‹ Précis élémentaire de géologieChapitre 59 sur 107 · PREMIER ORDRE. - TERRAINS AQALTSIENS · texte numérisé non relu

PREMIER ORDRE. - TERRAINS AQALTSIENS

CWaetércs géaéraax. — Les terrains agalysiens se distinguent par leur tendance à former de grandes masses non stratifiées, qui se trouvent généralement en dessous des terrains neptuniens, ou des culots et des dykes, qui s'intercalent dans les terrains neptuniens, surtout, dans ceux des groupes inférieurs, avec lesquels les terrains agalysiens se lient souvent d'une man^re très intime.

DIvIsUd. — Nous divisons ces terrains en quatre groupes que nous désignons par les épitbètes de granitique^ porphyrique^ opMolUifue et trappéen. Mais ces divisions, ainsi que leur nom l'indique, sont plutôt fondées sur des caractères minéralogiques que sur des considérations géognostiques. D'un autre côté, leurs liaisons sont si intimes, le passage de l'une à l'autre est si fréquent qu'il est presque impossible de tirer des lignes de démarcation entre elles et que l'on n'oserait assurer qu'elles correspondent à des époques différentes de formation ; cependant il paraît que le terrain grani* tique est en général antérieur aux trois autres.

(I) C«t ordre te compoiw, aiosi qae je Tii déjà fait remarqaer, dM dèpdtc d*origioe plntonleoo», easpritdaas les terrain» primitif g et de traïuUiim des auteort da ooaiOMDcemeni de oe «lécle ; maU aacane de cet deoi dèeoinioaiiong oe s'auoeisDt atec la diviiioii qae j*ai adoptée, fal cru pooroir prendre celle de terrains agalysiens {dissous), qa*AI. Brongoiarta emploji^, eo I8f7« pont désigaer une oimpe qui compreDait tOQs lu dèpôlt qvi ibat le ti^ei du prêtent article. Tontefoii, je ne dois pas Uisser ignorer qoe, dans son IraTaii de 199, Brongaiart avait restreint set terralBS agalysiens i mon terrain cristallophyllien : mais il m*a pim qne cette dénomioitioo i^99pnqia.9 Queu à la •«bdiTision priscipaie de un groupe agalytien prlnitiL

328 GÉOGNOSIB.

1^ Sous-ordre, — Terrain granitique.

Caraeléres prlnelpaax. — Le terrain granitique est principalement caractérisé par la prédominance du granité et de la texture granitoïde, ainsi que par sa disposition en masses non stratifiées.

i^raetéres séographlquen. — Il est très répandu à la surface du globe, et forme quelquefois des massifs considérables, mais il se présente plus souvent sous la forme d'îlots intercalés dans le gneiss, ainsi que dans quelques lieux isolés oii la continuité des terrains neptuniens qui le recouvrent est interrompue.

La solidité et l'altérabilité des roches qui composent le terrain granitique étant très variables, il en résulte aussi des différences dans les formes extérieures des contrées où ce terrain domine ; en général, les pays granitiques présentent de petites montagnes à croupes arrondies. Les vallées y sont cependant quelquefois très profondes et bordées d'escarpements ; mais ces circonstances y soiit plus rares que dans la plupart des contrées primaires et secondaires.

Les contrées granitiques sont, en général, peu propres à la culture, et, lorsque les roches granitiques n'y sont pas recouvertes de dépôts d'autre nature, elles ont beaucoup de tendance à se refuser à la production du froment et à celle de la vigne.

La eomposItloB du terrain granitique est beaucoup plus simple et beaucoup moins variable que celle des autres groupes que nous venons d'examiner : nous pourrions presque dire que ce terrain est exclusivement composé de granité, si nous laissions à ce nom de roche toute l'étendue qu'on lui donnait dans le siècle dernier, c'est à dire si nous l'appliquions à toutes les roches feldspathiques qui ont la texture granitoïde. Mais, d'après la nomenclature que nous avons adoptée, la composition du terrain granitique est plus compliquée, car, indépendamment du véritable granité, c'est à dire de la roche granitoïde composée de feldspaths, de quartz et de micas, qui est en général la plus abondante, on y trouve encore plusieurs autres associations minérales, auxquelles nous donnons des noms particuliers ; c'est ainsi que, s'il s'y joint de l'amphibole, on a de la syénite; si les micas disparaissent, on a de la pegmatite; si les feldspaths, qui dominent dans ces diverses combinaisons, perdent leur texture lamellaire pour prendre une texture grenue ou compacte, ou si d'autres substances deviennent dominantes, on a du

TERRAINS àGALYSIENS. 329

leptynite, de l'eurite, du diorîte, du porphyre, etc. Enfin, si les substances composantes éprouvent de Taltération, elles donnent naissance à des matières qui reçoivent quelquefois des noms particuliers : tel est le kaolin, qui parait urètre qu^une pegmatite décomposée.

Les limites du terrain granitique sont très difficiles à établir, à cause de ses liaisons avee d^antres dépôts i nous avons déjà fait remarquer ses rapports avec le système du gneiss, ainsi qu'avec les arkoses des terrains permien et jurassique : mais c'est surtout avec le terrain porphyrique que la liaison est la plus intime, car il y a entre ces dépôts non seulement des ressemblances de compo^ sition ou des intercalations alternatives de masses, mais une pénétration dans les masses mêmes, et Ton voit très souvent des masses de granité qui sont traversées par des filons, des veines ou des noyaux de matières qui ressemblent à celles qui dominent dans le terrain porphyrique et qui se lient de la manière la plus intime avec le granité. Or, soit que l'on considère ces matières comme de simples accidents du terrain granitique, soit que Ton y voie des filons de terrain porphyrique introduits dans le terrain granitique, elles n'en constituent pas moins des rapports très remarquables entre les masses à texture porphyroïde et celles à texture granitoïde.

D'un autre côté, si le granité est traversé par de nombreux filons porphyriques, il y a aussi des filons granitiques qui traversent d'autres terrains. On n'est pas encore absolument d'accord sur le terme où s'arrêtent ces filons ; mais leur existence dans les terrains primaires est un fait maintenant bien constaté. On n'est pas non plus d'accord sur les relations de position du terrain granitique. Il n'y a pas très longtemps que l'on croyait que le granité était toujours inférieur à tous les autres dépôts, et il est certain, en effet, que cette disposition se remarque dans le plus grand nombre de localités où l'on aperçoit la jonction du granité avec d'autres roches ; mais on voit à Weinbohia en Saxe le granité reposer dur le terrain crétacé, et il y a en Toscane des filons de granité tourmalinifère intercalés dans des dépôts de l'époque éocène. Toutefois ces faits étant en quelque manière exceptionnels, on est porté à voir dans le premier le résultat d'un renversement accidentel et à considérer les filons de granité tourmanilifere comme appartenant aux terrains porphyrique ou trachytique plutôt qu'au terrain granitique (1).

(1) Lldée d*sdmeUre l'existence d*an féritable graoile dans le terrain Irachytlqae parait an pre-

MO GfiOGNOSIB.

On a établi dans le terrain granitique des saMiTisfoas fondées Boit sur la nature, soit sur Tâge des masses ; mais ces distinctions, qui présentent beaucoup d'intérêt pour les descriptions locales, n'ont pas pris jusqu'à présent un caractère de généralité qui nous permette de nous en occuper ici.

Nous avons déjà indiqué que le terrain granitique présente une grande variation sous le rapport de la manière dont il a résisté aux causes qui tendent à l'altérer. Les parties de ce terrain qui sont au jour, et surtout celles qui forment le sommet des plateaux, sont ordinairement friables ou même meubles, et on voit la roclie devenir plus cohérente à mesure que l'on s'enfonce. Ce sont surtout les feldspaths qui ont éprouvé cette altératfoa, le quartz et les micas conservant mieux leurs caractères propres. D'autres fois les parties altérées forment des espèces de bandes qui s'enfoncent dans le granité, et l'on a remarqué que dans les Vosges ces bandes Bont ordinairement traversées dans leur milieu par des filons d'une roche que les mineurs du pays nomment mifiette et que nous rapportons à la fraidronite. Du reste, l'altération que présente ordinairement le granité des plateaux ne s'étend pas uniformément sur toute la masse ; car on trouve souvent au milieu des parties pas^ sées à l'état meuble, d'autres qui ont conservé toute leur cohérence. Ces portions solides ont ordinairement des formes arrondies, et ressemblent aux nombreux blocs qui non seulement couvrent ordinairement le sol des contrées granitiques et encombrent leurs vallées, mais qui s'étendent aussi jusqu'à des distances considérables, ainsi que nous l'avons dit en parlant des blocs erratiques. Indépendamment de ces parties^ qui paraissent dcToir leur conservation à leur nature intime, il est à remarquer encore que les roches granitiques qui se présentent dans les escarpexaents, sont généralement moins altérées, et sont plus cohérentes que celles qui se trouvent sur les plateaux. Du reste, les roches granitiques, prises dans des lieux convenables, sont d'une solidité remarquable, et l'on voit dans nos capitales des obélisques faits en Egypte, il y a plus de trois mille ans, et qui depuis lors sont exposés aux injures du temps, sans a^oir éprouvé d'altération sensible. Cet exemple suffît pour faire sentir les avantages que les

mier a[M>rça asseï ha.«ardé6, c<^p«ndaDt on ne peat discooTAnir qa*II n*y ait deg rapports de comrolition Mire les roches graniiiqoes et Irachytiqaes, paisqoe ce sODt les feldspaths qoi domioeat dans les noes et dans \ins antres. On pourrait même dire qa'eo faisant abstraction de rèpoqoe de formation et da mode de Kisement, la différence principale entre ces deox groupes ne eoosiste goe dans Taiipect souvent ritreux des roches Irach y tiques, circoas tance qui paraît n*élre doêqu'àOB rtfroidissemeni plus rapide.

TERRAINS AGALYSIBNS. 331

arts peuvent retirer de Temploi des roches granitiques, d'autant plus que leur structure massive permet d'y tailler des morceaux dont le volume n'a d'autres limites que celles des forces que Fin* dostrie humaine peut employer pour les mettre en mouvement.

Le terrain granitique renferme beaucoup de minéravx particuliers, qui s'y trouvent soit disséviaés, soit en veines dans les roches granitiques. Ces minéraux y sont cependant moins abon* dants que dans le terrain cristallophyllien ; les gites Hi^tallifêrei y sont surtout beaucoup plus rares et s'y présentent en veines ou petits filons, souvent intimement liés avec les roches: ils sont quelquefois très bien réglés , mais ordinairement peu puissants. Les métaux les plus communs dans le granité sont le titane, l'étain, Furane, rarsenic, le molybdène, le scheelin ; tandis que l'or, le cuivre et les pyrites y sont très rares.

2* SouS'Ordre,. — > Terrain porpbyrlqne.

Le terrain porphyrique se distingue du terrain granitique par la fréquence de la texture porphyroïde et par sa tendance à former des dykes et des culots qui traversent d'autres dépots.

n est principalement composé de porphyres, on y trouve aussi de l'eurite, du leptynite, de l'argilophyre, de la syénite, du diorite et d'autres roches.

Lee dykes et lea culots porphyriques traversent les terrains grar uitiques, primaires et secondaires. Qs se lient si intimement avec le granité qu'il est extrêmement difiBicile, ainsi que nous l'avons déjà dit, de tirer la ligne de démarcation. C'est surtout par la syénite que le passage a lieu et il y a un rapport tout particulier entre la syénite rouge et le porphyre rouge quartzifere qui est le type du du terrain porphyrique ; aussi est-il rare que l'on voie une de ces roohes saïaa rencontrer l'autre. H y a aussi des liaisons entre la terram porphyrique et les terrains primaires, lesquels, dans le Tûi* sinage des porphyres, participent souvent de la nature de ees dei^ aiers ; c'est ainsi que l'on voit le gneiss et le micaschiste passer à l'eurite et au leptynite et que les roches schisteuses et calcareusea s'imprègnent de feldspath et d'amphibole. Ces liaisons ont rai^ ment lieu pour les porphyres qui traversent les terrains secan-*^ d&ires. Cependant on a vu ci-dessus que la base du terrain pénéea est quelquefois presque entièrement composée de fragmenta de porphyres.

On cite un grand nombre de mines de métaux précieux comme

existant dans le terrain porphyrique, mais la plupart de ces mints se trouvent dans des diorites, et 1 état actuel des observations ne permettant pas de dire qu'une partie de ces diorites ne devraient pas se ranger dans le terrain trappéen, nous devons être plus réservé à ce sujet. D'un autre côté, il est à remarquer que la plupart des métaux que l'on dit appartenir aux terrains porphyrique et trappéen se trouvent plus souvent dans des filons qui traversent ces dépôts qu'intercalés directement dans les roches porphyriquc^ et trappéennes.

3"" Soiis-ordre. — Terrain ophlolltlqne.

Le terrain ophiolitique est, comme sa dénomination l'indique, caractérisé par la présence des ophiolites, roches plus connue^ sous le nom de serpentines^ et les motifs qui nous ont rendu circonspect dans l'indication des roches qui entrent dans la composition du terrain porphyrique, se représentent avec plus de force pour le terrain ophiolitique. Nous ne pouvons, en quelque manière, citer avec assurance, outre l'ophiolite, que le granitone, qui est un compagnon assez fidèle de l'ophiolite et se trouve absolument dans la même position. D est probable aussi que plusieurs roches amphiboliques sont dans le même cas, car M. Macculloch(l) a observé, à Clunie, dans le Pertshire en Ecosse, un dyke, formé de diontt^ lorsqu'il traverse des roches schisteuses, et passant à l'ophiolitv lorsqu'il entre dans les roches calcareuses. On trouve souvent 'aussi, associées avec les ophiolites, des dolomies, des ophicaloes, des cipolins et d'autres roches calcareuses que l'on considère comme métamorphiques.

Le gisement du terrain ophiolitique a beaucoup de rapports avec celui du terrain porphyrique; mais il forme plus rarement des culots, est plus souvent en dykes, et s'étend jusque dans les terrains tertiaires. D'un autre côté, les ophiolites paraissent en général ne traverser le terrain granitique que d'une manière tout à fait mécanique, et se lier, au contraire, si intimement avec les stéaschistes et les calcaires cristallophylliens, qu'on les considère quelquefois conmie subordonnées à ces deux systèmes et que la plupart des roches qui composent ceux-ci pourraient être envisagées comme des schistes, des quartz et des calcaires plus ou moins imprégnés de l'élément principal des ophiolites, c'est à dire de combinaisons à base de magnésie.

(I) Brewttei-^s Edinhuryh Journal of sciences, toI. I, pag. i.

TERRAINS PTROÏDES. 333

Le sol formé par les roches ophiolitiques est remarquable par son aridité et par son aspect de désolation, ainsi qu^on peut le remarquer dans certaines parties des Apennins de la Ligurie.

4* StmS'Ordre. — Terrain trappéen (1).

Le groupe que nous désignons par Tépithète de trappéen est principalement composé de roches pyroxéniques, telles que trapp, mélaphyre, spilite, vake, et si l'on pouvait dire qu'il ne contient pas de roches amphiboliques, c'est à dire de diorite et d'aphanite, on aurait un bon moyen de le distinguer du terrain porphyrique avec lequel il paraît se confondre, mais on manque d'observations suffisantes faites dans cette direction d'idées.

Le terrain trappéen a aussi beaucoup de rapports avec le terrain basaltique dont il est quelquefois très difficile de le distinguer, n forme des dykes et des culots qui traversent tous les terrains jusques et compris les terrains tertiaires. Il renferme une grande quantité de minéraux disséminés, surtout des zéolites, des agates, des améthystes, ainsi que des minerais métalliques, tels sont les riches gîtes de cuivre du Canada, mais nous avons déjà fait remarquer qu'il est probable que ces nûnerais se rencontrent dans des filons qui traversent les trapps, plutôt qu'intercalés directement dans ceux-ci.

Le sol formé par les dépôts trappéens est ordinairement plus propre à la culture que celui des derniers groupes dont nous venons de parler, à cause de la nature des matières terreuses qui résultent de leur décomposition, mais celles de leurs roches qui ont conservé leur cohérence présentent des rochers aussi saillants, des flancs aussi escarpés que les porphyres ; c'est à la fraîcheur que conservent les fractures des roches de trapps que ceux-ci doivent leur nom qui signifie escalier.

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