‹ Précis élémentaire de géologieChapitre 73 sur 107 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Position astroBOBilqae. — Le royaume de Belgique est situé entre le 49* et le 52* degré de latitude boréale, et entre le méridien de Paris et le 4* degré de longitude orientale.

CoutltatloB orof^aphlqae* — Toute la partie septentrionale appartient à la grande plaine du milieu de PEurope ; mais le sol se relève dans la partie S.-E., qui peut être considérée comme Textrémité occidentale des monts Hercyniens ou montagnes du milieu de rAllemagne. Ce sol n'atteint cependant pas une grande élévation, et le point le plus haut n'a pas 700 mètres d'altitude. Le pays a deux pentes générales, Tune dans le sens de TE. àl'O., l'autre dans celui du S. au N.

C^ulitatlon hydrographique. — La Belgique renferme beaucoup à^eauw^ quoiqu'elle ne soit traversée que par deux fleuves importants, la Meuse et V Escaut^ qui ont leurs sources dans l'empire français et leurs embouchures dans le royaume des Pays-Bas. Mais les parties élevées sont arrosées par une multitude de petits cours d'eau, tandis que les parties basses présentent beaucoup d'eaux stagnantes et de nombreux canaux creusés pour la navigation et pour l'écoulement des eaux. Quelques-unes de ces parties

(1) Voir rotMerralioa préliminaire placée à la télé du TOlnine.

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1)8 GEOLOGIE DE LA SELGIOUE.

sont tdleuii'Dt basses, qn elles ne sont conservées à la cnlture qu':iu moyen de dignes qui les préservent des inondations ; c'est ce que l'on appelle des polders.

Les principales rhUret de la Belgique, qui se jettent immédiatement dans les deui fleuves que nous venons de citer, sont \&Lyt, "ÏADurme, le Rupcl, ïaDendre, la Zjralme, la Haine pour l'Escaut ; le yiroin,\&Samhre,\&Mékagne,\eGeer,\ËBer}ciHe,VOarte,\3.Hoyovx, \eBoe,\B, £esse,\a. Bouille, la jSfmow pour la Meuse. Parmi les nombreux affluents de ces rivières de second ordre, nous citerons la Seule et la Maniel pour la Lys; la Senne, la Dyle, le Berner, les deux Gestes, les deux Nèthes pour le Rupel ; la Trouille pour la Haine; V Heure, le Piéton, et VOmoz poarlaSambre; la Vesdre,h. Hoegne alVEmllèTe pour l'Ourte.

Les cours d'eau qui se jettent dans la partie de la mer du Nord qui baigne la Belgique sont peu étendus, mais généralement canalisés. Les plus importants sont YYperlée et son affluent YTser.

Quelques autres petits cours d'eau, sur la frontière orientale, se jettent dans le Rliin par l'intermédiaire de la Moselle.

Nous ferons voir dans le chapitre ni, ci-après, que la direction des cours d'eau de la Belgique n'indique pas toujours la pente générale du sol.

Si nous recherchons quelles sont, dans la Belgique, les cMOrMs g^osrapbl«|Mci> que l'usage conserve indépendamment des divisions politiques, nous reconnaîtrons que l'on peut en distinguer de deux sortes : les unes, qui se rattachent uniquement à quelques considérations naturelles , semblent remonter aux temps historiques les plus anciens ; les autres, qui tirent principalement leur origine d'anciennes démarcations politiques.

L'une des plus caractérisées de ces divisions, et dont le nom était déjà en usage du temps de César, est VArdettne, contrée qui s'étend des sources de l'Oise à celles delà Kyl!,et qui, sous le rapport politique, est maintenant pai-tagée entre les royaumes de Belgique et de Prusse, l'empire français et le grand-duché de Luxembourg (1), L'Ardciinc, plus élevée que tous les pays qui l'entourent

(1) L'Arr1<-no« D'jTsnt jamau rorreipomla 1 d*> UmllM paliliijoK on

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an N., à TO. et au S., est on vaste plateau, dont l'altitude moyenne est de 500 à 600 mètres, et qui atteint 689 mètres à Botrenge, au nord de Mabnedy (1). Son sol est souvent assez uni, mais dans les parties traversées par des cours d^eau un peu importants, il est déchiré par une multitude de vallées et de gorges extrêmement profondes, bordées par des escarpements qui ont quelquefois plus de 200 mètres de hauteur. On peut en quelque manière y considérer les vallées principales comme des tiges d^où partent une infinité de rameaux qui s^étendent sur les côtés, en sillonnant toute la surface voisine. L'Ardenne est généralement aride ; on y trouve d'immenses forêts et de vastes landes qui forment ou des plateaur marécageux et incultes, connus dans le pays sous le nom de hautes fugneê (2), ou de mauvaises pâtures qu'on ne cultive ordinairement que par Tessartage, c'est à dire à des intervalles plus ou moins longs et après avoir brûlé le gazon. H n'y a pas longtemps que Ton ne trouvait de terres régulièrement cultivées et de bonnes prairies que dans les vallées, mais depuis quelques années la culture a fait de grands progrès dans les parties où des routes, des chemins de fer et le voisinage des lieux où l'on fabrique de la chaux ont facilité les moyens d'amender les terres.

Au nord-ouest de l'Ardenne se trouve le Coniros^ dénomination qui était aussi en usage dès le temps de César. On peut considérer cette contrée comme limitée par la Meuse et la plaine qui s'étend entre les parties inférieures de la Meuse et du Rhin ; mais la portion septentrionale de cette étendue est plus connue sous le nom de pays de Iferve, et ceUe du sud-est sous celui de Famenne. Le Condros est, par son élévation et ses productions, comme par sa position, un intermédiaire entre l'Ardenne et les contrées basses du nord-ouest; il est formé de plateaux dont l'altitude ne paraît pas surpasser 350 mètres, et qui sont souvent divisés en collines Ion* gués et étroites, dirigées du sud-ouest au nord-est, et séparées par des vallées parallèles, peu profondes et à pentes très douces. Mais ces collines et ces vallées sont coupées par d'autres vallées plus enfoncées dont la direction est très variable et les flancs plus ou moins escarpés. De nombreux cours d'eau qui circulent dans ces vallées et une végétation très variée contribuent à donner à la contrée un aspect fort pittoresque; mais c'est un pays peu fertile,

(1) L« lignai de Botreoge est citné tar le territoire prassien, inaii prés de ce point, la bara^rne Hkliel, province de Liège, atteint i'allilade de 874 mètres. (Honseao, Etiai de géitg. phyt, de (a Beigiqfue, p^. 39).

(^) Le mot façpMS on fanges paraît dérivé de celoi de veenen, qoi signifie terrain toorbeox dans les laagnei germaniques.

quoique la culture y ait fait d'immenses progrès depuis le commencement de ce siècle.

On désigne ordinairement sous la dénomination de Hainaut^ non seulement la province belge de ce nom, mais aussi la partie orientale du département français du Nord, et Ton peut considérer cette contrée comme se prolongeant jusqu'à la Meuse, de manière à comprendre le reste du pays entre la Sambre et la Meuse^ pays que Ton considère quelquefois comme une petite contrée particulière, laquelle a beaucoup de rapports avec le Condros, dont elle est en quelque manière le prolongement. Dans sa partie méridionale, qui longe TArdenne, se trouve un petit territoire qui est le prolongement de la Famenne et que l'on appelle ^û^»^, parce que son sol, alternativement sec et marécageux, a beaucoup de rapports avec les hautes fagnes de TArdenne. La partie du Hainaut entre la Sambre et l'Escaut, qui est plus basse est plus unie, est au contraire un pays très remarquable par la réunion de ses richesses agricoles, minérales et manufacturières.

La contrée qui s'étend au N.-E. du Hainaut, sur la rive gauche de la Meuse, depuis l'Ornoz jusqu'au Demer, est assez généralement connue sous le nom de Heshaye; c'est un pays ondulé plutôt que réellement plat, dont l'altitude est d'environ 200 mètres et qui est remarquable par sa fertilité pour la production des graines céréales et oléagineuses.

Au nord du Demer et de la Nèthe s'étend, entre l'Escaut et la Meuse, une contrée connue sous le nom de Campine^ et qui, sous le rapport politique, est partagé entre le royaume de Belgique et celui des Pays-Bas. Cette contrée est très basse, extrêmement unie et fort stérile, le sol y étant en général couvert de bruyères et de marais, à l'exception cependant des parties qui avoisinent les fleuves, qui sont au contraire très fertiles. On a aussi mis en culture les bords des canaux et les alentours des lieux habités, qui forment des oasis au milieu des bruyères.

Au sud-est de la Campine, entre la Geete et la Dendre, se trouve le Bràbant^ contrée qui, dans sa partie N.-O., présente quelques portions aussi basses et aussi horizontales, mais beaucoup plus fertiles que la Campine. Le reste, qui est plus élevé, a un sol assez inégal, sillonné par de nombreux vallons et aussi très fertile. Cette contrée se subdivise en Brdbaiit wallon au sud et Brahant flamaïiâ dans le nord. La partie orientale de ce dernier est connue sous le nom de Hageland.

On désigne en général sous le nom de Flandre la contrée qui s'étend depuis la Dendre jusqu'à la mer du Nord, et qui comprend

non seulement les deux provinces belges de Flandre, mais aussi la partie occidentale du département français du Nord et la partie continentale de la province néerlandaise de Zélande (1). Son sol est généralement très bas et fort uni. H présente une chaîne de collines qui forment le prolongement de celles du Brabant et qui, après quelques interruptions, se terminent par le groupe isolé de Cassel. La portion S.-E. de cette contrée est un des pays les plusfertiles de la terre, et une culture soignée a aussi rendu le reste très productif. La partie septentrionale renferme beaucoup de polders.

Il reste encore une petite portion du territoire belge qui n'a point été comprise dans cette énumération ; elle est située au sud de TArdennc, et peut être considérée, sous le rapport géographique, comme l'extrémité septentrionale de la Lorraine, C'est un pays de collines qui atteint près de 500 mètres d'altitude, et qui produit beaucoup de céréales, mais oii la culture est fort difficile (2).

(i) Oo pourrait considérer la Flandre géographiqur* comme divisée en quatre partiel distinirnées par les épitbétei de tepterurionale, ^'orientale, A*occident€Ue et de méridionale, lesquelles correspondraient respectlTement aax quatre divisions politiques indiquées ci-dessus.

(I) Ce petit pays étant séparé politiquement de la Lorraine depuis plusieurs siècles, on n*D8t plus (Uns l'habitude de le comprendre dans cette grande contrée, et on le désigne souvent, avec une partie du Luxembourg grand- ducal, qui a les mêmes caractères, sous le nom de Luxembourg à froment. J*en avais parlé, dans mon édition de 1806, sous le nom simple de Luxemhourg ; mais cttte dénomination, déjà vicieuse alors, puisque Tusage attribuait encore ce nom à tont Taneien duché qui comprenait, en outre, une grande partie de l'Ardeone, ainsi que des portionn de TEifel et du Gondros, Test devenue davantage depuis que Ton a rétabli deux divisions politiques sous le oom de Luxembourg : le grand-duché et la province belge ; sans compter que Tusage admet encore on Luxembourg prussien ai on Luxembourg français, pour des parties de l'ancien duché réunies an royaume de Prusse et Tempire français.

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