DES ROCHES CONSIDÉRÉES MINÉRÀLOGIQUEMENT
DcOnitloB de» roches. Nous avons dit ci-dessus (pag. 69) que l'on entend par roche tout minéi'al ou tout mélange de minéraux qui se trouve dans l'écorce solide du globe, en masses assez considérables pour être prises en considération dans l'étude générale de cette écorce.
On voit par cette définition que les propriétés physiques des roehes et la plupart de leurs propriétés chimiques doivent être les mêmes que celles des minéraux, de soi-te que, tout en renvoyant à ce qui a été dit sur cette matière dans le chapitre I*', nous nous bornerons à ajouter ici quelques détails sur la composition et la classification des roches en général et sur les caractères particuliers des principales modifications.
Composition des roehes. De même que l'on ne trouve dans la nature qu'un nombre d'espèces minérales beaucoup moindre que celui dont la quantité de corps simples ou déments chimiques permet de supposer l'existence, le nombre des roches est aussi infiniment moindre que celui que l'on pourrait supposer théoriquement, d'après la quantité de leurs éléments minéralogiques^ c'est à dire d'espèces minérales. En effet, il y a très peu de ces dernières qui forment seules des masses assez importantes pour être considérées comme roches, et leurs mélanges ne sont pas non plus en tiès grande quantité. Parmi ces mélanges, les uns se distinguent par leur constance et leur abondance dans la nature, ainsi que par
renBemble de propriétés nouvelles qu'ils donnent aux masses qui en résultent; les autres sont moins constants, et ne consistent sou- Yent que dans la présence d'une petite quantité de certains minéraux qui se joignent à des quantités plus considérables, soit d'un autre minéral simple, soit d'un mélange de la première catégorie, sans changer considérablement les propriétés de la masse principale. On désigne par le nom de parties accidentelles les minéraux qui s'introduisent de cette manière dans une masse d'autre nature, et on donne à celle-ci le nom de base ou de parties essentielles. On Toit, parce qui précède, que les bases des roches sont tantôt simples ^ tantôt mélangées; et d'après ce que nous avons dit de la manière dont les minéraux se mélangent entre eux, on sent que les éléments des bases mélangées sont quelquefois unis plus ou moins Mimement^ et que, d'autres fois, leur association est telle qu'ils peuvent être séparés mécaniquement. De sorte que les roches, considérées sous le rapport de leur composition minéralogique, forment trois catégories principales , savoir : les roches à base simple on hmogène^ dont la partie essentielle est une des substances qui figurent dans la série des espèces minérales; les roches à base â^ap^ parence simple ou à base mélangée aiélogène^ dont les parties essentielles sont formées par le mélange, plus ou moins intime, mais non reconnaissable à l'œil nu, de minéraux différents ; et les roches à base mélangée phanérogène^ dont les parties essentielles sont composées d'éléments qui se distinguent à la vue simple. Mais il est impossible de tirer une ligne de démarcation bien nette entre ces diverses catégories; car nous avons vu que la minéralogie n'était pas encore à même de distinguer nettement les substances qui doivent être considérées conmie de véritables combinaisons chimiques, ou comme des mélanges intimes ; et, d'un autre côté, ces mélanges passent à ceux dont les parties sont distinctes, par une série de nuances plus difficiles encore à apprécier, puisque l'on ne peut, à cet égard, s'appuyer sur l'analyse chimique, ni sur la théorie atomique.
dassUleAtioii des roches. On voit, par ces notions sur la composition des roches, qu'il est impossible, du moins dans l'état actuel de la science, de trouver une considération scientifique sur laquelle on pourrait fonder l'établissement des espèces des roches. Aussi se ferait-on une idée fausse de ce que l'on entend par ce mon, si l'on voulait y voir une chose déterminée sur des bases rationnelles analogues à celles qui servent à distinguer les espèces d'animaux, de plantes et de minéraux; ce qui a fait dire à Haiiy que les roches sont les incommensurables du règne minéral.
lil MINÉRALOGIE.
On peut cependant considérer chaque base particulière comme donnant naissance à une espèce de roche, et chaque modification accidentelle de cette base comme donnant naissance à une variété; c'est à dire que chaque espèce est censée se subdiviser en autant de variétés que la composition essentielle, considérée comme constituant l'espèce, présente de modifications différentes résultant, soit de ses propriétés minéralogiques particulières, soit du mélange des principes étrangers que l'on considère comme parties accidentelles. Mais, quoique les associations des minéraux soient, ainsi qu'on vient de le dire, infiniment moins nombreuses que la quantité des éléments permet de le supposer, leur nombre est encore très considérable, et même, si l'on a égard aux associations peu constantes ou aux modifications qui résultent du passage d'un mélange à un autre, il est si considérable, que les naturalistes, au lieu de donner des noms à toutes les modifications qui se présentaient sous leurs yeux, ont toujours dû ^se borner à choisir, dans une longue série, les termes qui leur paraissaient les plus remarquables; mais ce choix ayant été souvent l'effet du hasard et non iDas d'un système raisonné, il en résulte que telle roche que l'on admet à figurer dans les méthodes comme espèce est moins importante et moins caractérisée que telle autre que l'on est dans l'habitude de considérer comme variété ou comme sous-variété.
Quant au groupement des espèces en genres, nous avons cru devoir le tirer de la circonstance que plusieurs espèces de roches se rapprochent ordinairement d'une espèce minérale, qui peut en être considérée conmie un des éléments essentiels le plus importants, et qui, par conséquent, peut servir à désigner le genre ; mais il a fallu faire plusieurs exceptions à cette règle, ainsi qu'on le verra dans les descriptions particulières.
Les genres de minéraux se présentaient ensuite naturellement pour réunir les genres de roches en ordres^ et on pouvait enfin se servir des classes de minéraux pour faire des classes de roches ; mais ces deux rangs de division ont l'inconvénient d'être extrêmement inégaux, attendu que le genre des silicates et la classe des kouphylites seiTcnt de base à un nombre de roches beaucoup plus considérable que celui des autres divisions correspondantes ; aussi, pour diminuer un peu cet inconvénient, avons-nous soustrait de la classe des kouphylites la petite division des minéraux composés à la manière des corps organiques, et en avons-nons formé une troisième petite classe qui se distingue par la propriété qu'ont les roches qui la composent d'être employées comme combustibles. D'un autre côté, conmie les autres roches de la grande classe des kou-
Rocmss.
phylites sont, à très peu d'exceptions près, employées comme matériaux de constructions ou msLiières pierreuses^ et que l'on se sert des roches de la classe des métallites pour en extraire des matières métalliques^ nous avons cru pouvoir tirer parti de ces trois circonstances pour désigner les trois classes.
L'application de ces principes nous donne le tableaa dos reehea dont la teneur suit:
I" CLASSB.
lOGBES
M^TAUIQUSS.
Roches cuivreuses Chalkopyrite.
— zinciques Calamines.
Pyrites.
Magnétite.
ferrugineuses ^ 01ii;iste.
Limonite.
Sidérose.
Pyrolusiie.
manganiques ] Acprdèse.
Rhodonitc.
/ Quartz Quarlzite.
Grès.
Sable.
! I« Ordre.
Roches silicées ou quartzeuses