‹ Précis élémentaire de géologieChapitre 68 sur 107 · VARIATIONS DU BAROMÈTRE · texte numérisé non relu

VARIATIONS DU BAROMÈTRE

rique qui presse sur le baromètre devient successivement plus courte à mesure que l'instrument se»trouve à une plus grande hauteur, et que la densité de l'air, ainsi que nous l'avons dit, est successivement moindre à mesure que l'on s'élève.

¥arlalloBB de latltode. — L'observation a prouvé que la hau* tenr moyenne du baromètre au niveau de la mer n'est pas la même' sous les diverses latitudes. On évalue cette hauteur à 758 millimè^ très àl'équateur; elle augmente vers le 10* degré de latitude, et atteint son maximum entre les 30« et 40* degrés, où elle s'élève de 662 à 764 millimètres ; elle diminue ensuite, de manière que, vers^ le 50* degré, elle n'est que de 760 millimètres, et que, dans les cou-* tréesplus septentrionales, elle descend à 756 millimètres environ.

On comprend qu'à Téquateur, d'où l'air s'écoule sans cesse verd tes pôles, la pression doit être moindre qu'à la latitude de 30*, ofr la lutte du vent alizé supérieur du sud-ouest avec le vent alizé inférieur du nord-est doit déterminer une accumulation d'aii*; mai» on ne se rend pas aussi facilement compte de la cause qui fait' diminuer la pression dans les latitudes élevées. Probablement que cet effet est dû à l'influence qu'exerce la vapeur d'eau dans la* pression atmosphérique, car la proportion de vapeur dans l'atmos^ phère diminuant de l'équateur au pôle, il y a, dans cette circonstance, une cause constante de diminution de pression.

Les variations horaires sont très sensibles dans la zone terride, où elles ne sont presque pas modifiées par des variations accidentelles ; aussi Humboldt disait que l'on pourrait, en quelque manière, y déterminer l'heure à l'aide d'un baromètre. L'amplitude de ces variations diminue non seulement avec l'augmentation de la latitude, mais, dans nos contrées tempérées, elles sont tellement modifiées par les variations accidentelles, qu'on ne peut les: y reconnaître que par les résultats moyens d'un grand nombre d'observations. M. Kœmtz évalue l'amplitude moyenne de ces va-riations à 2"". 28 sous l'équateur, à 0"^.67 sous le 48* degré, et il' les considère comme nulles au nord du 63* degré de latitude boréale; cette amplitude décroît aussi assez rapidement avec l'altitude. M. Eaemtz conclut également de ses recherches que les tennes extrêmes des variations horaires sont dans l'hémisphère boréal à 9^ 37' du matin, et 10* IT du soir pour la plus grande élévation, et à 4^ 5' du soir et 3^ 15' du matin pour le minimum.

La cause des variations horaires n'est pas facile à expliquer, oar si elles résultaient du simple développement de la chaleur, il n'y aurait qu'un seul maximum par jour au lieu de deux. Aussi quelques physiciens avaient cherché cette cause dans l'attraction de la

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lune qui déterminerait des mouvements atmosphériques analogues au flux et au reflux de la mer ; mais Laplace a démontré, par la théorie du mouvement des fluides, que cet eff'et ne pouvait produire sur le baromètre qu'une variation d'un dixième de millimètre; et, d'ailleurs, les heures de maximum ne coïncident pas, comme dans les marées, avec les positions de la lune qui pourraient produire cet eflfet. Voici l'explication que M. Hopkins â donnée de ce phénomène (1). " Le soleil en frappant la surface da sol le matin l'échauffé, augmente l'évaporation de l'humidité et cette vapeur accroît la pression de l'air et fait monter le baromètre. L'air échauffé s'élève en même temps, monte en courants verticaux et gagne une élévation telle, qu'il se refroidit, et que k Tapeur qu'il contient se condense. D se forme alors un nuage que la chaleur dégagée par la condensation de la vapeur rend plus léger que l'air. Cette vapeur, ainsi condensée, cesse de presser sur le mercure, de nouvelle vapeur s'élève et va condenser le nuage, qui s'épaissit peu à peu, en échauffant la masse d'air environnante par la chaleur dégagée par la condensation, cela rend la colonne atmosphérique plus légère et diminue la pression sur le mercure, ce qui dure d'ordinaire de dix heures à quatre heures où le nuage cesse de se former. Cette première chute du baromètre est donc due à la condensation de la vapeur dans les hautes régions de l'atmosphère. Bientôt la vapeur cessant d'arriver de la surface, le nuage lui-même se vaporise, se refroidit, tombe, et l'air condensé fait de nouveau remonter le baromètre. Vers dix heures du soir, cet air saturé de vapeur arrive à la surface du sol refroidie par le rayonnement, une partie de la vapeur s'y condense sous la forme de rosée et l'atmosphère devenant un peu plus légère, le baromètre baisse légèrement jusque vers cinq heures du matin. „

WarlatloiM de miIbobs. — Les saisons exercent aussi une influence qui modifie plus ou moins les variations dont nous venons de parler. On remarque, en premier lieu,^que la hauteur de la colonne barométrique est plus élevée en hiver qu'en été, et que l'amplitude de cette variation diminue avec l'accroissement de lu latitude. C'est ainsi qu'à Calcutta la hauteur moyenne du baromètre est de 764™". 57 au mois de janvier, et de 747"^.54au mois de juillet; tandis qu'à Paris elle est de 758'"°.86 au mois de janvier, et de 754"".42 au mois d'octobre. Le décroissement et l'accroissement entre ces termes extrêmes se font régulièrement dans la zone torride ; mais, dans la zone tempérée, il y a une^double période,

(I) Bit. unit), de (ieriève, 1846, t. U* pag.

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