RÈGLES DE L'HYGIÈNE RELATIVES AUX AGES
De la première enfance.
Nous écarterons de cette section tout, ce qui ap= 1 partient aux soins que l’accoucheur, la sage-femme, À ou le médecin, doivent à l'enfant , pour ne nous oc- 1 cuper que de ce qui regarde les parens. "00
. L'accouchement ne détruit pas complétement le lien intime qui existait entre la mère et lenfant: il subsiste entre eux desrapports physiques, qui ne disparaîtront que par gradation. L’allaitement est nécessaire à l’un comme à l’autre. L'expérience apprend qu'il est avantageux à la mère, en ce qu'il rend les suites des couches moins dangereuses, qu’il diminue la susceptibilité existante alors à plusieurs maladies redoutables. D'un autre côté, la mère seule est en état de fournir à l’enfant le premier lait, connu sous le nom de colostrum , fluide doux, aqueux, que nul moyen ne peut remplacer. Il est nutritif et propre en | même temps à produire l'évacuation du méconium, qui remplit le canal intestinal, et à diminuer l’éréthisme qui suit le moment de la naissance. Ajoutons à cela qu'ilexiste entre l'augmentation des forces et la marche de la nutrition chez l'enfant, et la perfection ! croissante de la sécrétion du lait, une exactitude de | progression qu'on ne peut retrouver que dificilement ailleurs; en un mot, il yaentre la constitue! tion de l'enfant et celle. de la mère un rapport qui!
se maintient éñtre ses besoins et Ja capacité de celleci à les satisfaire. SAN | «
/ Toutes les mères ne sont pas propres à allaiter. El en est qui, douées d’une constitution faible, ne tardent pas à fournir une quantité de lait au-dessous! des besoins de l'enfant. Les femmes lymphatiques sé crètent un lait peu nourrissant, mal élaboré, capa=!
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: D'HYGIÈNE. 359 € par suite de donner au nourrisson cette même institution qu’on remarque en elles. Les femmes üi ont la poitrine faible ou quelque maladie chroique des poumons ne peuvent se livrer à l’allaitéént-sans danger pour elles-mêmes: bientôt elles Jrouvent des douleurs dans la poitrine, de la toux, € l’expectoration. La grossesse, les maladies graves, abondance des règles, les évacuations EXCESSIVes , 5 fatigues considérables, les passions violentes, donentordinairement lieu à des altérations du Jait en üantité et en qualité, d’où résulte la nécessité de Sse l'allaitement. On a vu des enfans avoir des nvulsions pour avoir tété un sein couvert de sueur prés des travaux pénibles. On les a vus éprouver ces nvuisions, ou des diarrhées, pour avoir pris le sein une femme agitée par la colère. Dans les passions istes , Haineuses , le sein n’élabore, au lieu de lait, l’un fluide séreux, fade, sans qualités nutritives. insi, avant d'accomplir ses devoirs de mère, il faut précier sa situation sous les rapports physiques et oraux; mais si ces empêchemens n’existent pas, la mme ne recueillera que des avantages pour sa santé, pour sa beauté même, des soins donnés à sôn ‘ennt. En effet, "l'expérience a appris que rien x’est us propre, toutes choses égales d’ailleurs, à consert la beauté, la durée de Ja fraîcheur des mamelles, 6 l'allaitement, et eu même teraps à écarter les édispositions au cancer.
On pourvoitaux défauts de l'allaitement maternel t par le lait des animaux, soit par celui d’une urrice. EU
Le lait d’anesse et desjument se rapproche dantage de celui de la fe que celui de vache, de èvre ou debrebis. Quel quesoit l'animal qu’on choie, on doit soigner sa nourriture, et lui donner celle i est la plus conforme à sa constitution. Le Jait chèvre est particulièrement convenable aux cn- 1s de parens scrophuleñx. Il est trop lourd pour nvenir d'abord seul; mais quand le nourrisson est
C'RRS : L .
340 ÉLÉMENS | déjà fort, il est à désirer qu’il soit pris par lui au pis,
même de l’animal. LR OR
Les laits de chèvre et de vache ont besoin d’être eoupés plus que celui d’ânesse ou de jument par une infusion d'orge, de guimauve, une émulsion lé gère d'amandes douces ou du petit-lait préparé sans” acide: ce dernier mélange est le plus convenable Dansle premier mois, le lait doit entrer pour un tiers, seulement dans le liquide donné à l’enfant; dans le, le second et le troisième, pour moitié; dans le qua=# trième etle cinquième, pour les trois quarts; enfin on le donne pur à six mois. Cette boisson doit être tiède.
Dans tous les cas, le lait de la femme est plus con-* venable, non seulement à cause de ses qualités, mais! encore parce qu'il est pris par l’enfant au mamelon: même. La nourrice doit avoir de 25 à 355 ans, être douée d’une bonne constitution. Il est à désirer qu’il y ait peu de temps qu’elle soit accouchée. Dans le cas contraire, son lait doit être épais, d’un blanc mat. Il est vrai qu’il est alors trop nourrissant pour. le nouveau-né: aussi, dans les premières semaines, celui-ci doit, entre les repas, boire un peu d’eau sucrée. La nourrice devra faire un exercice modéré, mener une vie régulière, s'abstenir des alimens épicés , salés, âcres, de haut goût, des liqueurs alcoholiques, user surtout d’alimens végétaux , se livrer au coït d’une manière modérée, habiter enfin dans un lieu bien exposé, dans un air pur etsec.
On doit donner à téter pour la première fois à l'enfant cinq ou six heures après sa naissance. Dans l'intervalle on lui fait boire de l’eau sucrée ordinar= rement, S’ilest faible, on aromatise légèrement cette boisson : on doit à cet égard#ten rapporter à l’accous cheur. Mais rien ne peut remplacer, pour le now veau-né, l’usage du colostrum. Dans les premiers jours on ne peut régler les repas. On doit donner à téter souvent et peu à la fois. Plus tard , on doit has bituer l’enfant à téter quatre fois Fe jour, avant les repas de la nourrice et deux fois la nuit. On recons
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naît que lenfant a faim aux signes suivans. Il suit des yeux sa nourrice, s'inquiète de ses mouvemens, ports ses doigts à sa bouche, les suce; la salive est sécrétée avec abondance ; enfin il saisit le mamelon avec avidité et le presse de ses mains. Quant aux vêtemens, on doit rejeter absolument l’usage barbare du maillot. Il serait difficile de croire à combien de dangers il expose, si on n’en avait tous les jours des exemples dans les hôpitaux même, malgré la surveillance des médecins. L’inconvénient du maillot n’est pas seulement de déformer le corps, de causer de la gêne et de la douleur: il empêche la respiration , donne lieu à des congestions variées, à des convulsions, produit l’endurcissement du tissu cellulaire , et devient ainsi cause de mort. La bande sous-mentonnière du béguin gêne les mouvemens de la mâchoire et du larynx. Il est important que les vêtemens de l'enfant soient lâches et chauds. Il faut que la tête surtout soit suffisamment, mais pas trop couverte : aussi fautil rejeter les bourrelets comme trop chauds. Dans le premier cas, on a à craindreles rhumes, si dangereux à cet âge; et dans le second, les diverses espèces de gourme et les convulsions. On doit, autant que possible ; ne point se servir d’épingles pour attacher les différentes pièces de l'habillement. On a vu souvent résulter dés accidens graves de leur piqûre, dont l’enfant ne peut avertir.
. Les langes doivent être formés de linges doux et secs, exempts de toute mauvaise odeur. La peau des enfans est extrêmement délicate; un rien suffit pour l’enflammer : aussi exige-t-elle les soins d’une propreté minutieuse. On doit la nettoyer avec de l’eau tiède mêlée avec un peu de vin; avec le même mélange on doit laver la tête, le derrière des oreilles À le visage. Il est très-convenable de frotter ensuite la tête avec un linge chaud, et d’y faire passer une brosse douce: on enlève de la sorte le produit de transpiration qui s’y forme abondamment et devient la cause de la formation de croûtes et d’une couche
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Ja décoction de persil ; lorsque les ulcères sont fors
redoutée, est souvent causée par la malpropreté. La, peau des enfans est sujette à des gerçures : il suffit,
542 ELÉMENS . ‘ de crasse où la vermine s’engendre et s’accumule. C’est un préjugé de croire que l’éxistence de la v mipe est nécessaire à la santé de l’enfant : il en est rement ainsi, et encore ne serait-ce qu'après des m ladies aiguës, où elle agirait comme dérivatif.
présence estun véritable supplice; elle donne bientôt lieu à des excoriations et à des ulcères étendus, à des croûtes. On doit avoir soin de la prevenir par des loi tions fréquentes, par l’usage de la brosse et du peignes!
si ces moyens ne réusissent pas, par des lavages avea
més, il devient dangereux de les supprimer trop vite: Les soins de propreté, l'emploi de décoctions émol= lientes et de persil, la coupe des cheveux, ne tardenti pas ordinairement à en triompher. Il est des moyens plus actifs; mais ils néfloivent être employés que par! des mains exercées. Avant de terminer ce qui regarde
la tête, nous devons dire que la teigne, si justement,
dans ce cas de les recouvrir avec du papier brouilA lard enduit de cérat.. : x DT AN MENU . Dans ces premiers temps de la vie, les enfans lesil mieux constitués sont remarquables par uné sensi4 bilité, une irritabilité extrêmes de l'enveloppe cuta4 née, des muqueuses pulmonaires et digestives. La respiration et la circulation jouissent d’une grandé activité, et ces fonctions dépendantes d’organés peul robustes s’altèrent facilement. Cet état particulief de l’organisme crée les prédispositions morbides, ef les causes de mort propres à cet Âge. On ne saurait donc trop insister sur la nécessité de la propreté qi e nous avons recommandée, et sur celle d'une nourns ture appropriée et modérée, sur le besoin d’un ai pur et fréquemment renouvelé, et sur le danger du froid, et des vêtemens qui compriment le cou, poitrine et le ventre. que ce ‘4 Vers le sixième ou septième mois, ordinaireme Ù uné nouvelle ère de prédispositions maladives com
sat À HYGIÈNE. 545 ’.mence. Avant ce temps l'enfant a eu peu de sensations : téter, digérer, respirer et dormir, c’est à cela
que se bornait toute son existence. À cette époque les douleurs de la première dentition se font sentir, et avec elles paraissent, dans toutes les affections, . la complication des accidens cérébraux, Ha disposi-
. tion aux convulsions; toute l’économie est alors dans un état d’excitabilité vraiment redoutable. Les in-
commodités légères deviennent des maladies graves. On calcule qu’un sixième des enfans meurt à cette époque diflicile. L'état maladifs’annonce par la mau- . vaise humeur. Ensuite la bouche et les gencives deviennentrouges, chaudes, etse tuméfient. Les glandes du couet des côtés dela face se gonflent ;il yasalivation plus abondante; -une démangeaison vive aux gencives les engage à mordiller leurs doigts et les corps durs ; d'autres fois elle s'élève au degré de la douleur : ils craignent alors le moindre toucher. Enfin, divers signes gastriques.et cérébraux apparaissent en même temps, annoncés par le dévoiement ou la constipatiou, par la rougeur des yeux, dela face, leur gonflement, des convulsions. On doit calmer linflammation dela bouche en lhumectant fréquemment avec de l’eau de guimauve ou le lait de la nourrice, en touchant les gencives avec un pinceau trempé dans une décoction émolliente, etc. Au lieu de hochets d’ivoire ou d'argent, ou donnera aux enfans un morceau de racine de guimauve, de réglisse, un linge trempé dans la décoction émolliente, une croûte de pain. On a. remarqué que les accidens de la dentition étaient moins violens chez les enfans qui avaient été auparavaut promenéau grand air, qui vivaient à la campagne, ét lorsque la nourrice avait eu soin de se soumettre elle-même à un régime deprévoyance, propre àrendresonjaitrafraïchissant, savoir : abstinence des alimens de haut goût, des boissons spiritueuses, usage d’une nourriture purement végétale.
À cette époque, la tête et une partie de la face deviennent souvent le siége d’une exhalation particu-
lière de matière albuméneuse, qui se deësèche- et
forme des croûtes d’un brun Jjaunâtre ; Le derrière. des oreilles présente des ulcérations également croû- .
teuses : ces espèces d’exanthèmes sont désignés sous.
le nom de gourmes. On doit faire sur les parties ma- :
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lades des lotions émollientes, y placer un linge usé et | fréquemment renouvelé ; s’il y a démangeaison : vive, il faut ajouter à l’eau des lotions quelques
gouttes de vinaigre, ou de la décoction de pavot. Quant au dévoiement qui apparaît souvent aussi
avec la dentition, il est d’un favorable augure lors-
qu'il n’est accompagné ni de tranchées, ni de tenesmes , et ne donne pas lieu à des évacuations trop abondantes.
À ces phénomènes qui signalent l’éruption des Premières dents de lait succède un temps de calme assez long, qui est terminé par l’éruption des dernières dents, vers l’âge de deux ans. C’est dans cet intervalle que le sévrage doit avoir lieu. Quelquefois les enfans se dégoûtent d'eux-mêmes de téter, et ne veulent plus delait. Dans tous les cas , C’est entrehuit mois et un an, ou un peu plus et d'autant plus tard que le sujet est plus faible , que les premières tentatives de sévrage doivent avoir lieu. La prolongation de l’allaitement au delà de cette époque peut avoir une influeuce funeste pour la durée des gourmes et la santé à venir. Le sévrage doit être progressif dans l'intérêt de la mère et de l'enfant. De semaine en semaine on doit lui présenter le sein une fois de moins en vingt-quatre heures, et remplacer l'allaitement par des alimens choisis dans le règne végétal , demiliquides d’abord, tels que panades , bouillies , etc. , auxquels on faitsuccéder plustard les œufs, les soupes et potages faits avec des bouillons de viande successivement plus forts, enfin la chair cuite. L'usage modéré des fruits mürs est sans inconvénient; mais les sucreries, les pâtisseries, sont nuisibles. L’eau pure ou teinte d’un peu de vin servira de boisson ; les repas seront légers, mais répétés; enfin on devra seconder
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E D'HYGIÈNE. 345 sévrage par-la promenade à l'air pur, et lexposiion au soleil ou à la lumière du feu. | 3 «C'est vers l’âge d’un an , époque du sévrage, que ‘enfant commence à exercer ses diverses puissances musculaires d'une manière assez régulière. Il comnence à balbutier, à marcher et à retenir ses urines ses excrémens. Au reste, on ne doit pas chercher 4 le faire marcher : on doit l’abandonner à luinême. A-t-on vu , en effet, comme le dit Rousseau, nelqu’un qui, par la négligence de sa nourrice, ne üt pas marcher étant grand. D'ailleurs, les tentaives pour faire tenir l’enfant sur ses jambes ont des nconvéniens graves : il en résulte des difformités du assin et de la colonne vertébrale souvent incurales. Au contraire, on doit chercher à apprendre ux enfans à se débarrasser des matières alvines et le l’urine, mais jamais à les retenir ; ils doivent céler au besoin dès qu’ils l'éprouvent.
Lorsque la dentition est achevée, la prédisposition aux maladies convulsives diminue et disparaît avec l’âge ; mais l'enfant reste encore exposé à un grand aombre de maladies , parmi lesquelles les plus redoutables sont le croup et la petite vérole. La première est surtout à craindre dans les saisons froides et humides, et après des pluies abondantes: elle s’acquiert par les mêmes fautes de régime qui enrhument les adultes. La seconde peut être prévenue et empêchée 099 fois sur 1000 par la vaccine. L’inoculation du raccin peut avoir lieu à tout âge, toujours sans danger : il faut donc se hâter de la faire pratiquer. Là, jout retard est à craindre, toute négligence coupable.
C'est dans l’enfance qu'on voit apparaître le rachitisme et les scrophules. Ces deux états maladifs sont souvent le résultat d’un allaitement de mauvaise mature, de l'administration trop abondante d’alimens lourds et peu nutritifs, du séjour dans des lieux bas, humides, peu éclairés. On les prévient et on les
e par l’usage des contraires. Nous avons déjà parlé de l’alimentati2n ; nous devons recommander
portance qu’il y a à ce que les enfans soient bien cou
d'air, devra être. dressé. dans unéssalle élevée, dont
L XEn D: ait F PAL Te 4 # nv VE va ant OS C T TEE
A RS ÉLÊMENS en outre l’habitation à la campagne dans un air l’exposition à la lumière du soleil, et, à son défa à celle du feu ; l'emploi des frictions sèches, du ma sage; le soin de l’accoutumer petit à petit à étt moins couvert; un exercice approprié aux forces tel que celui qu’on peut faire étendu sur uu tapis al soleil ou devant le feu. Les bains à 15° peuvent auss être employés ; mais ils seraient dangereux si l'enfa a n'était déjà fort et exempt de toute affection vers JE poitrine. Le carreau, autre maladie de la premiè enfance, reconnaît souvent les mêmes causes que ll rachitis ; mais plus souvent il est Le résultat de la mal nière. inconsidérée dont on nourrit les enfans. Of écoute leurs demandes, on ne leur refuse jamaïs cé qu'ils désirent, on leur donne des fruits mu COS0-SU< crés en abondance : de là des indigestions fréquentes et l'irritation chronique du canal intestinal et des glandes du mésentère. Il faut donc se garder de cette habitude de laisser. l'enfant se bourrer, Dot ah dire, de toute espèce d’alimens. | | Avant de terminer ce qui est relatif à cet âge nous ne devons pas oublier de faire remarquer lim:
chés.:Ils doivent être placés dans leur lit de manièr à à recevoir toujours la lumière en face , ou à n’en pas! recevoir du tout : de l'oubli de cette précaution -oni voit résulter souvent le strabisme, regard louche Le lit, d’ailleurs, devra être composé. de préférencél de coussins formés avec du crin’ou de la:balle d’a voine : ils auront l'avantage sur ceux de laine d pouvoir être plus facilement séchés et renouvelés, de moins garder les. miasmes;, les mañvaises odeurs etl lhumidité.; Enfin, le Jit, placé à, l’abri des courants