VARIATIONS DU BAROMÈTRE
c'est à dire qu'il y a un nouveau relèvement vers l'équinoxe, lequel, toutefois, est moindre que celui de l'hiver, et qui est suivi par un second affaissement.
Les termes extrêmes des variations horaires sont aussi modifiés par les saisons, et M. Eœmtz a reconnu qu'à Halle, en Saxe, ces termes sont de deux heures plus rapprochés de midi en hiver qu'en été, c'est à dire qu'ils ont lieu deux heures plus tard le matin et deux heures plus tôt le soir, et que l'amplitude des variations n'y est que de 0^.363 au mois de décembre, tandis qu'elle est de 0"''.569 au mois d'août.
On peut, en général, se rendre raison 'de ces diverses variations par les modifications que l'action calorifique du soleil sur l'atmosphère doit éprouver d'après les diverses positions de cet astre.
Les varlalloBs aeeldenlelie« sont beaucoup plus considérables que les variations constantes, du moins dans les zones tempérées, car nous avons déjà fait remarquer qu'elles sont presque nulles dans la zone torride. Â l'Observatoire de Paris, par exemple, le baromètre s'est élevé, en février 1821, à 781 millimètres, et il est descendu, en décembre de la même année, à 719 : ce sont les deux termes extrêmes qui ont été observés de 1785 à 1821, et il est très remarquable que ces deux extrêmes aient eu lieu pendant la même même année. Du reste, il est fort rare de voir des différences aussi fortes ; et, au lieu de celle de 62 millimètres que présente l'année 1821, les années ordinaires s'écartent peu du terme moyen, qui, pour les années 1816 à 1825, est de 43 millimètres, la hauteur moyenne du maximum de ces mêmes années étant de 773 et celle du minimum de 730.
Ces variations sont assez généralement en rapport avec les phénomènes météorologiques, et souvent même les devancent, ce qui est cause que l'on a pris l'habitude d'attribuer au baromètre la propriété de prédire le temps.
On remarque effectivement, dans nos climats, que le baromètre se tient plus élevé lorsque le temps est beau et doit demeurer beau, tandis qu'il baisse lorsqu'il doit pleuvoir. Quelquefois ce mouvement de baisse précède la pluie d'un, de deux ou de trois jours ; au contraire, lorsque la pluie doit cesser pour faire place à un beau temps fixe, le baromètre remonte lentement, quelquefois un, deux ou même trois jours avant que la pluie cesse. Si, au contraire, le baromètre remonte rapidement, on conclut que le beau temps ne durera pas.
On a remarqué aussi que l'approche d'une tempête fait descendre
3S8 MÉTÉOROLOGIB.
rapidement le baromètre, et qu'il éprouve de grandes oscillatioDs quand ce phénomène météorologique a lieu.
La direction des vents exerce aussi une grande influence sur la hauteur du baromètre, ainsi qu'on peut le voir par le tableau ciaprès, qui exprime la hauteur moyenne du baromètre à midi à l'Observatoire de Paris, distribuée selon les principaux venta qui ont régné de 1815 à 1826,
Millimètres. Millimétr»
Venldu Qord-«8t 759.89 Vent d^ooest 756.0ft
— du nord 759.76 — du sud 7W.66
— du nord-ouest .... 758.67 — du sud 752.»
~ d*est 738.04 — du sud-ouest .... 752.3S
Moyenne. . . 756.42
Ce qui toutefois est d'accord avec ce que nous venons de dire sur les rapports de la marche du baromètre avec le temps sec et le temps pluvieux, puisque les vents du nord-est et du nord sont ceux par lesquels il pleut le moins à Paris, et ceux du sud-oaest et du sud ceux par lesquels il pleut le plus.
Les causes des variations accidentelles du baromètre sont naturellement plus compliquées et plus difficiles à expliquer que celleb des variations constantes, mais il y a lieu de croire qu'elles ont une origine analogue, c'est à dire qu'elles dérivent également de» changements de densités de l'atmosphère occasionnés par l'action calorifique du soleil. On a vu ci-dessus que les vents étaient dus à réchauffement inégal de l'air, et que l'on attribuait la pluie à la lutte de deux vents inégalement échauffés; or on conçoit, dans cette hypothèse, pourquoi l'abaissement du baromètre précède k pluie ou l'accompagne dans son commencement, puisque cette lutte accumule sur un point une plus grande quantité d'air et détermine une pression plus forte, et pourquoi cet abaissement est surtout considérable lorsqu'il doit y avoir une tempête ou un our<igan, puisque c'est alors que ces luttes des différents vents sont le plus fortes. Il est à remarquer, à cet égard, que l'on no doit pas s'étonner, dans cette hypothèse, d'observer quelqueÉ9i8 de violentes perturbations barométriques sans éprouver de tempêtes ou de pluies, car ces derniers phénomènes^ déterminant de violents courants atmosphériques dans l'atmosphère, donnent lien, à d^â courants qui occasionnent une augmentation de pression ao delà des limites oii s'étendent la tempête et la pluie; aussi, dans le cas des observations dont il 8*agit, apprend-on souvent, après, qu'il y a eu de violentes tempêtes à des distances plus ou moina éloignées.