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CHAPITRE III

Division. — La condensation des vapeurs qui s'élèvent san^ cesse dans l'atmosphère y donne lieu à des phénomènes que Ton désigne par le nom de météores aqueux^ et que Ton peut subdiviser en météores humiéies et en frimas^ selon que l'eau prend l'état liquide ou l'état solide. Les météores humides portent les noms dt rosée, de brouillard^ de nuages et à^ pluie; les frimas, ceux de nevjt\ de (jrêle^ de grésil^ de gelée blanche^ Ae givre et de verglas,

La rosée (1) est une humidité qui se dépose pendant la nuit, et que l'on voit le matin sous la forme de globules sur les objets plan's à la surface de la terre, principalement sur les végétaux, car elle ne se dépose pas également sur tous les corps, et on n'en voit pas, ou presque pas, sur des métaux polis qui ont été toute la nuit dans le même lieu que des végétaux qui en sont couverts. La rosée commence à se déposer dans les lieux à l'ombre, aussitôt que la température de l'air diminue, c'est à dire vers trois ou quatre heurts de l'après-midi ; car, dès ce moment, l'herbe devient sensiblement humide longtemps avant le coucher du soleil. A parité de circonstances, il se forme moins de rosée durant la première moitié de la nuit que pendant la seconde. La formation de la rosée n'a lieu que quand le temps est calme et le ciel clair. On en aperçoit quelques traces dans les nuits couvertes s'il ne fait pas de vent, ou malgré le vent si le temps est clair; mais il ne s'en forme jamais sous le>

(1) On donne &ouvnnt le nom de serein à rhomitlité qai se rflmarqae le soir, et alors on r黫rT^ le Dom de rosée à c«ile qae l'on observe le matin ; mais, comme Tune et l'aolre sont dues an meaè phénomène, celte diâlinction n'e^t d'aucun avantage.

influences réunies du vent et d'un ciel couyert. A l'instant où le ciel se couvre, la rosée cesse de se former : on observe même alors fort souvent que celle qui avait déjà mouillé les plantes disparaît entièrement, ou du moins diminue beaucoup. La quantité de rosée qui se forme lorsque Fair est humide est plus considérable que dans les temps de sécheresse.

Pour concevoir la cause de ce phénomène, on doit se rappeler que tous les corps ne se refroidissent pas également par le rayonnement qui a lieu dans la nuit; car, dans les corps qui sont bons conducteurs, la chaleur qui se communique de l'intérieur et celle absorbée à l'air peuvent être telles que ces corps conservent une température égale, quelquefois supérieure à celle de l'air environnant, tandis que les corps mauvais conducteurs ne réparant pas les pertes qu'ils éprouvent par le rayonnement, leur température peut s'abaisser de plusieurs degrés au dessous de celle de l'air qui les entoure. Or, ce n'est que sur ces corps que les gouttes de rosée peuvent se déposer, parce que, quand les petites gouttes condensées dans l'air viennent à toucher des corps qui sont dans le cas de leur céder de la chaleur, au lieu de leur en enlever, ces gouttes se réduisent de nouveau en vapeurs ; de même les corps qui sont abrités se couvrent moins de rosée que ceux qui sont tout à fait découverts, car ces corps, recevant une certaine quantité de chaleur de ceux qui leur servent d'écran, se refroidissent moins que ceux où le rayonnement est moins intercepté ; d'où M. Wells a reconnu que tout ce qui peut diminuer la portion du ciel qui peut être aperçue de la place qu'un corps occupe diminue la quantité de rosée dont celui-ci se recouvre. Cet effet est encore augmenté si le corps servant d'écran a acquis pendant le jour une chaleur considérable ; c'est pour cette raison qu'il y a généralement peu de rosée le long des murs exposés au midi. Par la même raison, il ne doit pas se former de rosée lorsque le ciel est couvert, parce que les nuages servent aussi d'écran et empêchent le rayonnement de la chaleur vers les espaces célestes. D ne s'en forme pas non plus lorsqu'il fait du vent, parce que de nouvelles molécules d'air se mettant sans cesse en contact avec les corps placés sur le sol, ceux-ci conservent une température égale à celle de l'air.

La rosée est quelquefois assez abondante pour entretenir la végétation dans les contrées où il ne pleut pas.

On donne le nom de broolllard à des assemblages de petits globules d'eau qui se tiennent près de la surface de la terre. Ces globules sont visibles, d'une couleur blanchâtre, et interceptent la transparence de l'air. En les examifiant au microscope, on avait

cru reconnaître qu'ils sont formés, comme les bulles de savon, d'une enveloppe liquide entourant une matière gazeuse, d'où on les a appelés vapeurs vésiculaires ; mais d'autres savants considèrent au contraire les globules dont il s'agit comme pleins et attribuent leur suspension à l'action de l'air. On sait, en effet, que dmi côté l'air oppose à la chute des corps une résistance qui est d'autant plus forte que le corps, sous un poids donné, présente une plus grande surface, c'est ainsi que l'or qui est dix-neuf fois plus dense que l'eau tombe avec une extrême lenteur lorsqu'il est réduit en feuille très mince. On sait, d'un autre côté, qu'il y a une action capillaire entre l'air et l'eau. De sorte que ces deux causes réunies suffisent pour retenir en suspension dans l'air les petits globules d'eau qui forment les brouillards, de même que nous voyons les eaux troubles retenir en suspension des matières étrangères.

Les brouillards déposent sur les corps qui les touchent une humidité plus ou moins forte, selon leur intensité ; souvent ils ont une odeur sensible et très désagréable.

Les brouillards ont principalement lieu dans les temps froids et humides, comme depuis l'automne jusqu'au printemps; il sont plus fréquents dans le fond des vallées et à la surface des rivitrcs que dans les autres localités. Sur la mer, les brouillards prenntiit le nom de brume; il y en a presque toujours dans les mers polaires, où, par leur obscurité, ils augmentent les dangers de la navigation.

La production du brouillard est due à diverses circonstances, la plus simple a lieu lorsqu'un amas d'eau ou un sol fort imbibé est doué d'une température plus élevée que l'air, parce que la vapeur qui s'élève de cette surface n'y trouvant pas une température susceptible de la maintenir à l'état gazeux passe à celui de globules liquides. Ce phénomène ne peut avoir lieu que par un temps calme, de sorte que le plus ordinairement le brouillard est produit par la rencontre de deux vents, l'un inférieur, qui est le plus froid, l'autre supérieur, qui est le plus chaud, parce que dans ce cas il se produit un refroidissement suffisant pour déterminer la formation de vapeurs visibles, et trop lent pour produire de la pluie (1).

(1) On étend quelquefois le nom de brouillard à des amas de matières volatiles aotm qne reaO) et accamniées dans les régions inférieures de ratmosphére en qnaDltté suffisante poor intrrcepkr la transparence de Tair. C'est ainsi que l'on Toit des brouillard* de fumée et qne Ton parle queb qoefois de brouillard* secs. Tels étaient ceux qui ont régné sur une immense étendue de pays, pendant Tété de 1783, le jour aussi t>ien que la nuit, qne la chaleur ni le vent ae dissipaient p^.

Lorsque les brouillards, au lieu de demeurer près de la surface de la terre, s'élèvent au dessus de nos têtes, on leur donne le nom de naases) mais il ne s'ensuit pas que tous les nuages soient, comme les brouillards, composés de globules liquides, car le froid qui règne dans les hautes régions de l'atmosphère porte, au contraire, à croire qu'il en est 'beaucoup où l'eau est à l'état glacé, d'où on les divise en deux groupes : les cumulus qui sont à l'état liquide et les cirrus qui sont à l'état glacé. Les premiers se montrent souvent sous la forme de demi-sphères qui s'accumulent l'une sur l'autre de manière à donner l'idée de montagnes blanchâtres. D'autres fois ils forment des bandes parallèles à l'horizon et on les appelle stratus. S'ils se présentent en masses d*un gris foncé, on les uonune nimtus ou nuages pluvieu^^ lesquels s'étendent souvent d'une manière uniforme sur toute la partie visible de l'atmosphère. Les cirrus sont formés d'un ensemble de filaments déliés qui res^ semblent tantôt à un pinceau, tantôt à des cheveux crêpés, tantôt à un réseau. Les formes des nuages passant des unes aux autres, il y a beaucoup de formes intermédiaires entre celles qui viennent d'être indiquées et que l'on désigne par des noms particuliers, tels que cumulihcirruSy cirr<hstratuSy etc.

Les nuages sont ordinairement entraînés par le vent et se tiennent à diverses hauteurs; aussi, quand on gravit une haute montagne, il est rare qu'on ne traverse pas des nuages et que Voû n'en voie pas d'autres à ses pieds et au dessus de sa tête. Du reste, il n'est pas probable que les nuages s'élèvent à plus de 10 ou 12 000 mètres d'altitude ; il paraît même qu'il y en a peu au dessus de 5 à 6 000 mètres. Saussure a souvent remarqué que, dans les Alpes, les nuages commençaient par un brouillard léger qui s'augmentait successivement, se détachait ensuite de la montagne et était emporté par les vents.

On ne peut pas encore donner des explications satisfaisantes sur la formation des nuages, on ne sait pas, en premier lieu, pourquoi Feau prend dans certaines circonstances la forme de globule liquide plutôt que celle de vapeur, ni pourquoi /^elle-ci, dans d'autres circonstances, se transforme en globule plutôt qu'en pluie ou en neige.

Quant à la cause qui donne aux globules la propriété de s'élever dans l'air, il parsut que les courants ascendants, déterminés par

et qui n*ODt pu même mU eo déliqneseeaee Im mIi qnl eo lont Ui plus imceplibles. Oo n'a pu encore de ootlont posilÎTes sor la natare de ce pbèDomène qae quelqoes pbysicieDS ont attribué i dee matièree f aieoset tortiei dn lein de la terre, mais que Ton croit prorenir le piu ordinairantot des tonrbes que i*on brûle dani le nord de l*Allemafne.

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le développement de la chaleur à la surface de la terre, et les vents qui agitent l'atmosphère, suffisent pour expliquer l'ascension et la suspension des glohules.

Les globules qui forment les nuages passent souvent à l'état de vapeur et le nuage se dissipe; d'autres fois, au contraire, ils se convertissent en gouttes d'eau qui tombent à la surface de la terre, c'est ce qu'on appelle ploie. Ordinairement, le nuage ne se résout pas entièrement en pluie, et, lorsque celle-ci cesse, le nuage n a fait que s'éclaircir ou changer de lieu, et la partie qui reste est emportée par le vent, ou semble se dissiper par le passage à l'état de vapeurs invisibles. La pluie présente beaucoup de variatious sous le rapport de sa force, de sa durée et de son étendue. On donne le nom de hruine à une pluie très fine, qui n'est, pour ainsi dire, que la chute d'un brouillard. On considère comme pluies générales celles qui durent assez longtemps et qui tombent en même temps sur une étendue considérable, tandis que l'on nomme ondct^ les pluies qui durent peu de temps et qui ne tombent que sur une petite étendue à la fois. Lorsque les ondées tombent avec beaucoup de violence, et qu'elles sont accompagnées de tonnerre et d'éclairs, on leur donne le nom àe pluies éCorage,

Les quantités de pluie qui tombent sur les différentes parties de la terre sont extrêmement variables : on a cependant remarqué qu'il pleut davantage dans le voisinage de l'équateur que sur les autres parties de la terre, et sur les côtes que dans l'intérieur des continents. C'est ainsi, par exemple, qu'au cap Haïtien, dans les Antilles, il tombe 308 centimètres d'eau par an, tandis qu'à Paris il n'en tombe que 56 et à Pétersbourg que 46, dans le même espace de temps, et qu'il y a des parties de l'intérieur de l'Afrique et de l'Asie où il ne pleut jamais. Mais il y a beaucoup d'exceptions à ces règles.

En général, toutes choses étant égales d'ailleurs, il pleut davantage dans les pays montueux que dans les plaines, mais il ne paraît pas nécessaire que les inégalités du terrain soient fort considérables pour influer sur la chute de la pluie. Il pleut aussi davantage dans les contrées où le sol est couvert de bois et d'autres végétaux que dans celles où les roches sont à nu.

Dans la zone torride, il y a ordinairement une saison pluvieuse qui dure deux mois, et pendant laquelle tombe une quantité immense de pluie, tandis que la plus grande partie de l'année est ordinairement sans pluie. D y a beaucoup plus de variations à ce sujet dans la zone tempérée; mais, cependant, il paraît qu'il y a partout des époques de l'année où il tombe une plus grande quau-

tite de pluie que dans d'autres temps, ainsi qu'on peut en juger par le tableau ci-après de la quantité relative de pluie qui tombe dans quelques contrées de TEurope :

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