‹ Précis élémentaire de géologieChapitre 36 sur 107 · I -our tracer des lignes sur des étoffes. D'autres servent à · texte numérisé non relu

I -our tracer des lignes sur des étoffes. D'autres servent à

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128 MINERALOGIE*

nemeiit des collections de minéralogie, et que quelques variétt's sont employées sous divers noms dans la bijouterie; telles sont : la pierre du soleil^ qui est aventurinée; la pierre de lune^ qui est chatoyante; Vadulaire^ qui est limpide est nacrée; la pierre des ama- ^ones^ qui est verte, etc.

On donne le nom de micas à une série de minéraux dont la composition est très variée. Parmi les corps qui s'y trouvent associés avec le silicate d'alumine, les plus constants sont la potasse et la magnésie qui donnent lieu à l'établissement de deux espèces, caractérisées aussi par leurs propriétés optiques; les micas à potable ayant deux axes bien distincts et ceux à magnésie paraissant n'eu avoir qu'un, d'où l'on avait cru à l'existence de deux systèmes cristallins différents; mais, d'après les dernières observations d« Sénarmont, ces substances appartiendraient également au système du prisme rhomboïdal droit et la différence serait due à l'influence de la nature du minéral sur l'écart des rayons, lequej serait très sensible chez le mica à potasse et presque nul dans celui à magnésie. Quant aux autres corps que Ton rencontre aussi dans les micas, tels que la lithine, les oxydes de fer et de manganèse, la chaux, l'eau, le fluor, l'acide phosphorique, les uns sont considérés comme s'y trouvant par voie de substitution et le rôle des autres n'est pas encore bien connu. Du reste les analyses des micas donnent des résultats si variables et les cristaux sont si imparfaits, que l'on est loin d'être d'accord sur la manière dont on doit envisager les nombreuses modifications auxquelles les auteurs ont donné des dénominations particulières, mais nous considérons les noms de moscovite et de hiotite comme représentant respectivement les types des micas potassique et magnésien.

Les micas sont remarquables par la facilité avec laquelle ils se clivent en lames très minces. Celui qui est en grande lames et transparent est employé sous le nom de verre de Moscovie pour remplacer le verre à vitre. Sa ténacité, qui l'emporte sur celle du verre, le rend très propre à servir aux choses qui sont sujettes à se briser, telles que les fenêtres de vaisseaux de guerre, les lanternes, les petites images destinées à être maniées, d'où on l'a appelé Glacies Mariœ; mais il est sujet à se ternir et à se rayer lorsqu'on le frotte. Les micas pulvérulents ou en lamelles très petites sont employés sous le nom de poudre d'or et de poudre d'argent pour sécher l'écriture.

Les micas sont très abondants dans la nature et ils entrent dans la composition d'un grand nombre de roches, ainsi qu'on le verra dans le chapitre suivant.

Les pyroxénefl sont des substances très abondantes qui présentent beaucoup de variations et qui entrent dans la composition d'un grand nombre de roches.

Les amphiboles sont très répandues, ainsi que nous le verrons en parlant des roches, et, de même que les pyroxènes, elles se présentent souvent à l'état cristallin; une variété compacte, nommée néphrite ou céraunite^ est travaillée à la Chine et dans l'Océanie, pour faire des haches, des poignées de sabre et d'autres ornements. Une variété fibreuse, nonamèe amiante^ forme des fibres si déliées et si flexibles, qu'elles ressemblent à du coton et qu'elles se laissent filer et tisser.

Le péridot {chrysoUte des volcans^ oïivin) est queJ^uefois employé dans la joaillerie lorsqu'il est transparent, mais c'est une pierre peu estimée.

Les hydrofiilicates magnésiqaes sont très répandus dans la pâture, ainsi qu'on le verra à l'article des roches. Quelques variétés de talc sont employées par les tailleurs sous les noms de craie de Briançon pour tracer des lignes sur des étoffes. D'autres servent à adoucir le frottement des machines en bois, à faciliter l'entrée dans les chaussures et dans les gants de peau, à dégraisser les étoffes, etc. Des variétés de chlorites appelées terre de Vérone^ baldogée^ terre verte sont employées en peinture (1).

Les hydroslllcates «lomioeiix simples n'ont pas encore été trouvés à l'état cristallin. Ils sont solubles en gelée dans les acides, et lorsqu'on les extrait de leurs gîtes, ils sont généralement tendres, opaques ou translucides, imprégnés d'eau hygrométrique et se laissant facilement entamer par le couteau, mais ils se fendillent et deviennent cassants par le dessèchement.

La grande tribu des zéolltes est remarquable par sa tendance à présenter de beaux cristaux, qui toutefois n'ont d'autre usage que de contribuer à l'ornement des collections de minéralogie. Ces minéraux ont des caractères qui s'appliquent, à très peu d'exceptions près, à toute la tribu : tels sont ceux d'être solubles en gelée dans les acides, d'être facilement fusibles au chalumeau, d'être peu durs, d'avoir un éclat vitreux ou nacré et d'être limpides ou de cooleor blanche.

Les autres silicates alumineux doubles ne présententplus debeaux cristaux vitreux, mais ils prennent communément la texture lami-

(I) Je laliM dans la iribo des chlorites des tnbsUnces qui i la rignear devraient en ^Ire retirées atlenda qu'elles oe cootieooeDt pas de magnésie ; mais, ooire qn*elles ont les caractères eitériean des chlorites, on peut considérer cette'absence de la magnésie comme une circonstance accidentelle rénltant de la facilité avec laquelle cette terre est sabstitnée par Tozyde ferreux.

nftcis DE efcoLocii. 9

130 MINERALOGIE.

naire, et quelquefois les textures radiée , fibreuse ou compacte. Nous les désignons par le nom de plnltlens tiré de Pime de ces espèces qui a déjà servi à caractériser une division. Celui de ces minéraux nommé paçodite ou pierre de lard est employé en Chine à faire de petites figures que Ton connaît en Europe sous le nom de magots; sa texture est compacte et son éclat gras.

Le rôle que jouent le fluor, le chlore, le soufre et le bore dans les dernlerfi genres de sllieides n^est pas bien déterminé pour tous ces minéraux, qui présentent une composition anomale par rapport aux autres espèces de cette famille.

La topaie est une pierre qui raye le quartz et cristallise en prismes rhomboïdaux de 124"* 20'. Elle est employée dans la joaillerie, mais on n'y estime que les variétés naturellement d'un jaune pur ou orangé ou d'un rouge d'hyacinthe. On appelle topaze brûlée des variétés jaunes ou roussâtres que Ton fait devenir rosaires par l'action du feu.

La iaiolfte, aussi nommée lapis lazuli et outremer^ est fusible en verre blanc et soluble dans les acides en perdant sa couleur qui est d'un beau bleu d'azur. On l'emploie pour faire des objets d'ornements et pour en tirer une couleur remarquable par sa beauté et sa solidité ; aussi cette substance est-elle toujours d'un prix assez élevé.

La toormalioe est une substance qui cristallise en prisme allongé dérivé d'un rhomboèdre de 130** 56'. Elle est souvent opaque et de couleur noire. Les variétés rouges et transparentes sont très recherchées pour la joaillerie, qui emploie aussi les variétés vertes et bleues sous les noms impropres S!émeraude du Brésil et de saphir du Brésil, La tourmaline est remarquable par la manière dont elle acquiert la polarité électrique par la chaleur.

2^ Famille, — Borldes.

Substances qui , réduites en poudre et humectées d'acide sulfurique, donnent à l'alcool la propriété de brûler avec une flanune verte.

i" Genre. Borides hydratés 6 t Sassolioe.

s. - - bor.lo hydr,t^ j » * Borax.^^

3« — — borato chlorurés 1 t Boracile.

On vient de voir qu'il y avait dans la famille des silicides quelques minéraux contenant aussi de l'acide boracique.

La MMsoIlBe se dégage à l'état de gaz qui se dissout dans l'eau de petits lacs nommés lagoni on Toscane, où on la recueille pour la combiner avec de la soude, ce qui donne du borax, substance très utile dans les arts , les orfèvres et les bijoutiers s'en servant pour préserver les soudures de l'oxydation et faciliter leur fusion clans la réunion des diverses pièces. Il entre aussi dans la composi • tien de certains verres blancs. Il sert de fondant aux couleurs que l'on applique sur la porcelaine ; il contribue à la fusion de plusieurs minerais et il est extrêmement utile aux minéralogistes pour leurs essais par la voie sèche.

On reçoit aussi de l'Asie du borax que l'on recueille également dans des lacs.

3* Famille. — ffluorlde».

Substances qui, chauffées dans un tube fermé, soit avec du bisulfate potassique, soit avec de l'acide sulfurique concentré, dégagent un gaz incolore qui ternit le verre.

1" Genre, Flaorides alumineux 3 t Flaélite.

i" >- — alumino-soaiques 2 t Gryolite.

3» — — calciques If Flaorine.

Le fluor se trouve aussi dans quelques autres minéraux que nous rangeons dans les familles des phosphorides, des silicides et des cérides. La fluorine figure parmi les roches.

4^ Famille. — lodldes.

Substances donnant des vapeurs violâtres par l'action de l'acide sulfurique et de la chaleur ou une matière qui procure une couleur bleue à l'eau contenant de l'amidon en suspension.

Nous avons déjà indiqué l'existence d'iodures d'argent et de mercure. On dit qu'il existe aussi de l'iodure de zinc dans les calamines de Silésio. L'iodure sodique existe en petite quantité dans l'eau de mer et dans quelques eaux minérales qui lui doivent leurs propriétés pour guérir les goitres et les maladies scrofuleuses.

5^ Famille, — Bromldes.

Substances qui, chauffées dans un tube fermé avec du bisulfate potassique, donnent des vapeurs rougeâtres, et dont la solution prend une couleur jaune rougeâtre par l'action du chlore gazeux.

132 MINERALOGIE. ' ^

Le brome est un corps encore plus rare que l'iode. Il se trouve à l'état de bromure d'argent, ainsi qu'on l'a vu à la famille des ai'gentides. Il en existe aussi dans les calamines de la Silésie, ainsi que dans les eaux de la mer et dans quelques eaux minérales, mais toujours en très petite quantité.

6* Famille, — Chlorldes.

Substances dégageant du chlore par l'action de l'acide suif uriqtie sur leur mélange avec l'oxyde manganique; donnant, lorsqu'on les fond avec le phosphate ammonico-sodique, préalablement fondu avec de l'oxyde de cuivre, une belle couleur bleue tirant sur le violet à la flamme qui enveloppe le globule que Ton obtient.

!•' Genre. Chlorides hydriques Acide chlorhydrique.

9* — — ammoniques 1 t Salmiac.

3* — — sodiques If Selmarin.

i« — — potassiques If Syivine.

5« — — polasso-magnésiques .... Caroallite.

6* — — calcio-magnésiques Tacbydrite.

Le chlore entre encore dans la composition d'autres minéraux que nous avons indiqués dans les familles des argentides, des mercurides, des cuprides, des plombides, des ferrides et des silicides.

L'acide chlorhydriqoe ne se trouve dans la nature qu'à l'état gazeux ou combiné avec d'autres substances ; celui dont on fait usage dans les laboratoires et dans les arts est extrait de ces combinaisons.

Le Milmiao {sel ammoniac^ sel de Tartarie) est employé dans les arts pour décaper les métaux, ainsi que pour la préparation de l'eau régale servant en teinture pour dissoudre l'étain. On s'en sert également pour la préparation de l'ammoniaque et du carbonate ammonique. Le commerce l'apporte du centre de l'Asie et on le fabrique artificiellement.

Nous parlerons du selmarin au chapitre des roches.

T Famille, — Phosphorldes.

Substances donnant par la fusion avec le carbonate sodique un sel soluble dans l'eau, dont la solution, préalablement dépouillée d'acide carbonique, précipite en blanc par le nitrate plombique et en jaune par le nitrate argentique.

^^ ..... . ( ytriques . . 3 i Xénolime.

î» Genre. Pbofphondes phosphates . . { . ( 3 t Ambitffoaite.

( alominiques. } ? Klaprolhito.

phosphato-hydratés phosphato- fluorures

Klaprothite.

? Turquoise.

? Galaite.

i t Wavélite.

i i Apatite.

agnérite.

( ♦ fr Ap I 5 t Ws

Le phosphore, toujours à Tétat de phosphate, entre encore, comme élément essentiel, dans plusieurs autres minéraux que nous avons indiqués dans les tableaux des cuprides, des uranides, des plombides, des ferrides, des manganides et des cérides. Il se trouve aussi dans quelques autres substances, notamment dans les arséniates; mais il parait que Tacide phosphorique y est accidentellement et comme substitué à l'acide arsénique, combinaison de même formule et isomorphe.

La turquoise est un minéral peu connu, de couleur bleue, que l'on emploie en joaillerie sous le nom de turquoise de vieille roche j pour la distinguer de la turquoise dite de nouvelle roche qui provient de dents de mammifères colorées par des sels de cuivre.

L^apatlte ou phosphorite est une substance assez commune qui présente un grand nombre de modifications et dont quelques variétés bleuâtres ou d'un bleu verdâtre sont employées en joaillerie; les variétés, à texture grossière, sont recherchées par les cultivateurs pour l'amendement des terres ; il y a de ces variétés qui sont phosphorescentes par la chaleur.

S" Famille. — Snltarlde».

Substances dégageant des vapeurs d'acide sulfureux soit immédiatement, soit par la combinaison, soit par l'action de la poussière de charbon aidée de la chaleur, ou bien donnant de l'acide sulfhydrique lorsque, après les avoir traitées par le carbonate potassique et la poussière de charbon, on fait agir de l'acide nitrique sur le résidu.

l"' Genre. Snlfurides ciimples.

Sf — -

hydriques , oxydés .

hydratés

— sulfatés

potassiques, sodiques. .

strontiques.

barytiquef .

calcio-sodiques calciques . .

3 1 Soufre.

Acide sulfhydrique.

— sulfureux.

— sulfurlque.

3 f Aphtalosc.

3 t Thénardite.

3 t Célestine.

3 t Barytine.

5 t Glaubérite.

3 t Karsténite.

MINERALOGIE.

/ calciqaes ....

6« Genre. Sulfurides sulfato- ) «luminiques . . . <

hydratés \

1 magnésiqups . . .

1 Bodiques ....

5 t Gypse.

t ? Webstéritc.

. ? Alunogène.

1 i t Alunite.

( potassiqoe.

1 t Alun ] sodique.

( ainmoDique 3 t Epsomite.

5 t Exanthalose.

\ aniiiioniques . . .

1 t Mascagnine.

Le soufre à Tétat de sulfure , de sulfosels et de sulfate, entre encore dans la composition d^un grand nombre d'autres minéraux que nous avons indiqués dans les tableaux des argentides, des mercurides, des cuprides, des uranides, des bismuthides, des stannides, des plombides, des zincides, des nickélides, des oobaltides, des ferrides, des manganides, des antimonides, des molybdides, des arsénides et des silicides.

Le aoafre à Tétat simple se trouve principalement dans les filous cristallins, mais une grande partie du soufre que l'on emploie dans les arts est obtenu par la décomposition des sulfures métalliques.

L'adde salfhydrlqae est un gaz extrêmement délétère ; il s'en dégage dans les phénomènes volcaniques, dans les tremblements de terre et dans les lieux où il y a des matières organiques en décomposition.

L'aoide snlfareax est aussi un gaz qui se dégage de Tintérieur de la terre dans les contrées volcaniques.

L'acide snlfariqae ne devrait peut-être pas figurer dans la série des minéraux, car on ne le rencontre que mêlé avec de l'eau dans cei-taines contrées volcaniques.

L'aloB ne se trouve naturellement qu'à l'état d'efflorescences ou d'enduit sur les roches qui en contiennent les éléments. Celui que l'on emploie dans les arts est préparé artificiellement.

Nous parlerons des autres sulfates les plus importants au chapitre suivant.

9* Famille. — mtrideu.

f» Gmre. Nitridcs simples Nitrogène

î» — — oxydés ? Air.

i potassiques 3 t Salpêtre, sodiques • . if Nitratine.

calciques i + ISitrocalcite.

Quoique le nitrogène soit un corps très répandu dans la nature, il n'entre dans la composition que d'un très petit nombre de com-

binaisons naturelleB, et il n^ a à ajouter aux cinq espèces ci-dessus que la mascagnine et l'alun ammonique dans lesquels le nitrogène entre comme élément de Tammoniaque.

Le Bitrogéne ou azote, considéré comme pur, est très rare ; c'est on gaz incolore qui n'entretient ni la combustion ni la respiration et qui s'échappe de fentes qui se trouvent dans les terrains Tolcaniques.

L'air ou azote o(cyg{%%fère est aussi un gaz permanent dont la composition normale paraît être de 0.78 de nitrogène et de 0.22 d'oxygène. On considère souvent ces deux corps comme étant plutôt à l'état de mélange qu'à celui de combinaison ; mais la manière dont ils se maintiennent, ou plutôt dont ils se rétablissent dans les proportions ci-dessus, dans les lieux oii une partie de l'oxygène est continuellement absorbée par la combustion et la respiration, annonce que ces proportions sont le résultat d'une loi qui a beaucoup de rapport avec celle des combinaisons. L'air contient presque toujours aussi un peu de vapeur et d'acide carbonique, mais dans des quantités qui varient selon les lieux et les circonstances, et que l'on évalue moyennement à un centième pour la première et à un millième pour le second. On sait que l'air a la propriété d'entretenir la combustion et la respiration, mais seulement dans la proportion de l'oxygène qu'il renferme, ces propriétés cessant après l'absorption de ce principe.

Les nitrate* sont des sels solubles dans l'eau, sapides, fusant sur le charbon; le plus commun est le salpêtre^ qui effleurit à la sur- Dace des murailles et des roches imprégnées de matières animales, principalement dans les étables, les écuries, les caves et autres lieux habités humides. On le recueille par le lavage pour fabriquer la poudre et pour en extraire de Facide nitrique. On l'emploie aussi en médecine comme diurétique.

10* Famille. — Hydrldes.

1" Genre. Uydrites simples Hydrogène.

1 douce, salée.

miDérale.

L'hydrogène est, comme le nitrogène, un corps très répandu dans la nature et qui, do même, ne se combine qu'avec un très petit nombre d'autres corps, mais dont la combinaison avec l'oxygène, c'est à dire l'eau, entre, ainsi qu'on a vu par les tableaux précédents, dans la composition d'un grand nombre de minéraux.

L^hydrogène ou air viflamyndble est un gaz très léger et éminemment inflammable, qui ne devrait peut-être pas figurer dans cett^ série, car il n'est pas certain qu'il se rencontre naturellement pur, étant presque toujours mélangé de carbure d'hydrogène et se confondant ainsi avec le grisou, dont il sera parlé ci-après.

L'eaa est, au contraire, une des combinaisons les plus abondantes de la nature et se présente sous les états liquide, solide et gazeux ; dans ce dernier cas, on lui donne le nom de tapeur^ tandis que l'eau solide est appelée glace ou ncige^ selon sa textui'e. L'eau considérée dons son état normal est composée de 0.889 d'oxygène et de 0.111 d'hydrogène; mais elle est ordinairement mélangée de matières étrangères. La vapeur, la neige et la glace sont plus pures, parce que les matières étrangères se séparent de l'eau lorsqu'elle se vaporise ou se solidifie. La congélation de l'eau a lieu à quelques degrés au dessous du zéro du thermomètre, et sa liquéfaction n'a lieu qu'au dessus de ce zéro. Quand la congélation est complète, la glace présente une masse compacte; mais quand elle commence, la glace forme des prismes hexaèdres qui paraissent dérivés d'un rhomboèdre. On peut diviser les eaux en trois modifications principales, que l'on désigne par les dénominations fort impropres d'^rtw douce^ S!eau salée et d'eau minérale,

L'ean doace n'a ni les saveurs salée, amère, alcaline, métallique ou acide, ni l'odeur hépatique qui caractérise les autres eaux. On peut y distinguer Veau de pluie^ Veau de neige^ Veau de fontahie^ Veau de puits ^ Veau de 7'inêre^ Veau de marais. Les deux premières sont les plus pures et ne contiennent ordinairement d'autres principes étrangers que de l'air, h^eau defoyitaine ^iVeamU puits tiennent presque toujours en dissolution quelques matières étrangères, notamment de l'acide carbonique et du carbonate calcique, dans des proportions qui varient selon les lieux et la nature du sol. Ces principes se retrouvent aussi, mais en plus petite quantité, dans Veau de rivière^ qui contient ordinairement en suspension des matières terreuses qui troublent sa limpidité. Quant à Veau de marais^ elle est ordinairement chargée de débris de matières organiques qui lui donnent une teinte noirâtre, quelquefois rougeâtre.

L'ean baIm doit son nom à la saveur que lui communique le chlorure sodique ou selmarin qui s'y trouve en dissolution. On peut y distinguer Veau de mer et Veau des sources salées,

JJeau de mer contient, outre le chlorure sodique, des chlorm^es calcique et magnésique, du sulfate calcique, ainsi que de très petites quantités de bromures et d'iodures sodiques et magnésiques. On y a aussi reconnu de l'acide carbonique, du carbonate calcique,

TABLEAU DES BlINÉRAUX. 137

du sulfate potassique, etc. , elle a une saveur amère que Ton attribue au chlorure magnésique, et sur les côtes elle a une odeur désagréable qui vient probablement des débris de matières organiques qu'elle contient. La salure de l'eau de mer varie selon les localités, elle est plus considérable dans la pleine mer que dans les golfes ou dans les mers intérieures qui reçoivent des cours d'eau douce, aussi sa densité varie de 1.0285 à 1.0006.

Veau des sources salées a beaucoup de rapports avec l'eau de mer, mais elle a une composition beaucoup plus variée, chaque source présentant pour ainsi dire des difiFérences sous le rapport de la quantité et sous celui de la nature des matières qui sont dissoutes dans l'eau. Il y a de ces eaux qui contiennent jusqu'à vingt centièmes de leur poids en sels, mais on considère encore conmie sources salées des eaux qui n'en contiennent que deux centièmes et on en extrait du sel.

Les eaux des lacs sans débouchés sont ordinairement salées, tandis que celles des lacs qui ont un écoulement sont en général des eaux douces, ainsi que celles des rivières.

Les eau mlMrales, que l'on a proposé d'appeler eatuii médicinaleSy parce que l'on en fait usage en médecine, se distinguent des eaux douces, parce qu'elles ont une saveur et une odeur plus prononcée, et des eaux salées, parce que ce n'est pas au chlorure sodique qu'elles doivent leur saveur principale. On y distingue trois groupes que l'on désigne par les dénominations d'*eaux salines^ acidulés et sulfureuses. On les divise aussi en eaua froides et en eaux chaudes ou thermales^ selon que leur température est analogue ou supérieure à celle des sources ordinaires.

Les eaux salines ne diffèrent pour ainsi dire des sources salées que parce que le chlorure sodique n'y a pas la même prédominance sur les autres sels.

Les eaux addules doivent leur dénomination à un excès d'acide carbonique qui souvent leur communique une saveur agréable; mais elles contiennent en outre la plupart des sels que l'on trouve dans les eaux salines. Beaucoup d'entre elles contiennent du carbonate ferrique et alors on leur donne l'épithète à^ferrtigineuses.

Les eaux sulfureuses doivent leur dénomination et leurs propriétés particulières à la présence de l'acide sulfhydrique qui leur donne une odeur plus ou moins forte. On y trouve aussi plusieurs sels et, à ce qu'il paraît, des sulfures alcalins. Ces eaux sont presque toujours thermales et atteignent quelquefois la température de l'eau bouillante.

>:;NKl{Al.O(iiI

IV Famille. — €arlionide».

Substaïuîcs susceptibles de donner de l'acide carbonique par la combustion ou par Faction des acides les plus forts, ou étant de Tacide car])onique, corps qui a la propriété de précipiter Teau de chaux.

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) 1 t Diamîiiit.

( ? Graphile.

? Grisou.

Acide carlionique.

t Gioluililo.

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WltlM'lMO.

Baryhtcal ite.

Gay-lu^sill'.

Patron.

{ ;j V Urao.

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? Siiccinilo.

? Pi<liinspl!'ilti*.

? C<»|Kiiili'.

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? 0/)k«Mili\ ? SchtM'rciitc.

? Mulcluliuc.

? N aphte.

? Pc I roi*'.

? Malth.'.

? A>i>lrille.

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? An'liracile.

? Houillt'.

? I,i*;iiilo.

? Touil)C.

? Tcni;aii.

? f)ns()iiylc.

? Guano'.

Nous avons aussi indif^ué plusieurs autres carbonates dans les familles des cuprides, des bismuthides, des plombides, des zincides, des ferrides, des manganides et des cérides.

Le diniiiani est le plus dur et le plus éclatant des minéraux; aussi est-il la plus recherchée des pierres i)récieuses ; il est ordinairement limpide, mais il prend quelquefois des teintes jaunâti'es, verdâtros, rosAtres, brunâtres ou noirâtres. Il se trouve le plus souvent en ^n-ains ou en cristaux très ])etits, et alors son prix n'est pas très élevé. Outre son emploi en joaillerie, le diamant seii; à

TABLEAU DBS MINÉRAUX. 139

couper le verre, ainsi qu'à percer les pierres dures ou à y graver des dessins.

Le graphite onplomhaffine est remarquable par son éclat métallique et sa couleur gris de fer. Il forme des veines, des rognons et des filons à texture compacte ou feuilletée. Il sert à faire des crayons improprement nommés mine de plomb; on remploie aussi pour adoucir le frottement des machines en bois et pour préserver de la rouille les poêles et autres objets en fonte.

Le grisas ou hydrogène carboné est un gaz plus léger que Tair. n est principalement composé de carbure tétrahydrique souvent mélangé de carbure dihydrique. Il s'enflamme à l'approche d'un corps en combustion et détone fortement lorsqu'il est mélangé d'air. H se dégage de l'intérieur de la terre par des fentes, il se produit principalement dans les mines de charbon où son inflammation accidentelle occasionne quelquefois de grands désastres. Dans quelques localités on se sert du grisou naturel, soit pour l'éclairage, soit pour cuire des aliments ; mais le grisou employé pour l'éclairage des villes et des manufactures est fabriqué artificiellement.

L'aeMe earbenlqae est également un gaz incolore qui se dégage de l'intérieur de la terre, soit d'une manière lente et insensible, soit, dans quelques localités, assez abondamment pour former un courant qui asphyxie les animaux. Conmie il est plus pesant que l'air, il s'accumule dans les anciens travaux de mines ou dans les puits abandonnés ; mais quand il est en conmiunication arec l'air, il finit par se répandre dans ce dernier qui en contient toujours un peu, ainsi que nous l'avons déjà dit.

Les earbonates sont des substances solides, solubles dans les addes, soit à froid, soit à chaud, en dégageant du gaz acide carbonique avec une effervescence plus ou moins vive. Nous aurons Toccasion de faire connaître les principales de ces substances dans le chapitre des roches, de sorte que nous ferons seulement remarquer ici que les carbonates calciques présentent un des exemples les plus remarquables de dimorphisme, car Varragonite a la même composition que le calcaire^ et cependant elle cristallise dans un système différent; elle est aussi plus pesante et plus dure.

Ilous désignons par le nom d'homoblalre» des substances qui par leur composition ont plus de rapports avec les produits de la vie qu'avec les véritables minéraux ; aussi la plupart de ces substances sont-elles des restes de corps organisés, et ne sont-elles admises dans le règne minéral que parce que leur mode de gisement est analogue à celui des minéraux proprement dits, c'est à

110 MINERALOGIE.

dire d'origine inorganique. On peut y distinguer cinq divisions qui rappellent respectivement les résines, les cires, les huiles, les charbons et les fumiers du règne organique.

Les rësineii minérales se fondent au dessous de la chaleur rouge sombre en dégageant une odeur aromatique. Leur pesanteur spécifique est au dessous de 1.7, leur éclat est résineux, leur couleur jaunâtre ou brunâtre. La plus remarquable de ces substances est le succin aussi nommé ambre jau7ie^ karalé^ bermtein. Il est susceptible de prendre le poli et on en fait des ornements, des chapeleti. des manches de couteaux et d'autres instruments.

Les cires minérales se fondent avec autant de facilité que la cire ordinaire. Leur pesanteur spécifique est moindre que celle de l'eau. Elles ont l'éclat gras ou nacré ; leur couleur est le blanchâtre, le jaunâtre, le brunâtre et le verdâtre. Ces substances sont généralement rares et se trouvent en petites quantités; cependant Vozokérite est assez abondante en Moldavie pour qu'on l'y emploie aux usages domestiques.

Les bltames ou huiles minérales dégagent une odeur dite bitumineuse, soit dans leur état ordinaire, soit par la combustion; ih sont plus légers que l'eau et varient par leur consistance et par leur couleur. Ainsi le naphte est un liquide incolore qui entre en ébullition à la température de SS"", s'enflamme avant que le corps en combustion l'ait touché, et qui se rapproche beaucoup du grisou par sa composition, h^ pétrole est aussi liquide, mais moins volatil ; sa couleur est le brun jaunâtre. Il paraît être composé de naphte mêlée avec une matière que M.Boussingault nomme pétrolène et qui est une combinaison de 0.885 de carbone et de 0.115 d'hydrogène, hemalthe est à l'état visqueux ou glutineux, de couleur noirâtre et renferme, outre la pétrolène, une matière que M. Boussingault nomme asphaltène, laquelle contient de l'oxygène et un peu plus de carbone que la pétrolène. 1j^ asphalte est à l'état solide sous la température ordinaire, et paraît presque entièrement composé d'asphaltène. h'élatérite^ qui est une matière très rare, jouit d'une certaine élasticité d'où on l'appelle aussi caoutchouc fossile.

n y a des bitumes Uquides qui sortent de terre comme les sources d'eau, et depuis quelques années on extrait, par des puits, une inmiense quantité de pétrole en Pennsylvanie, dans le Canada, dans la Roumanie et dans d'autres contrées , pour l'employer à l'éclairage domestique. Le malthe sort des fentes des rochers, l'asphalt? se trouve en fragments flottants sur le lac Asphaltite ; on dit qu'il forme un amas puissant à Coxitambo près de Cuença au Pérou ;

TABLEAU DES MINERAUX. lit

mais la plus grande partie des bitumes que l'on emploie pour iaire des dalles de trottoirs, des tuyaux de conduite ainsi que pour rendre imperméables les toiles qui servent de toiture et pour préserver les cordages et les bois de l'humidité, sont extraits, par la distillation, des roches qui en sont imprégnées. Le malthe sert à graisser les voitures. Le naphte à faire des vernis, à enlever les taches des étoffes, etc.

Nous parlerons des eharbons au chapitre des roches.

Quant aux famters, ce sont des matières très peu abondantes qui ont encore moins de titre que les espèces précédentes pour figurer dans la série des minéraux. Us dégagent, lorsqu'on les brûle, une odeur fétide qui rappelle celle des matières animales. Le terreau est assez répandu, mais ne se trouve qu'en petite quantité, et se rencontre principalement dans des cavernes, dans des fentes de rochers et dans des dépôts superficiels. Il est très favorable à la végétation, mais quand il est exposé à l'air, une partie de ces principes se décompose comme celle des matières animales en putréfaction. Le dusodyle {stercus diaholï) est une matière en feuillets minces comme du papier que l'on trouve à Melili en Sicile. Le guano forme des dépôts superficiels, mais très épais, dans les petites îles voisines du Pérou, d'oii on l'exporte jusqu'en Europe pour servir d'engrais. La composition de cette matière ressemble à celle des excréments des oiseaux.

12* Famille. — Oxydes.

L'oxygène est non seulement le plus répandu des corps de la nature, mais on a vu par les tableaux précédents qu'il entre dans la composition de plus des trois quarts des espèces minérales et qu'il se trouve combiné avec la plus grande partie des autres corps simples. Cette circonstance et d'autres considérations nous ont porté à inscrire tous les minéraux oxydés dans les familles qui tirent leur dénomination des autres éléments, et comme l'oxygène n'a point encore été trouvé à Pétat pur, nous n'avons aucune espèce à inscrire ici.

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