‹ Précis élémentaire de géologieChapitre 54 sur 107 · TROISIÈME ORDRE. - TERRAINS TERTIAIRES · texte numérisé non relu

TROISIÈME ORDRE. - TERRAINS TERTIAIRES

Caractères ^néraox et dlvUlon. — Les terrains tertiaires forment des dépôts plus puissants, plus régulièrement stratifiés, plus fréquemment cohérents que les terrains modernes et quaternaires. Es sont en général composés de roches calcarcuses, argileuses et quartzeuses; ils recouvrent une partie considérablo du globe principalement dans les pays de plaines peu élevées, mais ils se trouvent aussi sur les montagnes et plutôt sur les très hautes que sur celles d'élévation moyenne. Nous avons indiqué ci -dessus (page 202) les caractères principaux de leurs fossiles.

On divise habituellement les terrains tertiaires en trois groupes ([ue l'on désigne p^u- les noms de pliocène ou supérieur^ de miocène ou moyen et à'eoùne ou inférieur^ divisions qui correspondent aux trois groupes de fossiles que nous avons indiques sous ces dénominations (1).

Mais s'il est assez facile de reconnaître des distinctions entre les divers systèmes qui composent un massif tertiaire, il est très diflScQe d'établir le par.illélisme des systèmes qui existent dans des contrées plus ou moins éloignées, de sorte que les géologues ne sont pas toujours d'accord à ce sujet. Dans cet état des choses, pour éviter des discussions et mieux présenter l'ensemble des massifs que nous citerons comme exemples de terrains tertiaires, nous ne distribuerons pas les groupes qui composent ces massifs dans des articles séparés, ^et nous nous bornerons à ajouter à ce que nous avons déjà dit sur les trois groupes de fossiles tertiaires :

Que le terrain pllooéoe ressemble beaucoup aux terrains qua* ternaires, mais qu'il est plus puissant, et qu'il renfeime plus de roches cohérentes ;

(1) QaeIqo<?4 ^.'olo^'uc^ donn<>nt le nom â*o'i^ncàneinn nronpe qa*ils pTarcni eolro Téocéoe «t l«miorcnc el qui romp< l'ni) pri><qac toul mon mi <cc!ie et une parlio do mon éorèoe.

Dao5 mes éditions aiùû- 1< urc . à 1>> 3, je dona.;Ls ain;>i qu'-n Ta d.'jà va ri-de$:$u8, plus d*extenlion aux trrr ■ in-. iTli.urc ,eljo Ifo ù vi>ai8,d'aprô' !c;ir- mode d«' fo malioc, en to rain ùili'vien pour les depuis •; m on"- ■) '• ( > mes d:i m (les r.uu forlemcat a^'-tôes^en terrai.» nijmphvcn pour ooxqui OQl i'\: formés d j.< «1rs t'aiix doucrs ^l;'i;..anle8 on j.u pgiice>, e' c. Icrruin tritonien poor r'*«ix qat o ,'. t*!é To::.:^ <ian!« Ic^ eaux marines. Ch'roii de ces cionpos ^e snbdiTisait en éla:re<( >oiié.t'- ir, mo>>-i< "l i tf rie:i!'. co qui doonail la fatnllé de ramcni-r cotte ria^sincatiOD celle que jf vic s d itHi q>) r. .Vais une fois que je me suis décidé à aduieitre l'oidre des ternilos quatiTTianc , i \m\i pa u p t r/rable d'adopter aDs<:i pour les tcrrai.is tertiaire» la LlassiflcatiOD ta pins général'' iDCQi suivie.

«40 GÉOGNOSIB.

Que le terrain miocène est encore plus développé et que, quoiqu'il présente aussi beaucoup de dépôts meubles et friables, les masses cohérentes y sont fréquentes, surtout avec la texture grésiforme ;

Qu'enfin le terrain éocéne est encore plus puissant et présente plus de roches cohérentes que les groupes supérieurs.

Mous citerons, comme premier exemple, le massif tertiaire eu. bassin de Paris (1), qui est remarquable par le soin avec lequel il a été étudié, par la bonté des matériaux qu'il fournit à l'industrithumaine et par la variété des systèmes qu'y présentent les terraiu> miocène et éocène, mais il paraît que le terrain pliocène y manque, attendu que les dépôts que quelques auteurs rapportent à ce groupe, et qui sont formés de limon, de sables et de cailloux paraissent devoir être considérés comme quaternaires. Quant aux dépôts miocènes et éocènes, on peut distinguer dans chacun de ces groupes trois étages, qui ont une certaine tendance à se dégager l'un de dessous l'autre comme les tuiles d'un toit, mais d'un toit qui serait construit à l'inverse des toits ordinaires, c'est à dire où la dernière tuile occuperait le bas et non le sommet. C'est en effet dans une des parties les plus basses du bassin, c'est à dire en Touraine, qui se trouve l'étage le plus supérieur dans l'ordre géoguustique, tandis que l'étage inférieur se trouve dans les collines du Laonnais à un niveau beaucoup plus élevé. Ce massif repose sur le terrain crétacé, à l'exception de quelques ramifications et de quelques lambeaux qui se trouvent en dehors du massif principal et qui reposent indistinctement sur les divers terrains qui entourent le massif crétacé.

L'étage supérieur du terrain mioééne du bassin de Paris est célèbre par dcîs amas de débris de coquilles à l'état meuble que l'on exploite pour l'amendement des terres sous le nom de falan de Touralne. Ces coquilles sont généralement marines, mais on y trouve aussi quelques espèces d'eau douce et de terre, ainsi que des ossements de mammifères, notamment de rhinocéros, de mastodontes, etc.

(I) La rèpion frêopnostiqnft que je désigné ici par la détiominatioa de Boêsin de Paris, correâpood à UQ massif crét icé délimité en grande partin par une bordure de terraia jarassiqoe et qai comprend prnsquc loiil le bassin hydrographique de la Seine, celai de la Sotnma, ain&i qoede^ portions de ceux de la Loire, de TEscaut et de la Meuse.

TERRAINS TEItTiAlRES.

ni 31 rKiucdar«iii

Le falun est souTent remplacé par des NiUes plus oa moine mélangés d'argjle, lesquels donnent, entre antres, à la Selagae son caractère d'aridité.

L'étage moyen est composé de dépôts lacnstres qui sont respectivement caractérisés par la présence du calcaire et par celle de» meulières.

Le ealeaire s'étend notamment sur la plaine de la Bcanec, contrée remarquable par sa fertilité pour la production des céréales ; il est ordincdrement blanc passant au jaunâtre et au grisâtre; sa texture est tantôt compacte, tantôt bréchiforme, celluleuse ou pulvérulente. Les variétés celluleuses sont quelquefois criblées de petites cavités semblables à des pointes d^aiguilles et par des tubulures perpendiculaires aux joints de stratification. Les variétés compactes donnent de bonnes pierres de construction et de bonne chaux. Celles friables ou pulvéruleiites sont emplojrées à l'amen-

dément des terres. Ce calcaire est souvent accompagné de marnas quelquefois blanches, d'autres fois grisâtres, mais qui devieDD^-iit blanches par ractioii de la chaleur ; il renferme des silex eu rognons et en petits lits minces qui appartiennent commouémciit à la Tariété cornée, passant à la meulière, au jaspe, au pyrom;iiiu<! et au résinite. Les fossiles les plus communs dans ce dépôt ;<.<Dt des lymnées, desplanorbes, des liélices, des bulimes et d'autres coquilles terrestres ou d'eau douce, ainsi que quelques végétaui. Les hélices caractérisent la partie supérieure et paraissent Le àt trouver que dans la portion méridionale du bassin.

Fi). 39. Plinnkii itlDidilii. Bigl.

Les meulières, que Ton exploite entre autres à ileadon, près de Paris, recouvrent une grande partie de la zone médiane du bassin, mais elles n'y forment que des dépôts interrompus et à peu près superficiels. Ces dépôts sont rarement en contact ayec le calcaire de la Beauce, cependant on les Toit quelquefois au dessus et d'autres fois au dessous, ce qui porte à croire qu'ils correspondent à la partie moyenne de ce calcaire. Les meulières se trouTcnt ordinairement en fragments anguleux de diverses grosseurs, en amas, rarement en bancs, enfouis dans des argiles ferrugineuses, quelquefois mélangées de marnes et de grains quartzeux. On les emploie comme pierre de construction, elles sont surtout recherchées pour les canaux et l'on en fait aussi des meules, notamment aux Molières près de Rambouillet. Lorsque les meulières sont bien caractérisées et qu'elles forment des masses ou de gros fragments, on ly voit pas de corps organisés; mais dans les lieux où elles sont peu abondantes et où elles se présentent en fragments peu volumineux, elles renferment des fossiles analogues à ceux du calcaire de la Beauce.

En dessous de cet étage lacustre se retrouve un étage marin principalement composé de sables et de grés qui sont notamment très développés aux environs de Fonlalnebleaa (1). Le grès forma, dans la partie supérieure des sables, des bancs, des amas ou des blocs dont la surface présente souvent des espèces de circonvolutions ou larges mamelons à peu près semblables à ce qui se forme à la surface d'une pâte sur laquelle on projette d'une certaine élévation d'autres parties de la même pâte. Dans les lieux où le sol est inégal, on voit beaucoup de ces blocs entassés sur les pentes. Ces grès et ces sables sont souvent de couleur blasiche : les premiers sont très estimés pour faire des pavés, et les seconds sont recherchés dans plusieurs fabriques à cause de leur pureté. D autres fois, les sables sont mélangés d'argile, de calcaire, de mica et de limonite ; cette dernière leur donne une couleur jaunâtre. Ils passent quelquefois au calcaire et surtout à des marnes ordinairement jaunâtres, dont les couches inférieures sont souvent caractérisées par la présence d'une grande quantité d'huîtres. En général les fossiles sont assez nombreux dans les parties inférieu-

(1) Qaelqoes géologaet oot rangé cet étage dans le terrain éocéoei je continoe à le Uiiier dans le Biocéae arec ceox des géolognes frauçais qui ont les premiers établi des di? isions dans les terrains tertiaires. Oa reste, sMI est important de connaître la Téritable position d*an dépôt, il n'en «t pas de même de saroir ri Ton doit alloDger oo raccourcir Taccolade qoi le range dans la divi. «ion snpérieore on dans ta division infèrieore, car, lorsque des dépôts se sairent dans la série lans ioterroption, il y a toojonrs des liaisons entre eux et presque autant de raisons pour classer une assise intermédiaire arec la dirision supérieure qu*aTec la dirision inférieure.

rcs (t supr^rieiiivs <li' ci' >ysti-ini', 'nais ou n'pii voit pas dans la |*iiic iLioyciiiio. Mirtoiit Iiirs(|i!c lo (léprit est puissant o.t fomiO de

l/ôtiige supérietir du Icrratn rorrne se coiiiiiosc de trois svstÎTru's )iriiidp,iiix. ivsjitTtiveuu'îil carnet l 'ri sl's p;ir la prôseiire d'iiii calcaire siiicnix, de itmnics rciifcriiiuiit du t;v]>se et d'uncaliMii-eiiiilMifLir.

Le calealre silicuux sVtciid, ontro autres, sur prt'srjue tout ie pltitcau de la Brie ; il resscnilile au calcaire de la lioauce, mais il aM)Uvent plus dedurcti'', pruiiriélé (|u'i] doit ;"i l;t silice dont il est pénétré et qui non seulouicnt s'y truuvc unie intimement aver ie carbonate caleiiiup. mais qui l'orme tivs souveut daus le calcaire ties veines, des bliicaux, des nuinuns. des biocs irrégulicrs de meulière et de hilex corné. (!e cali^aire dimnc dcvcellentc chaux et iburnit des pierres de construcfiou. luaîs il est quelcpietois en couclLl■^s friiiMi's et accompagné de masse et de petits lianes <ie niaguétite. Les iiititJiéi-es. qui ri'.--semldent à cidies de MuudoQ (page 24:1). hC ti'ouveiit quelquefois cngat:éi'S ilans île l'argile sableuse et mKïI' (die.s reposent sur le calcaire ou même le remplacent tout îVfait. [■'lies sont nnlanmeiit bien prononcées ù !n J'Vr/i'-sfiiis-Joifare. li>ealité dont le^ carrières so)Lt en possession de fournir des meules m uiLi' grande partie de l'Europe et môme en Amériqne. Les argiles des i»eulières a'étendent souvent sur le plateau et y détermineut

Texistence de nombreux étangs. Les fossiles sont très rares dans ce système, on n'en connaît même pas dans le véritable calcaire siliceux, ni dans les gros blocs de meulières ; mais on trouve des coquilles d'eau douce dans le calcaire non siliceux, dans les marnes, ainsi que dans les meulières superficielles et dans les silex cornés enfouis dans les marnes.

On voit sortir de dessous le calcaire de la Brie un système composé de marnes, de gypse et d'autres roches moins abondantes qui alternent entre elles. Le gypse se trouve principalement dans une série de petites collines allongées, plus ou moins détachées, qui se dirigent en général dans le sens de Test à l'ouest et^dont l'une des plus connues est celle 4e MoDtmarIre, à Paris. Ses couches sont quelquefois divisées en gros prismes irréguliers par des fissures perpendiculaires aux joints de stratification. Ce gypse est généralement d'un blanc jaunâtre ; sa texture est un intermédiaire entre le grossier et le lamellaire, il renferme beaucoup de cristaux et contient presque toujours du calcaire ; il devient blanc par la calcination et il est très recherché dans les arts conmie plâtre. Le gypse de Montmartre est célèbre dans l'histoire de la science par les ossements des mammifères, de reptiles et de poissons qui ont fait le sujet des recherches de l'illustre Cuvier, mais on n'y a pas trouvé d'autres coquilles que quelques Cyctoitoma mumia.

Les marnes qui accompagnent le gypie sont plus ou moins argileuses et plus ou moins calcareuses; leur couleur est souvent verdûtre, d'autres fois grisâtre, jaunâtre, blanchâtre, ou composée d^un mélange de ces couleurs ; il y en a que l'on emploie à faire des poteries, d'autres qui servent à dégraisser les étoffes. Elles passent au calcaire compacte, ainsi qu'au klebschiefer ou schiste happant, et renferment quelquefois des blocs ou des noyaux, souvent géodiques, de célestine d'un gris verdâtre. On trouve fréquemment dans le klebschiefer des rognons de mélinite. Ces marnes s'étendent plus que le gypse qu'elles accompagnent, et il y a beaucoup de localités où tout le système n'est représenté que par elles. Il y en a, surtout celles de couleur verte, qui ne contiennent pas de fossiles ; d'autres renferment des coquilles d'eau douce telles que des lynmées et des planorbes. U y a dans les marnes supérieures au gypse une couche remarquable par sa constance et par l'abondance de coquilles que Brongniart rapportait au genre cythérée et M. Desliayes au genre glauconome. Dans les marnes inférieures au gypse il existe des couches qui renferment des coquilles marines.

M. ik'licrt cniiîsiilfTe cnmm(> ii;ir,illMc ;ui ^ypso de ^1 mit martre ie i-'ilffii-e if'' C/iiMpi'/ii;/ qui est îiiU rr;tlé dans los iiiai'Èics mariues iriférieiires. Co calcaire, dans h([ur] se Ijdiiveiit ilrs mamolmis île Calrédoinc. resseiiilde i"t cohii de l:i lîrie. iiiai« ii^Dlermc une faune dilîV'-rei)te. iirialnf^ue au calrairv de Snlnl-Ouen. Ce dernier, qui est au licsïipun do.s manies thi f;y))se, re^seudile soui plusieurs rap- [lorts aux ealeaires de la Bi'io et de la Ec.iucc. Il est cepemlaut jilus fféuérideiiieiit i.'nni|>actv e( moins celluh'iix. Il renferme aussi des loyHOus de silex liimt quelques-uns appartieiiiietit à la variété dite nertique parée qu'elle surnage sur l'eau. 11 contient Ijeaucuup lit! coquilles < l'eau douce; on y rcjuarque iirineipalcuient la Lj/iih.ifi l-m'/iscnta. fe calcaire est aeconipagmi de marnes lilandiâlres et de salde. Il est [H-olialile que dans les lieux ou uiaiii|uejit le gypse et Ses marnes il se confond avec le calcaire de la Brie. Oa y rapporte la fiien-e de C'hâkau-Lnnâim qui est fort reclicrcliéc pour les uinnumetits à cause tic «a résistance aux dégratlutious.

L'étage moyen est formé de trois systèmes de puissance très inégale.

Le plus élevé ressemble beaucoup à celui du grès de Fontainebleau et fournit de même d'excellents pavés ; on le désigne souvent par le nom de grés de Beaaehamp, tiré d'une localité au nordouest de Paris, où la partie supérieure de ce système présente des alternatives de coquilles de mer et d'eau douce.

Ces alternatives se montrent aussi dans le système suivant, qui est peu important, et principalement composé d'un calcaire blanc fragile, que les ouvriers nomment caillasse, qui passe à la marne et qui renferment des silex et des cristaux de gypse.

On trouve ensuite un ensemble de couches très important par leur puissance et par leur utilité économique, puisque ce sont elles qui fournissent les belles pierres de ealcalre grossier qui ont servi à bâtir les monuments de Paris. Ce calcaire forme des couches quelquefois très puissantes, dont la cohérence est fort variable. Sa couleur est ordinairement jaunâtre, sa composition très mélangée, et il passe au sable dans ses parties supérieure et inférieure. Il renferme quelquefois des lits ou des nids de marne, d'argile, de lignite, et les assises inférieures contiennent beaucoup de grains chlorites (1). Il renferme une immense quantité de fossiles, généralement marins, et c'est dans ce système que se trouvent les gîtes de Grignon, près de Versailles, et de Courtagnon, près de Reims, qui ont été si célèbres dans l'histoire de la paléontologie, par l'abondance et la belle conservation des coquilles que l'on y recueillait. Les cérites sont, entre autres, extrêmement abondantes dana la partie supérieure et les nummulites dans le bas.

{i) Le ooiD de cblorilei est pris ici dans le sens collectif indiqué aax pages ilS et 171.

Tif. M, Riliu tfijULiiii. Lmk. l'i- 1- Ci[}r<»« twUbraii. Lmk.

ri|. U. CihiU (TtHcinrfit) pUiitHU. tmlt.

fi|. U. Cnuldli (Thu) pndirwi. c/iem.

j Ibni liutl!) 1 ciiem.

ia#

L'étage inférieur contient beaucoup de sables, d'où M. d'Archiacle désigne sous le nom de sables inférieurs^ par opposition à C€ux de sables moyens et de sables supérieurs qu'il donne au grès de Boauchamp et au grès de Fontainebleau. Cet étage est très développé, et l'on y rapporte beaucoup de lambesaux de sables et de grès, qui reposent sur la craie en dehors du massif tertiaire dans la basse Picardie et l'Artois. Il renferme d'autres matières notamment de l'argile, des chlorites, du calcaire, du lignite, des poudingues, qui non seulement se mêlent plus ou moins avec les sables, mais qui forment aussi des dépôts particuliers, ce qui permet d'y distinguer divers systèmes.

Le plus élevé consiste dans un puissant dépôt de sables, qui est, entre autres, très bien prononcé à Caise près de Compiègne. Ces sables renferment quelquefois beaucoup de coquilles marines, aussi M. d'Arcbiac y a-t-il distingué un système particulier sous le nom de lits coquilliers. On y remarque notamment la Nummulites planulatOf^ le Cerithium acutum^ VOstrea mnlticostaia.

On trouve en dessous des sables de Cuise un système caractérisé par la présence des Utiles, et qui est, entre autres, très développé dans les vallées du Soissonnais, oii on l'exploite pour faire de la couperose et de l'alun, ainsi que pour l'amendement des terres, usage auquel il est employé sous le nom de cendres noires^ quand il est dans son état naturel, et sous le nom de cendres rouçes^ quand il a été brûlé. Ce lignite présente beaucoup de variétés, depuis l'état terreux jusqu'à la texture compacte du jayet ou celle fibreuse du bois. Il est accompagné d^argile que les ouvriers nomment fausses glaises et renferme des pyrites, du succin, du gypse, de la websterite, de l'apatite, de la célestine, etc. Les fossiles sont assez abondants dans ce système ; le plus grand nombre sont des êtres d'eau douce ou de terre, tels que des cyrènes (C. Cwnnformis)^ des paludines, des palmiers, des ossements de mammifères; mais il y a aussi des coqtiilles marines, telles que des buccins, des fuseaux, des huîtres (0. lellovacina)^ des lucines, etc. M. de Roys rapporte à ce système une roche conglomérée qui renferme des ossements de reptiles et de mammifères que l'on a nommée conçlomérat ossifère de àfeudon^ localité où elle repose sur le terrain crétacé.

Tif. tli. Tirrildli labriulirl.

H;. (7. Ciuit ciic«ltiri. Lmt.

TERRAINS TERTIAIRES. tS»

éeB argile* rougeâtres mélangées de sable et de silex qui se trourent sur les plaines du Thlmerals et des contrées voisines. Elles reposent ordinairement sur la craie, mais se prolongent quelquefois sur des dépôts tertiaires ou entre les couches qui composent ceux-ci, dans lesquelles elles pénètï'ent souvent sous les fonnes de ravins, de poches et de marquois. Elles ne renferment pas de fossiles et les géologues ont beaucoup varié sur leur classement ; les les uns y voyant les premiers termes de la série tertiaire, les autres les rapportant à diverses parties de cette série et quelques-uns leB ayant rapprochées des dépôts quaternaires Ces divergences d'opinions et les allures de ces argiles nous portent à croire qu'elles correspondent à toute la série tertiaire et quaternaire.

Les terrains tertiaires forment aussi un mafisif important dans les environs de Londres. Ce massif repose sur le terrain crétacé coQime celui de Paris, mais il diffère de ce dernier, parce que l'argile y est beaucoup plus abondante, qu'il n'y a presque pas de calcaire, que le groupe pliocène y est bien caractérisé et que le groupe miocène y manque.

Le terrain plloeéae y est représenté par des dépôts peu puissants qui se trouvent dans le voisinage de la mer du Nord. Ces dépôts, que l'on désigne par le nom de eraf^, sont, en général, formés de roches meubles ou conglomérées, composées, pour la plupart, d'un mélange de sable, d'argile, de calcaire, de limonite ainsi que d'une grande quantité de coquilles. On peut y distinguer deux otages.

Le erag supérieur se trouve principalement dans les environs de IVorwieh ; il renferme des débris d'éléphants, de rhinocéros, de chevaux, àe cochons et d'autres mammifères, ainsi qu'un grand nombre de coquilles dont la plus grande partie appartient à des espèces qui vivent encore dans la mer du Nord.

Leerag inférieur existe principalement dans leSnlIblkshire et se compose de deux systèmes que l'on a désignés par les épithètes de rouge et de corallin. Le craç rouge est coloré par de la limonite ; on cite parmi ses coquilles les plus caractéristiques le Fusus contrarius^ le Murex aheolatus^ la Cyprœa coccinelloïdes. Le crag coràllin est ainsi nommé parce qu'il contient une grande quantité de polypiers appartenant, pour la plupart, à des espèces qui n'existent plus. Il est principalement composé de marnes verdâtres qui passent quelquefois à des pierres susceptibles d'être employées dans les constructions.

Fi|. H. liMi ilitililu. Fi|. Si. fmi nitririn. Fl|. U. tpm m

Lo lerralN é»cim» du massif de Londres se compose de deux systèmes sableux et do deux systèmes argileux.

Le plus élevé, urdiuairement désigné sous le nom de Bag^hsc sMid* est principalement composé de sable rougeâtre accompagiji.de sable verdâtre et do marnes feuilletées tachett'os de blanc et i\e jaune. Il renferme beaucoup de grains de chlorites. Les fossiles n'y sont pas très abondants, on cite parmi les plus communs la oi;-rfiV'! planicosta, la Turrilclla sulci/era et la Nummvlites Ltni^aia.

On trouve ensuite un puissant dépôtargileux qui donne au mas^iï son caractère le plus remarquable, et qui est connu sous le liom de littadan cl«y ou argile de Londi-es. Ce dépôt est principalemi n'. composé d'une marne argileuse, quelquefois sableuse, ordinairement de couleur bleuâtre ou noirâtre, renfermant des rognons iju" l'on a nommés seplaria, et qui sont composés d'un calcaire argileux. traversé par des veines de calcaire cristiiliia, et présentant queLju'^ fois des gûudos titpissées de cristaux de barytine. On rencontn' aussi dans ce clf'>pôt des pyrites et du gypse cristallisé. Ses fossiKs ont beaucoup de rapports avec ceux du calcaire grossier de Paris, e: plus encore avec ceux des lits coquilliers des sables de Cuise, mai-; ils présentent aussi un graud nombre d'espèces particulières.

Fif. tl. hcitlirii llbDliili.

On trouve en dessous de Targile de Londres de IWglle plasti^ac qui est notamment exploitée à Wooiwieh pour faire des poteries. Cette argile qui est parfois panachée de brun et de rouge est accompagnée de sable et de cailloux de silex.

D'autres sables séparent quelquefois, notamment dans Tile de Thaaet, les dépôts dont nous venons de parler des terrains crétacés, ces sables renferment entre autres fossiles la Pholadomya cuneata^ la Cyprina MorrisUy la Corhula longirostris.

Les terr«lBS tertiaires de l'Apennin septentrional sont très différents de ceux dont nous venons de parler, d'abord parce que le terrain pliocène y est très développé, car il forme sur les deux versants de la chaîne des séries de collines, d'où on Ta nommé Urrain suhapennin. D'un autre côté, les terrains miocène et éocène s'élèvent à de plus grandes hauteurs et présentent des couches fortement inclinées et disloquées, ce qui est cause que le dernier a été, pendant longtemps, considéré comme appartenant à des terrains plus anciens.

Pareto, en faisant remarquer la liaison et les rapports qui existent entre ces dépôts, y a distingué neuf étages, auxquels il a donné des dénominations locales et dont voici l'énumération (1).

L^étag^ plioeéne snpcrienr ou villafranchien (2), qui est souvent rangé dans le terrain quaternaire avec lequel il a beaucoup de rapports, est peu puissant et ne forme que des lambeaux sur les plateaux des collines basses subapennines, de petits bassins dans les vallées ou de petites bandes au pied des collines, il est principalement composé de marnes sableuses jaunâtres ou rougeâtres passant au sable et contenant des rognons et de petites bandes de calcaire. Cette roche devient quelquefois dominante, notamment à Colle en Toscane ou l'on voit un calcaire blanc grisâtre qui ressemble aux calcaires d'eau douce du bassin de Paris. Ses fossiles sont des coquilles terrestres et d'eau douce, notamment des hélices, des lymnées, des clausilies, des maillots, semblables à celles qui vivent encore sur les lieux. On y a aussi trouvé des ossements de Mastodon, arvernensis et Borsoni^ de rhinocéros tichorinus^ ùiElephas meridionalis et antiquus.

L'étape plloeène moyen ou astien^ plus connu sous la dénomination de sables jaunes subapennins^ et beaucoup plus développé, notamment dans l'Astetan. U est formé de sables, ordinairement jaunâtres, quelquefois mélangés do marnes et passant d'autres

(I) BuU, de la Soc, géol, de France, 1865, t. XX) I, pag. 210.

(3) Déoomlnatioa tirée doTUUfraoca, boarg lilué entre Torio et Asti.

956 GÊOGNOSIE.

fois au grès et au macigno, plus rarement au calcaire. Cet étage est remarquable par Tabondance de ses fossiles qui sont en général des espèces marines dont un tiep appartient à des espèces encore vivantes, soit dans la Méditerranée, soit dans les mers équinoxiales.

L^ëtaçe pllocèoe Inférieur ou tortonien plaisantin^ plus connu sous la dénomination de marne* bleues suhapennines^ est principalement composé de marnes bleuâtres qui ont une grande tendance à s'ébouler lorsqu'elles sont humectées, ce qui donne une apparence particulière aux pentes des collines qui en sont composées parc^ que la végétation s'y maintient difficilement. Ces marnes deviennent quelquefois sableuses et renferment dans leur partie supérieure des bancs de calcaire et des amas de gypse. Ce dernier est exploité, aux environs de Volterre pour faire des ouvrages de sculpture que l'on vend sous le nom d'albâtre. On en extrait du soufre dans la Romagne. Les coquilles sont tellement abondantes dans cet étage quelles forment quelquefois de véritables lits. Elles sont en général marines, mais il y en a aussi d'eau douce. Le plus grand nombre appartient aux mêmes espèces que celles de l'étage moyen, d'autres sont propres à celui qui nous occupe et d'autres se retrouvent dans les dépôts inférieurs. On y a aussi recueilli quelques ossements de cétacés , notamment à Castellarcuato dans le Modenais.

L'élage miocène svpérievr ou serravallien (1) est composé de marnes grisâtres alternant avec de marnes sableuses jaunâtres passant au sable, au grès et au macigno; ce dernier est quelquefois susceptible d'être employé comme pierre à bâtir. Les fossiles y Bont nombreux, maïs en général mal conservés.

L'étage miocène moyen ou langhien est principalement développé dans les Langhes, hautes collines des environs d'Acqui, où il atteint une altitude de près de 700 mètres. Il est formé de marnes sableuses de couleur grisâtre et de macigno friable, renfermant quelques lits de sables parfois mélangés de grains d'opbiolites. Les fossiles y sont peu abondants.

L'étaffc miocène Infèrlenr ou bormidien est composé de gompholites, de molasse, de marnes et de quelques couches charbonneuses, en partie marines, en partie d'eau douce. Les premières atteignent une altitude d'environ 1 000 mètres, mais les secondes ne dépassent pas 500 mètres. Ce sont celles-ci qui renferment le lignite exploité à Cadibona en Ligurie, et la houille exploitée à

(!) DéDomioatioD tirée de SerraTalle, boorg près do NotU

Monte-Bamboli dans les maremmes de Toscane. Les fossiles animaux et végétaux sont nombreux dans cet étage. On y trouve quelques nummulites notamment la N. intermedia et des mammifères dont le plus remarquable est VAnthracotherium magnum.

L^ëtof^e ëocéne sopërlear ou modenais atteint près de 2 500 mètres d'altitude près des sources du Tanaro. D est composé de calcaire dans le haut et de marnes dans le bas. La première de ces roches a été nommée calcaire à/ucoïdes parce qu'elle renferme de nombreuses empreintes de ces végétaux {Chondrites Targionii^ intricatus^ furcatus, etc.) (1). Une partie des marnes que l'on appelle arçille scagliose présentent des couleurs noires, vertes et rouges et renferment des cristaux et des amas de gypse, des rognons de la variété de barytine dite jpi^ra de Bologne et d'autres minéraux, tels que de la célestiue, du soufre, des pyrites, etc. Dans le voisinage des ophiolites elles sont mêlées avec de nombreux fragments de ces roches.

L'ela^ éocéne moyen ou ligurien, aussi nommé élrurien, est très développé et forme plusieurs cimes de l'Apennin, il est principalement composé de madgno de couleurs gris jaunâtre, gris verdâtre, gris bleuâtre, unies ou bigarrées. Cette roche est souvent assez tenace pour donner de bonnes pierres de taille. Telles sont celles des belles carrières de Fiésole près de Florence. Elle contient ordinairement du mica et passe au gompholite, au calschiste au calcaire et même à l'ophiolite lorsqu'elle est voisine des filons ophiolitiques. Les Toscans donnent le nom de GaVbro rosso à une de ces roches de passage à cause de sa ressemblance avec les roches ophiolitiques qu'ils appellent Gabbro. Les fossiles sont très rares dans cet étage et consistent dans des chondrites et d'autres empreintes que l'on croit pouvoir rapporter aux némertes.

L'étage éoeéne inférieur ou nicéen, plus connu sous le nom de calcaire à nummulites, se trouve principalement dans le voisinage des Alpes maritimes. Il a une composition très variée : c'est, en allant de haut en bas, du macigno, du calcaire grisâtre, des gompholites et du calcaire noirâtre. M. Bellardi y a recueilli 362 espèces de fossiles dans le nombre desquels il y en a environ un tiers commun avec le calcaire grossier de Paris. H y a notamment beaucoup de nummulites, mais d'espèces différentes de celles du bassin de Paris et analogues à celles des environs de Bayonne et de Vicence.

(i) Ce ealealre est coddo en Toscane soas le Dom û^albereu, mais ce nom est aassî appliqué à lies caloirti d'autres étages tertiaires oa secondaires.

faicis SB eitOLoen. 17

988 GÉOGNOSIB.

Les lerralm tertiaires de l« Suisse ppésentent aussi des caractères particuliers, mais ils ressemblent dayantage à ceux de l'Apennin qu'à ceux du bassin de Paris. Ils se composent de deux parties très distinctes, que Ton désigne souvent par les noms de terrain ie molasse pour la partie supérieure, et de terrain nummuUtique pour la partie inférieure.

Le terrain de moiasse, ainsi appelé du nom que Ton donne dans le pays à une variété de macigno, fait partie d'un vaste massif qui s'étend à peu près sur toutes les contrées basses qui longent le versant septentrional des Alpes.

Nous considérons comme ^errezwt ^Woc^w^ inférieur la partie supérieure de ces dépôts en Suisse, laquelle ne forme que de petite? bassins isolés. L'un de ces bassins^ celui ^Œntiigen, qui toutefois touche seulement à la Suisse, étant situé sur la rive droite du Rhin près de Constance, est célèbre, dans l'histoire de la paléontologie, par ses fossiles dont M. Heer porte le nombre à 844 espèces d'insectes, 464 espèces de végétaux, 35 espèces de mammifères. D y a aussi des poissons et des reptiles. Parmi ces derniers nous citerons le Cryptohranchus primiçenius^ espèce voisine des Salamandres, qui a longtemps figuré dans la science sous le nom d^Ifomo diluvii testis. Ce bassin est composé de molasse schistoïde, d<' marne et de calcaire.

Les autres parties du terrain de molasse qui appartiennent au terrain miocène s'étendent sur toute la basse Suisse du Jura aux Alpes. Elles sont formées, selon M. Heer, de trois assises de molasse marine dont la plus élevée est séparée de la moyenne par une puissante assise de molasse d'eau douce, tandis que la moyenne est séparée de l'inférieure par une assise de lignite aussi d'eau douce. Ce lignite est quelquefois exploité comme combustible, notamment à Kœpfnach près d'Horgen, canton de Zurich.

Ces dépôts ne se trouvent dans le Jura qu'au fond des vallées et ne s'y composent en général que de matières meubles ou friables en couches horizontales, mais ils deviennent plus puissants et plus cohérents dans le milieu de la Suisse et présentent, sur le versant septentrional des Alpes, des rochers tenaces dont les coucher, fortement inclinées, et souvent renversées, atteignent des altitudes considérables. Quoique la molasse tire son nom de sa friabilité ordinaire, cette variété de macigno donne aussi de bonnes pierres à bâtir généralement employées pour les constructions du pays, hi couleur dominante de la molasse d'eau douce est le gris passant au verdâtre et au bleuâtre. La molasse marine est souvent rougeâtre surtout l'assise inférieure. Du reste les éléments qui composent la

TERRAINS TERTIAIRES. 25(r

molasse étant sujets à varier, elle passe à beaucoup d'autres roches. C'est ainsi que, quand le calcaire manque, on a du psammite ; si c'est l'argile qui se perd, on a du grès ou du sable calcarifères; si c'est le sable, on a de la marne ou du calschiste; si c'est le sable et le calcaire, on a de l'argile ou du schiste ; si c'est le sable et l'argile, on a du calcaire ; s'il s'introduit dans la pâte des cailloux ou fragments divers, on a du gompholite, passant quelquefois au poudingue, et ces diverses roches alternent plus ou moins entre elles. Le gompholite, que les Suisses appellent nageljluh^ parait se trouver de • préférence dans la partie supérieure, et compose presque tout le mont Rigi^ où il s'élève à l'altitude de 1 900 mètres, en paraissant plonger sous des calcaires plus anciens, apparence due, soit à une faille, soit à un renversement. Les fragments qui entrent dans la composition de la roche du Rigi sont principalement de calcaire, mais il y en a aussi de macigno, de psammite, de quartz et de beaucouiy d'autres roches. On a cru notamment y rencontrer du granité et du porphyre, analogue à ceux que l'on voit en place dans les Vosges et dans le Schwarzwald. Ces fragments sont quelquefois si considérables qu'ils forment des blocs de plusieurs mètres cubes. La pâte qui les unit est souvent friable, mais d'autres fois le tout forme des masses assez cohérentes pour que les noyaux se fendent plutôt que de se détacher.

Les fossiles sont en général très rares dans les lieux où la molasse proprement dite est bien prononcée ; mais il y a des couches friables, qui renferment beaucoup de coquilles marines, ainsi que des débris de mammifères, de reptiles et de poissons.

Le terrain nnmmnlltiqiie de la Suisse appartient à un immense dépôt, qui forme une bande presque continue depuis les côtes occidentales de l'Espagne jusqu'aux frontières de l'Indochine. La classification de ce dépôt a donné lieu à beaucoup de discussions, et si la plupart des géologues, guidés par les rapports paléontologiques, y voient maintenant le terrain éocène, d'autres continuent à le rapporter au terrain crétacé, et on le considérait, au conmiencede ce siècle, comme étant encore plus ancien. Ces variations n'auront rien d'étonnant pour ceux qui prendront en considération, d'un côté, l'opinion théorique, quia longtemps régné, que les dépôts des montagnes devaient être plus anciens que ceux des plaines, et, d'un antre côté, les renversements qui ont souvent lieu dans les hautes montagnes, ainsi que les grandes différences qui existent entre les caractères stratigraphiques et minéralogiques du terrain à nnmmulites des Alpes et des Pyrénées, comparé à celui qui renferme des fossiles analogue.") dans les plaines du nord-ouest de la

Seo GÉOGNOSIB.

France. Mais actuellement que l'étude de la molasse suisse nous a fait voir qu'une même assiee peut se présenter en couches horizontales meubles au pied du Jura et en couches verticales et cohérentes sur les croupes des Alpes, on est plus disposé à accueillir les résultats donnés par la paléontologie, lorsqu'elle vient nous dire que sur 1 677 espèces de fossiles, observées dans la grande ban Je nummulitique, il y en a seulement cinq reconnues comme analogues à des fossiles du terrain crétacé, tandis qu'il y en a 270 qui se retrouvent dans les bassins éocènes du nord-ouest, et qui appartiennent aux espèces que l'on y considère comme les plus caractéristiques (1).

On distingue dans ce dépôt deux systèmes : l'un, qui est connu dans le pays sous le nom àejlysch (2), et qui a souvent été décrit sous celui de schiste et décris à/ucoïdes^ atteint, entre autres, une altitude de près de 3 000 mètres au Feuerstein, entre les lacs de Lucerne et de Thun; il est composé de calschiste gris ou noir et de macigno tenace, souvent schistoïde, quelquefois presque compacte, ordinairement d'un gris foncé, 0t dont les couches ont une surface un peu ondulée, inégale et enduite de marne. Ces roches passent continuellement de l'une à l'autre, et passent aussi au calcaire, au schiste, au quartzite, au gompholite, etc. Les seuls fossiles dont l'existence soit bien constatée dans ce système sont des Fucoïdes {Cho7idrites intricatus^ aqualis^ Targioniï),

Le système suivant, que M. Studer a nommé calcaire et grès à nt(,mmulites^ est notamment très prononcé au mont Pilate^ au sud de Lucerne; il contient plus de calcaire, et présente moins de texture schistoïde que le flysch, mais il est surtout caractérisé par l'abondance des fossiles, notamment par les Nummulites planulata, nummularia^ per/orata^ Jtamondi^ spira; le Conoclgpus conoïdeus^h Melania costellata^ la Turritella hnhricataria^ etc. Ce système repose immédiatement et en stratification concordante sur le terrain crétacé, avec lequel on l'a longtemps confondu, et qui le recouvre dans les cas de renversement qui se voient fréquemment dans les Alpes.

(0 Voir 4 M cajet le beao trarail qae H. d*Archiae a inséré dans le t. lU de ion Histoire (Us proqrèê de la géologie.

(2) Ce nom de flysck étant pour let Saiuet ane déoominaUon minéralofiqae plalôt qii« géognoitiqne, on doit éviter de le considérer comme s^appliqaant excloiiremeni an système qai noas oeeape en ce moment, car il paraît qa*il y a aussi des flyich crétacés el dM iyscli jons* aiqoet.

TERRAINS SECONDAIRES. Ui

QUATRIÈME ORDRE. -TERRkim SECONDAIRES.

Caractères gènirBux. — Les terrains secondaires se distinguent par leurs fossiles dont nous avons déjà indiqué les caracres principaux, page 203.

Ces terrains sont très abondants à la surface du globe; ils ont ordinairement une épaisseur plus considérable que les terrains supérieurs ; ils sont communément moins circonscrits sous la forme de bassins, et les mêmes étages présentent en général moins de différences paléontologiques locales.

Division en Boos-ordres. — On est assez généralement d^accord pour distinguer dans les terrains secondaires trois subdivisions que nous désignons par les épithètes de crétacée, jurassique et per^ mienne.

!•' Sous-ordre. — Terrain crétacé.

Caractères f;inirmnx* — Le terrain crétacé se distingue par ses caractères paléontologiques, ainsi que par sa position immédiatement en dessous des terrains tertiaires. Quant à ses caractères minéralogiques, ils présentent beaucoup de variations, et l'on y voit dominer, selon les lieux et les étages, la craie, le tuffeau, le calcaire compacte, la marne, Targile, le calscbiste, le sable, le grès, le macigno, les poudingue, etc.

Ce terrain parait ne point exister dans les régions polaires, car le point le plus septentrional où on l'a observé est Thisted en Jutiand, vers le 57* degré de latitude, et, d'après L. de Buch, ses limites fléchissent vers le sud à partir de ce point.

DIvliKion en étages. — Nous divisons ce terrain crétacé en trois étages que Ton peut considérer, jusqu'à un certain point, comme caractérisés par les fossiles suivants, savoir :

Ëtage supérieur. Nautiîus JDanicus, Baculites Faujasii, Belemni" tella mucronata, B. quadrata, Crania Parisiensis, Spondylus sjnnosus, Radiolites Boumoni, Ilippurites radiosus, Ananchites otata, Micraster cor-ançuinum, Micraster cor-testudinarium.

Étage moyen. Ammonites Rothomaçoisis, A. peramplus, A. tOr rians, A. Mantelli, Scaphites œqualis^Rhynchonella Cuvieri, Ostrea biauriculata, 0. aquîla, 0. coîumha, Pecten Asper, Inoceramus lahiatus, I. prohlematicus, Spondylus truncatus.

Étage inférieur. Belemnites dilatatus^ Ammonites radiatus^Chama ammoîiia, RadioUtes neocomiensis^ Ostrea Couloni^ Echinospatagm cordîforniis (1).

Le terrain erétaeé occupe, dans le nord-ouest de la France, la contrée que nous avons désignée ci-dessus (page 240) sous le nom de baji^Ui de Purls; mais il est le plus ordinairement recouvert, surtout dans la partie centrale, par des dépôts tertiaires et quaternaires et il est percé, dans le nord-ouest, par le relèvement des terrains inférieurs qui forment comme deux petites îles connues sous les noms de Boulonais et de Pays de Bray. Le sol n'y atteint pas une grande altitude et ne présente pas de fortes inégalités ; il a même beaucoup de tendance à former des plaines, surtout dans les parties où les dépôts tertiaires perdent l'épaisseur qui les caractérise dans le centre. Cependant le terrain crétacé s'élève, et présente même des inégalités assez prononcées, lorsqu'il approche des dépôts jurassiques, qui forment autour du massif crétacé une espèce de demi-ceinture qui s'appuie sur les terrains primordiaux de la Bretagne, du plateau central de la France et des monts Hercyniens. Enfin le massif crétacé qui nous occu|>e est coupé le long de la Manche par des falaises escarpées. La profondeur de 540 mètres que l'on a atteint au puits de Grenelle, à Paris, sans sortir du terrain crétacé, et la présence au jour du terrain jurassique, dans le pays de Bray, annoncent que la surface interne du massif crétacé est plus inégale que sa surface externe.

Ce dépôt présente la stratification que l'on appelle horizontale, parce que l'on n'y voit pas ces grands relèvements des dépôts dits en couches inclinées ; mais ses couches sont loin d'être parfoi-

(i) Le iflrraio rrélacé est le groupe dans lequel on a établi le pins d'éliges désignés par dei noms spéciaaz adjectifs, voici ceux admis par A. d'Orbigny et par M. Coqaand, mis eo rapport avec mes trois étages.

{ Dordonîpn.

Soperieur • • • î ^ . ) S.m ionien.

SénODien ( comariKn.

Tnronien l M.unasion.

Ai'Wi'ii'ineo. Mcjen . . . . ^ CéoomaQien < r.u-inicnicn.

((;.ni(»riien, Rfiotnin AIhu'ti.

Aibien «!;:;Lr^^""-

Ncocoraien ( Valauguiien.

Damoul avait, de son côté, créé les déDominations de Hrersl>>n, Maeshichtien, Nerrien, HtrTiefl et Aachenien; M. Renevier relln de Rhodanien; M. Lcymerit^ cello de fnrumnii'n, «te.

On a aushi compris dans le terrain crétacé no étage Yeidien qui a figuré dans mes éditions aotérieureà à 1862, mais il résulte d'ob&ervaliona plas récentes quM * onvi^nt de ranger une partie de» dépôts dont on rormait cet étage dans itn terrain jnras^iqDO et qoe l'autre doit être coosidérée eomme une diviftion d'eau douce de l'étage crétacé isférienr oa terrain oéocomien.

tAmeiit horizontales, pnisqne l'on a reconnu que celles qui s'enfonceot, à Paria, à plus de 500 mètres au dessous du niveau de la mer, se relèvent, vers la bordure jurassique, à une altitude de plus de 900 mètres.

liilMg* supérieur peut j être considère comme composé de trois systèmea très inégaux.

L'un ne consiste que dans quelques petits lambeaux d'un calcaire ordiDairement blanchâtre, compacte et dur, que M. Charles d'Orbigny a aonimé pisoliti^ue, parce que, KMtudon près de Parie, lieu DÛ il a été observé pour la première fois, il se présente quelquefois BODB la forme de grains et de noyaux agglutinés. Ce calcaire est exploité comme pierre k bâtir dans beaucoup de localités, notamment à Laversine près de Beauvais, ainsi que près de Vertus et près de HoBtereau. Il r>'iit'erme souvent du silex qui se lie avec le calcaire^ de manière que Ton est conduit de l'une à l'autre de ces substances par une série de nuances insensibles. Les lambeaux formée par ce calcaire sont très peu étendus, mais ils atteignent quelquefois une épaisseur de près dé 30 mètres; ils reposent sur la craie blanche «1 stratification transgressive. Leurs fossiles forment une faune tellement différente que A. d'Orbigny rapporte que sur 55 espèces do mollusques et de polypiers que l'on y a observées, il y en a 51 qui n'ont point encore été rencontrées ailleurs, deux qui se trouvent dans la craie blanche, et deux autres qui se trouvent à Faxoe en Danemark, où il existe un autre dépôt de calcaire qui a beaucoup de ressemblance avec celui qui nous occupe.

Le second système, quiestencoremoins développé, est caractérisé par la présence d'un tvffmu qui se montre à Cifly près de Mous enHainaut(l). Ce tuffeau est de couleur jaunâtre ou blanchâtre et

(1) J* D« parte iiiJD luITcaD daCijilT que parce qn'it rcpoie tar le mai'IFcrélUi da builflda linaulntralogiqueiet paléaiilDl^iqaei,mtLidoallletllonltfilt lèpirt.

GROGNOSIB.

ordinairement friable, mais quelquefois assez cobéreot pour étn' employé comme pierre de construction. On trouve en dessous unf

roche conglomérée renfermant de gros fragments de craio durt?ie, des fossiles roulés et de petits fragments d'une matière brune arateuant beaucoup de phosphate calcique. Lorsque ce conglomént ne repose pas directement sur la craie blanche il en est séparé pr une assise de craie grise chloritt'e.

Le troisième système ou ernie Manche forme au cmttraire un vasl'' et puissant dépôt qui s'étend sur presque toute la partie septentrionale du massif crétacé du bassin de l'aris; mnis il y est, aÎDsi que nous l'avons déjà dit, ordinairement reccmvert par des dépMs tertiaires et quaternaires. Cependant il existe, en tl'iimpagne, uue grande bande oii la craie est presque à nu et détermine l'cïistence d'une contrée très aride. Cette craie présente, du moins dans sa partie supérieure, les propriétés qui caractérisent cette variùlé de calcaire, c'est à dire d'être propre à faire des crayons, da blauo pour la peinture et de la chaux, ainsi que de renfermer des silis pyromaques noirs dont la quantité varie selon les lieux. Elle est quelquefois assez cohérente pour être employée comme pierre à bâtir.

M. Hébert (1) distingue dans ce système, tel que nous le limitons, trois zones paléontologiques, savoir : la zone à Belfmnilelli mwcronata ou craie de Mfudon; la zone à Mkrasler cor-^uffuiuunt qui se trouve, entre autres, à MoreiiH et la zone à Micrasler cor-tesMl- «([Wttmqui est très développée kChâUns-sur-Marne. La craie de et* deux dernières zones est ordinairement un peu marneuse.

fij. S7. hlin iKiridiris, Lmk.

(I) ÙuU. dt la Sof . géoi., 186Î, 1. W, pag. C 3.

TEBRAtKS SECONDAinBS.

If tS liuil]t«> > m Lmlt

L'élage ni«yeB s'étend presque exclusivement sur toute la partie méridionale du massif crétacé et se montre en outre dans la partie septentrionale but les bords de l'étage supérieur. Sa composition est beaucoup plus variée que celle de ce dernier. Lu craie y perd sa couleur blanche et devient jaunâtre, grisâtre, verditro, sa texture devient plus grossière, sa cohérence plus inégale, elle se mélange avec de l'argile, du sable, de la chlorite, du mica et passe au tuffeau, à la marne, au sablo, au macigno, au grès, au poudingue, au gompholite, à l'argile, à l'ocre, à l'argilite, etc. Les silpx y sont ordinairement da couleurs moins foncées que ceux de la craie blanche, et passent au jaspe et au grès. Ils sont quelquefois susceptibles de donner de bonnes picn-es à fusil dont les environs de Saint-Agnan faisaient une grande exportation avant la réforma qu'ont subies les armes à feu.

Le développement inégal que prennent l'un ou l'autre do ces systèmes détermine les caractères particuliers de certaines contrées.

Nous citerons en premier lieu, pour suivre l'ordre des superpositions, le tVifftav, qui est très développé dans la Touraiiu et dans l'Anjou, où il est exploité comme pierre à bâtir.

fi|. Hi luunBu (liiililn) rnbl'Miini. Scliiot.

Los sohirs liumiiioiil ;ni cnutniire »l;iiis la ii:irtie orieiitule 4v Maiue ut il;i;.s li- l'tTcliL'. Ils sont qucliiucfois piirs, plus souvecl mt'laiiyi's (!<■ ililiirite qui Ici cnloro l-(] vert, lic limoniti' qui les colore ou l)riiii. lis (lasM'ut ;tii ^'r^■s, iiu uiafijiiio, au pnmlingup, au goni])]i(>liti\ à In craie, à la manie, à i'argile, etc. Oa y exploite, sous le iioni i\i- /-on xx'ird. nu ^ivs passant au ]i(iui]iug!ii'(>iiles grains et les i-ail!i>i;x -ilieoiix smit nui', par un l'iiiu'îit fiTiiisineux. II est ù reuiai'iju.'r à i-etle iic(asii>ii iiiie la silife. tant pdus la forme do sable et <lc uivs 'pu' >oiis eelle de >ilex. (--t licaucoiip plus abondante dans le si:(l.(>ue>t ipie dans le iiurd-est du ba-^siii de Paris, Cette cijeoii-t.iner a lieu wn seuleinent ilaiis le terrain crêtuoé, mais an^si ran- les déiiùts tei-liaiius et jurassiipLe-;. Ou trouve dans la partit- inlericure île ee^ sables ipielipics ediiebes calcarifêres eonleiiaat X Ahnrti'iiitrs JiutJ'oiiiO'jCiisix, le iSr<rj.Ai/fs ffqKalis et la li'i-rililft iwtiifiut, l'<is-ile> earaetéristiipH's d'am' assise (pii se truuvc à la e,-.[<.. Saiiite-Catl.riin.' pivs de Itnuni et dont les géolof;iie> se sont beanei;uj) nci:ii|)r-. -oiis le îtoni de rniii- chlurUé^.

TERRAINS BECONDAIBES.

K|. 75. ODru (tt#») eriah. £m*.

D&iis Ifl Bod-est, les rocheB argileuses sont plus commîmes et leor ferment des dépôts d'oere qui sont exploités dans âiverses localités it in Pujfêaù (1).

Sur la bordure nord-est du massif crétacé, aax confins de U Cbampagne, Vargilite, connue dans le pays sous le nom de &aw, dootte un caractère particulier à la petite contrée de VArgoimt.

La mtme argileuse bleuâtre détermine aussi le long de la craie 4« Champagne, entre l'Ârgontie et la Puysaie, l'existence de la vallée ou plaine du PertkoU, rema,rquable par sa fertilité (2). Cette marne est très employée pour la fabrication des tuiles, d'où H. Leymerie la nomme argile téguline ; on la désigne souvent aussi par le nom anglais de gault. Elle renferme quelquefois du calcaire u^eux en rognons, du gypse en cristaux imparfaits et de l'oligiste rouge en petites plaques.

,(ilil'<

• d* l> Pnjiaie tomme iDfêrlfon lu dppnli Ion {BvU. de la Soc. géoL,

. Jb Pnrlboii, luaÉi M. RaallD a

UX, L IX, pDi. iji, qn< ca lUpdl Icar ul tapirienr flHIduiUPaïuia.

<tt Oa ^orrail iite, 1 la ri|nevr, qae la tallM du PptUioIi ippirtiait aai difiiU qndarDairea ■■(JIITlMi rluMlqu'* la narn< crélaeta; piali, DUlra qua csi dtpAii n'j [ormeat an féatnl V'w paUicala Itéa oiiaea, il ail t nmarqDcr qoa alla jialUrnle.qui rr|iov larui pniiXBt diptt liMini^nlaUe-iiiJDa priai I pale difuL larmit Ui Mftat d«cclie-ti.

Fij. «.

■iBBiiLtoi. ,s^/,/ol. rij, 7J iiKHimaïutiHnm.paTtiniO''.

Les marnes du Pedhoîs se lient intimement avec des saM^t et des grés de couleur verte qui sont notamment très bien prononce àMonti&ami/, «lépartcment de l'Aube, et qui renferment les mlnu ' fossiles que les marnes du Perlhois.

L'élage InrérleNr, plus connu sous le nom de néocomien, est peu développé dans le bassin de Paris. D est cependant bien pronon'i sur la bordure orienfcile du massif crétacé, entre la Seine et \a Marne où il sC-pare i otige moyen du terrain jurassique. On peut t distinguer quatre systèmes principaux caractérisés respectivem-.m par de l'argile, par de la limonite, par du calcaire et par dt< sables.

Le premier de ces systèmes, connu sous le nom ^.'argile à pliratules des environs de Vassy (1) est composé d'une argile grisâtre, quelquefois bb-ufitre ou vcrd:Ure renfermant de petits cristaux .le gypse et entre autres fossiles la PHcatula radiala et VOstrea açi/Jn.

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