‹ Précis élémentaire de géologieChapitre 63 sur 107 · SI · texte numérisé non relu

SI

tempête.

grande tempéle.

(OiiOO

ouragan.

ouragan qui renverse les édifices et déracine les arbres

MOUYEMBNTS DB rJkTMOSPHËRE. 353

Les noms de tempête et S^ouragan ne sont pas toujours employés dans le sens relatif indiqué ci^lessus ; et souvent on entend par ouragan les mouyements violents qui durent peu de temps, et par tempête ceux qui se font sentir pendant plus longtemps. D'un autre côté, la dénomination d'ouragan est plus souvent employée pour désigner des mouvements d'air qui se passent sur la terre, et celles de tempête et de coup de vent pour des mouvements qui ont lieu sur la mer; et, comme l'agitation de l'air entraîne toujours celle de l'eau qui le touche, tandis que les mouvements de cette dernière sont encore plus dangereux pour les navigateurs que ceux de l'air, beaucoup de personnes se sont habituées à considérer l'agitation des flots comme une des conditions essentielles de la tempête.

Les ouragans sont généralement plus fréquents et plus violents dans la zone torride que dans la zone tempérée, et il paraît qu'ils n'ont pas lieu dans les zones glaciales, oii cependant les coups de vents sont assez fréquents (1).

Parmi les vents dont l'action est la plus pénible pour les honmies, nous citerons celui que l'on désigne par le nom de simoun dans les déserts sableux de l'Afrique. Ce vent a ordinairement une température extrêmement élevée et transporte une si grande quantité de sable que le ciel en est obscurci.

Les vents, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, page 348, exercent une grande Inflneiice sur le climat; mais cette influence est relative aux localités. Ainsi les vents qui viennent d'une contrée froide refroidissent la température, tandis que ceux qui viennent d'une contrée chaude la réchauffent. Ceux qui descendent d'une montagne deviennent chauds quel que soit le froid qui règne sur ceDe-ci, parce que leur capacité pour lachaleur diminue. Les vents qui viennent de la mer ou d'une contrée humide amène de la pluie, et ceux qui viennent d'une contrée sèche dessèchent le sol sur lequel ils passent. Mais ces rapports n'ont pas toujours lieu, et les vents présentent quelquefois des températures ou des états hygrométriques très différents de ceux des lieux d'où ils viennent.

H est à remarquer que, si les tempêtes et les ouragans produisent de grands désastres, l'absence des vents rend le climat très malsain, si pas tout à fait inhabitable pour les hommes. Les cha-

<1) Oa doDDê le nom de cyclones à dei oaragms très TioleaU qai se maoifestenl daoi les mért du SDd-esi de TAsie. Od les a aussi appelés typhons, mais il est préférable de réserver ce nom pour IM masiés noo stratifiées de l'inlériear de la terre, ainei qo« l'a proposé Al. Broogntart, d*aiiUot plQs que ce nom, qai vient de la mytholofia grecque, était attribué par celle-ci à l'un des géante que Jupiter a enfouis sons les montaguei.

rafccis Di ofcoLOGii . 23

leurs y deviennent excessives lorsque le soleil est sur l'horizon, et Tair se charge de gaz plus ou moins délétères.

On connaît les avantages que plusieurs arts, notamment la navigation, iirent de l'existence des vents, et combien ils ont influé, par ce moyen, sur le développement du commerce en particulier et de la civilisation en général.

Caoses des vents. Les vents doivent sans doute leur origine à la réunion de plusieurs forces qui agissent sur l'atmosphère; maL; il y a tout lieu de croire que c'est dans les effets de la chaleur que l'on doit voir la principale de ces causes. On peut assimiler les vents aux cours d'eaux qui cherchent à se metb-e en équilibre et à remplir tout espace vide, ou plutôt dans lequel se trouve un fluile moins dense ; et l'on sait que la chaleur est la force la plus généralement employée pour diminuer la densité des corps.

L'origine des vents alizés s'explique d'une manière satisfaisante par la combinaison de l'action de la chaleur solaire avec le mouvement de la terre. On conçoit, en effet, que la présence continut!lt du soleil sur la zone torride y détermine l'ascension d'un :iir chaud qui se refroidit successivement, mais qui, étant continueEement poussé par le nouvel air chaud qui le suit, doit continuer <a marche ascensionnelle jusqu'à ce qu'il ait atteint les hautes régions de l'atmosphère d'où il se répand du côté de chaque pôle en se rapprochant de la surface de la terre, où il prend la place de Yidr inférieur qui remplace, de proche en proche, celui qui s'élève (ie la zone torride. Or, l'atmosphère étant entraînée par le mouvement de rotation de la terre, toutes ses molécules sont animés d'une vitesse proportionnelle au rayon du cercle qu'elles décrivent ; d'où il résulte que les molécules d'air qui arrivent sous les trojiiques sont toujours un certain temps avant d'avoir acquis la vitesse correspondante à la latitude où elles se trouvent, de sorto qu'ayant une marche moins rapide que la surface de la terre, elks restent en arrière sur celle-ci vers l'ouest et frappent les corps placés sur cette surface, comme si elles avaient un mouvement en sens contraire, c'est à dire de l'est à l'ouest. Mais ce n^est qu'une illusion analogue à celle qu'éprouverait une personne placée sur un bateau traversant avec rapidité un air calme, et qui croiniit sentir l'effet d'un vent dirigé en sens contraire du bateau, et d'autant plus fort que la marche de celui-ci serait plus rapide, tandis que cette sensation serait uniquement causée par le choc de la personne contre l'air. D'un autre côté, les molécules d'air dont il s'agit étant animées d'un mouvement réel dans le sens du méridien, cette force se combine avec celle du mouvement de rotation,

ce qui occasionne la déviation vers l'un et l'autre pôle, que nous avons indiquée dans la direction des vents alizés. Enfin la circonstance que la limite entre les deux directions des vents alizés ne coïncide pas avec Téquateur a été attribuée à la présence plus longue du soleil dans l'hémisphère austral; mais il paraît qu'elle dépend plutôt de ce que l'hémisphère austral étant beaucoup plus couvert d'eau ne s'échauffe pas autant que l'hémisphère boréal.

La raison qui fait que les molécules de l'air inférieur qui se rend des pôles à l'équateur ne s'y trouvent pas animées de la même vitesse de rotation que la surface de la terre, est cause que quand ces molécules, dans les hautes régions de l'atmosphère, retournent de l'équateur aux pôles, elles sont animées d'une plus grande vitesse de rotation que les couches inférieures, ce qui doit produire un vent réel en sens contraire de celui apparent des vents alizés, c'est à dire de l'est à l'ouest; et c'est effectivement ce que l'on a observé au sommet du pic de Ténériffe.

Quant aux brises de mer et de terre, elles s'expliquent facilement par la propriété que les terres ont de s'échauffer, pendant le jour, plus que les eaux, ce qui est cause qu'il s'élève de dessus les premières une plus grande quantité d'air que de dessus les secondes ; de sorte qu'une partie de l'air qui est au dessus de la mer vient remplir le vide qui s'est formé au dessus des terres. Au contraire, pendant la nuit, la mer se refroidissant moins que la terre, c'est de la partie de l'atmosphère qui la recouvre que s'élève la plus grande quantité d'air, et alors le courant s'établit de la terre vers la mer.

U paraît que c'est à une cause analogue qu'on doit attribuer Torigine des moussons. En effet, les terres s'échauffant en été plus que les mers, et celles-ci se refroidissant moins en hiver que les terres, on conçoit qu'il peut s'établir sur certaines mers des vents qui régnent pendant six mois dans une direction, et pendant les six autres mois dans la direction opposée. Du reste, on sent que ces directions doivent dépendre de la forme des continents, de la disposition des chaînes de montagnes, de l'existence des pluies périodiques et d'autres causes de ce genre.

n est difficile de se rendre raison des causes des vents variables. La circonstance que la vapeur tient cent mille fois plus de place que la même quantité d'eau liquide, avait porté à croire que la chute d'une forte pluie devait faire dans l'atmosphère un vide immense, oii devaient ensuite se précipiter des flots d'air; mais l'élévation que le baromètre conserve souvent en temps de pluie annonce que la condensation seule des vapeurs n'exerce pas une influence

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aussi marquée sur les mouvements de Fatmosphère. Il est donc probable que la cause des vents variables se trouve, comme celle des vents constants, dans réchauffement inégal de l'atmosphère. D'un autr? côté les montagnes, l'étendue et la forme des terres doivent aussi exercer une grande influence sur la production et surtout sur h direction des vents.

L'attraction de la lune doit aussi produire, dans l'atmosphère, comme dans la mer, un ■toaveoMnt de flox et de reflnc; mais comme la densité de l'air est bien moindre que celle de Peau, ce mouvement est beaucoup moins important; aussi ses effets sont-ik insensibles sur nos sens, et nous verrons dans le chapitre vi. ci-après, combien leur influence sur le baromètre est peu marquée.

Le phénomène connu sous le nom de treMbe a beaucoup de rapports avec les vents, aussi M. Rambosson disait-il dernièrement (1 * que les ouragans ne sont que des trombes dont le développement est très considérable.

Ce phénomène consiste dans un tourbillon en spirale, qui s'établit verticalement dans l'air, et qui a, comme le vent, un mouvement progressif. D ne devient visible qu'autant qu'il rencontre des objets susceptibles de se laisser enlever, tels que de l'eau, de h poussière, des feuilles, etc. Alors on voit qu'il forme des espèces de colonnes ou plutôt de cônes renversés, qui sont dans une adtation très violente, qui enlèvent des objets de terre, et qui les rejettent après les avoir élevés plus ou moins haut. Les trombes ne consistent souvent qu'en très petits tourbillons qui ne se manifestent que par l'enlèvement d'un peu de poussière ou d'autres objets légers, lorsqu'elles viennent à passer sur un sol qui en est recouvert ; mais d'autres fois elles deviennent des ouragans violents qoi renversent les édifices, enlèvent des toitures, mêmes des hommes, et les rejettent à des distances plus ou moins éloignées.

Les trombes les plus remarquables sont celles qui se foiment ou qui passent sur l'eau, parce qu'elles se remplissent de ce liquide, d'où on les appelle trombes de mer ou trombes éPeau, Elles présentent souvent l'aspect d'une immense colonne d'eau qui s'élève de la mer jusqu'à la région des nuages. Quelquefois ces trombes se détachent de la mer par leur pied, et alors elles forment de vastes cônes dont la base se perd dans les nuages, et qui semblent menacer les navigateurs d'être engloutis, si cette masse d^eau venait à s'abattre sur leurs têtes.

Les trombes sont, comme les ouragans, plus fréquentes dans la

d) L'inatUut, 1864, p&g. Cf».

zone torride que dans les zones tempérées. S paraît qu'eUes ne se forment pas dans ces dernières en hiver ni pendant la nuit. S pami aussi qu'elles se forment plutôt quand le ciel est clair et calme que quand il est couvert de nuages ou agité par des vents violents, n est très difficile de se rendre raison des causes qui produisent les trombes : aussi les physiciens sont-ils loin d'être d'accord à ce sujet; et, tandis, par exemple, que M. Espy (1) les attribue uniquement à un courant ascendant qui s'établit dans un air chaud et humide par suite de dilatations inégales, Peltier (2) y voyait des effets d'électricité et citait un grand nombre de faits qui rapprochent les trombes des autres phénomènes électriques qui se passent dans l'atmosphère.

(1) L'institut, 1841, |»ag. 106.

(S) Traité des trombes, Paris, i840.

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