DEUXIÈME ORDRE. - TERRAINS PYROÏDES
Quoique les terrains pyroïdes renferment encore beaucoup de parties cristallines, les textures massives et celluleuses y sont plus
(1) J'aTait désigné ce groope dani mes éditions* aDiérieares à IKS, par la déooinioalion de ter^ rain porphyrique notr que j^ai cro devoir remplacer par TépUbéie de trappéen qui rappelle ia roche à laquelle je conserTe le nom snédois de Trapp et qai fîgore dans la géogoosie de Werner et dans celle actoelie des Anglais, mais je dois prévenir que la fortruuion trappéenne de Werner» aiofii que les trapps des anleors anglais, ont pins d*extensioo que je n'en donne ici au terraia trappéen.
(3) Ces dépdts sont souvent déiignés par Tépithôte de volcaniques; mais, comme U paraît que
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abondantes que dans les terrains agalysiens ; ils nous rappellent souvent les matières pierreuses qui ont été fondues dans nos fourneaux; ils ne présentent pas, comme le terrain granitique, des massifs qui recouvrent une grande étendue, mais on les voit principalement sous la forme de culots, de dykes et de coulées, qui ne s^étendent pas beaucoup à la surface de la terre, mais qui s'enchevêtrent plus ou moins dans tous les autres terrains sans exception, et qui paraissent se prolonger jusque dans les parties les plus inférieures de Fécorce solide du globe. D'autres fois, ils forment dans le voisinage de ces dykes et de ces coulées des nappes, des couches (1), ou des amas plus ou moins épais, mais généralement peu étendus.
Nous divisons ces terrains en trois groupes, qui tirent leurs caractères distinctifs de la prédominance respective des trachytes, des basaltes et des téphrines, et que nous désignons par les épithètes de irachytique^ basaltique et polcaniquê.
V Sous-ordre. — Terrain trachytlq«e«
Caraetéres généraiix. — Le terrain trachytique est principaI^ ment caractérisé par l'éclat vitreux d'une partie des roches qui le composent, et par sa tendance à forme de montagnes coniques; mais il se lie si intimement avec les terrains volcanique, basaltique et porphyrique, qu'il est souvent très difficile de le distinguer de ces groupes. 11 forme ordinairement des massifs de montagnes coniques, dont les cimes atteignent quelquefois une hauteur considérable ; il paraît, notamment, qu'une partie des cimes des Andes appartiennent à ce terrain.
les plas ancisns ont noe origine un pea diflTércDte de celle des produits de aos volcaiis modCTQa. il m'A semblé cooTeoable de chercher one dénomination commvoe qoi permit de résarrtr celle de terrain Tolcaniquo à cns derniers prodaits, et j*ai adopté celle de pyroxde, destinée à rappeler que ces dépôts ont des caractères extérieurs qai les rapprochent des matières minérales qui ont sobi l'action dn fen.
(1) Si Ton s'en tenait à la rignenr des principes, tons les dépôts stratifiés deTraient être raogès dans les terrains ncptunlens, mais il est d'nsage de laisser dans les terrains tracbytiqne, basaltiqae et Tolcanique, les dépôts, meubles et conglomérés qni sont formés de sobelances analofvesi celiez qnl composent les culots, les djkes et les coulées de ces terrains, et cet nsage est jastitié tant par \i natnre des dépôts, que par la circonstance qae tontes ces matières ont été éjacnlées i peu pr?s timoltanément de rinlérienr de la terre. Il 7 a toutefois une espèce de contradiction avec nn aDin> osagA qai consiste à laisser dans les terrains neptnniens des roches presqne entièrement composée» de fragments porphyriqoes, mais cet otage se justifie anssi par la circonstance que ces roches s fragments porpbyriqoes sont généralement moins indépendantes des terrains neptnnieas (pK' celles à fragments pyroïdes et qu'elles se lient intimement arec les pondingnes et les grés q,Jix ^ avoisinent. Il est à remarquer en OQlre qae cet usage n'est ni aussi complet, ni anul général qo« eelni relatif aux terrains pyroTdes, car on admet souTent l'existence d*an porph^fre hréchifonne {trummer pw^phyr des Allemands), qni pourrait bien AToir nne origine analogse à celle des roebes conglomérées des terrains pyrotdet.
TERRAINS I^TROIDES. SS5
En considérant les roches qui le composent sous le rapport de leur texture, on peut les diviser en deux systèmes : l'uïi composé déroches massives et cristallines; l'autre de roches conglomérées et meubles.
Les r«cfcM mmmfw^m et erlslallfaies du terrain trachytique forment ordinairement des culots et des dykes et consistent principa*lement en trachyte, en domite, en phonolite, en perlite, en obsidienne et en ponce; il paraît que Ton y trouve aussi de Feurite, du porphyre, de Targilophyre et peut-être même du granité (l). Du nste, il est très difficile de déterminer maintenant toutes les roches qui entrent dans la composition de ce terrain, parce que Ton n'est pas encore parvenu à établir, d'une manière bien triûichée, la se* paration entre ce terrain et les groupes voisins, et que beaucoup d'observations, dont on est obligé de faire usage, remontent à des époques où l'on n'avait point établi de distinction entre ces groupes.
Indépendamment de leur aspect vitreux, la plupart des roches trachytiques sont remarquables par une âpreté au toucher, qui est l'origine du nom que porte l'espèce principale. Ces roches ont beaucoup de tendance à prendre la texture porphyroïde, et renfer* nrant souvent des cristaux de diverse nature, qui prennent quel-* quefois de très grandes dimensions. D'autres fois, ces roches ont la structure granitoïde, à tel point qu'on en a déjà désigné sous le nom de granité et de Iwcet granUoldes.
Les roches eoB^looiérées €t Bie«ble« du terrain trachytique forment ordinairement des couches et des amas au pied des montagnes trachytiques. Elles sont, en général, composées de fragments de même nature que les roches cristallines et massives; et, comme celles-ci sont souvent traversées par un grand nombre de fissures qui leur donnent une apparence bréchiforme, que d'autres fois les roches cohérentes passent à une série de nuances à un état tout à fait meuble, il y a entre ces deux systèmes ime liaison telle qu'il est souvent impossible d'établir le point de séparation. Du reste, les roches meubles et conglomérées se trouvent souvent de préférence à l'extérieur des grands dépôts trachytiques, soit qu'elles s'étendent au pied des montagnes, comme nous venons de le dire, aoit qu'elles forment des espèces d'enveloppes ou de manteaux autour de celles-ci.
La présence ou l'absence des giten néUiniférM dans le terrain trachytique est encore un fait douteux, à cause des liaisons et des
(i> Voj. la noto pag.
rapprochements de ce terrain avec les terrains porphyrique et trappéen. On considère cependant assez communément quelques * mines d'or, d'argent et de mercure du Mexique et de la Hongrie, comme formant des filons et des amas dans le terrain trachytique. Mais il serait très possible que ces dépôts appartinssent plutôt aux terrains porphyrique et trappéen qui s'y lient intimement avec le terrain trachytique.
Les mêmes motifs laissent aussi des incertitudes sur les autres mlaéraax qui peuvent se trouver dlësémiaésdanscetetrain. II parait d'ailleurs que la liste de ces minéraux se rapproche de celle des minéraux du terrain porphyrique ; cependant il semble qu'elle est moins nombreuse. Parmi ces minéraux, on peut citer les opales qui sont notamment très communes dans les trachytes de Hongrie.
2'' Sous-ordre, — Terrain basaltique.
Caractères généraux. — Le caractère le plus marqué du terrain basaltique, c'est d'être principalement composé de basalte, accompagné quelquefois d'autres roches pyroxéniques, telle que de ladolérite, de la pépérine, de la vake, etc. H forme ordinairement des culots ou élévations coniques qui percent au milieu des autres terrains, et qui sont composées d'un assemblage de prismes de basaltes ; il se trouve aussi en dykes, en couches, en amas et en coulées. Il recouvrent rarement une grande étendue à lui seul, mais il est presque toujours intercalé dans les autres terrains eu masse plus ou moins puissantes. Les couches et les amas formebt souvent le sommet de plateaux, terminés par des flancs escarpés. Ces couches ou ces amas tiennent quelquefois à un culot dont elle? composent le sommet, de sorte que l'ensemble de la masse ressemble à un champignon dont le culot serait le pied, et l'amas superficiel le chapeau. Mais c'est surtout par leur tendance à se subdiviser en prismes réguliers, que les dépôts basaltiques se fout remarquer ; et leurs escarpements, formés d'innombrables colonnes rangées symétriquement les unes à côté des autres, produisent quelquefois des efi'ets qui, tout en donnant l'idée de monuments d'architecture, surpassent en magnificence tous les travaux des hommes. D'autres fois les tranches des prismes imitent des pavés, d'où l'on a appelé l'espace qu'ils recouvrent Chaussée des géa%U.
Les dykes basaltiques ressemblent souvent à des bancs subordonnés; aussi n'est-ce quelquefois qu'avec beaucoup de peine que l'on reconnaît qu'ils croisent les couches dans lesquelles ils sont
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intercalés. Ces dykes, étant plus résistants que les roches environnantes, se présentent comme des espèces de murs ou de chaussées.
Le terrain basaltique, considéré sous le rapport de la texture des roches qui le composent, peut, comme le terrain trachjtique, se diviser en deux systèmes : celui des roches massives et cristallines, et celui des r6ches conglomérées et meubles.
Les roeheif niamlvef^ et cristalIlBefi du terriain basaltique soùt les plus abondantes et composent ordinairement des culots et des dykes. Le basalte qui en est le membre principal est, comme nou6 venons de le dire, communément divisé en prismes; mais il forme aussi des masses d^une étendue considérable, entièrement cohérentes; d'autres fois, il se divise en tablés ou feuillets assez minces pour que l'on puisse les employer à couvrir les toits. Le basalte renferme ordinairement des cristaux de diverses substances, surtout du péridot, minéral que Ton a souvent considéré comme caractérisant le terrain basaltique et comme donnant un moyen de le distinguer des terrains porphyrique, trachytique et vol«inique.
Le basalte passe quelquefois à la dolente et au spilite; cependant, il serait possible que les spilites rapportés au terrain basaltique appartinssent plutôt au terrain trappéen.
On cite aussi, comme entrant encore dans la composition du terrain basaltique, plusieurs roches feldspathiques, telles qu6 le trachyte, la perlite, l'obsidienne, le phonoUte, la téphrine, etc.; mais ces faits ne sont pas bien constatés, vu la grande liaison qui existe entre ce groupe et les terrains trachytique et volcanique.
Les roehes neoMe» et eongloniérées du terrain basaltique forment ordinairement des couches ou d^s amas superficiels autour des collines basaltiques, et sont rarement en dykes; elles se composent principalement de pépérine, de vake et de fragments de basalte, soit conglomérés à la manière des brèches, soit libres.
Ces derniers affectent toutes sortes de formes, et notamment celles de boules. Us ont souvent les textures huileuse et scoriacée ; ce sont ordinairement des fragments de ce genre qui composent le basalte bréchiforme, lequel passe et se lie intimement au basalte massif; car, lorsque celui-ci est traversé par de nombreuses fissurés, il est souvent difficile de le distinguer de celui-là. La pépérine basaltique est aussi ordinairement bréchifbrme , d'autres fois elle est meuble, sa couleur est souvent le brun-jauoàtre ; tandis que la pépérine volcanique est plus communément grisâtre, noirâtre ou rougeâtre. Elle parait n'être quelquefds qu'un basalte altéré passant à la vake.
Le terrain basidtique a des llalsoMi avee tous ks antres dépAts,
nfcCU Dl OlOLOOlB. ^
338 GÉOGNOSIB.
à rexception des terrains modernes. Nous avons déjà indiqué que ces liaisons étaient intimes avec les groupes qui l'avoisinent dans l'ordre de notre tableau, mais eUes ne sont que mécaniques avec les autres groupes, c'est à dire que les dykes et les culots basaltiques traversent seulement ces dépôts sans qu'il y ait réellement de passage de composition, si ce n'est que les roches meubles ou conglomérées du terrain basaltique se Uent intimement avec les depot^ tertiaires qui les avoisinent et renferment même des fossiles analogues à ceux de ces dépôts.
3' Sous-ordre. — Tepral» Tolcimiqne (1).
Caraetéreu ^inérmmx. — Le terrain volcanique, qui se trout. ordinairement dans le voisinage des terrains trachytique et ba^tique, atant de ressemblance avec ceux-ci, qu'il est souvent très diîficile de les distinguer ; aussi cette distinction doit-elle se faire par un ensemble de circonstances plutôt que par des caractères positits. Nous ne poumons même, dans l'état actuel de la science, indiquer d'autre caractère exclusif que la liaison bu l'intercalation avec .it-^ terrains modernes. On peut dire aussi qi» la présence d'un cratn^. c'est à dire d'un enfoncement en forme de bassin au sommet d uue élévation conique, est une circonstance caractéristique du ttnaJi volcanique, et que dans aucun autre dépôt les roches n'ont aiitaut de tendance à prendre la forme de coulées.
Les massifs volcaniques ont, en général moins d'étendue qu* ceux des terrains trachytique et basaltique, et, quoiqu'Us soi.n; ordinairement disposés par groupes ou par chaînes, la continuation du terrain volcanique y est presque toujours interceptée, surtout par des dépôts trachytiques et basaltiques. Ils ont, ainsi quo ces deux terrains, beaucoup de tendance à former des élévation^ coniques qui atteignent quelquefois une très grande hauteur. nu\^ qui alors ont ordinairement pour base des dépôts trachytiouev .ui basaltiques ; d'autres fois le terrain volcanique ne constitue qu-
de petites éminences.
Les roches qui composent ce terrain peuvent, comme celles di^ terrains trachytique et basaltique, se diviser, sous le rapport d» leur texture, en deux systèmes particuliers : l'un, compose .1-' roches massives et cristallines ; l'autre, de roches meubles et conglomérées.
M) C'est le e<?fToin (nvivif des anlenrs qni comprenoenl les terrains ha^altiqoe et IrichvUlî- <Uq6 la difisioa do terrain Tolcaolqa*.
TERRAINS PYROÏDES. 339
Les premières, que l'on désigne ordinairement par le nom de laves, ont, assez généralement, la forme^e coulées qui, le plus souvent, partent d'un point quelconque d'une élévation conique, et s'étendent plus ou moins loin en suivant la pente du sol ; ces roches se trouvent aussi en fragments de diverses grosseurs. Elles ont ordinairement une texture celluleuse et renferment quelquefois une si grande quantité de cristaux qu'elles prennent la texture porphyroïde ou granitoïde. Parmi les cristaux on distingue beaucoup de minéraux qui n'ont été observés que dans ces roches. Du reste, la connaissance minéralogique des laves est encore peu avancée. Il n'y a pas très longtemps que l'on n'y voyait qu'une seule espèce ; depuis lors on a cru pouvoir en distinguer plusieurs ; nous n'en donnerons pas l'énumération, parce que les auteurs ont souvent confondu les terrains trachytique et basaltique avec le terrain volcanique, et nous nous bornerons à citer la téphrine comme l'une des plus communes.
Les roehes eong^lonérëes et lueiibles du terrain volcanique forment des amas superficiels et des couches régulières; elles composent le plus communément la majeure partie des élévations coniques surmontées par des cratères, et d'où partent les coulées de laves. Ces élévations forment souvent comme une espèce de centre, d'où la puissance du terrain volcanique va toujours eu diminuant; aussi quand les dépôts volcaniques s'étendent à une certaine distance de ces élévations, ils ne forment ordinairement que des couches très minces. On remarque aussi que le volume des fragments qui composent ces dépôts va toujours en diminuant à partir de ces centres. Les dépôts qui en sont éloignés ne présentent, en général, que des masses terreuses ou arénacées que l'on appelle vulgairement cendres volcaniques; tandis que dans le voisinage des cratères on voit une grande quantité de fragments d'un volume très considérable qui, en général, ont la forme et la structure celluleuse des scories qui se forment dans nos fourneaux.
On donne dans l'Amérique méridionale le nom de moya à un dépôt de ce genre, remarquable parce qu'il contient une assez grande quantité de charbon pour que les habitants du pays l'emploient comme combustible.
Indépendamment des nlnéraax ou des roches qui se trouvent empâtés dans le terrain volcanique sous la forme de cristaux et de fragments, on en voit aussi assez souvent qui s'y trouvent disposés d'une manière analogue aux dépôts rablloiéfl qui se font dans les cheminées de nos fourneaux : ce sont notamment du soufre, du réalgar, du selmarin, du salmiac, de la sassoline, etc.
Le terrain voicaiii»iue truver îc- et recon\Te tous les terraioa wftuuiens, mais il en est indépendant, et n'a de IUIiobb riiÂa qu'avec les terraiua modernes et peut«ti:« arec ics terrains ifUiibcnaires. On a dit cependant qu'il se liait aussi avec des dépôts Urtîaires , mais cette circonstance est loin d'être constatée, et il paraît que les faits sur lesquels on a roula l'appuyer se r^ipoitent aux tcrraitts basaltique ou tradiTtique.