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DEUXIEME PARTIE DE LA TERRE. ASIE

Position astronomlqne et limiter. — L'Asie est située entre le 78* degré de latitude boréale et le IP degré de latitude australe, et entre le 23" degré de longitude orientale et le 17P degré de longitude occidentale. Elle est baignée au nord, pat l'océan Arctique; à Test par le détroit de Bering, la mer de ce nom, Focéan Pacifique et la mer de Lanchidol; au sud, par l'océan Indien; enfin elle est bornée, à l'ouest par le détroit de Bab-el-Mandeb, la mer Rouge , l'isthme de Suez, la Méditerranée et les limites orientales de l'Europe indiquées ci-dessus (1).

Êtendne et forme. — L'Asie est la plus grande des parties de la terre : elle contient à elle seule plus de la moitié de l'ancien continent et le quadruple de l'Europe, sa surface étant de 449 000 myriamètres carrés. Sa plus grande longueur est, de même que celle de l'Europe, dans le sens de l'ouest à l'est.

Quoique moins entamée par des mers intérieures que l'Europe, la partie continentale de l'Asie se termine de même, au midi, par trois grandes pénlnsnleii $ savoir celle de V Arabie^ de VHindoustan et de VItidochi7ie. Deux autres grandes péninsules forment aussi ses extrémités occidentale et orientale ; ce sont celles à'Ânatolie et à" Okhotsk ou de la Sibérie orientale. Parmi len péninsules moins considérables, nous citerons celles de Kamtschatka^ qui fait partie de celle d'Okhotsk ; celle de Corée^ un peu plus au sud ; celle de Malacca^ qui fait partie de Tlndocbine; celle de Chuzerat^ dans l'Hindoustan ; celle des Samoïèdes^ qui est la terre continentale la plus septentrionale du globe.

Les côtes orientales de FAsie sont bordées par une longue chaîne d'Iles où l'on distingue plusieurs archipels, savoir, en allant du nord au sud :

(1) Lft plopari d«t« géographie! et des cartel fracçaises donnent moins d'extension i TAsie que la délimiUtion indiquée ci-dessns, parce qa*elles rangeot dans TOcéanie la Malaisie, c'est à dire les Iles de la Sonde, les lies Philippines et l'archipel des Moinqnes : mais il m'a paro qae Ia marche des géographes qot continuent à placer ces terres dans l'Asie était plas rationnelle : car, si on les considère sous le rapport de leur position, on remarque qu'elles embrassent, en quelque manlérBy la presqntle de Malacca, qui fait partie du continent asiatique, et, si on les en?isage sous le rapport orof raphique, on ne peut s'empêcher de voir dans Sumatra un prolongement des montagnes de l'Indochine et dans les Philippines, Bornéo, etc., one partie de la grande chaîne on pintdt dm grand système de montagnes formé par le Kamtschatka, les lies Kouriles, les lies do Japon, les tlem Lieoo>Kieou. On pourrait dire, en troisième lieu, que, poar être conséquent dans le principe qui a fkit séparer de l'Asie les trois archipels dont il s'agit, on aurait dû en faire autant de celoi da Japon, qui se trouve absolument dans les mêmes leiations, et qae Ton a cependant laissé avec l'Asie.

1** Les îles Kouriles^ qui forment une ligne de petites îles longues et étroites à la suite de la presqu^ile du Kamtschatka ;

2** Le Japon^ groupe dans lequel se trouvent plusieurs îles considérables, notamment Nifon ou Nipon^ qui a environ 2 800 myriamètres carrés; Teso ou Matsmaï; Kiousiou et Siho^f ou SihoJto ;

3° 17 Archipel Lietm-Kieou^ groupe de petites îles que Ton divise ordinairement en deux parties; les îles Licou-Kieou proprement dites y et les îles Madjiko-sima ;

4* làHle Formose ou Thai- Wan^ qui est beaucoup plus grande ;

5** Les îles Philippines^ grand archipel dans lequel on distingue, entre autres, Fîle Luçon ou Manille^ au nord , qui a près de 1 500 myriamètres carrés de surface ; celle de Mindatiao^ au sudest; celle de Palawan ou Paraguay au sud-ouest. Les petites îles Soulou peuvent aussi être considérées comme une dépendance des Philippines ;

6"* Les îles de la Sonde forment également un archipel très considérable, dans lequel se trouvent, entre autres, Bornéo^ la plus grandes des terres rangées parmi les îles, sa surface étant de près de 8 000 mjrriamètres carrés. On y distingue également les grandes îles de Sumatra et de Jana:

V UArchipel des MoluqueSy dont l'île principale est Célèhes ou Macassar^ d'une surface de plus de 1 400 myriamètres carrés; nous y citerons aussi les îles Gilolo^ Céram^ Timor et Flores^ ainsi que les petites îles de Ternate^ Mahian^ Motis^ BatcMan et Tidor^ qui forment les petites Moluques ou Moluques proprement dites^ renommées dans le commerce pour la production des épices.

Entre cette grande chaîne d'îles et le continent, on peut citer l'île Saghalien ou Tarrahaï^ sur les côtes de la Mandchourie, et Fîle Haînan^ au sud de la Chine.

Nous citerons encore, dans l'océan Lidien, l'île importante de Ceylo/n^ les petits archipels des Maldives^ des Lakedives^ dépendant de l'Hindoustan, d^Andaman et de Nicolar^ dépendant de l'Indochîne; dans la Méditerranée, les îles de Chypre^ de Rhodes^ de Scio^ de Metelin; et enfin dans l'océan Arctique, les îles Liakhof ou archipel de la Nouvelle-Sibérie.

Le relief de l'Asie a beaucoup de rapports avec celui de l'Europe, car cette partie de la terre est également traversée dans le sens de sa longueur par une vaste plaine au midi de laquelle s'élèvent d'immenses contrées montueuses.

La i^rande plaine peut être considérée comme tenant à celle de ITEurope par la mer Caspienne, et converge vers le nord-est, de même que celle d'Europe converge vers le nord-ouest; de sorte que

cet immense ensemble de régions basses forme un arc de cercle dont rOural serait la flèclie; mais la grande plaine d'Asie diffère de celle d'Europe en ce qu'elle al)outit dans toute sa longueur à l'océan Arctique, tandis que l'autre en est séparée au nord-ouest par les montagnes de Scandinavie. Elle en diffère aussi par la quantité de steppes qu'elle renferme. Son altitude qui est, ainsi que nous l'avons déjà dit, inférieure au niveau de l'Océan dans le voisinage des mers Caspienne et d'Aral, se tient assez l)asse dans la partie occidentale, mais se relève dans la partie orientale.

Les montagnes de l'Asie ne sont pas assez connues pour que l'on puisse en faire une bonne classification, ni même pour que l'on puisse les indiquer convenablement. Il paraît que, comme en Europe, les chaînes principales sont dirigées de l'est à l'ouest, tandis que d'autres sont plus ou moins dirigées du nord au sud. Ou peut les considérer comme formant deux massifs distincts d'étendue très inégale : l'un au nord-ouest, l'autre au midi. Le premier, ou système ouralien^ ne se compose pour ainsi dire que d'une grande chaîne de montagnes. Le second, qui comprend plus de la moitié de l'Asie, peut être subdivisé en neuf systèmes, que nous désignerons par les noms de système Tauropersique^ système de riIimalaya^systèmedôKoneutonn^systèmediiThian-Chan, système de VAltaï^ système Japonais ^ système Siamois^ système des Ghattes et système AraUque. Les quatre premiers sont généralement dirigés de l'ouest à l'est, et les quatre derniers du nord au sud, mais les uns et les autres avec des déviations plus ou moins fortes, ainsi qu'on le verra ci-après.

Le syslénie ouralien forme une longue chaîne dirigée du nord au sud, sauf qu'elle fléchit un peu vers l'ouest entre les 67° 30' et 05"*, ainsi qu'au sud du 55" degré. Cette chaîne qui commence au KonstanthirKamen sous G8'' 32' est d'abord assez simple et paraît avoir pour point culminant le Koyidjakofskoi-Kamen sous le 59* degrd dont l'altitude est estimée à 1 800 mètres.

La chaîne s'élargit au sud du 54* degré, où elle se subdivise eu trois chaînons principaux. Celui du milieu, qui conserve dans le commencement le nom particulier d'Owra/, prend ensuite ceux de Kh'kti^ Irendik^ Goherlinsk^ Ourkatch^ et peut être considéré comme se terminant par le plateau d^Oust-Ourt^ entre les mers Caspieuue et d'Aral. Le chaînon occidental est connu sous diverses dénomi* nations, telle que lurma^ Taganaï^ Urenga^ Iremen^ et paraît pousser quelques rameaux de collines daTis la plaine. Le chaînon oriental porte aussi divers noms, tels que ceux à^Ilmen^ de Kara-- Hdir-Tan^ de Mougodjar^ et se perd dans les steppes au nord de la

mer d'Aral. Les pentes de TOural sont souvent assez douces et couvertes de végétation, mais fort pittoresques, et cette chaîne dépasse rarement l'altitude de 1 000 mètres.

Nous désignons par le nom de systéne laaroperslqae, un vaste plateau qui s'étend de la mer Egée à l'Indus, en formant la liaison des montagnes de Slavogrèce avec celles du centre de l'Asie. Ce plateau est très inégal dans sa partie occidentale, mais il est plus uni et moins élevé dans sa partie orientale. Les sommités qui le surmontent forment diverses chaînes particulières qui varient par leur direction, leur élévation et leur étendue. La plus septentrionale est celle du Caucase^ qui s'étend du détroit de Kertch à la presqu'île d'Abschéron, sur la mer Caspienne, et forme la chute du plateau vers la grande plaine d'Europe. Cette ch^e, à laquelle on trouve beaucoup de rapports avec les Pyrénées, est de même dirigée de l'ouest-nord-ouest, à l'est-sud-est, et peut être considérée comme la continuation des montagnes de Crimée. Elle est, en partie, baignée au sud par la mer Noire, et le surplus est soudé au reste du plateau, dont il est Jséparé par le cours du Rioni et celui du Kour. Le Caucase est sillonné par un grand nombre de vallées transversales qui prennent naissance au faîte de la chaîne, lequel présente, en général, une crête dentelée. Son point culminant est VElhrouz^ cime couverte de neiges perpétuelles et de glaciers dont l'altitude est de 5 636 mètres.

Au sud du Caucase règne une seconde chaîne parallèle dont le point culminant est VArarat^ montagne célèbre dans l'histoire, qui atteint l'altitude de 5 219 mètres. Cette chaîne se prolonge le long des côtes méridionales de la mer Caspienne où elle est dominée par le Demazaid^ haut de 6 471 mètres.

On peut encore voir une troisième chaîne parallèle dans les monr tagnes de Zagros ou du Louristan qui forment la chute du plateau vers les plaines de la Chaldée et le golfe Persique.

Ces chaînes se soudent à l'ouest avec le plateau de VAnatolie dirigé de l'est à l'ouest et dont la partie méridionale, qui se lie au système arabique, porte plus particulièrement le nom de chaîne de Taurus et atteint au Sogoul-Dagh l'altitude de 4 700 mètres.

A l'est, la chute du plateau, vers les plaines où coule l'Indus, forme une chaîne dirigée du sud au nord, que l'on désigne quelquefois par le nom collectif de montagnes des Brahouis, La partie méridionale, nommée monts de Hala^ ne paraît pas très haute, mais la partie septentrionale, ou monts Solimuns^ devient très élevée et se lie au Paropamisus ou Hindoulho (1) qui atteint l'altitudf â[t

(1) Le Faroptmisns èUU ansii nommé Caucase indien par les aocieiii,cl let^odoroef /c4 nicu Di QfcoLooti . 4

6 166 mètres et forme la chute du plateau Tauropersique vers les plaines du Turkestan ou, en d'autres termes, le prolongement de la chaîne du Demavend.

Les plaines où coulent Tlndus au midi et TOxus au nord font éprouver une espèce d'étranglement au grand massif mon tueux, qui se développe ensuite en forme d'éventail, de manière à recouvrir une grande portion de l'est de l'Asie. Cette partie du massif a été divisée par Alexandre de Humboldt en quatre systèmes distingués par les noms d'Himalaya, de Kouenloun, de Thian-Chan et d'Altaï (2).

Le syptème de mimaUya, le plus méridional du massif, se dirige d'abord du nord-ouest au sud-est, fléchit ensuite vers Test et peut être considéré comme se prolongeant jusqu'à la mer de la Chine. La partie entre l'Indus et le Brahmapoutre ou Himalaya proprement dit comprend le mont Everest ou Gaurisankar^ haut de 8 840 mètres, que nous avons déjà cité comme le point le plus élevé du globe, et elle est séparée de la plaine de l'Hindoustan par une chaîne intermédiaire connue sous le nom de monts Sivaliks dont l'altitude excède rarement 1 000 mètres.

Le sysléme do Koaenloan qui se dirige de l'ouest à l'est, comme le Paropamisus dont il est le prolongement, forme à son origine la chute du plateau du Tibet vers la grande dépression où coule le Tarim, de même que l'Himalaya forme la chute de ce plateau vers la plaine de l'Hindoustan. Ce système se prolonge jusqu'à la mer de Corée en prenant divers noms tels que Mous-Dagh^ A-NeovrTa^ Bossa- Doungram-Oola^ BaH-Kara-Oola ^ Nan-Chan. Ces dernières chaînes paraissent former un groupe très élevé d'où sort le Hoang-ho et qui se lie avec le système de l'Himalaya par la chaîne du You7ig4ing dirigé du nord au sud.

Le système du Thian-Chan commence dans la plaine du Turkestan par une petite chaîne nommée Asferah-Dagh qui se relie au Kouenloun par une chaîne méridienne nommée Bolor ou Belour- Bach. Vient ensuite le Thian-Chan proprement dit ou montagnes Célestes j aussi nommé Tingri-Bagh et Kilian-Chan dont le point

dODoeat commnDément le nom d'f/indou-Khoush, mais Alex, de Humboldl {Asie centrale, II, iSl), croit que le nom d^Hindmi-Kho est préférable. Cet illustre savant rangeait le Paropamisns dans le système dn Kouenloun, mais il me paraît plus convenable d*y voir ooe dépeDdance du système tanropersiqoe.

(2) Lekarakorum, chaîne de montagne qui borde au nord la grande vallée longitudinale oà coule le haut Indu«, est con«idéré par M. R. de Schiagintweit {Géograp., mith. V07i Petermann 1865) comme ayant une importance égale à THimalaya et an Kouenloun entre lesquels il se trouve ; mais le savant voyageur n'ayant, i ma connaissance, donné aucun détail sur le prolongement dn karakornm an delà du Tibet occidental, je crois devoir continuer à m'en tenir à la elas- •ificaiion de Humboldi.

culminant paraît être le Bogdo-Oola ou montagne Sainte, La chaîne s'abaisse vers le 95* degré de longitude et se confond avec un grand plateau désert, nommé Gohi ou Chamo^ qui parait s'étendre, au sud, jusqu'au prolongement du Kouenloun, et au nord jusqu'au système de l'Altaï. Le système du Thian-Chan se relève à l'est du Gobi, où il forme notamment la chaîne nommée In^Chan ou GadeAar, qui se lie aussi avec les systèmes du Kouenloun et de l'Altaï, par deux chaînes transversales nommées le Thai-IIan-Chan, au sud, et le Khin-Gan-Petcha^ au nord.

Nous entendons par système de rAltaî l'ensemble de montagnes qui s'étendent le long des grandes plaines de la Sibérie. Ce système commence à se manifester vers le 30* degré de latitude et le 64* de longitude, par des collines ou petites montagnes qui s'élèvent dans la steppe des Kïrghîz et qui portent des noms tels que Oulou- Tau^ Ildigis^ Kent^ Tchengis-Tau^ Arkat^ etc. \j^ Altaï proprement iit^ aussi nommé mont d'Or et improprement petit Altaï ^ forme un massif important dont le point culminant paraît être le mont BUlouhha^ haut de 3 350 mètres, situé près des sources de la Katounia, l'un des affluents de l'Obi. Il se détache de ce massif une chaîne nommée Kousnetsk^ qui s'avance vers le nord pour se perdre dans la plaine, et trois autres chaînes à peu près parallèles qui se dirigent de l'ouest à l'est; ce sont le Sayan^ le Tangnou et VOulangom. La série des montagnes prend ensuite, à l'est de la Selinga, une direction qui est en général plus septentrionale, c'est à dire à peu près du sud-ouest au nord-est, mais qui présente beaucoup de variations dans les détails. Ces montagnes se subdivisent en un grand nombre de chaînes ou de chaînons qui forment quelquefois plusieurs rangs parallèles, parmi lesquels nous citerons le Kentei^ les montagnes d^O^ion, le Jablonoi-Khrebet, le Stanovoi-Khrelet^ le VUouisU Khrebet^ la chaîne d'OudsAoi^ celle de VAldan^ celle à^Omekonsh^ celle d'Ouroul-gansh et les monts de TcAoukotsL qui se terminent au cap oriental, extrémité orientale du continent asiatique.

Nous désignons, par le nom de système Japonais, une série de montagnes plus ou moins interrompues, qui se rattachent aux monts de Tchoukotsk et se prolongent, du nord au sud, au travers des terres que nous avons déjà indiquées sous les noms de presqu'île de Kamtschatka^ îles Kouriles^ archipel du Japon^ îles Lieou- Kieou^ île Formose^ archipel des Philippines^ île de Bornéo et archipel des Moluques. Cette série atteint l'altitude de 4 884 mètres au jnc de Klintchevsk, dans le Kamtschatka ; elle ne paraît pas dépasser 1 000 mètres dans les Kouriles; elle se relève dans le Japon, dont plusieurs montagnes sont couvertes de neiges perpétuelles. Le

ISS GÉOGRAPHIE.

moiit Maliaie^ dans Tîle Luçon, paraît atteindre 6 000 mètres d'altitude, le mont de Cristal^ dans l'île de Bornéo, 2 500, et le pic de Ceram^ dans les Moluques, 2 600.

Far le nom de sysléaie Siamois, nous désignons les montagfus qui couvrent la presqu'île d^IndocMne^ l'île de Sumatra et quelques îles voisines. Ces montagnes partent, comme des rameaux transversaux, du système de l'Himalaya, et paraissent former cinq chaînes dirigées d'abord assez régulièrement du nord au sud, mais qui, ensuite fléchissent vers l'est. La plus occidentale de ces chaînes, entre le Brahmapoutre et Flrawaddi, peut être considérée comme se prolongeant dans les îles Nicohar et dans celle de Sumatra^ où se trouve le sommet que l'on croit être le point culminant du système, savoir : le Goumong-Kosumbra^ haut de 4 674 mètres. On pourrait peut-être rapporter à cette chaîne les îles de Jattty de Sumbava^ de Flores ^ etc., qui viennent à la suite de Sumatra, mais qui se dirigent de l'ouest à l'est. Elles sont aussi très montueuses, et le Siiyiourou^ dans l'île de Java, paraît approcher de 4 000 mètres d'altitude.

Sysléaie den Giiattes. — La péninsule de l'Hindoustan est, comme celle de l'Indochine, couverte de montagnes, mais qui, au lieu de se rattacher au système de l'Himalaya, en sont séparées par une plaine ou grande vallée qui s'étend de l'Indus au golfe de Bengale, On distingue, dans ce massif, la chaîne des Ghattes occidentales^ nommée dans le pays Syhadree^ qui longe la côte occidentale de la péninsule, et qui paraît atteindre, au sud du Tapty, l'altitude d'environ 3 000 mètres. La côte orientale présente aussi des montagnes que l'on appelle GJiattes orientales^ mais qui atteignent tout au plus

1 000 mètres, et dont la contiguïté est souvent interrompue par de IJetites plaines ou de larges vallées. L'espace entre ces deux chaînes présente des plateaux sur lesquels s'élèvent des montagnes plus ou moins hautes. On y distingue, entre autres, les monts Nilgherries ^ dans la partie méridionale, qui atteignent l'altitude de

2 133 mètres. Au nord , la chute de ces plateaux vers la plaine porte principalement le nom de inonts Vindhiah^ et paraît ne pas dépasser 1 500 mètres. L'île de Ceylan^ qui est une dépendance de ce système, est dominée par le pic éCAdam^ qui s'élève à près de 1 000 mètres d'altitude.

Le flyslème arabique, tel que nous l'entendons, se compose de montagnes qui partent de la chaîne du Taurus, en prenant d'abord une direction du nord au sud, pour former, le long des côtes de Syrie, la cMîne du Lïban^ que Ton dit atteindre une altitude de plus de 4 500 mètres. Cette chaîne, arrivée au montSinaî^ au nord

. ASIE, sa

de la mer Bouge, dont le point culminant a 2 746 mètres, fléchit UD peu vers l'est en formant une côte escarpée le long de la mer Rouge, et se développe dans la prcRqu'île i' Arabie^ qui est un plateau fort peu connu où Ton a indiqué une chaîne de montagnes dirigées de l'ouest à l'est, comme traversant le Nedged^ c'est à dire au milieu de la péninsule.

Quoiqu'il y ait plusieurs portions de l'Asie dépourvues de cours d^eao, cette partie de la terre renferme beaucoup de grands fleuves : les uns, comme l'Oii, Vlenissei^ la Zena^ Vlndighirka^ la Kolima^ coulent du sud au nord dans l'océan Arctique; d'autres, comme VAiiaiyr^ V Amour ou Saghalien^ le Iloangho ou Jleuve Jaune^ MYang- Ue-Kiang^ la rivière de Canton^ coulent de l'ouest à l'est, et se jettent dans les dépendances de l'océan Pacifique, ainsi que le May-Kang et le Ménam^ qui coulent du nord au sud. L'océan Indien reçoit le Salouen^ Vlrawaddy^ le Brahmapoutre^ le Gange^ le Mehenedi^ le Godaveri^ la Krichna^ le Caveri^ la Nerledah^ le Tapty^ V Indus ou Sindy le Shat-el-Aràb. La mer Noire reçoit le Kisil" Irmak.

Parmi les affluents de ces fleuves, nous citerons VIrtiche pour l'Oby, la Selinga^ les Angara sup&ieure et inf Meure ^ les Toungouska supérieure^ moyenne et inférieure pour Tlenissei, le Viloui^ le Tettim^ VOlehna^ VAldan pour la Lena, le Soongari^ pour lo Saghalien ; la Djevimah^ la Gogra^ la Cone^ le Kosi^ la Tislach pour le Gange ; le Setledge pour l'Indus; le Tigre et VEuphrate pour le Shat-el-Arab, etc.

Outre ces cours d'eau qui se rendent dans l'océan, il y a en Asie un grand nombre de bassins hydrographiques renfermés dans l'intérieur des terres. Parmi les principaux cours d'eau de ces bassins nous citerons VOxus ou Amou ou Djihoun^ Ylaxarte ou sir Daria ou Si'Houn^ Vlli^ le Tarim ou Yarhand dans le Turkestan; le Cyrus ou Kour et le Tercl dans la Caucasie. Ces fleuves se rendent dans des laes sans débouchés dont deux sont tellement étenduf^ qu'on leur donne le nom de mer : ce sont la m^r Caspienne et la mer éCAral^ vers les limites de l'Europe. Nous citerons aussi les lacs Balkachij Issigoul^ Loh-noor^ Khouhounoor ou lac hlcu^ Ti^igj'inoor ou Terkiri^ Palte ou Janghroh^ Namur^ioor^ Zereh ou Hamun dans le centre de l'Asie, les lacs de Van^ d'^Ormiah, de Sehanga à l'ouest de la mer Caspienne. Quelques-uns de ces lacs sont à un niveau inférieur à celui de l'océan : telle est la mer Casiûenne et surtout le lac Asphaltite ou mer Morte en Palestine, qui est à 390 mètres en dessous du niveau de la Méditerranée. D'autres au contraire ont une altitude considérable : tels sont ceux de Van et

d'Ormiah. Parmi les lacs qui versent leurs eaux dans l'océan, le plus important est le lac Batkal en Sibérie, nous citerons aussi le Ton-thing et le Ployang en Chine et le lac Dzaisang qui est traversé par rirtiche.

L'Asie peut être partagée en trois grandes divisions s l'une au nord, l'autre au milieu et la troisième au midi.

UAsie septentrionale est ordinairement considérée comme ne formant qu'une immense région connue sous le nom de Sibérie.

Nous divisons VAsie médiane en onze régions , que nous désignons par les noms dHles Kouriles^ de Japori^ de Corée^ de Mandchourie, de Chine, de Tibet, de Mongolie, de Turkestan, de Perse, de Chaldannénie, de Caucasie et d'Anatolie ou Asie Mineure (1).

Enfin VAsie méridionale se subdivise en quatre régions, savoir : VArabie, YHindoustan, VIndochine et la Malaisie.

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