‹ Précis élémentaire de géologieChapitre 76 sur 107 · NOTIONS GË06N0ST1QUES · texte numérisé non relu

NOTIONS GË06N0ST1QUES

moÎB, l6 bouquetin. Les cr&nes humains diffèrent de ceux des ha^ bitants actuels de la contrée et on a cru y trouver un rapprochement avec la race finnoise. Enfin on y a recueilli une immense quantité d'objets travaillés par Thomme, {principalement des éclats de silex que les archéologues nomment couteaux, grattoirs, etc. ; on y voit paiement des traces de foyers.

Le second système que M. Dupont appelle limon supérieur ou Urre à briques est un limon dont la stratification est peu sensible, la couleur d'un jaune grisâtre et qui contient plus de 90 centièmes de silice et seulement 8 centièmes d'alumine. On n'y trouve ordi* nairement ni cailloux, ni blocaux, ni corps organisés.

Quelques-uns des systèmes que nous venons d'énumérer manquent dans quelques cavernes, mais Tordre des superpositions n'est jamais interverti.

M. Dupont retrouve les mêmes étages et les mêmes subdivisions dans les éifàim meablM des wallées de la Meuse et de la Lessa dans la province de Namur, ainsi que sur les flancs de ces vallées. D appuie ce rapprochement sur de nombreuses coupes que les travaux des chemins de fer ont mis à découvert. Toutefois les fossiles sont très rares dans ces dépôts, on ne cite que quelques fragments de mammouth dans le système des oailloux roulés et quelques co<p quilles terrestres et fluviatiles dans le limon stratifié ainsi que dans rétage supérieur. Ces coquilles appartiennent à des espèces <iui vivent encore actuellement dans la contrée.

Kous considérons Tétage inférieur de M. Dupont comme appartenant au groupe que nous avons désigné (page 233) par le nom de dll«vloB«. Ces dépôts, caractérisés par la présence de fragments de roches semblables à celles de l'Ardenne, se prolongent, non seulement dans le reste de la vallée de la Meuse, mais se retrouvent dans toutes les vallées où des eaux venant de rArdenne coulent vers le nord. Us s^étendent aussi sur les portions peu élevées des plateaux qui bordent ces vallées, notamment sur les parties orientales de la Hesbaye et de la Campine.

Nous croyons que Ton peut considérer comme appartenant à ce même diluvien les cailloux qui reposent sur les dépôts tertiaires plus à Touest, quoique Ton n'y trouve plus les roches d'Ardenne, ces cailloux étant principalement composés de silex, mais ils occupent la même position que les cailloux ardennais en dessous des limons. Qs sont peu abondants, leurs assises sont fréquemment interrompues et ils s'enfoncent dans les dépôts tertiaires ou crétacés sous la forme des ravins et de poches.

Dans la Campine et dans une partie de la Flandre le dépôt cail<»

louteux est accompagué, et souvent recouvert, par des sables ordi- Dairemeut blanchâtres mais passant aussi au jaunâtre, au brunâtre, au noirâtre, au verdâtre. Ces salles déterminent dans la Campiiie l'existence de vastes bruyères, et lorsqu'ils ne sont pas fixés par la végétation ou par des marais tourbeux, ils sont très mobiles, tendent à faire des rides que l'on pourrait appeler des dunes terrestres^ et à envahir les portions cultivées ; mais en Flandre, où les habitants ont travaillé depuis longtemps à leur amendement ils sont devenus productifs. Les fossiles y sont extrêmement, rares, mais on y trouve quelquefois des restes de mammouth et d'autres animaux quaternaires (1).

L'immense nappe de linons Jaoïiàtrefl que nous avons dit (page 231) s'étendre de la Normandie à la Westphalie, traverse la Belgique en recouvrant de grandes parties de la Flandre, du Hainaut, du Brabant et toute la Besbaye, d'où Dumont l'a nommée îimo7i heshayen. Ce dépôt, auquel ces contrées doivent leur fertilité, se lie intimement avec le diluvion qui le sépare des autres dépôts inférieurs. Il s'appuie sur le pied des collines qui régnent dans le midi de la Flandre sans atteindre leurs sommets.

Nous considérons comme appartenant à un système différent les dépôts que M. Dupont nomme limon supérieur des cavernes et des

(1) DamoDt arait désigné ces tables par rèpilhète de campiniens , et lorsqaMI a proposé d'«B faire un système particulier (Bulletinde l'Académie de Bruxelles, 1S39,1. XI, pari. S*, pag. *66.i, il les plaçait dans les terrains tertiaires; plus tard il les a rangés dans les terrains qaateraaires. De mon c6lé, j'ai inséré dans mes éditions de 1853 et 186i quelques réflexions tendant à maintenir la première opinion do Dumont; mais, depuis lors, les communications de M. Staring et de M. Dewalque m*ont conduit à m'en rapporter i leur classement dans les terrains quaternaires.

Je ne partageais pas non plus l'opinion de Dumont sur la contemporanéité du limon hesbajen et du sable campinien, parce que, partant de l'idée que ce dernier a été remanié par les mêmes eaux qui avaient transporté les cailloux, je trouvais qu'il est contraire aux lois de l'hydrostatique d'admettre que ces eaux avaient déposé du limon dans une partie moins avancée de leur coars, en même temps que plus loin elles déposaient du sable, d'autant plus que Dumont n'appuyait >ûn opinion que sur la liaison qui existe entre ces deux dépôts le long de la limite qui sépare les contrées qu'ils recouvrent. Maintenant je dois avouer que mon objection se trouve ébranlée depuis que M. Siaring (Venlagen der Akademie van Amsterdam, 1865) a émis l'opinion que les sables campinien^, qu'il range dans son ZanUdiluvium, sont dus à un pbénomèoe différenl de celai qui a iranspurlé les cailloux ardennais. Si j'hé^ile encore à me prononcer dans ce sens, lorsqa'one autorité aussi imposante a parlé, c'est que je me suis ditqu'il ue serait pas impossible que le sarant géologue néerlandais eiit été influencé par une tendance à élendre le domaine du Zanildilavium, qu'il a si bien étudié dans laNéerlande, dans la basse Allemagae et dans le Danemark, contrées où les cailloux sont venus du nord, tandis qu'en Campino et en Flandre ils sont venns dn midi. Du reste, cette hésitation de ma part ne fait rien au classement indiqué ci-dessus, puisque le Zanddilovium de M.Staring appartient au même groupe de terrain que mon diiuvion de Belgique et contient les mêmes restes organiques.

Je crois encore devoir ajouter que la dénomination de sables campiniens ne me paraît pas irés

table, parce que je crois que les sables remaniés en Campine par les eaux dilnvienoes ne

qu'une pellicule très mince au dessus des sables pliocénes, et qu'une grande partie de cette

a ensuite été remaniée par les vents et les eaux de la période actuelle, de sorte qne le*

ni forment le sol de la Campine appartiennent, selon moi, aux trois périodes terUairev

are et moderne.

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vallées et que nous avons indiqués ci-dessus (page 547). Il existe aussi, sur les flancs de la yallée de la Meuse à Liège, de puissants amas d^un limon qui, comme celui de Paris (page 232), se distingue par la présence du carbonate calcique ; cette substance y est même si abondante que nous avions cru voir anciennement dans ces dépôts un lambeau de tuffeau de Maestricht, mais Dumont les a considérés comme du limon remanié.

10* Section. — Terrains modernes

CSonpoiiltioii graérale. — Excepté le terrain madréporique , qui n'existe que sous la zone torride, tous les groupes que nous distinguons dans les terrains modernes se trouvent en Belgique.

Le terrais allovles y est notamment plus développé qu'il n'est habituellement, car, outre les dépôts de cette nature qui existent ordinairement le long des cours d'eau, il forme le long de la côte de Flandre une large bande qui s'étend jusqu'à Anvers et se pro* longe dans la Zélande et la Hollande.

Cette bande est recouverte par de Vargile sableuse de couleur grisâtre que l'on voit, entre autres, aux environs cTOstendey et dans laquelle on trouve des objets travaillés de main d'homme ainsi que des coquilles semblables à celles qui vivent actuellement dans la mer voisine. Belpaire, qui le premier a fait connaître cette argile (1), rapporte qu'elle a une épaisseur moyenne d'un à deux mètres, qu'elle recouvre une assise de tourbe et qu'elle forme dans cette dernière des filons nommés aardscheen dans le pays, et qui sont quelquefois plus large en bas qu'en haut. Cette argile est ex* trêmement favorable pour la culture, mais le sol qu'elle forme étant souvent plus bas que les hautes marées, on ne le préserve des inondations qu'au moyen des digues et des autres travaux qui constituent ce qu'on appelle des Polders,

L'argile d'Ostende est séparée de la mer par une chaîne de dunes^ c'est à dire par une bande étroite de sables fins, formant de petites collines groupées à la suite les unes des autres, et dont le sable est plus ou moins mobile, selon que les hommes ont fait plus ou moins d'efforts pour le fixer au moyen de la végétation.

Les bords et les lits des cours d'eau présentent aussi des amas de cailloux roulés^ de gravier^ de sahle^ à^argile et de limon^ qui

(I) Sur lêi changements subis sur la cote d'Anvers à Boulogne, t. VI, des Mémoireg ttmronnés par l'Académie royale de Bruxelles,

doivent être rapportés aux terrains modernes^ mais qu'il est très difficile de distinguer de ceux des terrains quaternaires avec h^quels ils se lient intimement. Ces dépôts sont souvent mélangés de matières charbonneuses, telles que de la tourbe, du lignite, du terreau, qui se mêlent surtout avec l'argile et le limon, et qui passent à des matières végétales plus oa moins altérées. On j trouve aussi des coquilles terrestres ou fluviatiles semblables à celles qui vivent maintenant dans le pays, ainsi que des ossements de mammifères et des monuments de l'industrie humaine. On rencontre également, dans ces dépôts, des espèces de blocs ou de rognons formés de fragments agglutinés à la manière des roches conglomérées. Le ciment qui unit ces matières est quelquefois calearenx ou siliceux, mais le plus souvent il est composé d'hydrate ferrique. On a notamment trouvé, lorsque Ton a approfondi le lit de 1a Sambre, à Namur, des espèces de rognons que Ton aurait pu prendre pour un pséphite bréchiforme, et qui étaient composés de fragments d'ardoises jetés dans la rivière par des couvreurs, et unis par un ciment ferrugineux provenant de l'hydratation d'épingles de fer que l'on voyait encore plus ou moins altérées au milieu des rognons.

Indépendamment des matières charbonneuses qui sont mélangées dans les dépôts alluviens, des ééféîm loiurbeBx, plus considérables, se trouvent à la surface du soL Les plus étendus sont dans la Campine, ils sont aussi très fréquents sur les plateaux de l'Ârdenue. Cette substance est quelquefois recouverte par des dépôU alluviens, et l'on vient de voir que Belpaire a reconnu que l'argile qui se trouve le long de la côte de Flandre repose ordinairement sur une couche de tourbe d'un à deux mètres d'épaisseur, laquelle se prolonge quelquefois sous le sable des dunes jusque dans le lit (le la mer. La tourbe est exploitée dans beaucoup de localités, et employée pour le chauffage des classes pauvres. Ses cendres, surtout celles qui viennent du voisinage de la mer, sont très recherchées par les cultivateurs, à cause de la manière dont elles favorisent la végétation, principalement celle des fourrages.

Le ealeaire Cafae^ est assez fréquent dans les lieux oii existe le calcaire primaire, souvent il ne forme que des enduits et des sta- ^'^ otites sur les parois des fissures ou aux plafonds des cavités exis- 3S dans le calcaire ; mais d'autres fois il compose de véritables »ts de tuf, tantôt meuble, tantôt friable, tantôt très cohérent, ernier est exploité comme pierre de construction et recherche L* les cheminées et les voûtes à cause de sa légèreté, produite les pores et les vides résultant de sa texture celluleuse. Les

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dépôts de tuf se trouvent ordinairement dans les Talions traversés par de petits cours d'eau. Un des plus importants est celui de Bouillon, à l'ouest de Namur, où cette roche forme de petites collines qui barrent, pour ainsi dire, un vallon qui débouche dans la vallée de la Meuse. On rencontre quelquefois des carrières où les fragments résultant de la taille des pierres sont liés par une concrétion calcaire, et sont de cette manière transformés en brèches modernes.

Nous avons déjà eu occasion de donner une idée des principaux ëépécs 4éirlciq«mi qui recouvrent le sol de la Belgique, et comme nous reviendrons encore sur ce sujet dans le chapitre rv , nous n'en parlerons pas ici.

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