particulière à souffrir des maladies aigües, inflammatoires , hémorrhagiques. Une excitation quelconque est toujours suivie d’un effet plus énergique qu’il ne semblait devoir être, eu égard à l'intensité de la cause ; mais aussi les incom- . modités sont si courtes, qu’elles passent presque inaperçues; de mêmes les maladies sont bien tranchées, rapides dans leur marche, et se terminent promptement par une fin ordinairement heureuse, car les malades offrent alors aux moyens thérapeutiques cettemême susceptibilité qu'ils portent dans toutes
leurs impressions. à
Ils doivent redouter toute excitation un peu prolongée etspécifiqued’un organe quelconque. [ls ne peuvent supporter impunément aucun excès. Ils doivent s'abstenir des fatigues musculaires considérables, des veilles un peu prolongées, destravaux d’espritassidus, des débauches de table, dont leur instinct les éloigne d’ailleurs. À des excès de ce genre, chez eux, succède un état de malaise constitué par une pesanteur de tête, une disposition insolite au sommeil, une lassitude générale,une chaleur brûlante quiannonce une maladie menaçante. Ils doivent alors recourir aux moyens
352 ÉLÉMENS et contraires à ceux qui ont produit cet état, le repos, la diète, les boissons mucilagineuses, aciduiées , les bains. | SAT Les émotions vives, la crainte, la colère, les. grandes joies, les grands chagrins, enfin celles qui donnent lieu à un trouble ressenti dans la circulation et dans les battemens du cœur, doivent également être évitées. Elles amènent à leur suite des maladies . du cœur, auxquelles le tempérament sanguin est d'ailleurs disposé. On doit done en éloigner ou en fuir les causes. Le coït peut être considéré comme un excitant de la circulation ; il a d’ailleurs une in- 4 fluence particulière sur tes poumons, dont il paraît augmenter les dispositions maladives. Il faut remarquer ici qu’une continence prolongée, une vie trèssédentaire , le long séjour au lit , un régime alimentaire abondant et très-réparateur, amènent la pléthore, prédisposition funeste à toutes les grandes inflammations viscérales, L'individu alors sent une chaleur brûlante générale, particulièrement à la peau; le pouls est plus développé; il éprouve des | étourdissemens, des tintemens, des bourdonnemens d'oreilles ; il entend les battemens de Ja carotide ; il voit des bluettes; sa face est très-animée, la peau rosée ; il y a lassitude générale, paresse du mouvement , besoin d’excitation vive pour l’accomplissement des fonctions. Le but du régime devra alors tendre à diminuer l’hématose, et à éviter toutes les causes qui agiraient trop vivement sur une partie quelconque de l’économie, La saiguée, en première ligne, les bains, les pédiluves, la diète modérée, l'usage d’alimens pris dans le règne végétal, surtout parmi des fruits et des légumes herbacés , l’abstinence du vin , du café, duthé , etc., dévront être employés. Les circonstances atmosphériques les plus convenables sont celles où l’action sur l'économie est nulle où débilitante. Nous en avons parlé plus haut. Les grands froids favorisent médiatement la pléthore ; les grandes chaleurs disposent aux inflammations
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gastriques. Les variations de l'atmosphère qui ont . lieu par saisons du froid au chaud sont plus diffci- À P L plus «
lement supportées que celles du chaud au froid. Les
personnes de cette constitution devront veiller avec . soin à la régularité des sécrétions et des excrétions. La transpiration est ordinairement considérable chez elles ; elle affecte souvent d’une manière élective certaines parties du corps. Sa suppression est dangereuse , et l'origine fréquente de péripneumonies et de rhumatismes. wi “+ Quant au régime général à suivre, nous ne nous
y arrêterons pas. Avoir fait connaître les dangers, c’est avoir indiqué les choses à éviter et celles qui
sont utiles.
.… Lorsque la prédominance gastrique se trouve sur- toutajoutée à celle dontil vient d’être question ,il ya dans les prédispositions maladives une combinaison analogue; celles-ci sont augmentées en nombre > cet les affections morbides sont plus tenaces et plus aigües que dans le cas où lappareil sanguin est seul dominant. Les causes d’excitation doublent en nombre et en puissance. Le régime donc doit être plus
sévère.
“Règles relatives à la constitution où domine l appa-
| reil nerveux. fie
Les excitans du système nerveux sont toutes les perceptions acquises par les sens, les travaux intellectuels , et certains agens spéciaux appliqués soit sur ke nez , Soit sur l'estomac, soit à la peau, qui, dans l’éfat de santé, ne sont que stimulans et deviennent daus l’état de maladie des causes de douleurs.
Il est impossible de se soustraire aux diverses im pressions ; mais il est possible de les varier; et. tel doit être le moyen d'empêcher chacune d’elles d'exercer un empire absolu, et par suite funeste. Ne cultiver que son imagination , ne s’adonner qu’à un ordre de sensations ou de plaisirs, ne s'occuper
334 ÉLÉMENS Ÿ que de beaux arts, de musique, de poésie, © est fa- | voriser singulièrement la susceptibilité à à laquelle la É É constitution dont il s’agit est disposée. Les travaux. intellectuels doivent être modérés; mais, dirigés vers des études graves et positives , ’ils auront alors l’avantage de tempérer ka mobilité, l’irritabilité de l'appareil nerveux. Au contraire, chez les personnes où le cerveau est la seule portion du système nerveux prédominant, soit par suite de l’organisation primitive, soit parce qu’il est le siége habituel de méditations et de travaux, les plaisirs qui résultent de la culture des beaux-arts , de la musique , etc., feront une diversion utile.
Les autres excitans spéciaux du cerveau et du sysième nerveux sont les arômes, plusieurs huiles essentielles , soit que le nez les perçoive , soit qu’on les introduise daus l’économie : tels sont le café, le thé, les boissons alcoholiques, la plupart des épices, des préparations aromatiques. Le régime alimentaire, au réste, n° exige aucune autre prescription particulière ; il devra être , surtout, Sr de substances nourrissantes.
Les qualités de l’atmosphère qui conviennent ke. mieux aux individus doués de la constitution où domine l'appareil nerveux sont celles qui se trouvent dans un air pur et un peu froid. La grande chaleur est nuisible. Les variations du chaud au froid qui ont lieu en automne sont avantageuses, et celles du froid au chaud qui ont lieu au printemps sont moins favorables; de même, Les bains froids ou pris à l’eau courante sont utiles.
Les évacuations considérables, les hémorrhagies, soit naturelles, soit ‘artificiéliés. les excès dans Les jouissances de l'amour, etc. , sont nuisibles. Elléstendent à augmenter la prédominance déjà trop grande du système nerveux. On a remarqué que chez ces individus une saignée abondante donnait souvent lieu à des accidens convulsifs.
Le moyen le plus puissant et le plus propre à amé-