DES PHÉNOMÈNES GÉOLOGIQLES ANTÉRIEURS A LA PÉRIODE ACTUELLE
Si ron compare ce que nous venons de dire sur les phénomènes qui ont lieu actuellement avec les notions que la géographie et la géognosie nous donnent sur l'état du glohe, on sent que cet état n'a pu être produit par ces phénomènes restreints dans leurs limites actuelles; mais, comme nous n'avons pas d'autres moyens de nous former une idée des phénomènes antérieurs que la comparaison des résultiits qu'ils ont produits avec ceux des phénomènes actuels, lesquels ne consistent qu'en de simples déplacements ou transformations, nous n'avons aucune donnée sur la cause de l'origine du globe terrestre, et le terme le plus éloigné où nos conjectures puissent remonter nous porte à considérer comme étal primitif de la terre un temps où les matières qui composent cette planète étaient à l'état gazeux, hypothèse à laquelle nous sommes conduits par des considérations d'ordres différents. D'abord le calcul a prouvé aux astronomes que la terre a précisément pris la forme qu'elle devait prendre si elle avait été fluide. D'un autre côté, on a vu ci-dessus que les observations faites sur sa température intérieure, ainsi que les recherches auxquelles on s'est livré pour expliquer les causes des volcans, des tremblements de terre et de quelques autres phénomènes, conduisent à supposer que l'intérieur du globe est encore à l'état de fluidité ignée.
On a objecté, contre cette hypothèse de la fluidité ignée de l'intérieur, la difficulté de trouver la cause d'une chaleur suffisante pour fondre les matières qui composent l'intérieur de la terre,
i Une troisième sorte d'émanations de grisou a lieu pendant le •> saisons chaudes, dans les marais et dans les mares ; mais elles sont peu importantes, et leur origine s'explique aisément par la décumposition des matières organiques qui se trouvent enfouies dar.s la vase.
Les émanations gazeuses qui déposent du soufre sont ordinairement désignées par le nom de solfatares ; elles ont le plus souvent lieu dans des volcans éteints ; ou plutôt à peu près éteints, puisque le dégagement de gaz est encore un reste d'activité. Telle est lu solfatare de Pouzzoles, près de Naples.. Ces émanations contiennent toujours une grande quantité de vapeur d'eau, et on ne sait j'a.^ très bien dans quel état s'y trouve le soufre; il paraît néanm^iI!^ qu'il y est, soit à l'état simple, soit à celui d'acide sulfhydriqui, et que l'acide sulfureux que l'on y remarque provient de Li combustion au jour, tant de la vapeur du soufre que de Taciilfsulfhydrique.
Les émanations d'acide carbonique que l'on désigne souvent i>ar le nom de mofettes se remarquent principalement dans les terrainvolcaniques ; telle est celle de la grotte du Chien sur les bords du lac d'Agnano près de Naples. On trouve aussi dans les mines, dnL< les puits et dans d'autres cavités souterraines, de l'acide Ciirb »nique, dont l'origine paraît devoir être attribuée à la décomposition des matières organiques ou d'autres substances contenant li i carbone, et que, par cette raison, on ne doit pas confondre avec celui qui, formant des courants à peu près constants, parsdt être l^^ résultat des mêmes causes que celles qui produisent les éruption^ volcaniques.
Les émanations d'acide borique qui sont accompagnées d'autres gaz sont connues en Toscane sous le nom de sofBoni où on les recueille, ainsi que nous l'avons déjà dit (page 131) pour faire du borax.
L'origiae des sovrees de pétrole a été, comme celle des salscs et des fontaines ardentes, attribuées à des décompositions de matières organiques enfouies dans l'écorce du globe; mais nou»; ne croyons pas que de semblables phénomènes puissent donner lieu à des sources qui continuent à couler, d'une manière coustante, depuis des milliers d'années. On a aussi pensé que le pétrole existait au moment où les roches ont été formées et qu'il a été renfermé dans ces dernières. Cette opinion s'appuie sur les immensts quantités de pétrole que l'on extrait depuis quelques années par dos puits qui s'épuisent au bout d'un certain temps; mais fl nous semble qui si le pétrole avait existé lors de la formation des ro-
Tatmosphère de cette masse devait contenir, outre les fluides qui composent notre atmosphère actuelle, Teau qui se trouve maintenant à la surface de la terre et une foule d'autres matières sublimées. Or, dès que la température aura commencé à diminuer, ces matières auront tendu à se précipiter à la surface de la terre, et auront ainsi contribué à la formation de sa croûte solide, par Taddition de sédiments qui se déposèrent sur les matières coagulées, mais dans un ordre différent, c'est à dire de bas en haut. Cette formation par prëclpitallon atmosphérique a dû â6 prolonger, jusqu'à ce que le refroidissement de la surface terrestre ait été assez avancé pour que sa température se trouvât à peu près en équilibre avec les effets de l'action solaire ; mais, aussitôt que le refroidissement aura permis aux eaux de demeurer à la surface de la terre, les produits de la précipitation atmosphérique auront été, en quelque manière, absorbés par ceux d'un nouveau mode de formation sédimentaire.
On conçoit, en effet, que les matières solides qui pouvaient encore tomber de l'atmosphère, se mêlaient avec celles beaucoup plus abondantes qui se déposaient dans les eaux. On conçoit également que les procipitatloas aquoases qui s'opéraient dans ces temps anciens devaient avoir une énergie dont les phénomènes qui se passent dans nos eaux actuelles ne peuvent nous donner qu'une faible idée, car des Jeaux qui étaient imprégnées d'une bien plus grande quantité] de principes étrangers, qui avaient une température beaucoup plus élevée et qui étaient plus agitées , devaient donner lieu à des phénomènes chimiques et mécaniques beaucoup plus développés que ceux que produisent nos eaux actuelles.
Enfin, dès qu'il y a eu une écorce solide autour du globe, il a dû s'opérer un quatrième mode de formation, celui par êjacuiatlon ou injection de matières fluides du dessous poussées vers le haut. Nous avons, en effet, déjà fait remarquer, en parlant des volcans (page 424), que, quand un liquide passe à l'état solide, une partie de la masse se transforme en gaz, et que ces gaz mélangés avec le liquide peuvent déterminer l'ascension de celui-ci ; mais une autre cause, dont nous parlerons tout à l'heure, a dû déterminer anciennement des ascensions de fluide intérieur bien plus énergiques que celles qui ont lieu actuellement.
Du reste, il a dû exister originairement une liaison entre ee« qnatre mode» de formation qui n'a plus lieu maintenant entre les phénomènes analogues; car la nature des choses établissait alors des rapports qui n'existent plus. On sent, par exemple, qu'il ne devait pas y avoir beaucoup de différence entre les matières
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qui, lors du commencement de la consolidation de la croûte du globe, se coagulaient directement à la surface et celles qui se prt> cipitaient de l'atmosphère, d'autant plus que ces précipitatioii^ ayant dû commencer avant que la masse liquide ait été recourerte d'une croûte solide, les matières précipitées se seront mêlées avec ceUes qui se coagulaient et auront ainsi augmenté les rapports qui devaient déjà exister entre ces matières.
Une autre cause de mélanges, et par conséquent de liaisons, résulte dos fréquentes ruptures qu'ont dû éprouver les premiere> croûtes solides. Car si nos marées et nos tempêtes rompent fréquemment les glaces qui se forment à la surface de nos mers, dtnos lacs et de nos cours d'eau, et les refoulent dans diverses directions, soit pour se fondre dans une eau moins froide, soit pour s'accumuler dans d'autres lieux et y former des amas de glaçon > disposés dans divers sens, on conçoit que des fractures et de^ transports de ce genre, mais beaucoup plus énergiques, ont dû s^ passer sur l'immense océan formé par les premières matières liquides, océan qui étiiit entouré d'une atmosphère beaucoup plu^ compliquée (lue la nôtre, et où devaient, par conséquent, se passer des phénomènes météorologiques plus violents et plus fréquents que ceux que nous voyons maintenant.
D'un autre côté, l'espèce d'antagonisme qui a dû s'établir entre les premières eaux que ces phénomènes météorologiques ont amenées à la surface de la terre, et l'action de la chaleur qui tendait à les faire repasser à l'état gazeux, donnait sans doute naissance à des phénomènes particuliers, et devait établir beaucoup de rapports entre les produits des précipitations atmosphérique et aqueuse.
Enfin les éjaculations venant de l'intérieur qui sont, comme on Ta vu à l'occasion des volcans, une cause do mélange entre les dépôts plutoniens et neptuniens, devaient avoir bien plus de développement dans les temps anciens que maintenant.
La cause de ce développement est due à des phénomènes que M. Ëlie de Beaumout a signalés sous le noms de boss«lleaieBt et de ridement de Técoree terrestre, lesquels paraissent être une conséquence nécessaire du refroidissement du globe. On conçoit en efl'et que, quand une écorce solide aura été formée, cette écorce aura dû perdre moins de chaleur que le noyau liquide, puisqu'elle aura pris une température moins diflférente que celle de l'enceinte extérieure, et que l'action du soleil développe à la surface de la terre une chaleur qui, dans le moment actuel, est telle que les siciens ont calculé que la transmission de la chaleur intérieure
n'entre que pour une fraction de degré dans la température dont nous jouissons. Or, comme les corps diminuent en général de volume en raison de la chaleur qu'ils perdent, il en résulte que le noyau liquide a dû diminuer plus que son écorce, ou, en d'autres termes, que celle-ci, devenant trop grande pour celui-là, a dû se bosseler. Le bossellement devait d'abord se faire d'une manière lente et insensible, mais il a dû arriver un moment oii la déformation devenant trop forte, il s'est opéré une fracture ou écrasement qui aura déterminé une révolution brusque, par la raison que quand on bande trop fortement un arc, celui-ci après s'être courbé finit par se rompre avec une fracture violente. D'un autre côté, la loi de simplicité qui préside aux phénomènes naturels a porté M. de Beaumont à penser que ces fractures devaient se faire parallèlement à un demi-grand cercle de sphéroïde terrestre, et donner naissance à une ride en forme de fuseau ou côte de melon dont le demi-grand cercle serait la ligne médiane, attendu que cette forme est la plus simple de toutes celles qui peuvent résulter de la tendance d'un sphéroïde à se resserrer.
La continuation du refroidissement devant amener le renouvellement successif des mêmes phénomènes, il a dû en résulter une série de rides dans lesquelles M. de Beaumont voit l'origine des aMBtagnes, hypothèse qui est tout à fait en harmonie avec l'aspect déchiré et le relèvement des couches qui caractérisent la plupart des montagnes. Une autre conséquence de cette manière de voir, c'est que toutes les élévations ou autres accidents de l'écorce terrestre formés par une même révolution doivent avoir la même direction, et en effet on remarque que quand une chaîne de montagnes forme une ligne courbe ou brisée, elle peut se décomposer en séries d'éléments rectilignes ou parallèles qui doivent leur origine à des soulèvements différents dont on peut reconnaître l'âge relatif (1). On conçoit toutefois que les révolutions nouvelles tendant à effacer les traces des révolutions antérieures, il est quelquefois très difficile de reconnaître ces traces, et qu'il faudra longtemps avant que l'écorce du globe soit assez bien étudiée pour y lire l'indication de toutes les révolutions qu'elle a éprouvées. Cependant M. de Beaumont a déjà déterminé dans
(t) Parmi let objeelioni que Ton a faites contre lliypolhète qoe les rides formées à nno même époque étaient parallèles à on même ^rand cerclei on a infoqoé l'exemple d'une pomme ratatinée: mais il n*y a ancon rapport entre les denx phénomènes, car l*intérieor de la pomme n*e»t pas floide et réeorce s*y trouve comme sondée sor tous les points, de sorte qoe, qnand même cette écorce aorait la rigidité nécessaire pour ne pas se laisser tirailler ta toat liDs, elle ne pourrait pas encore •ai m let lois générales de la mécanique des corps rigides.
442 GÉOGÊNIE.
l'Europe occidentale l'âge relatif de plusieurs soulèvements ou sysfémcs de montaf^nes, qu'il désigne respectivement par le nom de contrées ou de montagnes sur lesquelles ils ont agi. Nous allons donner l'indication des principaux de ces systèmes dans l'ordre de leur ancienneté (1).
V Système de la Vendée, dirigé du N.-N.-O. au S.-S.-E. (2).
2° Système du Fmûtère, orienté E. 2P 45' N.
M. de Beaumont considère ces deux systèmes comme antérieurs au terrain silurien; mais, comme ils n'ont encore été étudiés que sur un espace restreint, on n'a pu, jusqu'à présent, s'en servir pour établir des distinctions générales dans les dépôts appartenant à ces temps reculés.
3^ ST/stème du Longmynd (3), dirigé N. 25* E. Ce système, formé entre les phyllades de Llandeilo et le psammite de Caradoc, s'observe non seulement dans l'ouest de l'Angleterre, mais aussi dans la Normandie, la Bretagne, le Limousin, l'Erzgebirge, la Moravie, la Finlande, etc.
4* Système du Morhihan, orienté E. 38° 15' S.
M. de Beaumont a reconnu que cette révolution, qui a donné lieu aux traits les plus caractéristiques de la Bretagne, est postérieure aux trois systèmes précédents. Ses observations l'avaient également porté à conclure qu'elle était antérieure au terrain silurien, mais, comme il reste encore des doutes sur le classement des dépôts les plus anciens de la Bretagne, il serait possible que cette révolution correspondît à la discordance de stratification observée en Angleterre entre le psammite de Caradoc et le calcaire de Wenlock. Il paraît que l'on a aussi observé de ses traces dans le Limousin, à Messine, dans le Bœhmerwald, en Ukraine, etc.
5° Système du Westmoreland et du Hundsriicky orienté au défilé de Bingerloch sur le Rhin E. 31° 30' N. Ce soulèvement, qui a été très important, a eu lieu entre les terrains dévoniens moyen et inférieur. Il se manifeste, non seulement en Angleterre et au Hunds-
(1) On ne doii pas fonfoortmces systèmes géogéniques arec les s\is(ème8 géographiques Aùn\ nons avons pané dans te livre premier et qui ool simplemcol pour bul de grouper de« rnoolagnes auxquelles i'ut»af{c> donne des noms diflérenls quoiqu'elles présAolent des rap(>orU de posilioo qui réclament une dënominatiun collMlive.
(i) Les direcliuus indiquées dans cette énamération m rapportent & la localité principale qui donne la dénoromaiionau sy&lème. Lorsque celle dénomination annonce nne étendue assex considérable pour que l'orientation ne soit plus la même dans ses diverses parties, on désii;nera la localiié fale à laquelle elle se rapporte. On trouvera dans les poblicatioas de M. de Beaumont des et des table« pour calculer les angles qu'on grand cercle, ayant une directioD dètenaioee a lieu, forme avec le méridien d'an antre lieo, ainsi qne le réaultat d'on gr&nd nombre Je coll.
« Longmynd est une chaîna de eollinaa dana le Shropsbire, contrée de Toiieal d« rABgle-
riick, mais aussi dans le Taunus, dans le Ficbtelgebirge, dans le Frankenwald, dans le Harz, dans l'Erzgebirge, en Bohême, en Ardenne, dans les Vosges, dans la Montagne-Noire, dans le Bigorre, aux îles d'Hyères, etc.
6"" Système des Ballons (Vosges) et des collines du Bocage normand^ orienté au Ballon d'Alsace 0. 16"* N. Ce soulèvement a eu lieu entre la formation du calcaire carbonifère et celle du millstone gris des Anglais, et a donné naissance aux montagnes en forme de ballons des Vosges, du Schwartzwald, du Harz; il a également laissé des traces dans le sud-est de l'Angleterre, en Bretagne, dans la Lozère, etc.
7** Système du Forez^ dirigé N. 15^* 0. Ce soulèvement se serait opéré entre les étages moyen et supérieur du terrain houiller. U a produit de nombreuses dislocations dans le plateau central et dans l'ouest de la France, ainsi qu'en Angleterre, etc.
&" Système du nord de V Angleterre dirigé dans le Yorkshire N. 5** 0. Ce soulèvement, qui a eu lieu entre le terrain houiller et le terrain permien, parcut avoir laissé de ses traces dans les montagnes des Maures, dans le Maroc, dans les îles d'Aland et de Gothland, dans le nord de la Russie, etc.
9^ Système des Pays-Bas (1) et du sud du pays de Oâlles^ orienté à Mons en Hainaut E. ô"" M . et formé entre le zechstein et le grès des Vosges. Ce soulèvement a plissé les vastes dépôts houillers qui s'étendent depuis le pays de Galles jusqu'en Westphalie. On en voit également des effets dans l'ouest de la France, dans le sud do la Russie, etc.
10* Système duRhin^ dirigé N. 21** E. Cette révolution, qui a eu lieu entre le grès des Vosges et le grès bigarré, a donné naissance aux escarpements qui bordent la vallée ou plaine du Rhin entre Baie et Mayence. Elle a également laissé des traces dans le centre de l'Allemagne et de la France, dans les îles Britanniques, en Scandinavie, etc.
11"^ Système du ThUringer^mld^ du Bahmerwaid et du Morvan, dont la direction au Greifenberg est 0. 39** N., et qui s'est formé entre les terrains triasique et jurassique.
12** Système du Mont-Pïlas^ de la Côte-d^Or et de VErzgébirge^ orienté à Dijon E. 40'' N. Ce soulèvement a eu lieu entre la formation du terrain jurassique et celle du terrain crétacé,
(1) M. d« Beaomoot, qnl arait créé eetu» déoomioaiioo lonque le royaiim^ dei Payi-Bai comprenait lo royaam« aeloel de Belgique, aTait depuis subsUlué, avec raisoo, le oom de Hainaui à celai det Payi-Bat. Probablement qne c*esl par inadTertanca qae ce deraier nom s'eet retrooTé dans lee demièrei pobUcationt de M. de Beaamoot.
4li GÊOGÉ.ME.
\?)' Siisfènic dio Vernrrs en I)ar,])liint', orieuto N. 8" E. et dont Frpofjm^ li'o^t pas cm'oî'e ]»ieii (Ji'tei-niiiK'e.
14" A'//.<?/'"///(' (J" Mont J'/'si) e( dif, Pinih\ oriciiti' au Mont Yiso N. 22 ' :î() O. et lomir riitro k's terrains civtacé inlV-rienir et siipé-
rieni'.
V)' S'isirnii' flrs P'jri'iu'a, orioiitr au pie dt^ NtHlioii 0. 1S"N. et IbrnK' inmiotliatenicnt aprt's le tcn-aiu nuniniuliti(]UO. Il est i)lus important (jn'au'-un île crux ([ui Tont ])récé<Ié, et a produit de^ TïU)ntaii:n<'s heaiieoup idns élev^'es. !s'ous (ntei'ons, outre lo> Pyrénées, (le n!M!i])r(Mi\ eliaînon-^ des Apennin^, des montairnes de la rénin^alr ^!;^\ oirrecipi*' [S >;sf ■',■,}" ArJuinivc d(^ MM. Bol)laye et Vii'let), de la ll')ii!zrie, de rAllemas^nie, des Al])es. etc.
IG" Si/s((i'nc des (/es (1<' Coj's,' cf. (h' S^-rduiiinr, dirii:ré du nord au sud. et l'oriné y'\\\\y'. le .i^ypx' de M'tniniai'trc et le irrè> de Fontainel)leau. On i)ent y rapjnrter divers accidents intérieurs de In France, delà Pt'niji^ulc slavoL^'ecque, delà lloiiiirie, etc. . 17" Siish'nic ih' Vtlr (Je ]l"n/I'f\ (J)' Taira . du, Rtht-Dnfih. et (k r/ff/'f/H's. oiicnt'' aa Taira 0. 1 ' .'>() X. et formé entre le,i:rès deFoutainctd''an et le calc.-irc de la ))ca:ice. Il a nnii seulement exerce une irraiide inllm iic'c sur les m(»nta^'n« s citées ci-dcs>ns, mai> iiussi sur cci'l:iin(>s ])arti(^s d(^s Alpc^, du Jura, etc.
18" S'istrnn' d(f Sa,.r.','r(>is et d' F lî r>i ma ntJn\ orienté à Sancerre E. 2<i" N. Il jKir.iît a\<>ir ])ris nai^^-ance entre» \v ealcaii'C delà lîeauee et le lai un de Tnui'ai]i(\
11)" Sf/st(' i/ie des AI n''s i-eritle^.fajrs^ diriL't'' en I)au])lnné X. 20" E. Ce soulèv(ane]it, ([ui a eu lieu entre les terraii.s miocène et pliocène, se maniî'este au^^i dans l'iatéaieur de la France et de FAllema,irn(\ en Scandinavie, dans hi (irèce où MM. Virlet et Boblaye l'ont ne.mmé >S//>Y''///^' J)<h'da,ahjae ^ ct^'.
20' S'/sfrnir de l" ehiin't' i,r(in'/>ifi!;' des ^i/j)f\s\ de])uis le Valais Jus«pren Autricdie, crienté tai Tyr(d 0. 11" 1.")' S. Ce système, qui est d'uîa' trè^ irrauùe importance, s'est t'tuané entre le terrain pliocène et les teiraius «[ualeiauiiies. Il se retrouve dans la plupart des cliaînes de montairues (K- l'Espagne, dans le Calkuu, dans le Caucase, ilan.s Tllimalava, eic.
La C(>mî>araison des systèmes (]ue nous venons d'énumérer fait voir (jue souvent deux systèmes conséculits sont perpondiculaii*es Fun à l'autre, vo (pii [larait être une consé(juence de la cause attribuée à ces lidies ; car on conc^'oit (jue, quand la croûte du globe s'est ridé<* dans un sens, il eu résulte une léi;ère déformation qui détermine la ride suivante à se faire dans un sens perpendiculaire à la précédente, atin de rétablir la forme normale. Une fois que ce
rétablissement s^est opéré, il n^y a plus de nécessité que la ride suivante soit perpendiculaire à Tune des précédentes, ce qui explique la variété des directions.
M. de Beaumont, persuadé que cette variété n'était pas non plus Tefifet du hasard, mais devait se rapporter à une loi simple, a cherché (1) à se rendre raison de cette loi, et il a observé que les angles sous lesquels se coupent les grands cercles qui représentent les différents systèmes de montagnes n'ont pas des valeurs purement accidentelles, mais que leurs valeurs, toujours un peu incertaines, à cause de la divergence des observations partielles, tendent à se grouper entre elles, lorsqu'on les range par ordre de grandeur dans l'étendue d'un quart de circonférence. Il a remarqué <îe plus que ces groupes ne sont pas placés arbitrairement sur le (juart de circonférence : leurs positions suivent, au contraire, une loi dont il a trouvé la clef en rapprochant des groupes d'angles dont il s'agit, les angles qui existent dans un réseau régulier de grands cercles tracés sur la sphère, auquel il a donné le nom de réseau pentagonal. Le réseau pentagonal a pour base quinze grands cercles qui divisent la surface de la sphère en vingt triangles équilatéraux et en douze pentagones réguliers. Il contient en outre une foule d'autres cercles coordonnés régulièrement avec les premiers. Les quinze grands cercles fondamentaux jouissent de la propriété remarquable de constituer dans une enveloppe sphérique le système de plus facile écrasement.
Une conséquence de l'hypothèse qui attribue l'origine des montagnes au ridement de l'écorce du globe conduit à admettre que répoqne la plus favoraUe à la fomation de» bautcs montagnes a dû être celle des rides les plus nouvelles. Car le peu d'épaisseur de la croûte du globe dans les commencements ne permettait pas que les fragments qui se redressaient formassent de grandes élévations, et l'on conçoit que ces élévations ont dû devenir de plus en plus considérables à mesure que la croûte s'épaississait. Or, quoique M. de Beaumont ait établi l'âge relatif des vingt systèmes de montagnes indiqués ci-dessus d'après des considérations différentes, c'est à dire d'après celui des couches qui se trouvent relevées et de celles qui ont conservé leur position horizontale, on voit que les systèmes les plus anciens ne présentent que des coUines peu élevées, tandis que les plus hautes montagnes appartiennent aux systèmes les plus nouveaux ; circonstance qui établit une grande
(1) Voj. le eomptt noda da V Académie au sciencet de nnttitut de France, dv 9 MptombreftttO.
446 GÉOGÉNIB.
présomption en faveur de l'hypothèse des rides, tandis qu'elle e^t complètement incompatible avec les autres hypothèses que Ton a proposées pour expliquer l'origine des montagnes.
Nous ne devons pas dissimuler toutefois que M. de BeaumoLt indique encore, sous le nom de système du Ténare et à^aœe voîcanl'iui de la Méditerranée^ des systèmes postérieurs et ceux dont D'us avons donné l'énumération et qui, au !ieu de coïncider avec «le hautes chaînes, se rapportent seulement à des fentes ou à d-s montagnes isolées; mais il est à remarquer que ces accidents, bien loin de contrarier l'hypothèse des rides, nous paraissent la confirmer. On conçoit, en eflfet, que, dans cette hypothèse, il peut arriver une époque où l'écorce de la terre atteindra une épaisseur telle qu'elle ne pourra plus se rider, soit que le retrait du no\\:a central détermine simplement la formation de cavités intérieures, c'est à dire de chambres^ selon le langage des fondeurs, soit que u retrait donne lieu, entre les pièces séparées qui composent l'écorce. à un Jeu analogue à celui qui se passe dmmm les vonssoirs d'uiit voûte qui s'afi'aisse. Cette dernière supposition parait d'aut^inî plus probable que les nombreuses rides qui se sont successivemi nt croisées ont dû diviser l'écorce du globe en une multitude Je masses qui reposent sur une base liquide et dont la séparation e>î entretenue par les agitations dont nous avons parlé sous le nom dt^ tremblements de terre. Or, la circonstance que les gaz qui se forment en dessous de Técorce du globe, ainsi que les liquides qu'i!^ entraînent, s'échappent maintenant par les soupiraux que l'on appelle volcans sans être accompagnés de rides, semble annontv: que l'époque des rides est passée et qu'elle est remplacée piir celle des éroptlons voleaniques, phénomène qui paraît n^avoir commencé que depuis que la formation des rides a cessé ; car tout annonce qu'il n'y a pas eu d'éruption volcanique avant la péricMitquaternaire et que la formation des terrains trachytique et bas:iltique se rapproche beaucoup plus des éjaculations à la manière des porphyres qu'à des éruptions analogues à celles de no> volcans.
On avait cru, à la vérité, pouvoir rapporter à l'époque des volcans la formation, dans un autre hémisphère, d'une grande ride présentant des montagnes très élevées et que l'on a désignée par le nom de Système des Andes; mais les observations qui ont été faites postérieurement sur la constitution géologique des Andes, notamment par MM. Boussingault, Alcide d'Orbigny et Pissis, prouvent que le soulèvement principal de cette chîûne remonte à un époque antérieure, et que la dernière révolution quia agi sur ces montagnes
n^a fait qae donner naissance aux Tolcans qui les surmontent, phénomène tout à fait semblable à celui qui a donné naissance aux volcans de la Méditerranée.
Cette manière de voir explique pourquoi les séries de volcans situées sur le grand cercle passant par les Andes, les îles Âleutiennes, les îles Kouriles, le Japon, les îles de la Sonde, présentent souvent de petites lignes dont les directions, au lieu d'être parallèles à ce grand cercle, le coupent sous divers angles. Car on conçoit que, quand Técorce du globe ne s'est plus prêtée à la formation de nouvelles rides, les matières qui tendaient à s'élever dans cette écorce devaient s'échapper non seulement par les nouvelles fractures qui venaient de se former, mais aussi par les portions voisines des fractures résultant de révolutions antérieures. Aussi M. Beaumont a-t-il été conduit postérieurement (1) à considérer conune contemporains le système du Ténare, celui des Andes et l'axe volcanique de la Méditerranée , et y voir un Système voleanique tri-rectangulaire dont tous les cônes auraient surgi en même temps.
La formation d'un grand système de rides n'a pas dû se borner à donner naissance à un pU unique; on conçoit, au contraire que, quand le ridement de l'écorce, le long d'un demi-grand cercle , avait déterminé un fracture longitudinale, les lèvres de cette fracture, pressées comme dans un étau, devaient exercer une presnion latérale sur les matières environnantes et y produire une série de plis plus ou moins étendus et plus ou moins irréguliers. Les personnes qui ont eu l'occasion de voir les effets singuliers de refoulements et de plissements que de simples remblais, faits de main d^homme, produisent sur des matières douées d'une certaine mollesse, se feront facilement une idée des effets prodigieux qui devaient résulter de la pression de masses semblables à celles qui constituent nos montagnes, à une époque où les matériaux qui composent l'écorce du globe avaient moins de rigidité qu'actuellement, ainsi que l'attestant les plis que présentent les couches qui ont subi cette action.
D'un autre côté, nous avons déjà eu l'occasion de faire remarquer (page 446) que la division de l'écorce du globe en pièces séparées reposant sur une masse liquide qui se contracte et dont la surface est agitée par des développements de gaz, doit donner lieu à des mouvements particuliers analogues à ceux que l'on observe dans lejev 4ca vaoMoIra d'une voûte qui s'affaisse; phénomène
(1) Notieet sur U$ *yitème$ de$ maniagneâ, pty. tltO.
418 ~ GËOGÉNIE.
qui explique beaucoup de faits, notamment Torigine des Vailles (page 194), les alternatives de terrains marins et de terrains d'eau douce, l'émersion des massifs composés de couches qui ont conservé une position à peu près horizontale, les soulèvements qui ont encore lieu maintenant (page 430), etc.
Enfin, le peu d'épaisseur et la flexibilité de l'écorce dn globe dans les temps anciens, combinés avec la formation des dép<)t?, ont dû encore donner lieu à une autre cause de dérangement, c'est à dire à raffalsscinenl des ba^islns. On conçoit, en effet, que les dépôts qui se formaient dans les bas-fonds, soit par précipitation chimique, soit par le transport mécanique des sédiments, devaient peser sur ces bas-fonds de manière à déterminer successivement leur abaissement, ce qui explique non seulement les massifs en fonne de ])assin que Tétude de la géognosie nous a fait connaître comme étant souvent plus épais vers le centre que sur les bords, mais aussi commont il se fait que l'on trouve des massifs excessivement épais et cependant remplis de corps organisés, tandis que l'observation des phénomènes actuels nous prouve que les êtres vivants ne peuvent subsister à de très grandes profondeurs.
On voit qu'en partant de Thypothèse de la fluidité ignée et du refroidissement successif du glol)e, les lois ordinaires de la physique nous donnent les moyens de concevoir tous les phénomènf/s qui ont déterminé la formation ainsi que l'arrangement des matériaux qui composent l'écorce du globe, et que ces lois conduisent à admettre des révolutions brusques sans lesquelles il nous parait impossible d'expliquer quelques-uns des faits que présente la structure de la terre. Tel est notamment celui de la présence, à plusieurs milliers de mètres d'altitude, de couches formées sous les eaux de la mer, ainsi que l'attestent les débris d'animaux marins qu'elles recèlent. Or, quels que soient les phénomènes extraordinaires que l'on puisse supposer pour expliquer le séjour des eaux à une semblable hauteur, tels que le déplacement de la position astromv mique du globe ou l'existence d'une masse d'eau immensément plus considérable que celle qui existe actuellement, il n'y a qu'un soulèvement brusque de ces montagnes qui peut rendre raison de cet état de choses depuis que l'étude de la géognosie a prouvé, par exemple, que des terrains marins, qui s'élèvent maintenant à plus de 3 000 mètres d'altitude dans les Alpes de la Savoie, se formaient à la même époque où les plaines du bassin de Paris étaient couvertes par des lacs d'eau douce dont les rivages étaient ombragés par des forêts de palmiers habitées par une grande quantité d'animaux terrestres. U est à remarquer aussi que, tandis que les soulè-
vements brusques rendent parfaitement raison de Taspect déchiré des montagnes et du redressement des couches qui les composent, toutes les autres hypothèses viennent, en quelque manière, se briser contre Texplication de cet état de choses.
Ces grandes dislocations du sol nous donnent aussi des moyens d^expliquer Torlgiiie des valléen, question très complexe dans laquelle plusieurs géologues n'ont vu qu'un eflfet de l'action érosive des eaux; mais, si nous cherchons à reconnaître comment celles-ci auraient pu creuser les vallées, nous voyons bientôt qu'il en est beaucoup qui ne peuvent avoir été formées de cette manière. En efiFet, l'eau ne peut couler que d'un point élevé vers un point plus bas ; de sorte que, si toutes les vallées étaient le résultat du passage des eaux, elles auraient toutes la direction de la pente générale du sol, et l'on ne verrait jamais une rivière traverser une chaîne de montagnes plus élevée que la plaine où elle prend sa source, ce qui a cependant lieu dans beaucoup de contrées, ainsi qu'on a pu le voir dans la géographie. D'un autre côté, si nous examinons les effets que les eaux exercent maintenant sur les matières qui forment l'écorce solide du globe, nous verrons que cette action ne se fait sentir, d'une manière prononcée, que sur les matières meubles ou friables qui se désagrègent facilement, et que les nouveaux lits que se creusent nos rivières sont toujours pratiqués dans les sables ou dans d'autres dépôts meubles, tandis que les monuments historiques nous apprennent que les fleuves les plus forts et les flots les plus fougueux se brisent depuis des milliers d'années sur certains rochers, sans leur avoir fait éprouver de changements sensibles ; d'où il résulte que, si les vallées avaient été produites par l'érosion des eaux, elles se seraient établies bien plutôt dans les dépôts meubles que dans les masses cohérentes, ce qui est précisément le contraire de ce qui a lieu ; car nous voyons non seulement que les vallées les plus profondes et les mieux prononcées se trouvent toujours bordées de rochers escarpés très cohérents, mais que ces mêmes vallées, ou plutôt les cours d'eau auxquels elles servent d'écoulement, sont arrêtés par des dépôts meubles qui les forcent, pour ainsi dire, à rebrousser chemin. C'est ainsi, par exemple , que le Rhône qui , de Genève à Saint-Genis , en Savoie, coule du nord au sud, au milieu de roches calcareuses très cohérentes, change brusquement de direction, lorsqu'il rencontre les premières collines arénacées du Dauphiné, et rentre dans de hautes montagnes calcareuses qu'il traverse, en faisant un angle aigu avec sa première direction.
Ce même Rhône, ou plutôt le cours d'eau qui descend des Vosges
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dans la Méditerranée, et qui porte le nom de Saône et ensuite celui de Rhône, présente une auti'e circonstance, qui est tout aussi défavorable à l'hypothèse du creusement des vallées par les eaux; c'est que ce cours d'eau, au lieu de s'être frayé un chemin au milieu des dépôts meubles qui recouvrent la vaste plaine qui sépare le Jura et les Alpes des montagnes du centre de la France, suit, au contraire, le pied de ces montagnes', en s'introduisant , pour ainsi dire, dans leur intérieur, de manière que Ton voit à Tournus, à Lyon et à Tain, sur la rive gauche du cours d'eau, des collines composées des mêmes roches cohérentes qui constituent les montagnes qui bordent la rive droite. Or, si l'on fait attention à la facilité que les eaux auraient eue pour tourner autour de ces espèces de caps, et aux difficultés, pour ne pas dire à l'impossibilité de leur part, de se creuser un lit au milieu de rochers très cohérents, on demeurera convaincu que ces eaux, bien loin d'avoir creusé un semblable lit, ont profité d'une ouverture qui se trouvait dans les massifs de rochers.
Le Danube et beaucoup d'autres fleuves offrent aussi la même disposition.
Une autre difficulté que plusieurs vallées, surtout celles des terrains primordiaux, présentent contre l'hypothèse de l'érosion, c'est l'existence des barres ou étranglements qui donnent souvent aux vallées l'aspect d'une série de bassins unis par des défilés ou couloirs étroits, tandis que la masse d'eau qui coule dans une vallée allant généralement en augmentant, les vallées faites par érosion doivent tendre à s'élargir continuellement, depuis leur origine jusqu'au point où elles se perdent dans une plaine ou dans la mer.
Nous pourrions citer aussi les lacs qui présentent des enfoncements plus profonds que les points où l'action érosive des eaux superficielles a pu s'étendre. A la vérite, on répondra qu'il est inutil»? de combattre l'opinion que les lacs n'ont pas été formés par cett^i action, ptfisque les géologues qui lui attribuent le plus d'importance, sentant qu'elle aurait dû combler les lacs plutôt que de les creuser, ont été obligés de chercher une autre origine à ces enfoncements ; mais cette dernière circonstance est elle-même un argument contre le système qui voit l'effet de l'érosion dans toutes les vallées, puisque c'est avouer que ce système est insuffisant pour rendre raison de l'origine de certaines vallées; car les lacs ne sont que des vallées ou de§ bassins qui n'ont pas, comme les vallées ordinaires, une ouverture plus basse que la partie la moins élevée de leur fond (1 ).
(1) Depuis l'iogertioD, dans mvi éditions antérienres/de re paragraphe où je parle accidenUlie-
H s^agit donc de rechercher si l'étude des phénomènes qui se passent encore et de ceux qui se sont passés dans Técorce solide de notre planète ne nous indique pas des causes plus propres à expliquer l'origine des vallées barrées et étranglées. Or, ce que nous avons dit sur l'origine des montagnes et sur le mode de formation des roches nous donne les moyens de concevoir facilement Toriginede ces vallées ; ou plutôt, l'état de la plupart de nos vallées, surtout de celles des contrées formées de couches inclinées, est une des plus grandes preuves que l'on puisse produire en faveur de l'hypothèse que les montagnes sont le résultat des soulèvements, des plissements et des dislocations de l'écorce terrestre.
Yalléen d^écartcmeiit. — On sent en effet que, si un massif de roches cohérentes a été fortement soulevé, il a dû non seulement se fendre sur un grand nombre de points, mais ses parties ont dû souvent s'écarter et laisser, par conséquent, entre elles des fentes on enfoncements bordés par des escarpements rapides; tandis que, si la cause soulevante a agi sur des masses meubles, les éboulements n'auront pas permis aux fentes de s'établir; ce qui explique pourquoi les cours d'eau traversent des montagnes élevées et rebroussent chemin devant de petites arêtes arénacées. On conçoit également que, dans le système de l'écartement, les flancs d'une vallée présentent un angle saillant vis-à-vis d'un angle rentrant, et qu'ils soient formés des mêmes couches, disposées dans le même ordre, puisque souvent ces flancs ne sont que les parois d'une fente pratiquée dans une même masse (1).
ment de la formation det lacs, on a émis l'opinion qne lei lacs des Alpes deTaient leor originn i on afomllemeot déterminé par les glaciers; mais, quel qne soit le mérite des savants qui ont adopté eette hypothèse, je ne pnis partager lenr opiuioo, d*aotant pins qne I*on a déjà fait remarqaer qne lee parties des glaciers qni se trouvent dans des enfoncements, bien loin d*nser le sol. doifeni demeurer stationnaires. D*nn antre côté, quant à Tobjection tirée de ce qne le transport des dépôts dilDTiens a dû combler les crenx laissés par le soulèvement des montagnes, on peut y répondre qa*na tassement poslérienr a pn former de nouvelles caTîtés, qne d'ailleors, quoique nos rivières transportent des débris, il s'y conserve des gouffres qni deTlenoent des petits lacs lorsque les eaux se retirent, et enfin qne des glaces peuvent aToir, dam certains cas, empêché le comblement des caTités où sont maintenant les lacs des montagnes.
(1) On a objecté contre Thypothô»» de l'origine des vallées par simple écartement la circonstance qne Iai flancs de la plupart des vallées présentent des pentes assex douces; mais, sans Tonloir contester, ainsi qn*on le verra ci-aprés, qne les eaux ont souvent modiflé les cavités produites par les tractores du sol, \e ferai remarquer que les mouvements du sol qui ont accompagné ces fractures 0teenx qui se sont succédé depuis, ont dû occasionner des ébonlements d'autant plus importants qu'il est bien probable que, daos beaucoup de cas, les roches dans lesquelles les fentes se sont produites aTaient moins de ténacité lorsque les fentes s'opéraient qu'elles n'en ont maintenant; de sorte que l*éTa<emeot d'une Tallée ne suffit pas pour prouver qu'elle n'est pas le résultat d'nu ôcartemeot, tandis que l'origine des vallt'es qui ont conservé les flancs qni se rapprochent de la direction verticale uh peut, selon moi, se concevoir que par l'écartement des masses dans leï.qnellefl €ett« vallée est pratiquée. Je ne pois non plus concevoir, ainsi que je l*ai déjà indiqué ci«des>ai, le creusement des lacs dans l'hypothèse des érosions, tandis que dans celle de l'écartement on conçoit que les laes ne sont qne des parties de fentes qni ont échappé davantage an comblement postérieur.
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On conçoit également que quand la force soulevante agissait sur des masses assez flexibles pour plier plutôt que de se fendre, et surtout quand cette force produisait une pression latérale, il devait se former des espèces de plis ou de rides, c'est à dire des montagnes (jui prenaient la stratification que Ton désigne sous les noms de voûte ou de selle (page 198). Or, lorsque deux ou un plus grand nombre de ces plis se trouvent placés les uns à côté des autres, il en résulte des enfoncements que Ton peut désigner par la dénomination de wallées de pliAftemeiilA x tel est le cas de plusieurs vallées longitudinales qui séparent des chaînons du Jura.
Walléen ée fallieB. — Nous avons déjà eu l'occasion de parler des failles (page 194) et du jeu dos pièces séparées ou vousscirs que nous supposons leur avoir donné naissance (page 447) ; or. quelle que soit la manière dont ce phénomène s'est passé, c'e^t à dire qu'il y ait eu soulèvement et al)aisscment simultané ou seulement un des deux mouvements, il y a eu nécessairement un changement de niveau entre les deux côtés de la faille, par conséqiieut élévation d'un de ces côtés par rapport à l'autre; or, cette élévation formant une digue que les eaux doivent suivre pour s'écouler. il s'y forme une véritable vallée.
Ce qui se passe dans la nature actuelle nous porte à croire q^i'il s'est aussi formé des vallées d'une manière analogue à resi»-'ce de refoulement qui a lieu dans les eaux courant4?s. On suit. en ofifet, que, quand des courants rapides transportent des matières en suspension, ces matières se déposent en dehors du courant, au lieu de s'étendre uniformément en couches planes, comme celles qui se font dans des eaux tranquilles; c'est ainsi, par exemple, qu'il se forme, sur les bords d'une rivière gonflée, des espèces de bourrelets élevés au dessus du fond du lit de la rivière. et que la présence, au milieu d'un cours d'eau, de quelque obstacle qui divisera le courant en deux branehos, suffira pour donner naissance à un dépôt qui, recevant des accroissements à chaque gonflement des eaux, deviendra, pour les temps ordinaires, une île élevée au dessus du niveau des eaux, et, sauf ses dimensions, cette île sera une montagne isolée au milieu de deux vallées qui h. séparent de deux chaînes de montagnes, c'est à dire des berges de la rivière.
Les dunes (pages 13 et 222) nous donnent aussi des exemples de creux qui se forment en même temps que les élévations qui le> bordent, car, ainsi que nous l'avons déjà indi(iué, les dunes ^e composent d'un assemblage de collines qui donnent tout à foit, dans leurs petites dimensions, l'idée d'un pays de montagnes bil-
PHÉNOMÈNES ANCIENS. 4Sa
lonné de vallées, et cependant on sait que cet effet n'est point dû à une érosion, mais que les sables s'accumulent par buttes dont les sommets sont plus ou moins éloignés.
Le phénomène du refoulement a lieu d'une manière encore plus sensible, lorsqu'il tombe de la neige par un grand vent, et les personnes qui voyagent dans de semblables moments ont souvent eu Toccasion de remarquer que, tandis qu'il ne se fixe pas de neige dans certains endroits frappés par lèvent, il s'élève à côté d'épais massifs terminés par des plans verticaux, etmême en surplomb, d'une hauteur considérable. On remarque également que la présence d'un arbre ou d'un autre obstacle, divisant le courant du vent, devient l'origine d'un amas de neige qui s'élève comme une île entourée d'endroits sur lesquels le sol demeure à découvert. Or, si nous faisons aussi abstraction des dimensions, cette disposition de la neige nous donnera absolument l'idée de plateaux sillonnés par des vallées, et sur les bords desquels se trouvent des caps, des presqu'îles et des montagnes isolées.
Si, à ces phénomènes qui se passent dans un fluide élastique aussi rare que l'atmosphère, ou dans des amas de liquides aussi petits que nos fleuves, nous comparons ceux qui ont dû se passer dans de vastes mers, dont les eaux déposaient de puissantes couches minérales, nous sentirons que la force des courants a dû souvent refouler les matières de ces couches dans les endroits où l'eau était plus tranquille et, par conséquent, donner naissance à des collines et à des vallées plus ou moins considérables. Il est donc très probable qu'il y a eu beaucoup de vallées de ce genre ; nous pensons même que c'est la manière la plus plausible d'expliquer ces collines isolées et ces échancrures qui, dans certaines contrées, comme la partie du nord-est du massif tertiaire de Paris, forment la bordure d'un plateau qui domine une plaine et dont les couches ont conservé leur position originaire, ou du moins ne paraissent pas avoir subi des dérangements suffisants pour expliquer le relief du pays.
Vallées d'érosion. — Du reste, nous sommes loin de prétendre que l'action érosive des eaux n'ait pas, de son côté, donné naissance à un grand nombre de vallées ; on sent, en effet, que dans les dépôts meubles ou dans ceux composés de couches peu cohérentes dans lesquels les soulèvements, les affaissements ou les refoulements n'avaient pas tracé de voies pour les eaux, celles-ci ont fini par creuser leurs lits ; mais les vallées creusées de cette manière ont des caractères différents des autres, c'est à dire qu'elles suivent exclusivement la pente générale du sol, qu'elles sont plus