‹ Précis élémentaire de géologieChapitre 75 sur 107 · NOTIONS GÉ06N0ST1QUBS · texte numérisé non relu

NOTIONS GÉ06N0ST1QUBS

récents qui recouvrent la grande plaine d'Europe. II s'enfonce 4 l'ouest et au sud sous les terrains secondaires du Hainaut, de l'Artois, de la Picardie et de la Lorraine. Il est percé en Ardenne ainsi que sur les bords de la Sambre et de la Meuse par les dépôts siluriens dont nous venons de parler. La partie qui se prolonge au nord-ouest de l' Ardenne est fortement plissée de manière à former de nombreuses voûtes, entre lesquelles se trouvent des bassins de terrain touiller. Ces plis ont une direction générale de l'ouest à l'est, mais qui fléchit vers le nord à l'est d'une ligne que l'on peut considérer comme passant par Namur et Rochefort.

n résulte de cette disposition que les roches qui composent ce massif paraissent, au premier coup d'oeil, former des bandes dirigées dans le sens général des couches, et comme celles-ci sont tantôt schisteuses, tantôt quartzeuses, tantôt calcareuses, on a cru pendant longtemps que le massif se composait d'une puissante série de couches successives, placées sur leurs tranches à côté les unes des autres, mais Dumont a reconnu que ces alternatives sont dues à un petit nombre de systèmes qui ont été plissés, refoulés et disloqués de manière que les voûtes sont fréquemment fendues au sommet et quelquefois renversées ; d'un autre côté, de nombreuses failles ont souvent mis en contact des dépôts qui sont plus ou moins éloignés dans la série normale (1).

La paléontologie a conduit les géologues à diviser le terrain dévonien en trois étages qui sont très inégaux en Belgique, car l'étage inférieur y est à lui seul plus puissant et plus étendu que les deux autres (2).

Nous distinguerons dans cet clage Inférieur quatre systèmes

(i) Lm dècoDTertei de Dumont ooi été coniignées daoi on Mém. sur la constit. géol. de la province de Liège, eoaronné par VAcad. royale de BruxeUee en 1830, et reprodnitei dans di- TATses Dolirei pnbliées postériearement, ainsi qoe dam ses bellts cartes géognostiques. La maniera de voir dn Dnroonl, qui avait trooré beaucoop d'incrédules, a 6ni par être géoèraiement adoptée ; •eolemeot les recherches paléonlologiqnes faites dans ces derniers temps, notamment celles de M. GossAlet {Mémoire cité à la pag. SM), ont fait voir que Dumont, comme 'oos les hommes qui font faire de grands progrés aux sciences, a quelquefois trop généralisa les faits qo*iI avait découverts. Ost ainsi qu'ayant reconna que presque toutes les alternatives de roches que présente le Condros sont le résultat de plissements, il a cm voir aussi des plis dans quelques localités de TEntre-Sambre-ei-Meuse, où il y a des intercalations de couch'^s snccessiveâ; mais, ainsi qne H. Dewalque l*a démontré {Rull. de l'Acad, royale de Belgique, 1861, t. XL pag. 81), ces légères erreors de détail n'altèrent pas Tensemble des brillantes découvertes de Dumont.

(i) La groupe ardoisier que j'avais adopté originairement et ensuite les gtdopes ardennait et rbitoan créés par Dumont, avaient l'avantage de ne pas rénnir dans une même division des dép6te fortement métamorphiques de l'Ardenne avec ceux moins modifiés du Condros et du Hainaut, auisi ai-je eu beaucoup de peine à y renoncer, mais les dérouvertes pal.' ontologiques faites, dans ces derniers temps, ne permettent plus de s'écarter de la marche asspx généralement adoptée maintenant; cependant j'ai déjA fait remarquer ci-dessus que l'absence des fossiles dans une grande partie des dépôts dont Dumont composait ses terrains ardennais et rhénan permet encore d'élever dei doutes sur leur classement.

qui correspondent aux divisions que Dumont appelait système gédinnien, système cohlentzien, système ahrien et partie inférieure du système eifelien; mais, pour ne pas nous écarter des principes de nomenclature que nous avons adoptés, nous les désignerons par des types pris dans les contrées dont nous nous occupons, savoir : le poudingue de Fepin, le phyllade de HoufiFalize, le grès deMontigny-sur-Meuse et le poudingue de Bumot.

Le système du poudingue de Fepin (1) entoure les quatre massifs siluriens de l'Ardenne, sauf que du côté du midi les massifs de Rocroy et de Givonne s'enfoncent sous les terrains secondaires. D commence par des poudingues qui ne se montrent quelquefois que par des blocs épars sur le sol. Les fragments qui les composent sont souvent très petits, rarement gros, parfois soudés immédiatement entre eux, d'autres fois liés par une pâte, qui passe au quartzite, au psammite, au phyllade. Ces poudingues ont de la tendance à prendre la texture scliistoïde, ils sont quelquefois entièrement quartzeux, d'autres fois ils renferment des phyllades, delapyrophil- ■ lite, des hydrosilicates magnésiens, de la hornblende et surtout de l'orthose plus ou moins décomposée, de sorte qu'ils passent à l'arkose. Cette dernière roche, lorsqu'elle est en contact avec le poudingue, lui est supérieure, mais elle est principalement développée dans les lieux ou le poudingue manque. Elle a les textures poudingiforme et grésiforme avec de la tendance à prendre la texture schistoïde. On exploite comme pierre à bâtir, à Weisme près de Malmedy, une arkose formée d'une pâte blanche grésiforme renfermant des globules de quartz gras translucide (2). On a aussi exploité anciennement à Neuville près de Salm-Château, pour faire des colonnes, une arkose rougeâtre à laquelle on avait donné le nom de granité.

Au dessus des arkoses, quelquefois au milieu de celles-ci, se trouvent des phyllades dont les couleurs sont très variées, et présentent du rougeâtre, du grisâtre, du noirâtre, du bleuâtre, du verdâtre, soit uni soit bigarré. Il y a de ces phyllades qui renferment beaucoup de petits octaèdres de magnétite, on y trouve aussi des cristaux, des paillettes, des grains et des veines de marcassite,

(1) Le pondingae ëUnt U roche la plas earactérittiqae de ce Bystéme ei celai da Fepin, Tiiia^e aa sDd de GïTet, ayaot déjà été cité daui plasieun ouvrages, j'ai cru devoir le prendre poar tjpe, plutôt que ceux du canton de Gédinne qui auraient ea Tavantage de rappeler le nom qoe Dornoot a donné à en système, mais ces pondtogues sont moins connus et ne se trouvent pas rar le terri. toire de la commune de sedinne.

(2) J'avais en 180B, époqae où l'espèce arkose n*était pas encore créée, désigné la roche de vei$m« par le nom de grès, c'est MM. Gosselet et Malaise qui ont laitlderniérement connaître aa Tériiabld composition.

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de quaxtz, de limonite, d'acerdèse, de chlorites, de pyrophyllite, d'orthose, etc. Aux environs de Naux sur la Semois, il y a du calcaire et du calschiste qui se lient intimement avec les phyllades qui les entourent.

Enfin il y a de ces phyllades qui contiennent des fossiles, notam* ment la Choiietes sarcinulata^ la Grammysia Hamiltone^isis^le Tentaeulites omatus^ la Cœlaster constellata^ et une grande quantité de cypridines.

Le système des phyllades de Houffalize (1) est beaucoup plus dé- Teloppé et recouvre une grande partie de l'Ardenne en reliant les quatre massifs siluriens qui le percent.

n est principalement composé de phyllades et de quartzite passant au schiste, au psammito, au grès, à Tarkose. Les phyllades sont quelquefois susceptibles d'être employés conmie ardoises pour couvrir les toits, surtout dans la partie méridionale, où plusieurs ardoisières [sont ouvertes. L'une des principales est celle d'Hei> beumont, à l'est de Saint-Hubert. Ceux de ces phyllades qui sont désagrégés donnent ordinairement, comme ceux du terrain silurien, une terre légère, onctueuse, qui ne fait point pâte avec l'eau. Des arkoses micacées sont exploitées, notanunent à Rogery, pour servir de pierres à aiguiser le^faux.

Les roches de cet étage renferment beaucoup de minéraux disséminés, surtout celles qui se trouvent dans une zone qui traverse l'Ardenne dans le sens de sa longueur, en passant, entre autres, à Bastogne, et où les phénomènes métamorphiques ont exercé plus d'action que dans le reste de la contrée. Parmi ces minéraux, nous citerons le grenat, l'ottrélite, la bastonite (2), la pyrophyllite, les chlorites, l'actinote, la magnétite, le kaolin, l'orthose, des hydrosilicates magnésiques, etc. Quelques-unes de ces substances, notamment la magnétite, l'ottrélite, le grenat, sont assez fréquentes et assez abondantes pour caractériser des variétés de roches. On y trouve aussi du calcaire qui se présente sous la forme de crinoïdes ou d'autres cor))s organiques, et qui, entre Bouillon et Charleville, compose des bancs ou amas, plus ou moins développés, que l'on exploite pour faire de la chaux. Ces bancs de calcaire sont ordinairement bleuâtres, traversés par des veines cristallines blanches ; ils

(1) Je preods pour type les phylladei de Uoaffaliie parée qoe cVsl dan» lefteoTiroot de cetle villa qne Fon a recoeilli les fossiles les mieax caractérisés, de sorte que, si d« nouf elles dècoiiTert«a faisaient recoDuaflre que des parties de ce Taste massif appariieoneut à d*aatres groupes» il y & lien de croire que Uouffalize cooliooerait àlétre rangé dans le dèvooien ioférieur.

(S) Oamont avait donné leinom de boitoniU à une substance qu'il considérait comme une péce particulière voisine de rotlrèlite.

rnftcis Di atoLoan. 33

511 GÉOLOGIB DE U BELGIQUE.

prennent souvent la texture schistoïde, et se lient intimement a\ec les phyllades qui les entourent.

Les traces de fossiles sont assez nombreuses dans ce système, mais ces corps sont rarement susceptibles d'être bien déterminés. On y a cependant recueilli plusieurs espèces de trilobit^s, de brachiopodes, d'échinodermes, ainsi que le Pîeurodyctinm problematicum, Dumont avait obsprvé aux environs de Bastogne des phyllades qui contiennent en même temps beaucoup de grenats et des débris de coquilles.

Les deux systèmes dont nous venons d'exposer les caractères principaux sont traversés, comme le terrain silurien de l'Ardenne, par de nombreux dylLe» de quartz blanc, qui passent à Fétat de fll#Bfi erlstalllHii et à celui de simples veines. Parmi les matières métalliques de ces filons, on cite de la galène, de la marcassite, de la sperkise, de la stibine, de la chalkopyrite, de la limonite, de Toligiste, du sidérose, des manganides, etc. La seule de ces substances qui donne lieu à une exploitation remarquable sur le territoire belge est la galène de Longwilly près de Bastogne. On peut aussi citer quelques filons de sable.

Le système du grès de Montigny (1) est moins développé que les précédents et mal déterminé, parce qu'il est difiBcile de le distinguer du suivant. D forme des bandes étroites sur les bords extérieurs du massif formés par les phyllades de Houfi'alize et se retrouve dans le Condros et l'Entre-Sambre-et-Meuse sur le bord méridional de la petite bande que nous avons citée en parlant du terrain silurien. Les roches de ce système ont un aspect moins métamorphique que celles des systèmes précédents ; ce sont en général des grès ou des psammites plutôt que des quartzites, des schistes plutôt que des phyllades. Les parties quartzeuses sont souvent exploitées pour faire des pavés et sont très favorables à la croissance des arbres, aussi donnent-elles naissance à de rastes forêts.

Le système du poudingue de Burnot (2) forme la bordure nord-est de l'Ardenne, et constitue aussi une puissante bande qui s'étend dans la direction de la Sambre et de la Meuse, depuis les environs de Valenciennes jusqu'au delà d'Aix-la-Chapelle, mais qui, dans le Hainaut, est souvent recouverte par des terrains plus récents. D se

(1) Je cite cornine type de ce système le grès qni te troarp ao nord de Montigoy-snr-Mense, sn ■nd de Givet, parce qo^il a déjà été cité plusieurs fois par M. Gosselel. Peui-éire gn'ii Taadrait mieax prendre pour type le boia d*Ose an sid lU Namor, où cette roche c.«t très déreloppée, mais Dament ne l'avait pas colorie sur sa carie comme appartenaDt à siOD sy^ti'jne ahrieo.

(2) J'ai pris depuis longtemps pour type Barnol, village sur la lieuse au sud de Namorparef qu'il — *\i déjà été cité par d'autres géologues, mais y a piatiears localités où le poodiogoe est espioiie.

"hin près de Uuy en fournil notamment beaucoup pour le service des bauis-foarBeaox.

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moBtrô également sur la bordure septentrionale du massif déyo-> nien, mais il y est ordinairement recouvert par d'autres dépôts. Enfin il forme en Ardenne, au nord-est de Neufehftteau, une pointe qui est Textrémité méridionale d'un bassin qui a son siège principal dans rSifel.

Ce système est composé de roches schisteuses et quartzeuses, daas le nombre desquelles on en remarque beaucoup qui sont caractérisées par une couleur rougeâtre qui d'ailleurs passe au brunâtre, au yerdâtre, au jaunâtre, au grisâtre et au blanchâtre. L*une des roches la plus remarquable de ce système est le pou-* dingue, qui est ordinairement formé d'une pâte de psanmiite rougeâtre renfermant des fragments, plus souvent anguleux qu'arrondi», de diverses substances, ordinairement quartzeusies, notamment de quartz compacte blanc, de quartzite rougeâtre ou grisâtre, de phtanite noirâtre. Cette dernière substance donne un moyen de distinguer le poudingue de Bumot de celui de Fepin (page 512), où il paraît qu'il n'en existe pas ; d'autres fois les fragments sont agglutinés les uns aux autres, sans que l'on aperçoive le ciment qui les unit. Ce poudingue forme souvent des pierres très solides que l'on emploie à faire des pavés, des meules de moulins, des ouvrages de hauts-fourneaux. On préfère surtout pour ce dernier usage le poudingue llanc^ c'est à dire celui où domine le quartz blanc et où il n'y a pas de pâte psammitique, laqueUe est ordinairement fosible. Quelquefois aussi les fragments ne sont pas liés entre eux et la masse ne présente qu'un assemblage de cailloux enfouis dans un sable argileux. Quoique ces poudingues soient stratifiés et intercalés dans les psammites et les schistes avec lesquels ils se lient intimement, ils forment souvent des renflements plus épais que les autres couches.

Les roches schisteuses de ce système ne présentent pas ordinairement le clivage en grands feuillets qui caractérise les phyllades et la plupart se transforment en une terre argileuse lorsqu'elles sont exposées à l'air ; du reste elles passent si fréquemment au psammite, que l'on pourrait dire qu'une grande partie du massif est formé d'une roche intermédiaire entre le schiste et le psammite.

Les fossiles sont très rares dans ce système, il n'est pas même certain que ceux en très petit nombre que l'on y a cités, ne devraient pas être considérés comme appartenant aux dépôts qui lui sont inférieurs ou supérieurs. ^

L'étage BieyeH, tel que nous le restreignons maintenant (1), est

(I) Domont, qnt le pramier, en 1830, a dîsliDgné c«t éUge toof 1« nom de Système calcareux

rilO (ÎÉOLOGIE DK IX IJELGIQL'E.

(•(>ni|"n>,' (le (MkMirc et de seliistes ; il peut se diviser en deux systèui; s e.'n'ea't-'i'i^('s ]>ar (le:> faunes différ(Mites et qui ont pour type, l'un le ralrcirc sur liMj^ueî est ];àtie l:i ville (^'^ C'un'i,}, Tautre le c^?/cn.tre ([ui forment les eseai'jxuneîits qui domiiK^ la ville de Girel.

L" système du ralcairc de Covvin est ])(*u dévelo{)i)é. et manque dai:^ une ;L:!"a]nl(î partie du massif dévonieu. Il est print'i])alemeut ('!>nLj)o^r' de S'-liistes. oi'dinairenuînt,gris quelquefois UDiràtres, contenant souvent des novnux, des amas ou des haues de calcaire. C'.'iiX-ei se trouvent ordiiniii-ement dans la ]);irtie moyenne du système Les vehistcs de la ])ai'tie inf<''rieure sont earaetérisés par la ])rrs(MU'(» du Spirifer cvltrijiujntusi, tandis (pie le calcaire et les seliistes supérieurs 1(^ sont par la (.'nJccoIa sandalnid.

Le systèiiK^ du caJculrc de Uirei est ]dus dévi^loppé et forme le long" (V' FAi'denncî uno bande eontinne. Il est moins puissant et souvent interronqiu sur les auti'es Inu-dures des massifs dévoiiiens. Ce système est ))rineipal(uu(Mit composé de calcaire de conU'ur bleuâtre, passant au noirâtre, au grisâtre et au blaiieliatre. On avait aneicnnemoAt attribué ses coubuirs noire ou bleue à du bitume, mais Bmii'snol a reconnu (1) qu'elles sont dues à du eliarbon dans un état analogU(* à celui de Tanthraeite. Ce caloaii'C dégage souvent (piand on b^ l)ri>e une odeur fétide ([ue Ton a attribué a Taeide sidfbydrique : sa textui'e t^st tantôt compacte, tantôt gi'enue, tantôt lamellaiiv, (pieb[uefois bré(d]iforme; ses masses grejun^ ont ordinaii'enu^nt la eassnri^ droite, et les masses Oomjiaetes. la c.issnre conclioïde. Il rentei'me beaucoup de j)arties cri>tallines, les unes foj'nunit des veines ou de [x^tits filons plus ou moins prolongi's ; les autres, des noyaux ou des rognons dans lesquels il y a souvent (b^^s géodes tapissées de cristaux. On remarque que c'est dans b*s couc-lu^s impui'es et friables (]ue les cristaux et les noyaux ci'istallins s(nitle ],)lus al)ondants. C(S ))arties sont ordinairement bla.nclies, mais il y en a de limpides dont on peut obtenir, ])ar la division méeani(pi(\ des rboinboi^nlres qui ra})pellent ceux d'Isbin^le. Ce calcaire est souvent très collèrent et fournit d'excellentes jHi ]'res (r.ippai'eil. ainsi (|ue des marbres estimés. Tels sont le marbre gris et blanc de Saiiite-Anne, canton de Merbes-le-Clûtcau, la Inèclie de Lesve, le marbi'c noir de Oolzinne, etc.; il ali-

t;(/r/'îc'i/r cl tMisuilp suiis r-Mui (i« (yilfdii'rrifr'icn, v rnni|)ri>n.iil ions Io'ï calcArr^* dè>ODÙ'QS <]'• lii l^'l;:i<iiu', cl j'.n.iis suivi coCo m ii't !ic .iaiis nn', f)uhli< ;itioii.^ anlcni'urts à 1S6^. Dt-pai* l-^rs, II- re'.htT. ho.i paîeoriiol'^e'tqiics ay^nl lail voir <iii<; la p.iriie supérioiirc de ces cilraircs re • le ooe l.iutic ;in<ilov'iio à celles <içs scluslos de F.imcnnt', j'ai cru devoir adopter le mole de division éUbli Ii,;r M. tn;>vclol ei coinjtnudri; li's couche^ A Te) cbrafula cnfxn (i^'i ou Calfuire de Frasnc dans mon rtai.'o >iii>éricur.

(\) Journal ,lcs Min's, 1810, t. XXIX, pa^. 'iO'J.

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mente aussi de nombreux fours qui donnent de la chaux, soit grasse, soit hydraulique ; parmi cette dernière on recherche notamment celle de Rhisne (1). II est quelquefois mélangé de carbonate magnésique et passe à la dolomie ; d'autres fois il passe au calschiste et au schiste. Parmi ses fossiles on cite le Strigocephalm Burtini comme le plus caractéristique.

Ce système présente souvent des cavernes ou d'autres cavités souterraines dans lesquelles se perdent des cours d'eau qui repar raissent à des distances plus ou moins éloignées. Parmi les plus remarquables de ces cavernes, nous citerons celle de Han, canton de Rochefort, qui est traversée par la Lesse et qui se compose d'une longue série de salles et d'étranglements tapissés de stalactites (2).

L'élage Hupértear, tel que nous l'étendons maintenant se compose de trois systèmes dont on peut citer comme type ; le caU caire sur lequel est bâti le village de Frasne^ canton de Couvin, les schistes qui donnent un caractère particulier à la Famenne ainsi qu'à la Fagne, et les psammites qui forment la majeure partie des collines longitudinales du Condros.

Le système du ^calcaire de Frasne est principalement composé, de schistes grisâtres renfermant des noyaux, des amas et des bancs de calcaire. Celui-ci domine dans la partie supérieure, mais il est loin d'être aussi développé que celui de Givet, et souvent il ne se présente que sous la forme d'amas lenticulaires au milieu des schistes, amas que L. de Buch comparait à des récifs de polypiers. Ce calcaire ressemble à celui de Givet, les marbres y sont très fré-

(I) Le glie de Rhisne fait partie d'one baode étroite qai forme la bordore du bassin dévoQien da côté du terrain silarien do Brabant, bande qoi a donné lieo» dans ces derniers temps, à des discossions qai ne .«ont pas encore terminées. Dnmont et moi, noos aTïooi to, dans cette bande, la repr^ •entation sor nne petite éttielle, du poudingue de Bnrnot,dn calcaire de Giret et du psammile da Goodros..Plns lard M. Gos^elet {Mémoire déjà cite), a cro qu'elle appartenait ezclnslToment à rétage supérieur. Depuis lors de nouTelles rerberches ont constaté que le calcaire de Giret se troara à Al^anx avec ses fo&!»iles caractéristiques, et que le poudingue de Burnot existe également aux Mantiennes {BuU. de ta Soc. géoL de France, 1863, l. XX, pag. 832), de sorte que la dïTergeoce d'opinion se réduit maintenant à ce que nous considérions, Dumont et moi, une roche rouge pou» dingiforme qui se roit an M axy, comme appartenant au système du poudingue de Burnot, tandis que II. Gosselet croit qu'elle e&l supérieure an calcaire de Givet. Celte opinion est londée sur c« qoe cette roche paraît reposer sur le calcaire et qu'elle renferme des fossiles qui se retronreni ao dessus de ce dernier. Quant à mon opinion elle résultait uniquement de ce que, à ma connaissance, 00 n*a pas encore troufé lie poudingue dans les étages moyrn et supérieur du massif déTouien d'entre l'Escaut et la Roer. Sans prétendre qu'il ne pui»s« y avoir d'exception à cette règle, je ferai obserrer que la superposition du poudingue du Masy sur le calcaire de Givet n'est pas démootréet attendu qoe sa position, un peu plus élevée que le calcaire voisin, pourrait être le résultat d'une dUlocatioD du sol et qu'il ne me parait pas impossible que des fossiles dea dévoniens moyen ot fopérienr se trouvent dans les dernières couches du système de Burnot.

(î) On trouve une d«*scription de la caverne de Han, par MM. Kicks et Quételet dans lo t. H det Mém. d9 l'Acad. royale de Bntxelle$.

rjI8 GF.OLOiilE DE U BELGIQUE.

qu(':it.s, surtout ceux gris et rouges; il paraît qu'il y a notamment lieu cVy rapporter celui dit de Mal])laquet près de Philippeville et celui de Saint-Remy ))rès de Rochelbrt (jui ont été très recherchés.

Les schistes de Fa me mie sont ordiuaireuieut d'un gris passiintau brunâtre, au verdâtre et plus rarement au rougeâtre. Ils se divi- S(int eu petits fragments, minces, à la vérité, mais dans lesquels il n'y a plus de clivage et que Ton peut considérer comme terminés, t^ujs le sens de leur éi)aisseur, par des lignes droites. Il y a quelquefois dans ces schistes des amas ou des rognons de calcaire. Les fossiles y sont i)eu abondants et se com])osent d'espèces qui, eu général, se trouvent dans le calcaire de Frasne.

Les jjsarum'ites du Coudras sont communément d'un jaunâtre pas- K:uit au brunâtre, à texture souvent schistoïde, mais quehiuefois assez massive pour donner de belles [)ierres d'a[)pareil, des meules à ai'.ruiser, des dalles, etc. Ils ont souvent de la tendance à se divise)' en fragments rliomboédriques, d'autres fois ils sont très friables v-t m'''me à l'état aréuacé. Ils renferment presc^ue toujours des j)aillettes de mica. Ils passent si fréquemment au schiste qu'il est pies([ne im[)ossi])le de les en séparer : aussi, dans beaucoup de localités, ces deux roches et leurs intermédiaires sont-elles confondues sous les noms iVafjaize, iXagoche, iVaf/axhe. Les schistes qui accoiiipagnent les ])sammites se désagrègent facilement ])ar les iufluences nr.'4éori([ues et se transforment en une argile collante. Le5 l)saji:Jiiit( s que l'on observe dans le fond des vallées sont généra- 1< ment plus tenaces et plus souvent verdâtres ou bleuâtres que ceux des jilateaux, ce i\m porte à considérer la couleur jaunâtre et la friabilité de ces derniers comme le résultat d'une altération. La couleur rouge est plus rare<lans ce système que dans celui du pou- « lingue de Bui*not, mais elle ne lui est point étrangère, un y trouve jiotannnent des couches d'oligiste brun rougeâtre à texture ooliti.^ue, ([ui devient d'un rouge violâtre i)ar l'exposition à Tair et (ji!(; l'on ex])loite au nord de Namur sous le nom de mine rouge. Ce niinemi donne un fer tendre et cassant lorsqu'on l'emploie seul, mais on est jjarvenu à en tirer parti en le mêlant avec de la limonite ovimine jaic'iie^ aussi en extrait-on maintenant une immense quantité.

Les i'ossih^s sont nires dans les psanimites du Condros; voici ceux (jue M. Gosselet signale comme les jdus conmiuns : Cv.cidlcPd Jlnrd'i,;;'-} , T'.'t\-lr(ituhi roiirrulrict, 2\ lyolmùcnsls^ Splrifcr Vernet't^L A'. Archiaci^ Orlhls Eifenlic/tsis^ Prodnctns suhaculeatus.

Cet et:: go est, ainsi que le précédent, traversé par des filonfi, uuiis comme ces filons pénètrent aussi dans le terrain houiller qui

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est emboîté dans le terrain dévonien, nous en parlerons dans la section suivante.

4"" Si^ion. — Terrain brailler

Bleadae et dlvIsUn. — Le terrain kouiller forme en Belgique un grand massif ou plutôt un réseau de bassins de grandeurs inégales, qui remplissent les dépressions résultant du plissement des terrains dévouien et silurien et qui se prolongent également sur les territoires français et prussien, en s'étendant de TEscaut à la Roer.

On peut y distinguer, comme dans le terrain houiller de la Grande Bretagne, trois étafis qui, de même que le terrain dévo* nien sur lequel ils reposent en stratification concordante, sont plissés de manière à ^orm^ des Toutes et des bassins tout aussi disloqués que ceux du terr&in dévonien.

L^^ege ittférleur, beaucoup plus étendu que les deux autres, est, comme en Angleterre, presque entièrement composé de roches calcareuses que nous désignons par le nom de calcaire de falmir gwml{ï)^i qui, sous le rapport minéralogique, ressemblent au calcaire de Givet, mais qui présentent beaucoup plus de variations. M. Dupont les divise en six assises successives qu'il considère eomme ayant des caractères minéralogiques et paléontologiques permettant de les distinguer. Cependant leurs faunes ne présentent pas des différences tranchées, plusieurs espèces se propageant dans toutes les assises, mais elles annoncent une faune générale qui 8*est successivement et constanmient modifiée. Les six assises sont loin de se trouver dans tous les bassins ou massifs partiels, il en manque, au contraire, dans presque tous, et ces lacunes, ainsi que de nombreuses failles et de fréquents renversements mettent souvent en contact des couches plus ou moins âoignées dans la série normale.

La plus inférieure de ces divisions ou aeeiee des Éeaussines (2) est

<1) rai longtemps désigné cet étage par la dénomination de calcaire de Vite, tiré de la localité •à i'oD avait recneiUi Je plos de fossiles : mais, qoand il a été recoonn qne ia faone de Toarnai «at difléreote de celle de Visé, il a fallu admmre une seconde dirision. Maintenant que M. Dapoat distingne six assises {Bull, de l'Arad. de Belgique j 1963, t. X, pag. 86; 1865, t. XX, paK. M6. BuU. de la Soc. géol. de France, 1867, t. XXIV, pag. 669), il bot adopter nne nouvelle dénominaUon collecliTe, et J*ai choisi celle de calt-aire de Falmignoul p.irce que le massif sor lequel «at bâti le village de ce nom eit le seul où M. Dupont a constaté la réunion des six assises.

(I) Diverses publications , anti>ripnres à son travail , avaient porté M. Dupont à prendre pour types de ses trois premières assises les localités à'Elrœungt, à^AveenelUê et de Tournai, maia ayant reconnu depuis qne ces types laissaient i désirer, il leur a substitué ceux des Écautiines, de ùinant et d'Aneeremme,

caractérisée par l'abondance des crinoïdes et par la présence dans le bas de fossiles dévoniens mélangés avec les fossiles houillers. M. Dupont cite parmi les fossiles dévoniens de cette assise le Spirifer Verneuili et le Phacops latifroiis^ et parmi les fossiles houillers, les Sphifer mosquensis^ octoplicatus et distans. On a aussi recueilli dans les carrières de Soignies des corps qui paraissent êtxe des ichthyodurilites. Le calcaire de cette assise est ordinairement de couleur foncée, quelquefois argileux : tel est celui qui donne la bonne chaux hydraulique de Tournai ; d'autres fois il est magnésien, il alterne dans sa partie inférieure avec des schistes. Cest dans sa partie moyenne que se trouve le marbre à\i petit granitt^ presque entièrement formé de crinoïdes et les belles carrières de Soignies et des Écaussines, où les c(#ches, qui ont conservé une position à peu près horizontale, ne sont pas brisées comme celles qui sont plissées ou relevées, de sorte que l'on peut y extraire les magnifiques pierres de taille qui ornent les monuments de Bruxelles.

La partie supérieure est principalement formée de calcaire magnésien passant à la dolomie et renfermant une grande quantité de rognons et même de petites couches de substances siliceuses. Ces substances, que l'on appelle cîavia dans la province de Namur et que l'on emploie quelquefois pour faire des meules, présentent beaucoup de modifications auxquelles on pourrait respectivement appliquer les noms de phtanite, de jaspe rouge, de silex corné, de quartzite , de grès , etc. Elles présentent quelquefois des géodes tapissées de cristaux de quartz blanc ou limpide. D'autres fois il y en a qui sont composées de tiges de crinoïdes et qui ont une texture très celluleuse, parce que l'intérieur de ces tiges forme une espèce de tube traversé par un axe mince auquel sont attachées des rouelles qui laissent entre elles des espaces vides rappelant les cellules des meulières.

La seconde assise est formée de calcaire compacte gris à cassure conchoïde et d'un calcaire compacte noir, exploité comme marbre kDinant. Les fossiles y sont rares, M. Dupont cite le Pecten iHler^ médius comme le plus caractéristique.

h^ assise d^Ânseremme qui vient ensuite est très importante et remarquable par l'abondance de ses fossiles et notanmient par la présence du Spiri/er mosquensis à la base, ainsi que de VOrtkis resupinata dans la partie supérieure.

La quatrième assise dite de Waulsort se compose d'un calcaire grenu contenant souvent des noyaux de calcaire radié de couleur blanche et entouré d'un bord bleu foncé. Ses fossiles caractéristiques sont les Spirifer striatus et acspidatus.

NOTIONS GÉOGNOSTIQUBS. 541

1j assise de Namur qui vient ensuite est caractérisée par l'abondance d^une dolomie, souvent celluleuse, qui forme des rochers remarquables par leurs formes bizarres et qui renferment fréquemment des géodes tapissées de cristaux. La cohérence de cette roche varie depuis «celle d'une pierre très tenace dont on se sert pour faire des pavés, jusqu'à l'état meuble, et alors on l'emploie à l'amendement des terres sous le nom de môle^ corruption du mot marne. Le calcaire de cette assise est quelquefois susceptible d'être poli comme marbre et l'on y trouve parfois des cristaux de fluorine. Les fossiles n'y sont pas abondants, mais ils y atteignent une taille plus forte que dans les autres assises. M. Dupont cite, entre autres, de grands évomphales et VHarmonites catenatus.

Enfin Vassise de Visé est principalement composée d'un calcaire à cassure conchoïde, d'un gris bleuâtre, passant au gris de cendre, au blanc et au noir, prenant quelquefois la texture bréchiforme ; tel est celui exploité comme marbre à Gérin. Il y a aussi à Namur des couches susceptibles d'être employées comme marbre noir et qui renferment des noyaux de calcaire cristallin blanc accompagnés de cristaux de fluorine violette. La partie si^érieure présente quelquefois de petites couches d'anthracite qui ont, entre autres, été exploitées à Saint-Marc près de Namur. Les fossiles sont extrêmement abondants dans cette assise, les plus communs sont les Productus cora et giganteus.

On voit souvent des cavernes sur les flancs des vallées creusées dans les calcaires; telles sont celles des environs de Dinant que les explorations de M. Dupont ont rendues célèbres. Il est probable qu'il existe également des cavités souterraines sous les plateaux, car on voit très fréquemment les cours d'eau permanents ou temporaires se perdre dans les roches calcareuses pour reparaître plus ou moins loin dans les vallées. Les habitants du pays donnent le nom d^aiguigeois aux orifices par oii les eaux se perdent.

Les dépôts que nous considérons comme formant l'élai^e neyeift du terrain houiller de Belgique sont peu développés et d'une nature variable. Le plus remarquable de ces dépôts, sous le rapport économique, est Vampélite qui est exploitée pour fabriquer de l'alun dans les environs de Liège, notamment à Chokier, Cette roche, de couleur noire, à texture schistoïde, s'altère facilement par les influences météoriques, renferme de la sperkise, de petits cristaux de gypse ainsi que des concrétions, des enduits et des veines de couperose et d'alun de plume.

L'ampélite passe auphtanite, au schiste et au quartzite, roches qui la remplacent souvent dans la composition de cet étage. Les

m GÉOLOUIB DB LA BELGIQUE,

l^itanites sont très bien pronuDcéu et asser, d^velopiiés dans les en- Tirona de Moiis et de Namur. lia ont généralement la texture schistoïdc ; leur couleur est le noir, maïs ils passent fréquemmeot à des schistes grisâtres, blaticliàtres, jaunâtres ou rougeâtres.

L'èlage »apcrl«Hr, qui est le terrain houiller pEopremeat dit, est remarquable par ses cuuches de houille que l'on peut consitlérer comme les plus riches du coutiuent européen et qui sont acconi' paguées de schistes et de psanimites. Il forme une série de bassine plus ou moins développés qui s'étendent des environs de V&lencicanes à ceux d'Aix-la-Chapelle et qui sont recouverts par da terrain crétacé vers leurs exti-émités, surtout vers l'extrémilé occidentale. Les principaux groupes d'exploitation de cette série soDt dans les environs de Mons, de Clnirterot et de LUge. Il existe aussi quelques ]jetits bassins hitéraux au sud de la bande principale, mais ils sont insignifiants sous le rapport économique. Les exploitations des environs de Mons sont les plus étendues et le» plus riches, mais il parait que c'est dans les environs de Liège que cet étage présente le plus d'épaisseur et le plus grand nombre de couches combustibl^, car Dumont en comptait S5.

L'épaisseur de ces couches est très variable ; on en cite de plus de deux mùtres et d'autres fuis elles ne consistent qu'en de simples indices. La houille qui les compose est généralement sebistoïde, mais sa texture présente beaucou]» de variations, il y eu a qai eet presque cuuipacte, une autre dont les feuillets sont si minces qu'elle ressemble à de Toliglste laminaire; quelquefois elle est terreuse et pulvérulente. Elle est souvent d'un noir aïsez foncé, souvent éclatante, ayant mC'me le brillant métallique ; ses qualités comme combustible sojit aussi très variables, et ou trouve des intermédiaires depuis les bouilles les plus grasses jusqu'aux houilles les plus Bêches. Les premières s'enflamment avec facilité, brûlent avec rapidité et ne laissent presque aucun résidu ; il y a notammeat à Liège des bouilles tflk-meut grasses qu'on ne peut les employer au chaufTugc domestique dans leur état naturel, attendu qu'elles éprouvent un renflement trop considérable ; aussi est-on obligé de les pétrir avec de l'argile pour en i'aire des boulets qui brûlent avec moins de rapidité. Due autie houille grasse à longue âamme cjue l'on extrait au Flénu près de Mons est extrêmement recherchée pour la préparation du gaz d'éclairage. Les houilles sèches s'allument avec difficulté, et brûlent avec lenteur. Cette propriété est quelquefois due à ce que ce combustible se rapproche de l'anthracite, mais le plus souvent elle résulte d'un mélange d'argile ferrugineuse en quantité plus ou moins considérable. Ces dernières va-

NOTIONS GÉOGNOSTÏQUBS. 5S3

liétés, que Ton appelle AouUle maigre^ terrt-houiUe ou t&ouU^ sont avantageuses pour le chaufEage des classes peu aisées, à cause de la lenteur de leur combustion. Elles se trouvent en général dans la3 assises les plus inférieures.

On trouve quelquefois, au milieu des houilles grasses, des feuil-^ lets d'anthracite qui se distinguent de la masse principale, parce qu'ils ne brûlent pas lorsqu'ils sont exposés à un feu ordinaire. D'autres fois la houille passe à la substance que l'on a nommée houille daloïde, c^està dire à une matière ressemblant à du chaiHbon de bois qui se présente quelquefois en fragments liés intimement avec la houille ordinaire, dans laquelle ils sont enfermés, et q^ font entendre le même cri que le chaorbon de bois, lorsqu'on veut le rayer dans un sens contraire à la direction des fibres; d'autres fois cette matiièo-e forme des enduits friables qui recouvrent l'ext^ rieur des couches de houille.

Les schisies de cet étage sont ordinairement grisâtres ou bruoâr tres et deviennent quelquefois tout à fait noirs ; cette dernière couleur se trouve principalement dans le voisinage des couches de houille et se perd piu: l'action du feu, ce qui annonce qu'elle est due à une matière charbonneuse. La dureté de ces schistes est très variable, car d'un côté ils passent à l'argile et de l'autre au phtasite ; ils ont une grande tendance à se décomposer par les influences météoriques. H y en a qui passent à des couches compactes où l'on ne distingue pas la texture schistoïde. D'autres passent au sidérose qui se présente ordinairement sous la forme de rognons ou de blocs ovoïdes engagés dans le schiste, quelquefois dans la houille; lorsque ces rognons ont été exposés quelque temps aux influences météoriques, ils se divisent en feuillets concentriques. D'autres fois le sidérose forme des couches au milieu du schiste et alors il est très difficile de le distinguer de celui-ci à la vue simple. On a employé ce minerai dans les environs de Liège pour la préparation du fer.

Les psammites sont ordinairement grisâtres et passent au bru* nâtre, au noirâtre, au rougeâtre et au bleuâtre. Us renferment GOEimunément de petites paillettes de mica. Ils ont souvent la tex-* ture schistoïde et passent au schiste, quelquefois au grès, au quartzite, au phtanite, au poudingue à petits grains; on en voit qui contiennent des fragments de houille; on peut citer à cette occasion un psammite gris, passant au grès blanc, que l'on exploite près de la citadelle de Namur et dans lequel on voit beaucoup de fragments de houille qui semblent provenir de débris de végétaux. Ces roches sont employées à faire des pavés, des meules à aiguiser, des moeUons, etc.

5i4 GÉOLOGIE DE LA BELGIQUE.

Parmi les autres minéraux particuliers qui se rencontrent dans cet étage nous citerons les pyrites, surtout la sperkise, dont les rognons détériorent fortement la qualité des houilles sèches; le quartz, qui forme des veines ou des cristaux dans les psammites ; le calcaire, qui se trouve quelquefois en noyaux cristallins ou en infiltration dans la houille; la pholérite, qui a été observée en petites veines dans les schistes et les psammites des environs d-^ Liège.

Filons et amais coaehëii. — Le massif formé par les dépôts d^!^ voniens et hoiiillers d'entre TEscaut et la Roer est traversé par de^ filons dont quelques-uns sont cristallins et métallifères, mais dont les plus communs sont fragmentaires ou meubles. Ces deux catégories de filons passent dt Tune à l'autre, de manière qu'il est très difficile (le tirer une ligne de démarcation, et l'on remarque quelquefois que des filons, fragmentaires dans leurs parties supérieun-s, deviennent cristallins en s'enfonçant. Ces filons passent aussi à des amas ou poches remplies qui communiquent entre eux par des couloirs étroits et qui se terminent au jour par des dépôts en forme de nappes ou de bassins quelquefois stratifiés, qui remplissent les dépressions du sol.

Les substances métalliques des filons cristallins sont des sulfures tels que de la sperkise, de la marcassite, de la galène, de la blende qui ont pour gangue du quartz, du calcaire, de la barytine, de la fluorine, et qui sont accompagnés, lorsqu'ils s'approchent des dépôts à l'état fragmentaire, de calamines, de cérusite et surtout de limonite.

La galène a été exploitée dans beaucoup de lieux, notamment à Védrin près de Namur, à la Rochette près de Liège, dans les environs de Philippeville, à Sirault dans le Hainaut; elle l'est encore, surtout à Bleyberg sur les confins de la province de Liège près d'Aix-la-Chapelle, Ce dernier gîte a cela de remarquable qu'il est dans l'étage moyen du terrain houiller, tandis que les filons métidlifères ne pénètrent pas ordinairement dans cet étaçe. On trouve aussi dans les exploitations de calamines et de Umonite de la galène qui est ordinairement livrée en nature aux potiers.

Il y a près de Visé, dans le calcaire, un petit filon de calcaire cristallin qui renferme de petits cristaux ou de petits grains de chalkopyrite, de malachite et d'azurite.

La sperkise est exploitée dans divers lieux, notamment dans les environs de Namur, pour fabriquer de la couperose, de l'acide sulfurique et d'autres produits chimiques.

Les minerais de zinc que nous venons d'indiquer sous le nom de

NOTIONS GÉOGNOSTIQUES. 5Î5

calamines et qui se composent de smithsonfte, de kiezelzinc et de willemite, sont abondants, et ils alimentent plusieurs exploitations importantes, tant sur les bords de la Meuse que sur les confins des territoires belge et prussien, oîi se trouve, entre autres, le dépôt de l'Altherg (vieille montagne), près d'Aix-la-Chapelle , l'un des plus riches que l'on connaisse. Il remplit une immense poche située entre le psammite du Condros et la dolomie. Il rentre en quelque manière dans la catégorie des filons fragmentaires ou meubles, car le minerai métallique y est comme enfoui dans de l'argile rougeâtre. On emploie ces minerais, soit pour en retirer du zinc, soit pour préparer directement du laiton eu le traitant avec du cuivre.

Le plus abondant des minerais de ces contrées, celui qui se teouve dans presque tous les filons, ainsi que dans les poches et dans les bassins qui les surmontent, celui qui est le jJus important par le nombre d'établissements qu'il alimente et par la valeur des produits qu'il donne, c'est lalimonite. Ce minerai, que les mineurs nomment mitie jaune par opposition à l'oligiste (page 518), est souvent de couleur jaune brunâtre ou brune, quelquefois noirâtre. Sa cohérence varie depuis l'état terreux jusqu'à une grande ténacité. Les parties cohérentes se trouvent au milieu des parties terreuses sous des formes concrétionnées ou fragmentaires, et présentent souvent des géodes qui sont quelquefois tapissées de mamelons irisés et donnent de superbes échantillons de cabinet. Ce minerai fournit du fer d'excellente qualité.

La limonite est quelquefois accompagnée, surtout dans les parties inférieures des dépôts, par quelques-unes des substances métalliques que nous avons citées ci-dessus, ainsi que par des rognons d'balloysite et d'allophane, et par de petits nids de soufre; mais ses compagnons les plus fidèles, ceux qui forment souvent la masse principale des dépôts et qui se lient intimement avec la limonite par de nombreuses séries de nuances intermédiaires, sont les argiles, les sables et les phtanites, substances qui sont généralement plus abondantes que les minerais métalliques et qui forment souvent à elle% seules des dépôts si puissants qu'ils ont la forme d'amas plutôt que celles de filons.

Ces argiles présentent diverses couleurs unies ou bigarrées, telles que le grisâtre, le jaunâtre, le rougeâtre, le brunâtre, le noirâtre. Elles alimentent de nombreuses fabriques de poteries. L'argile grise d'Andenne est très recherchée pour la fabrication des pipes, elle passe quelquefois à une argile noirâtre fortement imprégnée de lignite et renfermant souvent des fragments de bois transformés en sperkise. Les argiles colorées en brun jaunâtre par la limonite

m GÉOLOGIE DE LA BELCIQCE.

sont les plus cnmniiiTÏfi; il est mi'me niro ilc trnurrr ni» masFÎf calcaire qui n'en renferme pas quelques filons ; elles p»,5sent quelquefois à l'ocre; et on en a exploité à Védria pour servir à la peintnre. Ou trouve aussi dans les envirous de Namnr nue argile d'un blanc trL'3 pur, douce au toucher, que l'on emploie pour ta imbrication de la porcelaine.

Les sables sont quelquefois très purs, alors ils saut d'un beau blanc et recherchés pour les verreries ; d'autres fois ils sont colorés en jaane par l'hydrate ferriqne , pins rarement en rouge par l'oxyde ferrique; souvent ils sont plus ou moins mélangés d'at^e et de paillettes de mica.

Lorsque les dépôts de sable, d'argile et de limonite sont resserrés dans des espaces étroits, on n'y aperçoit )»as de stratification, et si, par exemple, il s'agit d'un dépôt formé de sable et d'argile, CCS deux matières ne sont pas disposées par assises, mais l'argile tbrme au milieu du sable des espèces de filons ramifiés qnî s'étendent dans divers sens. D'autres fois ces dépote sont rranarqnablea par leur pureté, c'est à dire que l'on en trouvera qnî seront formés exclusivement de sable blanc, de sable jaune, d'M-gile grise, d'argile brune. On n'y voit aucune trace de fossiles.

Lorsque ces di'jiôts deviennent plus développés et plus superficiels, ils présentent quelquefois une stratification distincte et composent de véritaliles bassins, souvent en forme de bateaux dont les bords sont parfois fortement relevés ou même renversés. Ces bassins donnent souvent lieu à des exploitations importantes soit de minerais de fer, soit de terre de pipes; tels sont pour ces derniers les principaux gîtes des environs d'Andenne, et pour les premiers ceux des environs de Philippeville ou la limonite forme des couches alternant avec des couches d'argile et de sable.

Quant aux phtanites qui accompagnent les filons ou amas dont il s'agit, nous en parlerons dans les considéiations géogéniques.

Afin de faire mieux concevoir la disposition générale des dépôts qui ont fait le sujet de ces deux sections, nous allons donner ici une i<lée de la e«Hellliili»n gcol*gl^e du bassin qui forme )a majeure partie d« CondrtM.

Le système du poudingue de Bumot est très développé sur les deux bords de ce bassin, avec cette différence que, du côté de l'Ardcnne, il s'élève à une a.ssez grande altitude en présentant des pentes décharnées, tandis que de l'autre côté le sol forme un plateau beaucoup moius élevé, qui était, il y a quelques années, presque ëntièrt^meiit couvert de forêts, mais où l'on a opéré beaucoup de défrichements dans ces derniers temps. On voit ensuite

190TI0NS GËOGNOSTIOUES. 597

paxaitre le calcaire de Givet, qui se montre très peu du côté du nord, et qui est au contraire très développé du côté du sud, où il s'élève aussi très haut. Il en est de même du schiste de Tétage dé- Tonîexi supérieur, qui donne naissance à la petite contrée de la Famenne, timdis qu^il est presque nul du côté du nord. Le psaoH mate, qui lui succède, ne s'élève pas aussi haut, mais il forme des voÂtes d'un altitude à peu près uniforme, qui composent des collines longitudinales dirigées du S.-O. au N.-E. Ces collines ont souvent leur sommet fracturé ou dénudé de manière à présenter les tranches des couches au lieu d'une voûte, et, sur les bords des ph^ teaux, l'extrémité de ces tranches est souvent recourbée eu sens contraire, de manière à faire une espèce de crochet. On voit aussi, mais très rarement, le schiste de Famenne; et même le calcaire inférieur par^tre au milieu du plateau, et indiquer la ligne anticliuale. Ce cas se remarque , entre autres , à Mossée près de Ciney.

Dans l'espace intermédiaire entre ces voûtes psanmiitiques , s'étendent des dépôts de calcaire houiller qui forment quelquefois des bassins particuliers, mais qui, le ]plus souvent, ne sont que des digitations d'un bassin plus considérable; car, en suivant ces bandes, on voit que, par suite de l'abaissement des voûtes psammitiques, les bandes de calcaire s'élargissent et se réunissent les unes aux autres. Cest ainsi, par exemple, que la coupe passant par Ciney présente huit bandes houillères séparées par des voûtes dévonîemies, tandis qu'il n'y en a plus que deux dans la coupe parallèle passant par Dinant, qui cependant en est fort peu éloignée.

Ces bandes ou bassins de calcaire houiller supportent quelquefcHS de petits dépôts qui appartiennent à l'étage de l'ampélitê de Gbdder, et peut*être à celui de la houille de liége. Toutefois le combustible y paraît très rarement et n'y consiste qu'en une ou deux couches minces de houille maigre qui ont, entre autres, été exploitées à Bois et à Bende, mais les schistes noirs s'y montrent souvent.

jQ y a aussi dans le Condros beaucoup de ces puissants amas de sable, d'aa*gile et de Umonite que nous considérons comme des têtes de filons, et qui se trouvent de préférence vers le point de jonction des psammites et du calcaire, mais se propagent beaucoup plus dans ce dernier que dans le premier ; car il arrive quelquefois qu'ils occupent presque tout l'emplacement de la bande calcaire, de manière que l'on dirait que c'est le calcain) qui joue le rôle de dyke ou de culot dans les masses argileuses ou sableuses.

Le Condros est, comme la plupart des autres parties du globe,

su GÉOLOGIE DE LA BELGIQUE.

recouvert d'une pellicule meuble dont la partie superficielle est à l'état de tfrrf Tigctale. Celti? pflUeule présente trois modifi cation ? principales : sur les collines psammitiques, elle est peu épaisse et se compose d'une terre jaunâtre sablonneuse ; sur les bassins calcareax, elle se compose d'une terre argileuse d'une épaisseur très variable, ordinairement jauiintre])assiint au brunâtre et au rougeâtre, qui, dans les parties tout à fuit superticielles qui ont été amendées, ressemble à du limon, qui, d'autres fois, recèle une grande quantité de pbtanite et qui, dès que l'on s'enfonce, prend tout a fait les caractères des argiles des filons. Enfin, dans les vallées transversales que nous avons déjà dit couper les collines et les dépressions longitudinales, c'est à dire les voûtes dévoniennes et les bassins houillers, le dépôt meuble présente les caractères des alluvions. et l'on y reconnaît le mélange des matières qui composent les deux autres modifications , ainsi que des fragmenta de roches cohérentes.

5' Seclioti. — Terrain permlcH

Les dépôts que nous considérons comme appartenant au terrain permien, tel que nous l'avons limité (page 293), sont très peu développés sur le territoire belge et s'y trouvent dans deux contréi-s différentes : les uns fonnent une petite la/tde au voisinage df la Semois dans la province de Luxemboui'g, les autres ne consistant que dans une série de petits lambeaux qui s'étendent de M>l- Hcdy à Basse Bodeux en Ardenne, sur la frontière prussienne. Ces lambeaux sont entièrement ejitourés de terrains silurien et dévonien, sur lesquels ils reposent en stratification discordante ; car, tandis que les roebes de ces derniers groupes sont en couches fortement relevées, celles qui nous occupent ne présentent jamais une inclinaison de plus de 15 degrés. M. Lambert y distingue (1) deux divisions ; l'inférieure, qui est principalemeut développée dans les environs de iStavelot, est composée de schistes, de pséphites, de maciguo, renfermant quelquefois des noyaux et des petits bam-'s de calcaire, souvent argileux, que l'on a exploités dans ces dernit^rs temps pour faiie de la chaux, matière très précieuse dans XSxdenne qui, comme nous l'avons déjà indiqué, est presque entièrement dépourvue de calcaire, La division supérieure, qui a son principal développement aux environs de Malmédy, oii elle présente, le long de la Warge, des coupes de plus de 50 mètres, est

(1) .Inn, *J linr:i«r publia île /(e/yi./uf, IBl?.

IfOTIONS GB06N0STIQUES. 529

principalement composée de poudingues passant au gompholite, au pséphite, au macigno, au psammite, c'est à dire que la pâte, dont la composition est souvent analogue au psammite, devient quelquefois calcarifere, d'autres fois semblable à celle des schistes, et que les noyaux, principalement formés de quartzite et de psammite, sont parfois de calcaire et de schiste. La grosseur de ces noyaux varie depuis celle d'un pois jusqu'à celle de la tête ; ils sont rarement assez bien cimentés pour se fendre plutôt que de se détar cher de la pâte.

Il n'est pas démontré que ces dépôts renferment des fossiles qui leur soient propres. On en trouve cependant dans les noyaux calcareux du poudingue àMalmédy, mais ils appartiennent en général à des espèces qui se retrouvent dans les dépôts dévoniens de l'Eifel et de l'Ârdenne. Nous avons été portés à considérer ces lambeaux comme appartenant à l'étage pénéen, mais Dumont et d'autres géologues les rapportent à l'étage triasique.

La petite bande permlenne de la Semola est une branche du grand massif des Vosges et du Palatinat qui se prolonge entre le massif primaire de l'Ârdenne et le massif jurassique de la Lorraine. On la considère comme appartenant à l'étage triasique.

La partie inférieure se compose de cailloux roulés réunis quelquefois de manière à former des poudingues et des gompholites. Ces cailloux sont en général de même nature que les roches quartzeuses de l'Ardenne et ils sont colorés extérieurement en rouge par de l'oxyde ferrique, de même que les matières terreuses ou arénacées qui les entourent.

Au dessus de ce dépôt caillouteux se trouvent des psammites rougeâtres, souvent micacés et des marnes de diverses couleurs, telles que le rougeâtre, le brunâtre, le verdâtre, le bleuâtre, plus souvent bigarrées qu'unies, et renfermant quelques bancs de calcaire d'un blanc grisâtre ou jaunâtre passant à la dolomie.

6« Section, — Teppaln Jnraaalqne

Le terrain jurassique ne se voit aussi que dans une petite portion du territoire belge, portion qui est cependant plus étendue que celle occupée par le terrain permien et qui comprend tout ce qui est au sud d'une ligne tirée d'Arlon à Florenville.

Cette petite contrée fait partie de la demi-ceinture jurassique qui embrasse le bassin de Paris, que nous avons dit, page 283, être composée de dépôts sableux , argileux et calcareux , qui se lient

8S0 GiOLOGTE DE LA BELGIQUE.

intimement et dont le développement s*est &it dans on ordre géographique plutôt que chronologique. Il est résulté de cet état de choses que les divers systèmes que Ton a distingués dans ce massif, diaprés les considérations minéralogiques, n^étant pas toujours en rapport avec Tordre des superpositions, leur classement a donné lirâ à de longues discussions et à beaucoup de variations. Cependant MM. Piette et Terquem ont établi dans ces derniers temps (I), des zones chronologiques caractérisées par des fossiles spéciaux, ce qui leur a permis de déterminer avec plus d^exactitnde la position relative des divers dépôts ; mais, comme la même zone ne cor. respond pas toujours à la même nature de roches, nous avoitô cm que nous donnerions mieux IHdée de la contrée en continuant à prendre pour point de départ les systèmes minéralogiques admis par M. Dewalque (2), manière de voir que nous avons fait concorder avec les zones chronologiques en séparant la partie inférieure de la marne de Jamoigne et la partie supérieure du grès de Luxembourg sous les noms de marne d^Helmsingen et de calcaire sableux d^Orval qui ont déjà été considérés comme formant des systèmes particuliers, ce qui nous donne les 12 systèmes suivants, savoir :

Marne de Jamoigne ) Systèmes parallèlef correipoQilant à la lone de

VAmmonUes angulatus.

Grès de Marti nsart Zone de VAvicula corUorta.

Marne d'Helmsingen Zone de V Ammonites planor bis.

Grès de Luxembourg )

Marne de Strassen \ Systèmes parallèles correspûodant à U lone de

Calcaire Mbleux d'Orv.I . . .{ ro*lreaarcuata(Z).

Grès de Virton

Schiste d'Etlie ..*....( Zooe d« V09trea cymMum.

Macjgno d'Aubange

Marne de Grandcour

OoliteferrugineusedumontSaint- \ Zone de lit Belemnites compresêus

Martin Calcaire de Lougwy Zone de V Ammonites Levesquei,

(I) Le liag inférieur de la Meurthe, de la Moselle, du grand-duché de Luxembourg, dt la Belgique, de la Meuse et dr» Ardennes. Mém. In à la Soc. géol. de Franco, le S décembre iîét et iD»orë dam son Uulletin, t. XlXi pag 32i.

(S) Les traranx de M. DeiralqQ«>, faits en partif^ avec la collaboration da M. Ghapoia, ont été insérés de 1851 à 1857 dans les recaeils de VAcad. de Bruxelles, dans le BuU, cte la Soc. çio', de France et dans dts pablicalioat parlicnliéres. Ils sont rëiuméi daoa mi oorni» maiateaa&t sont presse intilnlé Prodrome d'une description géol. de la Belgique.

(3) Je réanis sons le nom de zone à Ostrea arc^iata, les sones i Ammonites bisulcatus h a Bslemnites brevis de MM. Pieite et Terquan.

NOTIOKS GÉ06N0STIQUES. 581

Le système du grès de Martinsart forme une petite bande qui se prolonge peu à l'ouest du yillage de ce nom. H se compose d'une série de couches où dominent des grès, souvent calcariferes et argi* leux, passant au sable, à la marne, au poudingue, aux cailloux roulés. Ces derniers, qui occupent la partie inférieure, se distinguent de ceux que Ton range dans l'étage triasique parce qu'ils sont pxincipalement composés de quMiz blanc et non de quartzite gris. Le9 fo0siles j sont peu nombreux et mal conservés ; M. Piette y a cependant reconnu VAvieula eantarta ainsi que des débris de poissoiifi et de reptiles.

Nous rapportons ce système à l'étage réthien et les dix systèmes suivants à l'étage liasique.

Les grès de Martinsart se lient dans la partie supérieure avec des marnes ordinairement rougeâtres dans le bas et grisâtres dans le haut. Ces marnes sont très développées dans la vallée de l'Alzelte, d'où on les a désignées parle nom du village éCHeUnêingen. E31ee renferment quelques bancs calcareux. Les fossiles y sont peu nombreux et l'on cite comme les plus caractéristiques, VAmmonitsê planorèù et la Cardinia ieshapesea.

D'autres marnes recouvrent, notamment à Jamoigne^ celles dUelmsingen avec lesquelles elle se lient intimement. Elles 8(mt bleuâtres, quelquefois noirâtres, renferment des bancs minces de calcaire compacte gris-bleuâtre ou gris de fumée et passait au madgiio dans leur partie supérieure. £lles renferment beaucoup de fossiles parmi lesquels nous citerons V Ammonites angulatus (1).

Dans la même zone que la marne de Jamoigne se trouve un puissant dépôt de grés sur lequel est bâtie la ville de Luaembaurg et qui s'étend jusqu'au delà d'Arlon. Ces grès forment souvent, surtout le long de l'AIzette, des escarpements, quelquefois en surplomb, traversés par des fissures perpendiculaires et d'un aspect très pittoresque. Us sont ordinairement calcariferes, parfois ferrugineux et accompctgnés de lits de sables et de bancs de calcaire. C'est principalement dans ces derniers que se trouvent les fos*» siles, parmi lesquels nous citerons V Ammonites angnlatus^ la Lima gigantea et la Montlioaltia Gutttarii (2).

(i) Lt groope de là marna d« itmoigoe, tel qQ*f I «Tait èlé origioairtBent èUMi par Danoatt coaB|>niBait tool les dépAU maneas de catla lacaltté; mait, d'après les observalioot postériaorm de iÛL Pialta aiTerqaem, il y a lien d>n reiraochar la partia infériaora qai apparUaal i la marna d'HaloMiogan et la partie lopériaare qui appartient i la oMme da Straïaan. Maie caa parties ioat beawovp maint dé? eloppèes i Jamoivoe qoa la partia moyaane.

(I) La Bweaif da grès eitstaat i Lniemboarg eat à pao près dans la même cas qaa la massif maïaan de Jamoigne, c'est i'dira qae qoeiqnes eooclias tapèrievee eantmant l*0«lrMi areuata, doiTaat être considérées eorama appartenant aa caleaira ubleu d'Orral.

Le grès Je Luxembourg est recouvert dans certaines localités, notamment à Strassen^ par des marnes bleuâtres, accompagnées de calcaire grisâtre passant au grès et dont on fait de la chaux hydraulique. Ce système renferme beaucoup de fossiles dont les plus caractéristiques sont : VOstrea arcuata, V Ammonites hisulcatus et le Belemnites bretis (1).

La marne et le calcaire de Strassen sont quelquefois recouverts et souvent remplacés, à l'ouest d'Arlon, parle calcaire sableux qui a servi à construire Tancien et vaste abbaye éCOrtal (2). Ce calcaire, qui passe au grès , et à la marne , renferme un grand nombre de fossiles analogues à ceux de la marne de Strassen, sauf que les belemnites y sont plus nombreuses et les huîtres plus rares. • M. Dewalque a donné le nom de grès de Virton à un nouveau système sableux qui se distingue des précédents par la présence de VOstre cymUum et que nous avons déjà cité sous le nom de calcaire sableux de Sapogne et de Saint-Laurent (page 286). Ce système a une composition très variée, les sables étant plus ou moins calcarifères et passant au grès, au calcaire sableux et à la manie sableuse. Les grès, ordinairement jaunâtres, deviennent quelquefois bleuâtres, d'autres fois ils sont ti'ès ferrugineux et passent à une véritable limonit^ brune.

Le schiste £Ethe de M. Dewalque est un système peu puissant principalement composé de schiste gris, passant à de l'argile et à des marnes bleuâtres. Il renferme des noyaux ovoïdes de sidérose argileux qui se transforme en limonite. La marne est exploitée' pour l'amendement des terres.

Le Macigno d^Auhange est quelquefois assez cohérent pour être employé à empierrer les routes ; il passe au schiste et au calcaire, ce dernier devient ferrugineux.

(1) Le lystème de la marne de Slrassen, tel que je TeDlPods ici, est plus développé que ne Tadcaet M. Dewalque, parce qae ce géologue, cooserTaot la dénomiDalion de (rrés de Laxemboarf p^^ar reniembie des xones quarlzeoses que je distingue sons les ooms de grès de Luxembourg et de cairaire sableux d*Or?al est naturellemeat conduit i maintenir le nom de marnede Jamoigneàloolf» les assises marneuses, même celles arec Oslrea arcuata, qui, dans la partie occidentale du Luxembourg, se trouvent au deitsous du calcaire sableux d'Orval.

(i) Je dois faire ici une réparation à la mémoire de Boblaye, qui le premier a fait connaître !<> calcaire sableux d^Orval {Ann, des Sciences naturelles, 1829, t. XVII, pag. SO), et lui a assigné ta véritable position au dessus ^du grés de Luxembourg. J'ai reproduit les opinions de DoMi}« dans mes éditions de 1831 i, 1839. D'un autre cdlé, Dumont, entraîné par la ressemblance miuèr»logique du grés de Luxembourg et du calcaire sableux d'Orval, ainsi que par la conligullédn platcao sableux qui s'élend de Luxembourg à Orval, a communiqué en I84i, à l'académie de Bruxelles, an mémoire dans lequel i! établissait Tideotité géognostique de ces deux dépôts. Cette manière de voir contrariant Topinion que je m'étais formée d'après Boblaye, j'ai voulu m'éclairer en faisant en? course dans le Luxembourg, mais, de même que les antres géologues arrivés dans cette contrée par le Nord» j'ai subi riofluence desKrapports minéralogiques et j'ai adopté les idées de Dumont. Jf les ai même appuyées dans une communication à la Soc. géol. de France, et je les ai cooserrée» jusqu'à la publication du mémoire cité ci-dessas de MM. Pîelle et Terquem.

NOTIONS GÉOGNOSTIQUES. 533

La marne de Cfrandcmr est de couleur grisâtre, bleuâtre ou rougeâtre, passe quelquefois au schiste et renferme des rognons géodiques de calcaire compacte gris de fumée , des cristaux de gypse, etc. On l'emploie à Grandcour pour faire des poteries et des tuiles. On Ta traitée à Aubange pour en retirer du bitume. C^est la continuation du système que nous avons déjà cité (page 285) comme exploite à Flize sur le territoire français.

Ij^Oolite ferrugineuse du mont Saint-Martin n'atteint presque pas le territoire belge; c'est le même système que nous avons dit (page 285) être exploite à Hayange comme minerai de fer (1).

Ces divers systèmes- sont surmontés par le calcaire de Longwy qui fait partie du grand massif d'oolite bathonienne que nous avons indiqué, page 285, comme très développé en Lorraine et en Bourgogne. Quoique ce système ne fasse, de même que le précédent, qu'effleurer le territoire belge, il y présente à Ruette quelques filons ou amas de limonite concrétionnée, analogue à celle qui donne de si bon fer dans le département de la Moselle (2).

7* Section. — Terrain crétacé

Caractères géaëranx. — Les dépôts crétacés ne sont pas très puissants en Belgique, mais leur épaisseur y est très variable; car, tandis qu'ils n'y forment, le plus souvent, qu'une assise assez mince, A. Toilliez (3) citait un point, près de Mons, où ils atteignent une épaisseur de 355 mètres. Ils reposent immédiatement, en stratification discordante, sur les terrains primaires, en commençant souvent par des roches fragmentaires, meubles ou conglomérées, qui participent plus ou moins de la nature du sol inférieur, ainsi que cela se remarque fréquemment quand deux terrains, éloignés dans la série, sont en contact. D'un autre côté,

(1) remploie ici U dénominalion d^oolite ferruginetue pour me cooformer à fasage, maif 11 serait plus exact de dire limonite oolilique, attendu que Ton exploite des eoochet qui eontieDoent 0.74 d*bydrate ferriqne et sealement 0.15 de carbonate calciqae.

J^aTaii origioairemeot raogé ce système dans l'étage balhonien et on Terra par la liste rédigée par M. Chapois et imprimée à la soile de ce livre qne, sar 20 e^pécet de fossiles, il y en a il batbo- Biennee et seolemeot 4 liasiqaes Mais les géologoes belges n'ayant étudié ce système que daae nue utole localité, j'ai cra doToir adopter l'opinion des géologues lorrains et champenois qui l'ont étudié sur une Tasle étendue. Au surplus, jm ne puis que répéter ee que j'ai déjà dit pln»ieurs foie sur le peu d'importance du classement det systèmes intermédiaires entre deux divisions.

(2) Il existe aussi dans la petite contrée qui nous occupe, notamment à Dampicoort et à Musson* des minerais de fer que l^on a souvent confondus avec ceux dont il vient d'être question, mais qui, tn diflérent au moins parce qu'ils ont subi un remaniement postérieur. Ils consistent dans des amas de limonite en fragments arrondis, enfouis dans des dépôts superficiels d'argiles et de sables.

(3) Notice sur Us carrières du liainaut. Mous, 1858, pag. i^

S31 (iÉILOfUE DE l.A BFI.GlQrE.

ils sout gi'^nôralcmeiit recouverts i)ar dp^i dépôts tertiaires ou quaternaires. Ils présentent plnsieurs systèmes dans leequ^ Dnaiont, gaidé par des considérations minérslogiques et stratigrapliiqnes. voyait la ^rie complète du terrain crétacé, mais les couBidéntions paléontologiques portent maintenatrt les géologues à admettre qne l'étage inférieur n'y est pas représenté.

ftllaall«a et dltisiaa «■ mmmH. — Les dépota crétacés de )a Belgique appartiennent à deux massifs prinoipaux. Lei bds sont dus dépendances du bassin crétacé de Paris (page 262) qui s'araih cent sur les terrains primaires du HaiDaut vers Mons et Teuroav, les autres appartiennent à sa massif particulier dana leqsel se trouve la ville de Maestricht et qui s'êt^d de la Geete'à la Worta. Ils forment en outre quelques lambeaux isolés; tels sont ceux de Cour-Bur-Heure et de Pry dans l'Entre-Sambre-et-Mense; de Lonzée près de Gembloux et de Vezin enti« Namur et Huj ; tel^ Bont encore celui de Grez au nord et celui d'entre Spa et Francorchanips au sud du massif de Maestricht.

MM. Cornet et Briart (I) distinguent dans le nuMlf erclaeé eu BalRMMt six divisions qu'ils appellent étages.

La plus inférieure est composée de sables, d'argile et de fragments de roches primaires, disposés d'une manière très irrégiiliên; et offrant beaucoup de variations. Les sables ont souvent les grains très gros, d'autres fois très £ns, leurs couleurs sont le blanc, le jaune, le rougeâtre, ils passent au grès et au poudingue, ils ^enfe^ ment des fragments de lignit« et sont accompagnés de limonite, qui est quelquefois assez abondante pour être exploitée. Ces tuila sont nommés torrent par les mineurs d'Anzin parce qu'il s'en échappe beaucoup d'eau, ce qui les rend très difBciles à traverser quand on perce des puits. Les argiles qui sont souvent grises pi«scntent aussi des teintes jaunâtres, rougeâtres et d'autres fois elle^ Bout colorées en noir par du lignite, mais elles ne sont jamais vertes. Elles sont ordinairement infusiblcs, ce qui les rend très propies à faire des briques réfractaires, telle est celle ^Hautrage. Les fragmenta de roches primaires sont principalement des quartz !;«teux et des phtanites, on n'y trouve pas de calcaire, ils sont quelquefois conglomérés en poudingue. On n'a trouvé dans cette division d'autres fossiles animaux que quelques débris indétemiinables, mais on y a recueilli des végétaux parmi lesquels M. Coemana (2) a déterminé une espèce de dcadite et huit espèces de

(1) 7nTajn eréiacé du Hainaat, Mim. CttMimné par la Soc. dM *ci>M«J> Me. du Maf- «niU. HciD», IS6G.

(i) Mém. de VAcihI. rui/ate de Bclgii/ve, 1866, t. XXXVI.

NOTIONS QË06N0STIQUBS. 6»

piaB dont aucune n^a oaeore été rencontrée dans d^autres flo^res.

La Baconde dilision est principalement composée d'une rooke c^ les nûneurs nomment meub et qui forme au nord de Mons une bande étroite, dirigée de Test à l'ouest. Cette bande a une épaia^ srar qui yarie de 4 à 180 mètres et elle est recouverte par d'antra» dépôts. La meule qui a été principalement étudiée à Brofuefmu, est un grès cUorité remarquable par la présence d'une grande quantité de silice gélatineuse, ainsi que par des rognons et des Teines de calcédoine qui kû donnent quelquefois une très forte ocAésion. Elle est aocompagnée de sabl^, aussi méfamgéd de cbio^ rite, et à Bernissart, dans la partie occidentale de la bande, elle est caloarifere. MM. Cornet et Birîart ont recueilli dans la meule de Braquegnies 93 espèces de fossiles qui forment une faune ayaiit beaucoup de rapports avec celle de Blackdown en Angleterre.

La troisième division est formée par un gompholite que les mineurs nomment tourtia et qui se voit à MoiUiçnf-sur'lioc ék k Tournai. Cette roche est composée d'une pâte calcareuse qui renibrme des fragments de roches primaires, tels que quartz, gfès, pecuBunites, phtanite, limonite et quelquefois du calcaire. Les fos* ailes 7 sont extrêmement abondants, MM. Cornet et Briart en dour nent une liste de 471 espèces et croient pouvoir rapprocher cette foune de celle des sables du Maine (page 266).

La quatrième division repose en stratification transgressive sur les précédentes et se compose de plusieurs systèmes auxquels le& BÛneurs donnent des noms particuliers, tels que tourtia^ diives^ fortes-toises^ rabots^ gris^ etc.

Le tonrtia de Jfons^ que MM. Cornet et ftriart croient, d'après des considérations paléontologiques et stratigraphiques, devoir dis* tinguer de celui de Montigny-sur-Roc, est formé d'une marne chloritée renfermant souvent des fragments de roches primaires surtout de phtanite et de quartz, quelquefois de calcaire. U contient beaucoup de fossiles, parmi lesquels MM. Cornet et Briart citent eomme les plus caractéristiques la Belemnitella vera^ le Denialiwm déforme y YOstrea dilu9iana^ le Peeten asper. Cette roche est très peu développée et elle est remplacée à l'ouest de Mons par des marnes chloritées, et à l'est par un calcaire également chlorité, très cohé* rent et criblé de cavités remplies de marnes.

Les diètes sont une marne grisâtre, bleuâtre ou verdâtre, renfermant quelquefois des lits d'argile et des rognons de pyrites.

Cette roche passe d'une manière insensible, dans sa purtie supérieure, aux fortes-toises^ c'est à dire à une autre marne un peu

chloritée et renfermant des concrétions siliceuses. Ces concrétions sont calcarifères dans sa partie inférieure, mais elles perdent leur calcaire en s'élevant et deviennent de véritables silex, d'abord gris et ensuite bruns que l'on appelle rahois^ lesquels forment quelquefois des bancs et sont exploités pour faire des pavés, notamment à Saint-Denis. Enfin les silex disparaissent à leur tour et la marne se change en une craie grossière chloritée etjun peu sableuse que les mineurs nomment gris.

Les faunes de ces divers systèmes présentent [des variations, mais il y a des espèces, notamment la Janira çuiiiquecostata^ Ylnc^ eeramus Cuvieri, VOstrea lateraJis qui se trouvent dans tous, et, si le plus grand nombre des espèces peut être considéré comme se rapportant à la craie chloritée et au tufiFeau de Touraine (page 265), MM. Cornet et Briart en signalent 18 comme passant à la craie blanche.

La cinquième division est formée par la craie Manche que MM. Cornet et Briart subdivisent en quatre groupes de la manière suivante, savoir :

P La craie de Saint-Vaast qui est écrivante et en couches très fissurées, celles de la partie inférieure sont épaisses et renferment des silex bigarrés de blanc, de gris et de noir, celles de la partie supérieure sont moins épaisses et ne contiennent pas de silex.

2° La craie d'Olourg^ correspondant à la pai'tie inférieure de la craie de Meudon de M. Hébert, est aussi très fissurée et écrivante. On y rencontre quelques rares rognons de silex noir. Elle est caractérisée par la Belemnitella quadrata qui ne se trouve qu'à œ niveau et par VÂnanchiies gihha qui ne s'élève pas plus haut.

3° La craie de Nouvelle est tendre, écrivante, douce au toucher, stratifiée irrégulièrement, en couches peu épaisses très fissurées et ne renfermant pas de silex. Elle est caractérisée par l'abondance du Magas pumilus qui ne se trouve qu'à ce niveau.

Ces trois assises sont exploitées pour fabriquer de la chaux.

4** La craie de Spiennes forme la plus puissante des assises de lu craie du Hainaut, elle est rude au toucher, non écrivante, d'un blanc passant au grisâtre et accompagnée de bancs de silex gris. Ces silex sont exploités pour les faïenceries et le furent jadis pour la fabrication des ustensiles en pierre.

Enfin la sixième division est le système du tuffeau de Ciply que nous avons déjà indiqué en traitant du bassin de Paris (page 263).

Le masiiif de Maestrleht peut être considéré comme composé de quatre systèmes.

Le plus inférieur est principalement formé de sables qui ont une

NOTIONS GÉOGNO^.TIQUES. 587

puissance de près de 100 mètres dans les collines des environs éC Aix-la-Chapelle , lesquelles atteignent la plus grande altitude du massif. Ces sables sont ordinaii'ement jaunâtres , ils renferment des bancs de grès, des lits d^argile, des rognons de silex passant au grès et dans la partie inférieure des fragments de roches primaires. On y trouve des fossiles que Ton considère maintenant comme annonçant Tétage crétacé supérieur.

Les sables d'Aix-la-Chapelle sont surmontés par une assise, souvent mélangée de chlorite, et composée de sable, de marne, d'argile, de smectiie^ d'argilite, de psammite, de macigno, de gompholite. Ce système est principalement développé dans les environs de Herve^ d'où Dumont l'appelait système hervien. M. Debey le désigne par la dénomination de sables verts à gyrolithes {Ghyrolithen Qr&nsanâ)^ du nom qu'il donne à un corps particulier en forme de baguettes contournées dont on n'a pas encore déterminé la nature. La smectite est exploitée pour servir de terre à foulon dans les fabriques de draps de Verviers.

On trouve ensuite une assise de craie blanche qui s'étend sur une grande partie du massif, notamment dans la Heshaye^ et qui est exploitée pour l'amendement des terres ainsi que pour la la peinture. Elle renferme dans sa partie supérieure des silex noirs passant quelquefois au gris.

n existe au Lousberg, près d'Aix-la-Chapelle, au dessus des sables verts, un petit lambeau de calcaire compacte, passant au grenu et au bréchiforme, souvent argileux, et contenant des sUex bruns. Ce calcaire, qui se retrouve dans d'autres localités plus à l'ouest, notamment à Kunraad, paraît appartenir à la partie inférieure d'un système important, caractérisé par l'abondance du tvffeau^ roche qui est très développée aux environs de MaestricAt^ où elle repose immédiatement sur la craie blanche. Ce tuffeau (1), qui est ordinairement de couleur jaunâtre, est employé comme pierre à bâtir, usage pour lequel sa friabilité le rend peu propre, mais il est très recherché pour l'amendement des terres : aussi y a-t-on creusé d'immenses carrières qui ressemblent à des villes souterraines. H passe quelquefois à l'état arénacé et renferme des silex qui sont très abondants dans la partie inférieure où ils forment des rognons, des blocs et quelquefois de petits bancs de couleur plus ou moins foncée, mais qui deviennent rares dans la partie supérieure, où ils ont une couleur claire.

(i) On ne doit pat perdre de Toe qne j'emploie le nom de toffeaa dani ao lent minèralof iqne et non gèoffaosiqnei ainsi qu'on a pa le Toir i la pag. 184.

Sd8 GÉOLOGIE DE LA BELGIQUE.

Ce dépôt est célèbre depuis longtemps pax ses nombreux fossiles, et une tête gigantesque que Ton j avait découyerte en 1770. époque où Fétat de Tanatomie comparée ne permettait pas eacore de faire des déterminations précises, a été le sujet de longues dis> eussions parmi les naturalistes ; on a reconnu depuis qu^eUe appartenait à un énorme saurien qui n'existe plus et que Ton a nommé Mosasaurus Hofmanni (1).

H y a dans le tuflFeau des Maestricht beaucoU]^ de caTités cylindriques ou puits naturels qui sont ordinairement remplies de matières meubles plus ou moins analogues atix dépots quaternaires qui sont au dessus. Ces cavités, que l'on a décorées du nom d'orgues géologiques, se retrouvent dans presque tou8 les dépôts calcareux, mais elles sont rarement aussi bien prononcées et aussi régulières que celles de Maestricht.

Il existe à Folx-les-Caves, à Textrémité occidentale du mashif crétacé, un petit dépôt de tuffeau analogue à celui de Maestricht et qui présente aussi des carrières souterraines. La partie supérieure du dépôt consiste en une masse friable ou meuble renfermant des rognons ou des blocs de même nature, mais assea tenaces. On trouve ensuite du tuffeau plus homogène, et celui de la partie inférieure renferme des bancs d'une roche quartaeuse intermédiaire entre le grès et le silex corné que l'on exploite pour faire des pavés et des dalles (2).

IjO lattibcAB de Covr-Bar*lleare parait être assez étendu « mais il est recouvert par des dépôts tertiaires et quaternaires, de sorte qu'on ne voit le terrain crétacé que dans les chemins creux ou dans les excavations artificielles. Il y est composé de craie blanche passant à la craie chloritée dans sa partie inférieure.

Le lanbeaB de Pry, qui ne consiste que dans un filon encaissé dans le calcaire dévonien, est principalement composé de gompholite analogue à celui qui se trouve en dessous du tuffeau de Ciplj et renfermant les mêmes fossiles.

(t) Oa a ansii cité des ossementi ds mammifères, notamment dé eheral et 4é eoehoa, e»B9e trooTés dam le taff^an de Maestricht, Mail celte indication est le réeulUt d'aoe fravde <e» carrien, qni introduisaient dei os modernes dan» des fragments de tnCTean et lei y fixaient avec de I» gomme.

(S) Dnmont aTait rangé dans le terrain crétacé et avait désigné |>tr la dènomiailioD de ty^èm» heersien des dépôts composés de craie, de calcaire argilenx, de marne, de macigno, de sable, qot^ qnefois mélangés de chiorile, qui s'observpni, entre antres, dans les entrroûs de Heert, proTincf de Limbonrg. Mai» M. Hébert {finll. del'Acad. royale de Hruxelleê, t. XX,pag. 486), ayaat trenvé, dans quelques-uns de ces dépdls, la Pholn/lomya cuneala, fossile des sabies de Bracheoi (pag. Si), il paraît que Ton doit plutôt les classer dans le terrain éocéne hiférteur. llalbeoren<ement la maladie et la mort de Domont ne lui ont pas permis de s^expliquer i ce sujet. D*Qn aotir côté, je n'ai point connu les molif:» Ktratigraphiques qui portaient Dnmont à ranger les sables, oà M. Hébert a trouvé des fossiles tertiaires, dans le même système que la craie de Gelindco qoi rassemble beaucoup plus aux dépôts crétacés de cette contrée qa'aoi dépôts Urtiairea.

NOTIONS 6S06N0STIQUBS. B9f

Les l«iÉiM««M tfe Mj^mtém d de Westa ne consistent que datts une marne diloritée de couleur verte renfermant deis fossiles eiétecés. Celle de Loazée est employée comme matière colorante.

Le kmbean 4e C&rea n^est connu que par des puits d*oà Ton extrait, pour ùâïe de la chauxi une oraie blanche passant à une marne bleuâtre contenant des gyrolitheB. Ce dépôt doit être très mince, caïf Un peu pltas bas on voit paraître au jour le quartzite silurien.

Le lanbena ealre Spa et Pr— eorélimipe a cela de remarq;uabl6 qu'il se trouTo à une altitude de près de 600 mètres^ tandis que les antres dépôts crétacés de la Bel|^que n'atteignent pas 300 mètres. On ne Ta coniiu pendant longtemps que par des eitai: jaunâtres épars sur le sol et dans lequel Davreux avait observé VBchinocarU vulgaris^ mais M. Malaise vient d'y découvrir la BeletHniiéUa mucronata.

8* Section. — Terpalna tarttairca

Klcndae ei earaelèrea géaéraax. — Bruxelles est, comme Paris et Londres, au milieu d'un massif tertiaire qui fait partie de l'immense plaine du milieu de l'Europe, et qui n'est séparé du naassif de Londres que par la pointe méridionale de la mer du Nord. Ce massif s'étend sur presque toute la partie de la Belgique située au nord-ouest de la Sambte et de la Meuse; il pousse quel* ques lambeaux sur les rives droites de ces deux cours d'eau, et d'autres lambeaux, qui se prolongeant sur les dépôts crétacés de l'Artois et de la Picardie, le rattachent au massif de Paris. Nous avons déjà fait connaître que ces contrées présentent, en général, un sol uni et bas; on peut même dire qu'il n'existe pas de véritl^ blés collines au nord d'une ligne passant dans les environs de Gassel, d'Audenarde, d'Alost et de Diest, d'où il résulte que l'on ne peut y juger de la puissance des dépôts tertiaires ; mais au sud de cette ligne, la présence, dans plusieurs localités, des terrains secondaires et primaires annonce que les dépôts tertiaires n'y ont pas une grande épaisseur. Us sont d'ailleurs ordinairement recou** verts par des dépôts quaternaires ou modernes.

Les dépôts tertiaires du massif de Bruxelles sont, comme ceux du massif de Londres, principalement composés de sables et d'argile) le calcaire y est beaucoup moins abondant que dans le bassin de Paris et ces roches passent à la marne, au grès, au macigno, au psammite, à Targilite, au silex, au lignite, à la limonite. Elles

forment plusieurs systèmes dont il est très difficile de déterminor la position relative, parce qu'ils se trouTent souvent placés de telle manière qu'ils sont indépendants les uns des autres, que plusieurs d'entre eux sont privés de fossiles, que les mêmes matières se répètent plusieurs fois , et enfin parce que les superpositions sont presque toujours cachées, soit par le développement de la culture, soit par la mobilité d'une grande partie de ces roches ; aussi les incertitudes qui ont régné pendant longtemps sur leur classification ne sont-elles pas encore entièrement dissipées.

Nous considérons l'étage M«éae Infériesr comme composé du calcaire grossier de Morts et des groupes que Dumont nommait systèmes landénien et yprésien parce qu'ils sont respectivement développés aux environs de Landen en Hesbaye et d'Ypres en Flandre (1).

Le calcaire grossier dont la connaissance est due à MM. Corntt et Briart (2) se trouve à Mous dans une dépression du terrain crétacé. Il y atteint une épaisseur de 93 mètres et repose immédiatement sur le tuffeau de Ciply ou sur la craie blanche. Il est constamment recouvert par des dépôts postérieurs, aussi n'a-t-on reconnu son existence que par des sondages. H consiste principalement en un calcaire à texture grossière de couleur jaunâtre, blanchâtre ou grisâtre, quelquefois très cohérent, d'autres fois très friable. Les parties cohérentes forment' parfois des rognons dans une masse meuble et renferment quelquefois de petites cavités remplies de lignite pulvérulent. MM. Cornet et Briart y ont recueilli plus de 350 espèces de fossiles parmi lesquels ils en ont reconnu une vingtaine comme se trouvant également dans le calcaire grossier de Paris.

Ce calcaire a encore été rencontré dans une excavation faite à Hainen à l'ouest de Mons. Les autres dépôts de l'étage éocène inférieur, qui suivent le calcaire grossier de Mons, sont principalement formés de sables et constituent deux massifs principaux presque toujours recouverts par des dépôts postérieurs.

Celui de ces massifs qui est à l'est s'appuie sur le massif crétacé de Maastricht. Il est caractérisé par la présence d'une roche que nous avons désignée par le nom de tvffeau^ mais que l'on pourrait aussi bienappeller argilite^ attendu qu'elle passe continuellement del'ujie

(1) Il est probable, poar les molifs énoncés i la note pag. 538, que le iyttème he^tien de Domont OD an moins une partie de ce syitème doit anssi être rangé dans la partie inférieure da terraa èocéne. Il est probable également, ainsi qne l'a déjà dit M. Lyelt^qoe lei sables à XMmmulius planulata, qai forment la partie snpérienre da iyttème yprésien de Dumont, appariieueni 1 Fétage éoréne moyen plnldt qu'à l'étage iofériear.

(3) £uU. de l'Acad. de Belgique, 1805, t. XX, pag. 757 et 1866, t. XXII, pag. SB.

NOTIONS GEOGNOSTIQUES. 541

à Fantre de ces deux espèces (1). Cette roche est exploitée, notamment à Zincent, canton de Landen, soit comme pierre à bâtir, usage pour lequel elle est peu propre vu son altérabilité à l'extérieur, soit pour faire des fours, usage pour lequel elle est très recherchée à cause de la manière dont eUe résiste au feu, propriété quelle doit, sans doute, à sa texture poreuse et à la silice qui accompagne le carbonate calcique; elle est ordinairement jaunâtre, mais elle est quelquefois très mélangée de chlorite, alors elle est de couleur verte et ne convient plus pour faire des fours.

Le tuffeau de Lincent passe non seulement à Targilite, mais aussi au psammite, au grès, au sable, à la marne, à Targile et dans la partie supérieure ces roches sont quelquefois accompagnées de faibles lits de ligniteê qui à Landen ont donné lieu à des recherches infructueuses de combustible. Les fossiles de cette partie supérieure sont analogues à ceux du lignite du Soissonnais.

Le massif de Fouest avec les petits lambeaux qui Tavoisinent s'étend depuis Mons jusqu'à Saint-Omer et Ton y trouve, entre autres, les importantes carrières de grès de Gfrandçlise où. Ton exploite une roche fortement bigarrée de blanchâtre, de jaunâtre et de brunâtre; on y voit la même assise passer successivement de l'état de sable à ceux de grès friable, de grès schistoïde, de grès propre à faire des pierres de taille, et enfin à une roche qui est aussi tenace, qui a le grain aussi fin que le quartzite et que l'on exploite pour faire des pavés.

Il existe un puissant dépôt d^argile dans les environs d^Ypres^ lequel s'étend sur une grande partie de la Belgique orientale. Cette roche est ordinairement d'un brun jaunâtre bigarré de bleuâtre ; elle passe dans sa partie supérieure à des sables souvent chlorités et compose quelquefois des élévations coniques autour desqiKslles les dépôts postérieurs de sable et de limon s'étendent en forme de manteau, de manière que le sommet argileux parait au jour conune une tache.

Nous rapportons à rétage Meiae BoyeD, des dépôts sableux que Dumont désignait par les noms de systèmes panùilieny hruxeU lien et laekenien^ et dans lequels on peut distinguer des psammites, des sables à grès fistuleux, des sables à rognons calcarifères et des sables à nummulites.

(1) lA taffeao at rarfiilt* da calta eoniréa m reuamblenl taliemeot pir laori caractères ait^iaon qiw Ton ae pent tooTaot lai disliognar qiia par la propriété d« faire oo de ne pat faini effar? aacaoca daot las acides. Aussi dans mas preBiéras pnblicalioas n'aTais-Je fait meotîoQ qoa do tuffeao, parce qae la baaard oa m'at ait fait asuyar qas des échaotillooi contanaat do carbonate calciqiia. C'est Daaoot qui asla fait conaaitra la pieniar qoa ca priocipa était étraogar i ona partia da cas roches.

54ft GÉOLOGIE DE LA BELGIQUE.

lje& psammiies se remarquent notamment au mont PoMÙd^ près de Mons, et passent au sable, à Targile, au madgno^ à Targilite. Ces roches souvent mélangées de chlorite, sont quelquefois remarquables par la présence d^un grand nombre de pinnes et d^autres fossiles qui se retrouvent presque dans tous les systèmes soivants. Zes sables à grèsjistuleux sont principalement développés vers les limites du Bradant et du Hainaut ; ils sont caraotérisés par la présence de rognons et de blocs de grès, prenant qudquefois une texture presque compacte et un aspect lustré qui les rapproche des silex. Ces rognons ont une tendance particulière à prendra d&s formes allongées etfistuleuses, dont on est tenté d'attribuer rorigine à la présence d'un fragment de tige de végétal, autour duquel le sable se serait agglutiné, car ils se ramifient quelquefois, et quand on les brise, on voit ordinairement dans l'intérieur un tuyau qui est ou vide ou rempli par un noyau de mêiM forme, qui se détache de la masse conmie s'il représentait la tige d'un végétal qui aurait été remplacée par la matière pierreuse postérieurement à la formation de l'enveloppe, mais il est à remarquer qu'excepté cette forme rameuse, on ne voit dans ces rognons aucune trace d'organisation végétale.

Ces sables passent à d'autres, qui sont ealcarifères et qui sont principalement développés aux environs de Bruxelles. Le calcaire s'y trouve soit mélangé dans le sable, soit à l'état de rognon, de blocs ou de bancs presque toujours mélangés de sable et passant du calcaire sableux au grès calcarifere. Ces matières sont ordinairement d'une couleur jaunâtre, passant au blanchâtre, quelquefois au grisâtre ; leur texture, fréquemment grossière, devient parfois grenue à grain fin et même compacte. Leur cohérenoe est très var riable, l'extérieur des blocs étant en général friable et l'intérieur tenace. On en fait de bonnes pierres de construction, mais toujours minces à cause du peu d'épaisseur des masses. Les calcaires les plus purs servent aussi à faire de la chaux, mais de mauTaise qualité, et ceux à l'état meuble ou friable sont employés à l'amendement des terres. Ce système est très riche en fossiles qui, pour la plupart, se retrouvent dans le calcaire grossier inférieur de Paris. Il y a des localités, notamment à Aeltre, ainsi que dans les collines de Cassel et de Bailleul, oii ce système n'est représenté que par des lits presque entièrement composés de débris de coquilles mélangées d'un peu de sable.

A Groenendael, au sud de Bruxelles, le sable est fortement imprégné d'hydrate ferrique et passe au grès ferrugineux et même a la limonite, laquelle est exploitée comme minerai de fer, de sorte

NOTIONS GÉOGNOSTIQOBS. SIS

que œ dépôt rappelle les sables à grès ferrugineux de Diest, dont nous parlerons ci-i^rès, mais il renferme les mêmes fossiles que les sables calcarifères dont nous Tenons de nous occuper.

Oeuz-ci sont quelquefcûs recourerts, notamm^it à Zaeken^ près deBruxdles, par d'autres $ablis^ parfois graveleux, qui sont j»incîpajeme&t caractérisés par la présence de petites nummulites (jY. 9ariolaria minor^ N.planmlata miiwr^ N. Hehertt). Ces sables étaient rapportés par Dumont à Fétage éooène supérieur, mais M. Hébert croit que cet étage manque en Belgique.

Nous considércms comme appartenant au terrain Blocèoie les stAUi et les marMt tbrgUem$9 des environs de Tonçres et les marnes argileuses de Boom sur le Rupel que Dumont désignait par les déttOttinations de systèmes tançrien et rupélien.

Les plus inférieurs de ces dépôts sont principalement composés de sables k grains £ns que Ton observe, entre autres, d Vliermad^ Lethen, Ghrimmittingen et autres localités des environs de Tongres. Ces sables sont ordinairement colorés en verdâtres par de la chlorite et renferment beaucoup de fossiles dont les plus communs sont VOstreatenMahrum^ VO, Queteletiana et VArea sulcicostata.

Au dessus de ces sables viennent de marnes ordinairement verdâtres, quelquefois bleuâtres tachetées de jaunâtre, que Ton exjdoite notamment d Henis près de Tongres pour faire des tuiles et des briques. Les fossiles de ces marnes rappellent en général les animaux qui habitent les eaux saumâtres, et quelques-uns sont même des coquilles d'eau douce.

Les marnes verdâtres se lient dans leurs parties supérieures avec des assises plus ou moins puissantes de sMes dans le nombre desquelles il y en a qui renferment une grande quantité do fossiles, notrâment des pétoncles et des cérites : aussi de Luc avait-il déjà signalé, dans le siècle dernier, le gîte de Klein Spauwen comme une localité remarquable par l'abondance des coquilles que l'en y voit.

On trouve à Berç près de Klein Spauwen, au dessus de ces sables, une couche de marne sableuse contenant divers fossiles spéciaux, notamment la Nucula Lyelliana.

On considère comme immédiatement supérieures à cette marne sableuse des marnes argileuses grises que l'on exploite sur les bords du Rupel, notamment à Boom^ où elles alimentent une immense fabrication de briques, de tuiles et de carreaux. Eïles ne contiennent qu'une très faible quantité de calcaire, elles sont de couleur grisâtre ou noirâtre ; on n'y aperçoit pas de véritable stratification, mais leur disposition horizontale est annoncée par de gros rognons

OU des blocs aplatis de calcaire argileux grîs, semblables à ce que les géologues anglais nomment septaria. On les exploite le long des petites pentes qui séparent la plaine des vallées où coulent les cours d'oau. La ressemblance minéralogique de ce dépôt avec l'argile de Londres Ta fait considérer pendant longtemps comme correspondant à cette dernière, mais les observations stratigraphiques de Dumont ainsi que les fossiles ont prouvé qu'il est beaucoup plus élevé dans la série.

Nous rapportons au terrain pliocène trois systèmes sableux qne Dumont désignait par les épithètes de holdérien^ diesiein et êcaldisien parce qu'il se trouvent respectivement bien prononcés au Bolderberg près de Hassclt, à Diest et à Anvers (1).

Les salles du BoJderherg se composent dans leur partie inférieure d'une assise de sables chlorités et ensuite d'une assise de sable jaunâtre. Ils paraissent s'étendre sur toute la Campine, où ils sont eu général recouverts par des sables mouvants et par du diluvion caillouteux et sableux.

Les salles de Diest forment, depuis Beringen en Campine jusqu'à Cassel dans la Flandre française, une série de lambeaux, assez développés dans la partie orientale, mais qui, dans la partie occidentale, ne se trouvent que sur le sonunet des collines plus ou moins isolées qui s'élèvent au dessus de la plaine. Ce système commence par des cailloux roulés de silex qui ne forment ordinairement qu'une assise très mince et souvent interrompue, en s'étendant sur une surface beaucoup plus développée que les sables. C^eux-ci sont en général colorés, soit en brun rougeâtre par de l'hydrate de fer, soit en vert sombre par du silicate de ce métal. On remarque souvent que les parties vertes foraient des espèces de noyaux ou d'amendes au milieu des parties brunes. Ces sables renferment des bancs, des blocs, des rognons et des plaques de grès, tantôt chlorités, tantôt ferrugineux. Ceux-ci sont quelquefois tellement imprégnés d'hydrate ferrique qu'ils passent à la limonite et qu'on les exploite comme minerai de fer. Il y en a aussi, dans la partie inférieure, qui passent au poudingue, c'est à dire qui renferment des caiUoux.

Les fossiles sont excessivement rares dans la plus grande partie de ces sables, il paraît même qu'il n'y en a pas dans les petits lam-

(1) Dans mon édition de ia53,j'aTais rangé, d'après Damont et M. Lyell, les sables du Bolderberg dans le terrain miocène, mais M. Nysl {Bull, de l'Âcad. royale de Belgique, 1861, l. XU, p*<- i?. et comronnirations postérieures), est d'avis qu'ils doiîent élre classés dans le lerr»ia plio<«oe . attendu qae plas de la moitié des fossiles obserrés an Bolderberg se retroaTeot dans les ubt^s ooirs d'Anvers, tandis que l'on n'en a encore rencontré qae deoz dans les dèpdU iofèriesn.

NOTIONS 6É0GN0STIQUES. 515

beaux qui s'étendent de LouTain à Gassel, mais Dumont en avait observé à Kesseloo près de Louvain qui toutefois sont presque in* détermin^bles.

Les sables éPÂmoers^ que Ton appelle ordinairement Craç à cause de la ressemblance de leurs fossiles avec le crag du Suffolkshire (page 253), sont remarquables par la variété et la richesse de leurs faunes, notamment par les nombreux ossements de cétacés qu'ils renferment. M. Nyst y distingue cinq divisions de la manière suivante (1) :

V Des sables noirs que Ton observe, entre autres, à Eieghem^ à Berchem, au fort Hérenthals. On y remarque un lit presque entiè» rement composé de pétoncles ;

2"* Des sables gris mouvants qui contiennent beaucoup de bryo* zoaires, encore indéterminés et quelques coquilles analogues à celles des sables noirs ;

3® D'autres sables cris remplis de coquilles brisées, pour ja, plupart indéterminables, et à la partie supérieure desquels on trouve beaucoup de Pecten Gerardi;

4^ J)e^ sables argileux qpi s'observent entre autres kDewrme^eiqpi renferment beaucoup de coquilles bivalves, notamment des cjprines et des astartes dans la partie inférieure, et des peignes dans la partie supérieure. On trouve tout à fait au dessus des vertèbres de cétacés ;

5^ Enfin des saMes d'un jaune rougeâire que l'on exploite au JSiuivenberg^ à Calloo, etc., et qui contiennent une immense quantité de débris de coquilles, parmi lesquelles on distingue principalement des cyprines, des bucardes et des tellines.

9* Section. — Terrains qaaiernalres

La connaissance des terrains quaternaires de la Belgique a fidt, dans ces derniers temps, de grands progrès par suite de la mission d'explorer les cavernes que le gouvernement a donnée à M. Dupont, et, comme les observations de ce jeune géologue ont eu pour point de départ les àépétm àmm caveraes, nous commencerons par traiter de ces dépôts en intervertissant l'ordre sériai des terrains établi dans le livre III.

(1) M. Nyst t poblié daoi le t. XVII des MÊém. ecuronméê par l'Aead, rofate ds BnuDelUt, OA gniid trtrall tar les fossiles tertiaires de la JtelgSqoe. Depvis lors les traTtoz eséeotés au foiw tUteationt d*ADf ers loi oot permis de faire de noQTetits obeerfations, encore inédites, dont U a Mon Tonla me eommaniqoer les résultats.

raftcis ai eàoLoeia. 35

L'exploration de trente cavernes des environs de Dînant a condnit M. Dupont (1) à y distinguer deux étages de teiTain quaternaire, indépendamment des dépôts modernes qui se trouvent au destas et des argiles à raclure luisante, ainsi que des sables qui se trouvent quelquefois en dessous, et qui paraissent devoir être rap* portés aux argiles et aux sables que nous avons indiqués (page 524) comme formant des filons et des amas dans les terrains primaires.

l^étage inférieur ou à ElepJias prhnigenius (2) commence par une assise irrégulière, principalement caractérisée par la présence de nombreux cailloux roulés où dominent les roches qnartzenses de l'Ardenne, accompagnés de graviers et de sables. Les fossiles sont très rares dans cette assise ; M. Dupont y a cependant recueilli quelques restes A^Elephas primif^enius ^ à^Ursus spelet$s et de castor. Cette assise est suimontée par un système de couches plos ou moins nombreuses que M. Dupont nomme limon inférieur ou stratifié et qui est composé d'une matière argilo-sableuse, d'argile grise et de quelques bancs de stalagmites situés à divers niveaux. Les ossements sont très nombreux dans ce système et également disposés à des niveaux divers. M. Dupont cite parmi les espèces qui n'existent plus VElephasprimigenitis^ VUrsus spelaus^ VHyena spelœa^ le Rhinocéros ticho^rinus^ le Megaceros hybernims, D y a aussi des espèces qui ont quitté le pays, notamment le renne, Tours brun, plus un grand nombre d'espèces qui habitent encore la contrée. M. Dupont a trouvé dans le trou de la Naulette, à Walzin, une mâchoire humaine qui, par son prognatisme très prononcé^ diffère de toutes les races qui habitent actuellement l'Europe. Enfin ce système renfeime des silex et des os travaillés dans des formes qui lui sont spéciales.

M. Dupont distingue aussi deux systèmes dans Yétage supérieur ou à Cervus tarandus : le premier est composé d'une argile jaunâtre renfermant de nombreux blocaiix de môme nature que les roches environnantes, et à la base beaucoup d'ossements, ainsi qu'une multitude d'objets qui ont été travaillés par des hommes. Les ossements les plus communs sont ceux de rennes et de chevaux. On n'y trouve plus d'espèces perdues; mais, outre le renne, il y a beaucoup d'autres espèces émigrées, telles que l'ours brun, le castor, le char

(!; J.uU. de VArail. de Uvhjiqvio, I8G5, l. XX, pa^. i'kfk; 4bG(3, l. XXI, 1--^:. 3)0, 1867, t. XXIU, pag. 25().

l!i) M. Dupont, en désiKnant i>e.s deux étages par les Doms d'EUrphas fjvimiyeniuB {mammouth) et de Ct'rxnis tarandvs (jerniejy n'a pas entendu dire que ces deux e>î ccuà de mammif^vs oe m trouvent rcspccliTempDl que dans TaD de ces étapes, mais bien qu'elles les roraclérisênt par leur prédominance.

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